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 Sanya et Eragon chapitre 1

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Ed Speleers France
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PostSubject: Sanya et Eragon chapitre 1   Tue 2 Oct - 23:04

1
RENCONTRE

ragon arpentait les rues d’Aberon. Il revenait tout juste de quitter Ellesméra. La demande de Nasuada lui était parvenue quelques jours plus tôt. Elle désirait lui parler d’un projet qu’elle avait mis en place avec l’appui du roi Orrin. Les renseignements qui leur étaient parvenus n’étaient toujours pas étoffés, mais ils devenaient alarmant. Les troupes de Galbatorix grandissaient toujours et tous les animaux qui pouvaient être réquisitionné, l’avaient été.
C’était une belle journée. Le soleil brillait haut dans le ciel de la grande cité. Aucun nuage ne venait assombrir un ciel couleur pastel, d’un bleu si clair qu’il en aurait presque été blanc.
Il n’y avait pas beaucoup de monde dans les rues. La chaleur n’était pas pourtant pas encore assez intense pour cloîtrer tout le monde dans la fraîcheur des habitations.
Les rumeurs allaient bon train. Les gens n’osaient pas quitter l’abri de leur maison. Seuls quelques courageux marchaient dans la rue, mais pressait visiblement le pas pour ne pas rester trop longtemps dehors. La peur se lisait sur les traits des visages. Les rares soldats qui marchaient en formation serrée se faisaient de plus en plus rares.
Mais pour cette fois peut-être, l’arrivé de cet homme qui marchait d’un pas léger les faisait fuir. Quoi qu’il en soit, personne ne l’approcha de près et l’un des passants fit même un écart pour ne pas croiser son chemin.

Sanya était une jeune fille élégante, avec la grâce, et surtout la beauté, d’une princesse. Elle portait les cheveux courts et châtains, sur un visage fin, les pommettes légèrement saillantes et une peau de nacre. Elle n’était pourtant pas bien grande, mais elle était plutôt fine et élancée. Elle portait de surcroît des tenues coquettes. Elle ne voulait pas paraître trop pauvre, mais pas non plus afficher un statut qu’elle se refusait de porter. Elle voulait simplement demeurer féminine et agréable à regarder. Elle était avant tout une femme qui cherchait à plaire à la clientèle, même si elle ne cherchait pas de réconfort auprès de ce type d’hommes. Cette jeune femme était en effet plutôt prisée.
Son regard azur fuyait toujours ceux des nombreux hommes d’ici, ou de passage, qui essayaient de la courtiser lors de leur passage dans la taverne qu’elle tenait. Elle ne les trouvait pas très attirants. Elle les connaissait presque tous. Elle n’avait jamais trouvé en eux le trait de caractère qu’elle recherchait vraiment chez celui qui serait susceptible de convenir. Et elle ne tenait pas non plus à s’enticher d’un soldat ou d’un ivrogne qui venait traîner ici pour la courtiser ou trouver du réconfort auprès d’autres femmes de la ville.
Le « Cerf Blanc » était le nom cet établissement. Il était entièrement construit en bois. L’odeur y était d’ailleurs très présente. De nombreuses tables, elles aussi en bois, trônaient dans une salle à la décoration pauvre. Quelques peintures rudimentaires de victuailles et de repas festifs ornaient les murs entièrement vides de tapisseries. L’endroit était ainsi plus chaleureux. Une cheminée se tenait dans le fond de la salle, au milieu d’un mur ornée d’une énorme tête de cerf et de deux grandes fourches croisées. L’escalier, à la gauche, en entrant, grimpait vers l’unique étage de l’établissement. Il y avait quelques chambres pour les voyageurs. Elles étaient inoccupées. Elles ne servaient plus depuis longtemps, mais Sanya continuait de les entretenir dans l’éventualité d’un usage quelconque et prochain.
Sanya évitait donc de regarder les hommes ou les jeunes garçons pour ne pas souffrir de ce harcèlement permanent de la gente masculine. Elle ne souhaitait pas encore se lier à quelqu’un. Elle voyait pourtant autour d’elle les autres jeunes femmes flirter ou se faire courtiser pour enfin se fiancer ou se marier. Ce n’était pas son cas. Elle voulait se réserver pour l’homme qu’elle s’imaginait tout autre que ceux qui fréquentaient son auberge. Elle voulait être libre de choisir celui qui obtiendrait ses faveurs. N’ayant pas de parents pour la guider, elle faisait ainsi confiance à son instinct qui ne la trompait presque jamais.
Son instinct cette fois, ne lui serait pas d’un grand secours. Pas face à son cœur qui allait parler. Le jeune homme qui entrait attira son regard, sans qu’elle ne puisse vraiment s’expliquer pourquoi. Il avait l’air vraiment différent. Il ne se conduisait en rien comme les autres hommes. Il paraissait de haute lignée – il n’y avait qu’à en juger par ses vêtements – et il se tenait droit et fier. Il avait vraiment beaucoup d’allure. Elle regardait ces beaux vêtements. Elle se disait qu’elle n’aurait jamais pu s’offrir de tels vêtements.
Il paraissait jeune. Il avait une peau lisse et qui avait l’air soyeuse. Il avait un visage fin et pur, un peu comme celui d’un enfant. Il n’avait vraiment pas l’apparence des autres garçons ou des autres hommes qu’elle avait pu rencontrer. Il était plutôt grand. Il avait une bonne carrure aussi. Il portait de magnifiques cheveux bouclés en bataille et un regard intense, profond, celui qui lit en vous, celui que vous sentez alors et auquel vous ne pouvez rien dissimuler.
Le garçon s’approcha doucement. Le cœur de Sanya palpitait malgré elle. Que lui arrivait-il ? Elle n’avait jamais ressenti ce sentiment, avant. Elle ne maîtrisait plus son cœur qui se mettait à battre plus fort encore à l’approche du jeune homme au plus près d’elle. Elle contenait au mieux ses paroles pour ne pas lui laisser paraître la moindre émotion :
- Bonjour à toi, étranger, dit-elle, la voix légèrement tremblante.
- Bonjour à toi, répondait-il.
Leurs deux regards se croisèrent et la jeune fille se sentit rougir. Elle baissa les yeux, gênée. Le jeune homme sentit cette gêne et lui releva le visage du bout des doigts en disant :
- T’aurais-je blessée ?
- Non… non ! Excuse-moi, je n’aurais pas dû réagir ainsi, je suis vraiment navrée.
Elle osa enfin relever les yeux sur lui, mais ses joues étaient encore brûlantes. Elle se contenait avec beaucoup de difficulté. Son regard était troublant. Il la regardait dans les yeux et continuait :
- Tu m’as appelé étranger ! Serais-tu ici depuis peu ?
- Oui. Je viens de Gil’ead où j’ai fui l’arrivée de l’Empire et de ses soldats malveillants.
La jeune femme serra les poings en pensant à ses lâches de soldats qui avait massacré toute sa famille qui avait alors refusé de se plier aux exigences de ceux-ci. Elle s’était cachée d’eux dans une minuscule remisse et les avait regardé faire sans pouvoir réagir. Elle avait alors errer dans la rue, regardant les cadavres disséminés un peu partout. Elle avait alors une dizaine d’année. Un marchand de passage avait recueilli la jeune fille qui avait ensuite marchandée pour enfin atterrir dans cette auberge, recueillie alors par un homme peut-être pas très courageux, mais généreux.
Les larmes lui venaient à l’évocation de ses souvenirs si douloureux et l’une d’elle s’écoula sur sa joue. Le garçon posa doucement une main sur sa joue pour effacer celle-ci :
- Je comprends ce que tu ressens. J’ai moi aussi perdu des gens proches de moi à cause de l’Empire, y compris celle que j’aimais… Je connais aussi Gil’ead, j’y ai séjourné un certain temps…
Le jeune garçon se rappelait à son tour avec amertume son emprisonnement dans la cité alors commandée par l’Ombre qui le maintenait prisonnier.
La jeune fille ne voulut pas se complaire dans des souvenirs douloureux plus longtemps et revenait à un autre sujet :
- Tu avais l’air étonné que je te nomme étranger, pourquoi donc ? Je n’ai pas le plaisir d’avoir déjà vu ton visage. Je me souviens en général des visages, et je suis certaine de ne jamais avoir croisé le tien auparavant.
- Peu importe, ça n’est pas important. Je venais me désaltérer. Qu’as-tu à offrir ?
- Nous avons une bière de fort bonne qualité, ainsi qu’un Hydromel de premier choix.
- Va pour la bière !
Sanya alla chercher la commande du jeune homme. Elle repensait à ses paroles. Il ne voulait visiblement pas parler de lui. Il avait pourtant éveillé la curiosité de la jeune femme qui parut déçue de ne pas en apprendre davantage sur lui. Elle lui rapporta rapidement sa commande.
Elle regagnait ensuite l’arrière du comptoir en restant intriguée. Elle pensait sans cesse à ce nouveau venu et le regardait de temps à autre en prenant soin de ne pas être vue de lui lorsqu’elle croisait par inadvertance son regard.
Elle s’étonnait du changement d’ambiance dans l’auberge. Les gens qui d’ordinaire parlaient à haute voix ou riaient sans se soucier des gens aux alentours, murmuraient maintenant. Comme si la présence du jeune homme était indésirable, leur faisait peur ou les impressionnait.
La jeune fille ne chercha pourtant pas à savoir pourquoi son arrivée avait rendu tout le monde si silencieux. Elle continuait de regarder dans sa direction par moments en essuyant quelques verres et en nettoyant le comptoir.
Le garçon avala sa bière, seul, assis à l’une des plus petites tables. Il paya et salua Sanya avant de quitter les lieux.
La jeune femme fut un peu chagrinée de le voir partir déjà. Elle lui renvoya toutefois son salut avant qu’il ne quitte définitivement l’auberge.
Le plus vieux des paysans, un homme replet, avec des plis sous le menton et une barbe grisonnante mal entretenue, des yeux porcins très clair et gris et des cheveux gris mal coiffé et sales, se mit à parler. Assis au fond de l’auberge, il se tourna vers la jeune femme et lui demanda alors :
- N’as-tu jamais entendu parler de cette homme ?
- Non.
- Tu devrais ! C’est le Tueur d’Ombre ! Le nouveau Dragonnier !
La jeune fille fut stupéfaite, mais ne montra pas spécialement de réaction. Elle avait bien sûr entendu parler du célèbre Tueur d’Ombre, mais ne connaissant pas son visage, elle n’aurait jamais pu l’identifier.
Son étonnement passa bien vite et un sourire remplaça sa surprise sans même qu’elle ne s’en rende compte : « un Dragonnier ! » Voilà qui expliquait la tenue.
Elle comprenait maintenant l’attitude du jeune homme et le fait qu’il ne veuille pas parler de lui. Elle connaissait plus ou moins son histoire. On racontait qu’il était un garçon de ferme avant de devenir un Dragonnier. Elle écoutait volontiers toutes ces histoires qu’elle trouvait si intéressantes. En se les remémorant, une question, pourtant, lui brûla les lèvres et elle ne résista pas :
- Mais, dis-moi, il paraît que les Dragonniers peuvent lire dans votre esprit. Est-ce vrai ?
- Ce sont des manipulateurs, dit le vieillard, prends surtout garde de ne pas le froisser, il paraît ravager ton esprit.
- Ne sois pas stupide, Slovan ! dit alors le jeune homme assis en face du vieillard.
C’était un garçon blond et filiforme. Il était tout aussi mal coiffé, avec des cheveux plus longs et raides. Il avait des yeux du même gris. Il poursuivait :
- Tu ne sais rien de lui, et même s’il peut lire dans ton esprit, il ne ferait pas une chose pareille ! Ce n’est pas un Ombre ! Il ne fait pas cela pour te détruire ou pour te nuire. Il le fait pour se protéger, pour connaître tes intentions.
La jeune femme écoutait les deux hommes se disputer au sujet de cette capacité du Dragonnier à lire dans l’esprit. Elle ne les écoutait plus et restait rêveuse, perdue dans ses pensées : « Pourvu qu’il ne se soit pas rendu compte de ce que je pouvais ressentir. » Elle rosit et sourit. « Il est vraiment très beau. »
Elle avait du mal à s’imaginer qu’un jour, ce si charmant jeune homme ait pu être un garçon de ferme ! Il était si différent des fermiers et elle les connaissait presque tous dans les environs. Ils se ressemblaient toujours. Cela paraissait peu probable et pourtant… Il avait tant d’allure, tant de personnalité. Il ne ressemblait vraiment pas à un fermier.
Une foule de questions s’amoncelait dans sa tête et elle mourait d’envie de tout savoir de lui, maintenant. Une autre question lui vint à l’esprit. Elle fit volte face et demanda :
- Mais porte-t-il un autre nom que Tueur d’Ombre ?
- Oui, il porte le nom du premier Dragonnier.
- Et quel est-il ?
- Eragon !
Elle se répéta ce nom qu’elle ne connaissait pas. Elle le répéta ainsi plusieurs fois dans sa tête. Ce nom lui plaisait beaucoup. Il ne quittait désormais plus son esprit. Elle se le répéta encore et encore. Elle revoyait ainsi ce jeune visage si beau. Elle se le remémorait avec beaucoup d’émotion.


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PostSubject: chapitre 2   Tue 2 Oct - 23:05

2
HOSPITALITE

Chaque jour, le même rituel, une fois que le dernier client ait quitté les lieux, après la fermeture de l’auberge, Sanya prenait soin de fermer les portes de l’établissement. Elle prenait son panier et filait tout droit au marché. Mais cette fois, elle était toujours hantée par cette vision, ce visage et ce nom qu’elle aimait de plus en plus prononcer.
Elle voulait acheter quelques fruits, quelques légumes et quelques herbes pour sa cuisine. Elle n’avait pas besoin de beaucoup de chose. Son garde-manger était déjà plein de victuailles. Elle les servait aux voyageurs. Mais elle avait des goûts plus simples que ceux qui venaient se restaurer à son auberge, mangeant des plats souvent très riches, trop riches. Elle ne mangeait pas de repas aussi copieux. La plupart des paysans ou voyageurs qui se restauraient chez elle venaient pourtant pour sa cuisine, elle était réputée être la meilleurs de la cité.
C’était le moment de la journée qu’elle préférait pour flâner sur le marché. Le matin, il y avait toujours beaucoup de monde et elle ne voulait pas se mêler à la foule. Elle préférait être au calme pour choisir ces produits. Elle prenait ainsi le temps qu’il lui fallait sans être pressée par un quelconque marchand ou passant. Elle n’aimait pas être bousculée.
« Eragon » pensait-elle encore. Ce nom la hantait vraiment. Elle ne pensait plus qu’à lui. Ce visage ne quittait plus ses pensées. Elle revoyait ce regard intense qui la regardait. « Mais que m’arrive-t-il ? Je ne l’ai vu que quelques minutes ! » se dit-elle. Son cœur s’accélérait malgré elle. Elle savait ce qui se passait. Elle ne voulait pourtant y croire. « Mais pourquoi lui ? » Il l’avait touché, l’avait rendue rêveuse, elle s’émerveillait alors d’avoir fait une telle rencontre. Elle aurait tellement voulu le revoir, juste un instant, pour admirer encore son visage et ce regard si pénétrant.
Sanya était maintenant distraite. Elle était perdue aux milieu de ses pensées. Elle ne remarqua pas le jeune garçon qui s’avançait vers elle. Elle était définitivement perdue dans ses rêves et elle le percuta.
Elle se sortit brusquement de ses rêveries et sentit ses provisions lui échapper et tomber. Ça n’est qu’en relevant la tête qu’elle réalisait :
- Oh ! Je suis… désolée ! disait-elle, encore sous le choc.
Une expression de surprise la saisissait. Elle faisait face à l’homme qui l’avait hanté toute la journée. Elle blêmit en le réalisant, puis elle rougit de nouveau. Elle sentit son cœur s’emballer et une sensation intense prit son estomac. Elle sentit une vague glacée glisser en elle. Elle ne pouvait contrôler cette émotion nouvelle et intense qui l’envahissait.
Eragon s’accroupit pour l’aider à ramasser les produits éparpillés sur le sol. Elle restait silencieuse et fuyait son regard de peur qu’il ne découvre ce qu’elle ressentait. Il paraissait pourtant inquiet et dit alors pour se rassurer et pour rassurer la jeune fille :
- Ça n’est pas grave ! Est-ce que tout va bien ?
- Oui… Je crois.
Sanya sentait son cœur sur le point de céder. Elle contrôlait difficilement sa respiration qui devenait légèrement saccadée. Elle repensait inévitablement à ce que lui avait dit Slovan et Gellioth dans la taverne. « S’il peut lire mes pensées… » Elle essaya alors de paraître la plus naturelle possible, mais ses émotions trahissaient ses gestes et ses paroles pour les quelques mots qu’elle put dire. Elle bredouillait quelques mots et ses gestes étaient un peu confus. Le jeune homme ne paraissait s’être rendu compte de rien. Il sourit pourtant :
- Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise ! J’en suis profondément désolé.
« Il sait », se disait-elle.
Elle essayait de changer d’expression, mais elle savait malgré elle qu’il s’était rendu compte de quelque chose. Elle tenta malgré tout d’engager la conversation pour reprendre doucement possession de ses moyens.
- On m’a appris que tu étais Eragon, le Tueur d’Ombre.
- Je me doutais que quelqu’un te parlerait de moi. Je me réjouissais que tu ne saches pas qui je suis.
- Tu as éveillé ma curiosité !
- C’était loin d’être volontaire.
Sanya sentit que le garçon était un peu gêné. Il tendit les victuailles à la jeune femme qui les reprit avec un sourire :
- Merci.
Ils marchèrent un moment ensemble, en silence. Eragon demanda enfin :
- Connaîtrais-tu une taverne ou un autre endroit de ce genre ouvert après le coucher du soleil ? Je désirerais boire et manger.
- Plus personne n’ouvre après le coucher du soleil depuis les différents massacres et pillages perpétrés par les Urgals ou les espions. Il a été instauré un couvre-feu et personne n’est assez stupide pour l’enfreindre. Les gens ont trop peur de ce qui pourrait leur arriver !
- Bien, je te remercie. Je me débrouillerai alors. Je trouverais peut-être ce que je cherche au campement, après tout.
Le jeune homme la remerciait encore et s’éloignait déjà. La jeune femme regrettait presque ses paroles. Elle ne voulait pas le faire fuir. Elle était heureuse d’avoir eu la chance de le rencontrer encore. Elle ne voulait paraître impolie, mais elle mourait d’envie de lui offrir l’hospitalité, seulement, le courage lui manquait pour lui parler de son désir. Elle le regardait un moment et le laissait s’éloigner sans un mot. Puis elle ressentit une irrésistible envie de l’appeler, mais elle se retint. Elle eut soudain l’audace de dire à haute voix :
- Je pourrais te cuisiner quelque chose… peut-être… si tu veux.
Elle réalisait ce qu’elle venait de faire et elle espérait seulement ne rien faire paraître de son malaise. Sa voix n’avait pas tremblé et elle paraissait plus naturelle, maintenant. Le garçon se retourna alors et lui sourit, visiblement ravi :
- Avec joie.
Il fit demi-tour et fit quelques pas jusqu’à Sanya. La jeune femme sourit. Elle était heureuse d’avoir eu l’audace de lui proposer de l’aider. Il tendit le bras pour lui prendre son panier. Elle le lui donna sans hésiter et ils marchèrent ainsi l’un près de l’autre jusqu’à l’auberge.
Sanya repensait à ce qu’elle venait de faire et souriait malgré elle. Elle ouvrit ensuite la porte de l’auberge et fit entrer son invité. Ils pénétrèrent dans l’immense salle devenue sombre, froide et silencieuse. Ensuite, Sanya prit soin de refermer la porte à clé.
Eragon s’avançait dans l’immense salle et attendait que la jeune fille l’invitât à la suivre :
- Suis-moi.
Elle l’entraîna à travers l’immense salle déserte. Ils passèrent devant le comptoir pour atteindre une porte qui jouxtait le bar gigantesque, une petite porte à peine visible. Ils descendirent deux petites marches de pierre et entrèrent dans une cuisine immense. Elle était tout en longueur et en pierres foncées. Il y régnait une fraîcheur saisissante par rapport à la chaleur des lieux, partout ailleurs.
Eragon s’assit à la petite table de bois clair qui faisait face à une porte-fenêtre assez étroite étant donné la taille de la pièce. Il observait les lieux. Une batterie complète de casseroles et de poêles pendait au mur, au-dessus d’un poil à bois gigantesque, en fonte, sur la droite. Des couteaux étaient suspendus juste en dessous de la batterie. Sur le mur de gauche, rien, que de la pierre jusqu’à la porte, au fond. Il tournait son regard vers Sanya et demanda :
- Est-ce que tu sers seule ?
- Oui. Il n’y a plus beaucoup de monde qui vient ici depuis les différentes lois entrées en vigueur.
- Et tu n’as pas peur de ce qui pourrait t’arriver ? Beaucoup de marchands et paysans sont morts à cause des espions infiltrés au Surda.
- Bien sûr que si. Mais j’essaye de ne pas céder à la peur. Je me dois de rester. On m’a accueilli ici et offert cet emploi. Quand le propriétaire des lieux a fui, j’ai voulu continuer. J’étais ainsi sûre de ne pas finir dans la rue où j’aurais été une proie facile.
- Je comprends.
Eragon le savait pour avoir entendu parler des différentes agressions survenus ici même, au Surda, à Aberon. Lorsqu’il en entendait parler, pendant les réunions du Conseil, des agressions qui se faisaient de plus en plus nombreuses, il pensait inévitablement à ce qu’il avait vécu. Il avait cependant du mal à s’imaginer une femme seule tenir tête à des voyous, des brigands, pire, des pillards. Alors quand on savait de quoi étaient capables les Urgals ou même les Ra’zacs, Eragon paraissait surpris qu’elle reste seule. Il regardait la jeune femme d’un air compatissent. Il savait combien il était difficile de se retrouver seul et de faire sa vie ainsi seul.
Les deux jeunes gens restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs souvenirs et dans leurs pensées. Leurs regards se croisaient de temps à autre. Sanya avait désormais moins peur de parler à cet homme qui la mettait si mal à l’aise un peu plus tôt.
Elle voulait maintenant en apprendre un peu plus. Il fallait toutefois se restaurer et elle remit à plus tard les questions qui se bousculaient encore une fois dans sa tête. Elle laissa passer un silence et demanda enfin à Eragon :
- Que veux-tu boire ?
- Ta bière est excellente, à ce qu’il paraît ! dit-il avec un sourire.
La jeune femme lui rendit son sourire :
- Et que souhaiteras-tu dîner ?
- Je ne mange pas de viande. Mis à part ça, ce qu’il te plaira.
- Très bien.
La jeune femme ne s’étonna pas du fait qu’Eragon ne mangeait pas de viande. Elle avait servi tellement de gens étranges durant son séjour dans cette auberge qu’elle ne paraissait même pas surprise par cette remarque.
Elle alla chercher quelques produits dans le garde-manger, passant la porte, au fond de la cuisine, et revint pour préparer donc un ragoût de légumes. Elle alla derrière le bar pour chercher un pichet de vin, et un autre, de bière. Elle sortit également une tarte aux myrtilles. Ils mangèrent, attablé l’un en face de l’autre. Sanya se réjouissait de le voir manger avec appétit.
La jeune femme était heureuse de passer un peu de temps avec Eragon. Elle le trouvait vraiment charmant et fascinant. Il était poli et écoutait avec attention. La jeune femme profita donc de cette décontraction et commença à le questionner. Elle voulait partager avec lui un moment de paroles et d’échanges.
Ils parlèrent ainsi longuement. Ils échangèrent des souvenirs d’enfance, ainsi que d’autres souvenirs, heureux ou douloureux. Ils avaient plus en commun qu’elle n’aurait pu l’imaginer.
Elle découvrit que la plupart des histoires à son sujet étaient vraies. Il avait réellement été fermier. Elle avait toutefois remarqué que son apparence était assez différente et Eragon lui avait alors confié qu’il était désormais à moitié elfe. Tout ceci la fascinait et elle écoutait avec beaucoup d’attention ce que lui confiait le garçon.
Ils avaient vécus beaucoup de choses communes et avaient tous deux perdus des gens très proches pour avoir eu l’audace d’affronter l’Empire, volontairement ou non. Elle détestait autant que lui cette tension et cette Empire.
La nuit était tombée depuis longtemps. Eragon se sentait las et Sanya commençait à bâiller. Il sentait qu’il fallait prendre congé. Il se leva donc en disant :
- Il faut aller dormir.
- Tu ne devrais pas rentrer seul durant la nuit. Même pour un Dragonnier, les dangers sont partout, surtout la nuit. Il y a de nombreuses chambres ici, elles ne servent plus à personne depuis le couvre-feu. Tu pourrais t’y reposer. Elle sont propres. Je continue de les tenir ainsi en espérant pouvoir les voir occupées à nouveau un jour.
- C’est peut-être plus prudent, en effet. Il me faut juste prévenir quelqu’un, ça ne prendra qu’une minute.
- Mais…
Sanya s’interrompit et le regarda. Il resta silencieux un moment, immobile. Elle croyait à un malaise ou quelque chose dans ce genre. Mais l’instant suivant, Eragon dit :
- Le message est passé. Veux-tu me montrer ma chambre ?
Elle ne parut pas vraiment rassurée, mais ne posa pas de questions. Pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui en manquait. Elle dit simplement :
- Bien sûr, suis-moi.
Sanya alluma une petite lampe à huile et Eragon la suivit à travers l’autre pièce. Ils montèrent l’escalier jusqu’à l’étage, passant devant Eragon pour lui montrer le chemin. Elle commençait à gravir les marches en essayant de ne rien penser de ce qu’elle avait vu un peu plus tôt. Ce fut pourtant plus fort qu’elle, elle ralentit le pas et attendit qu’Eragon se porte à son niveau pour lui parler :
- Je sais que je ne devrais pas être si curieuse, mais je suppose que tu ne vis pas seul. Enfin… je veux dire qu’un Dragonnier possède un dragon.
- Posséder est un grand mot. Je suis unis un dragon, c’est vrai, c’est plus un partage qu’une possession… Et c’est en fait une dragonne !
- Excuse-moi encore, je voudrais savoir, est-ce à elle que tu as envoyé ce message ?
- Oui. J’étais sûr que tu me poserais la question. Nous communiquons par la pensée.
- C’est ce qu’il m’avait semblé. Mais pourquoi n’est-elle pas avec toi ?
- Difficile de se balader en ville avec un dragon !
- Oui, bien sûr… Désolée… Si tu le souhaites, elle pourrait dormir dans la grange, elle est immense et je pense qu’elle aurait assez de place.
- C’est gentil à toi, mais ce ne sera pas utile.
- En fait, je sais que c’est impoli, mais si je t’ai proposé cela… c’est que… enfin… j’aurais aimé…
- Tu aurais aimé la voir, c’est ça ?
- Oui. J’ai beaucoup entendu parler des dragons et j’étais… enfin je sais que je ne devrais pas… mais je suis intriguée.
Sanya était un peu honteuse et baissa les yeux sur ses chaussures. Elle regrettait un peu cette curiosité, mais elle avait entendu parler de ces magnifiques bêtes et le désir d’en rencontrer enfin une était le plus fort. Elle n’avait su résister. Elle ne pouvait pas passer à côté de cette formidable opportunité.
Eragon poursuivit :
- Elle me rejoindra demain. Je te la présenterai si tu le souhaites. Mais es-tu sûre de ne pas avoir peur d’elle ?
- Je ne sais pas. Mais je veux essayer. Je sais que je ne devrais pas être aussi curieuse. Je m’en excuse. Mais j’ai toujours rêvé de voir une de ces créatures.
- Elle est bien plus que cela. Elle est… une conscience…
- Je ne connais rien des dragons, excuse-moi si mes propos ne sont pas justes.
- Ce n’est rien. Je comprends. Elle te plaira sûrement, conclut enfin Eragon en souriant.
Sanya souhaita enfin une bonne nuit à Eragon qui remercia Sanya. Il entra dans la chambre et disparut derrière la porte qu’il referma sans bruit.


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PostSubject: chapitre 3   Tue 2 Oct - 23:06

3
FRAYEUR ET EMOTIONS

Sanya descendit lentement les marches, encore pensive, jusqu’au rez-de-chaussée. Elle sourit, le cœur battant. « Un dragon, je vais enfin voir un dragon ! » Le rêve devenait enfin réalité. Toutes ces histoires lui plaisaient tant. Elle n’aurait pourtant jamais pensé avoir l’opportunité de rencontrer une des ces gigantesques créatures, même dans ses rêves les plus fous.
Arrivée en bas, elle s’avançait vers sa chambre, encore perdue par cette pensée. Elle s’arrêta rapidement et se sortit de ses pensées. Elle resta un moment immobile, alertée par un bruit. Elle attendit un moment et regarda autour d’elle, très lentement, pour regarder la pièce en détail et s’assurer que rien n’avait changé de place ou pour apercevoir quelque chose qui ne serait pas comme d’habitude : une lumière, un objet…
Au même instant, à l’étage, Eragon rouvrit les yeux, lui aussi alerté, mais par une présence. Il percevait un faible battement en plus de celui de Sanya, plus net. Une respiration l’alerta, elle ne lui était pas étrangère.
Il se redressa dans son lit et se concentra sur les alentours. Il fermait les yeux et se plongea, comme lors des exercices enseignés par Oromis en état de concentration. Il percevait clairement la présence de la jeune femme. Et cette autre présence se faisait plus nette maintenant, et surtout plus proche.
Il sortit rapidement du lit et sans bruit. Il s’empara de son épée. Il ouvrit très doucement la porte et quitta la pièce sans un bruit. Il avança lentement dans le couloir et rejoignit l’escalier. Il descendait les marches une à une, toujours lentement et en silence.
Sanya, quant à elle, avançait lentement vers la porte d’entrée, le cœur battant. Elle prit la poignée et le loquet dans chacune de ses mains. Elle était surprise de s’apercevoir que la porte n’était pas verrouillée. Quelqu’un était ici !
Elle sentit un vent de panique courir en elle. Elle resta immobile un moment. Elle se tourna ensuite doucement, sentant une présence derrière elle. Elle fut stupéfaite et écarquilla de grands yeux quand elle fit face à un Urgal. Elle hurla.
Eragon arrivait enfin en bas des escaliers. Il vit la scène et ne se posa pas la moindre question. Pour surprendre l’intrus, il courut vers Sanya en criant :
- Baisse-toi !
La jeune femme s’exécuta sans se poser la moindre question, elle non plus, et se laissant tomber au sol, accroupie au plus bas qu’elle put. L’Urgal grogna sans vraiment comprendre ce qui se passait.
Eragon faisait maintenant face à la créature aussi haute que lui. Il prit l’épée à deux mains et fit un geste de côté, un geste circulaire. Il trancha ainsi la tête de l’Urgal. Celle-ci roula sur le sol et le corps s’effondra dans une fracas monstrueux.
Sanya plaqua une main tremblante sur sa bouche pour ne pas crier. Elle était maintenant assise par terre. Elle avait les yeux pleins de larmes et elle sentait ses membres se mettre à trembler à leur tour et de manière incontrôlable. Elle glissait sa tête dans ses mains et se mit à sangloter.
Eragon l’aida à se relever et se plaça devant elle. Elle se colla à lui en regardant du coin de l’œil, s’agrippant à sa tunique, qu’elle tenait fermement et hoquetant. Il inspecta les lieux, Sanya sur ses talons, cachée derrière lui, toujours agrippée à sa tunique. Il n’y avait personne.
Eragon se tourna enfin vers Sanya :
- Est-ce que ça va ?
Sanya ne put dire un mot. Elle tremblait de tous ses membres et elle se remit à pleurer. Elle faillit s’écrouler. Eragon la retint et l’approcha de lui pour la serrer contre lui. Il dut lâcher Zar’roc qui tomba sur le sol dans un bruit métallique pour pouvoir l’étreindre de ses deux bras. La jeune fille continuait de pleurer et de trembler.
Elle sanglotait à chaudes larmes, déversant la somme de toutes ses frayeurs. Eragon essayait de la calmer du mieux qu’il pouvait en caressant ses cheveux et en lui parlant :
- C’est fini. Il n’y a plus rien à craindre.
Un grand bruit fit cependant sursauter la jeune femme qui releva la tête et poussa un cri. Eragon lui expliqua :
- Calme-toi ! Ce n’est que Saphira.
- Saphira ? dit-elle, perdue, en hoquetant.
- Ma dragonne !
Eragon attendit que Sanya desserre son étreinte pour s’éloigner enfin et ramasser Zar’roc. Il s’avança vers la cuisine et sortit dans la grande cour par la porte fenêtre de la pièce. Sanya le suivait à la trace. Tenant fermement son bras, encore tremblante.
La dragonne expliqua :
« J’ai senti ce qui s’est passé, mais il m’a fallu du temps pour arriver jusqu’à toi. »
Saphira regardait Eragon qui émergeait enfin de la cuisine :
« Merci… Tout va bien maintenant… Je te présente Sanya. »
« Bonjour, Sanya. »
Eragon transmit le salut à la jeune femme. Sanya oublia presque ce qui venait de se passer et relâcha doucement son emprise sur le bras d’Eragon. Elle parut ébahie. Elle regarda la dragonne sans ciller, les yeux grands ouverts. Elle ne réalisait pas vraiment la chance qu’elle avait enfin de faire face à son plus grand rêve.
Elle lui fit face un moment, en silence, bouche bée. Elle reprit enfin contenance et demanda à Eragon de lui renvoyer son salut.
Elles se contemplèrent l’une et l’autre un moment encore. La dragonne abaissa lentement son cou pour observer la jeune fille. Celle-ci ne paraissait pas effrayée par l’approche de la dragonne, mais plutôt curieuse.
Sanya se tourna alors vers Eragon :
- Est-ce que je pourrais la toucher ?
- Demande-le lui, je te dirais ce qu’elle te répondra.
Sanya fit de nouveau face à la créature. Elle hésita un moment. Elle réalisait qu’elle parlait à une créature intelligente, avec une conscience. Elle lui posa donc la question elle-même. Elle attendit ensuite qu’Eragon lui révèle la réponse :
- Elle accepte que tu la touches. Approche-toi.
Sanya s’avança doucement vers la dragonne qui baissa encore un peu la tête vers elle. Elle s’était couchée et les deux êtres se retrouvaient presque nez à nez.
Sanya s’arrêta à quelques centimètres de Saphira et tendit la main. Saphira approcha son museau et la main de Sanya se posa enfin sur celui-ci. Le contact avec le museau de la dragonne était surprenant. Les écailles glissaient sous ses doigts, mais pas comme sur les écailles d’un serpent. C’était plus lisse et moins visqueux. Saphira ronronnait doucement et Sanya sentait vibrer les écailles sous sa main. Elle souriait, heureuse d’avoir eu la chance de faire cette rencontre extraordinaire.

Il était temps de prendre du repos. Eragon avait tout d’abord fait disparaître le corps sans vie de l’Urgal en l’enterrant dans la cour. Il avait ensuite aidé Sanya à boucler l’auberge solidement. La jeune femme gagna sa chambre après avoir souhaité une bonne nuit à Eragon.
Saphira – sur invitation de Sanya – allait dormir dans la grange. La jeune femme regarda la dragonne disparaître par les immenses portes de bois abîmées.
Eragon prenait la direction de l’étage. Un nœud serra l’estomac de Sanya. Elle courut vérifier une fois encore la porte. Eragon sentit la peur encore présente chez la jeune femme. Elle revoyait la scène qui avait eu lieu un peu plus tôt sous ses yeux apeurés. La frayeur était en effet encore bien présente.
Eragon n’avait pas rejoint tout à fait la chambre. Il se ravisa et redescendit à la rencontre de la jeune femme :
- Il vaudrait mieux que je dorme en bas. Peut-être devrais-je m’installer dans la grange avec Saphira.
- Non… non. Je ne peux pas te forcer à faire ça. Je dois être forte et faire face à ma peur.
Mais elle ne paraissait pas convaincue par ses propres paroles. Eragon ne l’était pas davantage :
- Je pense que je ne suis pas étranger à cette attaque. Après tout, l’Empire me recherche et veut ma tête. Je pense que tout endroit où je me trouve peut servir de cible. C’est pour cela que je reste prudent et ne fréquente que les endroits où il m’est utile d’aller. Je ne révèle en plus jamais mon identité. Je préfère rester anonyme.
- Je comprends.
- Mais je ressens ta peur. Je serais plus apte à agir en étant dans la grange, Saphira près de moi.
La jeune femme se sentait, elle aussi, coupable de forcer Eragon à devoir renoncer au confort d’une chambre et d’un bon lit pour celle plus relative de la grange. Cela n’avait pourtant pas l’air de déranger le garçon. Il monta ainsi chercher ses affaires et la couverture que Sanya lui avait autoriser à prendre pour rejoindre la grange où s’était déjà installée Saphira.
Sanya alla enfin se coucher, à peine rassurée et honteuse de devoir imposer à Eragon l’obligation de se réfugier dans une grange pour y passer la nuit.


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PostSubject: chapitre 4   Tue 2 Oct - 23:07

4
EXIL

Elle trouva difficilement le sommeil. Ses rêves étaient confus et mouvementés. Elle pensait encore au fait qu’Eragon soit obligé de dormir dans la grange, se sentant coupable de ce qui était arrivé plus tôt. Elle se réveilla plusieurs fois dans la nuit et ne retrouvait le sommeil qu’après plusieurs minutes passées à tenter de se rassurer.

Sanya ouvrit enfin les yeux, réveillée par les premiers rayons du soleil. Elle se redressait et quittait lentement la chaleur de son lit pour se diriger vers la bassine posée sur la coiffeuse. Un coup d’œil dans le miroir l’effraya. Elle n’aima pas le reflet qu’elle y trouva. Elle avait mauvaise mine. Elle avait des cernes sous les yeux et ceux-ci étaient rougis par les larmes de la veille.
Elle se passa tout d’abord de l’eau fraîche sur le visage. Cela la réveilla. L’eau lui glissa dans le cou avant qu’elle se sèche et elle eut un frisson. Elle alla ensuite à la cuisine pour faire chauffer un peu d’eau pour qu’elle puisse faire sa toilette. Ensuite, elle se coiffa.
Elle sourit en relevant la tête. Au travers de la fenêtre toute proche, elle voyait Eragon émerger de la grange, suivit de près par Saphira.
Sanya enfila très vite une tenue plus confortable que la veille. Elle laissait sa jolie toilette pour une tunique et un pantalon de toile épaisse. Elle ne devait pas servir aujourd’hui. Elle serait ainsi plus à l’aise.
Elle alla jusqu’à la cuisine et ouvrit à la hâte la porte pour laisser entrer Eragon. Elle l’invita à s’asseoir.
Elle lui proposa tout d’abord de l’eau chaude, s’il voulait se laver. Il ne refusa pas et rejoignit la chambre de la jeune femme pour y faire sa toilette sur son invitation.
Pendant ce temps là, la jeune femme prépara le petit déjeuner conformément au régime du Dragonnier, se rappelant qu’il ne mangeait pas de viande. Elle eut une pensée pour Saphira. Lorsque le Dragonnier refit son apparition, les cheveux encore humide, elle dit :
- Je suppose que les dragons se nourrissent de viande.
- Oui. Ils chassent.
- Mais aimerait-elle quelque chose à manger ?
- Demandons lui.
Eragon posa la question à son amie et transmit la réponse :
- Elle ne voit aucun inconvénient à ce que tu lui offres ce que tu as.
La jeune femme parut heureuse et sortit donc pour s’approcher doucement de Saphira. Elle déposa de la viande crue devant ses pattes avants et lui souhaita un bon appétit. La dragonne la remercia par le biais d’Eragon et mangea. La jeune femme sourit, heureuse de faire plaisir à cette bête qu’elle trouvait fascinante et vraiment magnifique. Elle allait faire la remarque à Eragon, mais celui-ci la devança :
- Elle t’apprécie aussi… Beaucoup.
Sanya ne savait bien sûr pas tout ce dont était capable Eragon. Elle se rappelait la capacité à lire dans les pensées, mais elle ne le réalisait pas vraiment. Elle le regardait sans un mot. Puis elle se décida enfin à lui parler :
- Je ne sais rien des Dragonniers, mais il me semble que vous ayez des capacités qui m’échappent.
- Tu ne dois pas avoir peur de ces capacités. Je ne voulais tout simplement pas te faire peur avec tout ça et j’ai donc volontairement omis de t’en parler.
Ils entendirent frapper à la porte. Leurs deux têtes s’étaient instinctivement tournées en même temps. Sanya se dirigea vers l’entrée pour ouvrir.
Deux soldats se tenaient devant l’entrée. Ils venaient s’entretenir avec la jeune femme. C’était au tour de son auberge de faire les frais de la loi martiale qui régissait la ville et le pays depuis le danger que représentait l’Empire et les Urgals sur les habitants.
Nombres d’hommes et de femmes, ainsi que leurs enfants, avaient déjà quittés la ville pour trouver des cieux meilleurs. Sanya était une des rares personnes à n’avoir pas voulu partir malgré tout. Ici ou ailleurs, elle pensait que le danger était le même. Les soldats étaient présents ici, c’était la seule différence. Parce que malgré cela, personne, y compris elle-même, ne se sentait vraiment hors de danger.
Eragon était resté hors de vue, près de la petite porte, à côté du bar, et il avait écouté avec intérêt les dires des soldats. Il repensait à l’incident de la veille. Eragon regagnait sa place avant que la jeune femme ne revienne. Lorsque Sanya refit son apparition, elle avait triste mine. Eragon savait exactement ce qui se passait. Elle devait fermer son auberge, définitivement ! Eragon en semblait vraiment peiné. La jeune femme se demandait bien ce qu’elle allait devenir. Eragon se sentait un peu fautif, même si cela n’avait pas vraiment à voir avec l’incident de la veille. Il voulait trouver une solution. Il réfléchissait très vite, cherchant une idée qui redonnerait le sourire à la jeune femme.
Il avait beau retourner le problème dans sa tête, il ne voyait qu’une solution, lui proposer asile et la conduire sous protection. Il s’était entretenu tout d’abord avec Saphira pour qu’elle l’aide à trouver une solution. Elle paraissait d’accord avec le fait qu’ils devaient lui venir en aide comme elle était venue en aide à Eragon. Elle trouvait en fait l’idée d’Eragon très bonne.
Il proposa donc son idée à la jeune femme. Elle l’écoutait avec attention, les yeux fixés sur les siens. Il lui fallut tout de même un moment avant de répondre, le temps d’enregistrer ses paroles, le temps pour elle de les assimiler.
Elle fit rapidement le pour et le contre, retournant mainte fois les paroles d’Eragon dans sa tête. Il lui fallait tout quitter pour refaire sa vie ailleurs, tout recommencer, encore une fois. L’idée lui parut tout d’abord folle. Mais plus elle y réfléchissait, plus elle savait qu’elle n’avait plus vraiment le choix. Sa réponse ne surprit pas le Dragonnier quand elle la lui fit connaître :
- Je crois que je préfère encore vivre en exil que de rester ici, ruinée et exposée aux dangers de la rue. Je m’en remets à toi.
- Tu as raison de me faire confiance. Je prendrai soin de toi, jusqu’à ce que tu sois en lieu sûr, sous bonne garde, promit-il.
Le jeune homme était heureux de voir qu’elle lui faisait confiance. La jeune femme, elle, se réjouissait de passer du temps avec Eragon. Elle souhaitait se rapprocher de lui, apprendre à connaître ce garçon plein de surprise et c’était l’occasion rêvée.
Un sourire timide s’affichait sur les lèvres de Sanya. Elle oubliait qu’Eragon ressentait certaines de ses pensées. Eragon ne montra toutefois aucune réaction.
Il devait maintenant organiser leur départ. Il fallait savoir où conduire vraiment la jeune femme pour qu’elle soit réellement en sûreté.


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PostSubject: chapitre 5   Tue 2 Oct - 23:08

5
VOYAGE A DOS DE DRAGON

La jeune femme prit quelques affaires et se vêtit de façon confortable. Elle sentait qu’un long voyage les attendait. Il fallait aussi des vivres pour le voyage. Sanya avait fait le tour du garde-manger et n’avait prit que le strict nécessaire.
Il subsistait cependant une question qui la torturait, comment allait-elle voyager ? Elle ne possédait pas de cheval et ses maigres économies ne suffiraient pas à en acquérir un.
Eragon, encore une fois, devança la question :
- Je me suis entretenu avec Saphira. Elle est d’accord et s’est proposée pour te porter, pour nous porter, jusqu’à notre destination. Il nous faut juste attendre une réponse pour savoir si ton arrivée là où je veux te conduire ne posera pas de problème.
- Je vais voler ?
- Il me semble que oui.
Sanya n’osait pas imaginer ce voyage. Le cœur battant et le sourire aux lèvres, elle réalisait à peine la chance qui lui était offerte. Une immense appréhension lui tordit toutefois les entrailles : elle n’avait jamais volé. Cette perspective l’enchantait pourtant vraiment beaucoup.
La réponse tant attendue par Eragon ne tardait pas à se faire connaître. Il avait décidé de conduire Sanya à Ellesméra. L’accord lui avait été donné par Oromis, à qui il avait pu envoyer un message succinct. Il lui avait transmis l’accord de la transporter là-bas. Eragon savait qu’elle serait en sécurité parmi les elfes. Sanya ne savait toutefois pas ce qui l’attendait et Eragon ne souhaitait pas lui dire pour l’instant.
Le voyage allait donc bientôt commencer. Les vivres étaient emballés et soigneusement rangés dans les bats. La jeune femme ne s’était pas encombrée de beaucoup de choses. Elle avait pris un peu de linge de rechange et c’était tout. Elle avait enfilé une tunique de lin, plus chaude que celles qu’elle portait habituellement. Elle avait opté pour un pantalon épais et une veste épaisse, elle aussi. Elle se doutait qu’ils devraient supporter des températures assez froides, là-haut. Elle pensa même à des couvertures.
Eragon donna quelques consignes à Sanya avant de l’aider à s’installer sur la selle. Il se plaça ensuite derrière elle et glissa ses pieds dans les étriers. Sanya agrippait fermement l’arçon de la selle. Les mains d’Eragon venaient naturellement se placer près des siennes. Eragon était collé à elle. Elle ressentit un frisson en sachant qu’elle allait toujours être aussi proche de lui durant le voyage.
Elle se sentait légère, en confiance. Elle n’avait vraiment pas peur. Elle savait, elle le sentait, qu’elle pouvait avoir une totale confiance. Une appréhension restait pourtant toujours présente. Eragon avait ressentit la même chose lors de son premier vrai vol avec Saphira. Il rassura tout naturellement la jeune femme :
- Je serai là pour te retenir si tu glisses, et Saphira saura te rattraper si tu devais tomber. Tu n’as aucune crainte à avoir. Tout se passera bien.
- Je n’ai pas peur.
Elle n’avait réellement pas peur, contrairement à ce qu’aurait pu croire Eragon, mais son cœur battait la chamade à l’idée d’une chevauchée aussi fantastique.
Sanya laissait son auberge avec regret derrière elle, mais elle songeait à tout ce que lui ferait découvrir le Dragonnier.
Saphira prit son élan, se hissant sur ses pattes arrières et elle prit son envol. Ils avaient enfin quitté la terre ferme et prit très vite de la hauteur. Il survolèrent ensuite la cité vers le nord-est et la quittèrent tout aussi rapidement.
Sanya s’émerveillait du paysage. Elle s’émerveillait de la vue fantastique qu’on avait de si haut. Tout lui paraissait merveilleux en fait et plus petit, aussi.
Le vent balayait ses cheveux et sifflait à ses oreilles, mais elle n’y prêta pas attention pour regarder tout autour d’elle. Elle était souriante et regardait dans toutes les directions, elle scrutait tout dans le moindre détails. Elle gravait chaque image, chaque vision, chaque sensation, au plus profond d’elle-même. Elle savait qu’elle ne pourrait pas oublier ce fabuleux voyage, quoi qu’il se passe. Eragon souriait en la voyant aussi ébahie.
Sanya sentait la fatigue la gagner et Eragon la ressentit, lui aussi. Ils voyageaient depuis le matin et le soleil amorçait déjà sa descente. Ils avaient à peine fait une brève halte pour déjeuner. Puis ils avaient reprit la voix des airs jusqu’au couché du soleil. La journée était passée si vite, pourtant. Les premières étoiles faisaient leur apparition.
Eragon demanda enfin à Saphira de se poser. Il installa le campement et alluma un feu. Sanya installa, quant à elle, les couvertures en prévision de la nuit fraîche qui s’annonçait. Elle ne regrettait pas d’avoir pris de bonnes couvertures.
Ils dînèrent ce qu’avait préparé Eragon et Sanya alla se coucher, morte de fatigue. Elle s’enroula dans sa couverture, ne laissant rien dépasser et s’endormit très vite.
Eragon n’allait pas se coucher tout de suite. Il préférait monter la garde. Viendrait ensuite le tour de Saphira.
La nuit fut calme et Sanya se réveilla bien reposée. L’air du matin était vivifiant. Elle se redressa et se sortit enfin de ses couvertures. Elle ferma les yeux un moment en respirant les odeurs de cette nature si fabuleuse qu’elle n’avait jamais vraiment connu. La rosée faisait remonter une odeur de terre humide et les arbres alentours donnait une note parfumée à cet ensemble.
Elle s’éloigna un peu du campement pour trouver un peu d’eau. Elle n’eut pas besoin d’aller loin. Elle trouva un petit cours d’eau à quelques pas et put se rafraîchir. Elle remplit également les gourdes pour la poursuite du voyage.
Lorsqu’elle revint, Eragon avait déjà remballé les affaires et éteint le feu. Ils étaient fin prêts à partir. Le temps était clément et la rosée disparaissait déjà aux premiers rayons du soleil. La lumière envahissait la clairière où ils se trouvaient. Elle baignait tout d’une lumière dorée intense qui faisait plisser les yeux de la jeune fille. Les premiers rayons apportaient aussi un peu de chaleur.
Eragon aida Sanya à s’installer sur la selle avant de s’y installer lui-même. Ils repartaient pour une nouvelle journée de vol. Sanya regardait tout avec attention. Elle découvrait de nouveaux paysages. Elle ne connaissait pas beaucoup de choses. Elle découvrait une nouvelle façon de voyager.
À la mi-journée, ils firent halte pour manger, boire, se reposer quelques minutes et se dégourdir les jambes. Puis ils repartirent. Eragon ne souhaitait pas faire de mauvaises rencontres. Ils s’arrêtaient donc dans des clairières reculées ou dans des grottes qui n’étaient pas facilement visibles et décelables.
Sanya commença à ressentir le mal d’une longue chevauchée. Ses cuisses la faisaient en effet souffrir. Elle ne connaissait pas ce mal. Les longues journées passées sur la selle de Saphira lui causaient un mal nouveau, elle souffrait mais se plaignait pas. Il lui fallait simplement le temps de s’habituer à chevaucher.
Elle n’en avait pas parlé à Eragon, mais elle était certaine qu’il le savait. Elle ne voulait cependant pas se plaindre, pensant qu’il valait mieux prendre sur elle et continuer de souffrir le temps que les muscles s’habituent.
Une nouvelle nuit fraîche s’annonçait. Celle-ci l’était plus particulièrement. Sanya n’avait pas réellement prévu de telles températures. Elle tremblait sous ses couvertures qui étaient vraiment trop fines. Eragon lui passa une autre couverture, l’une des siennes, mais cela ne suffît malheureusement pas à la réchauffer. Elle avait vraiment froid. Elle avait beau se mettre en boule, se serrer au maximum, elle sentait ses membres trembler.
Eragon lui proposa de s’installer près de Saphira pour que celle-ci lui apporte un peu de chaleur. Elle rendit la couverture à Eragon, pour ne pas qu’il est froid. Et se releva, enroulée dans sa couverture et elle se colla contre le poitrail de Saphira. Celle-ci s’était mise légèrement de côté pour que la jeune femme se plaque contre elle. Il était vrai qu’elle dégageait une certaine chaleur. Sanya se sentit vite mieux. Elle trouva rapidement le sommeil et Saphira replia son aile sur la jeune femme pour conserver un maximum de chaleur.


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PostSubject: chapitre 6   Tue 2 Oct - 23:09

6
ATTAQUE D’URGALS
ET CONFESSIONS

Eragon réfléchissait à l’itinéraire le plus adapté pour rejoindre Ellesméra. Il avait décidé de contourner le désert, pour ne pas être sûr de ne pas être privé d’eau ni de nourriture.
Il amorçait son tour de garde. Il maintenait le feu allumer. Il se réchauffait les mains sur celui-ci, enrouler dans ses couvertures. Et il n’avait pas froid.
La nuit était bien avancée. Un bruit suspect fit relever la tête de la dragonne. Eragon avait réagi en même temps qu’elle. Sanya dormait toujours profondément, ne percevant évidemment pas les bruits comme pouvaient les percevoir le Dragonnier et sa monture. Saphira n’avait pas fait de geste brusque, ne troublant ainsi pas le sommeil de la jeune fille sans raison.
Eragon se leva doucement et demanda à Saphira de veiller sur Sanya. Il voulait s’assurer qu’aucun danger ne guettait. Il prit Zar’roc dans les bats et s’avançait doucement vers les premiers arbres, s’éloignant du campement.
Saphira renifla l’air et regarda tout autour d’elle. Elle veillait toujours sur Sanya qui n’avait rien perçu de la scène et dormait toujours profondément.
À peine Eragon s’était-il éloigné et disparaissait derrière les premiers arbres, que deux Urgals apparurent. Saphira grogna. Sanya se réveilla en sursaut. Elle avait perçu le grognement profond qui faisait trembler sa poitrine. Ses grognements l’avait fait trembler et le réveil était foudroyant. Elle se redressa et vit les deux créatures s’avancer vers elles.
Saphira se redressa à son tour. Elle grogna encore pour essayer de faire peur aux deux assaillants. Elle vit que ça n’avait aucun effet, alors elle mugit, bouche grande ouverte, montrant ses crocs.
Sanya fut impressionnée. Elle en eut un frisson. Elle ne connaissait pas réellement les dragons. Mais elle était davantage effrayée par les créatures qui s’avançaient toujours et elle ne bougeait tout simplement pas, faisant confiance à la dragonne pour la défendre.
Les Urgals ne s’arrêtaient toujours pas. Ils continuaient d’avancer vers la dragonne et vers elle. La dragonne se mit sur ses pattes à une vitesse fulgurante. Sanya avait reculé, effrayée par ce geste brusque. Elle en tomba à la renverse. Elle ne savait pas trop ce qu’elle devait faire. Crier aurait été inutile. Elle se redressa et recula jusqu’à se blottir contre l’une des pattes avant de Saphira. Celle-ci l’attrapa par un morceau de vêtement pris entre ses crocs et la souleva pour la poser sur son dos. Ainsi perchée, elle avait une vision globale de la scène. Elle regardait les Urgals s’avancer encore sur elles.
Eragon avait fait demi-tour et courait vers Saphira, Zar’roc dans sa main droite. Il s’avança lentement vers le premier Urgal qui s’était tourné vers lui et qui courait vers lui en hurlant, épée levée, sur lui.
Le deuxième Urgal, quant à lui, s’avançait vers la dragonne, lui aussi, épée à la main. Celle-ci reculait pour échapper à son assaillant. Mais elle dû vite s’arrêter. Elle ne pouvait plus bouger. Ses pattes arrières se trouvaient sur le rebord de la falaise sur laquelle ils avaient installé le campement.
Elle cracha un long jet de flamme pour éloigner son agresseur et ainsi pouvoir s’avancer un peu pour ne pas risquer de chuter. Mais cela n’eut pas beaucoup d’effet. L’Urgal roula au sol et se releva à une vitesse effrayante, ne laissant pas le temps à la dragonne de s’avancer.
Sanya regardait les deux assaillants s’attaquer à ses nouveaux amis, impuissante. Elle regrettait de ne pas pouvoir leur venir en aide.
Eragon fit un mouvement pour éviter une attaque et profita du fait que l’Urgal lui exposait son flanc pour attaquer à son tour. L’Urgal s’effondra pour ne plus se relever.
Il courut ensuite vers le deuxième Urgal. Il voulait libérer Saphira qui ne savait plus quoi faire pour éviter l’Urgal qui allait la blesser. Il n’eut pas le temps de la frapper. Il entendit Eragon courir vers lui.
L’Urgal eut un sursaut d’orgueil. Sanya sentit sa main s’emparer de son pied. Elle était trop absorber par la vue d’Eragon qui fonçait sur eux pour les défendre. Elle glissa et quitta la selle. Elle tomba durement sur le sol et se fit mal.
Elle se moquait de la douleur de la chute. Elle ne sentait plus l’emprise du monstre et se roula sous le poitrail de Saphira pour passer sur l’autre côté.
Eragon profita de ce fait pour passer à l’attaque. L’Urgal fit un pas en arrière et Saphira arriva enfin à s’éloigner du ravin d’où elle risquait de chuter.
Eragon risqua encore une feinte pour faire peur à son assaillant, mais son pied glissa du rebord de la falaise et il disparut dans le vide. Saphira s’élança rapidement et le récupéra en plein vol. Ils remontaient maintenant sur le haut de la falaise où Sanya était malheureusement restée seule.
L’Urgal s’était bien évidemment dirigé vers elle. Il voulait sa victime et s’avançait vers elle pour satisfaire son désir. Sanya tomba à la renverse en se prenant les pieds dans une pierre qui sortait du sol, voulant échapper à l’horrible créature. Elle ne se releva pas tout de suite et recula comme elle put.
L’Urgal s’avançait plus vite sur elle, bras levé, épée à la main. Il était maintenant très près et allait abaisser son bras, son épée allait bientôt s’abattre sur la pauvre jeune femme, morte de peur. Sanya ferma les yeux, persuadée qu’elle vivait ses derniers instants. Elle priait très fort et cria enfin :
- Eragon ! Saphira !…
Saphira émergeait soudain des profondeurs du ravin. Eragon ne tarda pas et sauta du dos de la dragonne pour se retrouver entre l’Urgal et Sanya, s’opposant ainsi à l’agresseur, Zar’roc tendu devant lui.
- Tu croyais t’en tiré à si bon compte ? dit Eragon à l’Urgal incrédule.
Il fit un pas en arrière et grogna, dévoilant des dents pointues et jaunes. Les yeux rouges de la créature montraient une expression de cruauté intense.
Eragon allait frapper, mais son regard fut attiré par l’arrivée de quatre autres Urgals. Ils firent leur apparition à l’orée du bois.
Eragon, surpris, ne perdit pas de temps pour tuer celui qui lui faisait face en tendant le bras avec force, transperçant l’horrible créature de part en part. L’Urgal, sans vie, s’effondra et permit à Eragon de passer au suivant.
Deux Urgals se dirigeaient vers Saphira, les deux autres, sur Eragon. Sanya s’était relevée à la hâte et courait vers Saphira avant que les Urgals ne l’atteignent. Saphira aida une fois de plus Sanya à se hisser sur son dos. Elle envoyait des jets de flamme lorsqu’un Urgal s’approchait trop près d’elles. Sanya était bien agrippée à l’arçon de la selle et observait la scène avec intérêt et frayeur mélangés.
Saphira cracha de larges jets de flamme pour éloigner assez les Urgals d’elle. Elle en tua un en le rôtissant ainsi. Elle vit ensuite le deuxième Urgal se diriger maintenant vers Eragon.
Eragon, maintenant, tenait tête à trois agresseurs. Saphira profita de l’écart de l’un d’eux pour en attraper un. Elle le jeta ensuite dans le vide. Il disparaissait en poussant un cri effrayant.
Eragon était pris en tenaille entre deux Urgals et ne les quittait pas des yeux pour épier le moindre geste.
Saphira étant plus à l’aise dans les airs, elle avait pris son envol. Sanya surprise, se tenait fermement à l’arçon et serrant ses jambes contre le poitrail de la dragonne, ses pieds étant n’atteignant pas les étriers.
Dans un virage que Saphira effectua pour attraper un des monstres, Sanya glissa dangereusement et ne put se rattraper. Elle fit une belle chute et son flanc heurta une pierre au sol. Elle se releva en se tenant les côtes.
Elle était assez loin du combat et regardait les deux Urgals essayer de toucher Eragon. Saphira continuait ses manœuvres pour attraper l’une des créatures et laisser le champ libre à Eragon pour se débarrasser du dernier Urgal.
Eragon était toujours entre les deux Urgals, à attendre le moindre signe de faiblesse, le moindre mouvement, pour savoir dans quelle direction attaquer.
Sanya voyait Saphira s’éloigner pour faire demi-tour. Elle vit Eragon faire un écart pour éviter une attaque et sentit une forte sensation d’impuissance. Elle regardait le combat se dérouler sous ses yeux et sentait son cœur cogner contre sa poitrine.
Elle vit Eragon être déséquilibré et tomber. Saphira était encore trop loin. L’un des Urgal attaquait et Eragon parait, mais il fallait faire quelque chose, sinon, il allait se faire tuer ! La jeune femme en était convaincue.
Elle ne se posa plus la moindre question et d’instinct, se mit à courir en direction du combat en criant.
Saphira arriva sur Eragon mais trop juste pour se saisir, dans un premier temps, du monstre. Elle dut manœuvrer avant de pouvoir l’attraper et Eragon ne pouvait toujours pas se relever.
Sanya se plaça dans le dos d’Eragon et s’interposa entre l’Urgal et celui-ci. Saphira allait attraper la créature quand il fit un geste pour frapper la jeune femme. L’Urgal avait tendu son bras, épée droit devant lui pour transpercer la jeune femme, mais la lame ripa sur les griffes de Saphira qui intervenait. Elle ne parvint pas à attraper le monstre, cette fois encore et fit un autre demi-tour à la hâte. La jeune femme ne fit même pas un écart et la lame parvint à l’atteindre.
Eragon entendit un cri de douleur perçant. Sanya s’effondra en tenant son côté blessé. Saphira avait enfin attrapé son adversaire et le jetait à son tour dans le vide. Il disparaissait ensuite, poussant un cri à glacer le sang.
Avant de se retourner, Eragon n’eut qu’à tendre Zar’roc devant lui pour embrocher l’Urgal qui tentait de l’embrocher lui-même.
Une fois le dernier Urgal mort, il réalisa ce qui venait de se passer et il se figea en voyant la jeune femme recroquevillée à ses pieds, tremblante.
Saphira se posait près d’Eragon qui s’agenouilla devant elle. Il écartait doucement les doigts de la main de Sanya qui tenait encore fermement sa blessure.
La jeune fille tressaillit en plissant les yeux et en gémissant. La douleur était terrible. Elle ne connaissait pas cette douleur. Elle souffrait atrocement et regardait maintenant Eragon, des larmes dans les yeux.
Celui-ci enleva le gant de sa main droite et la tendit devant lui, la paume face à la blessure. Il regardait la jeune femme et s’expliquait :
- Laisse-moi faire, et tout sera fini dans un moment.
- J’ai mal.
Avant de prononcer la formule, il toucha doucement l’esprit de la jeune femme et lui ôta une partie de la douleur. Il continuait de lui parler :
- Je sais que tu as mal, mais laisse-moi faire, je t’en prie, je ne te ferais aucun mal.
Elle consentit à écarter sa main, qu’elle avait reposé sur la blessure et laissa le jeune homme faire. Elle entendit des mots sortir de la bouche de celui-ci et une chaleur lui glissa le long des côtes. Elle apercevait une faible lumière bleue, mais ne dit rien et laissait le choses se poursuivrent. Elle ne ressentait déjà presque plus aucune douleur et une impression étrange lui courait le long de la peau. Elle put ainsi s’asseoir et regarder son côté pour voir qu’il ne restait aucune trace de la blessure :
- Comment as-tu fait ça ? Et cette lumière, d’où venait-elle ?
- Une autre chose bien utile que savent faire certains magiciens, comme les Dragonniers.
- Tu fais de la magie ?
- Oui. Et la lumière est celle de la magie que j’utilise. Elle est différente pour chaque Dragonnier.
La jeune femme parut abasourdie. Il possédait bien plus de talents qu’elle ne semblait le croire. Elle le regarda et dit :
- Je te remercie… Mais quelles autres choses peux-tu faire ?
- Beaucoup d’autres, mais je ne voudrais paraître prétentieux.
- Non ! Bien sûr que non.
Eragon ne voulut pas rentrer pas dans les détails, mais lui expliqua brièvement, en quelques mots, les talents de magicien que possédait un Dragonnier. Sanya semblait émerveillée :
- C’est vraiment fascinant !
- Mais c’est aussi dangereux. Il ne faut pas en abuser. Quand un Dragonnier abuses de ces pouvoirs, il peut en devenir fou ou mourir. C’est ce qui s’est passé pour Galbatorix. C’est Dragonnier, lui aussi, et tu vois ce qu’il est devenu : un roi cruel.
- Galbatorix ? Un Dragonnier ?
- Oui. Mais c’est une longue histoire. Je ne peux pas te raconter tout ça maintenant. Il nous faut nous remettre en route. Je te la raconterai un jour.
- Je voulais te remercier encore pour ce que tu fais pour moi.
- C’est à moi de te remercier, il semble que tu m’ais sauvé la vie aujourd’hui. Mais, à l’avenir, ne prends pas un tel risque.
- Je suis désolée, dit Sanya en baissant la tête. Mais je sentais qu’il fallait faire quelque chose. Je te voyais mal en point et Saphira faisait ce qu’elle pouvait pour te venir en aide. J’ai ressenti quelque chose d’inexplicable qui m’a poussé à agir. Je ne me suis pas posé la moindre question et j’ai couru.
- Essaye de ne pas prendre ce genre de risque à l’avenir, tu n’as pas mes capacités ou celles de Saphira et il t’en coûterait davantage qu’une simple blessure…
- Pardonne-moi.
Sanya baissa les yeux, un peu honteuse. Elle ne réalisait pas l’étendue de son acte. Elle voulait simplement aider Eragon.
Saphira s’approcha d’Eragon :
« Tu as peut-être été un peu dur avec elle. Après ce qu’elle a fait… Elle a été d’une aide précieuse. Je n’aurais pas aussi bien fait. Et elle t’a sauvé la vie ! »
« Elle n’avait pas à prendre autant de risques. »
« Il y a quelque chose que tu oublies, petit homme. Elle a réagi à ses sentiments ; comme il t’est arrivé de le faire si souvent, rappelles-toi. »
« Ce temps-là est révolu. Des gens y ont laissé la vie. Je sais que tu veux parler de ce qui s’est passé. Je ne veux plus que personne se sacrifie pour moi ! Et je ne veux plus en parler non plus ! »
« Il le faudra bien pourtant. Arya a fait un choix, comme Sanya aujourd’hui. Et elle l’a fait pour toi. »
« Elles n’avaient ni l’une ni l’autre besoin de faire ce choix. Regarde Arya, elle y a laissé la vie. Je m’en suis toujours voulu parce qu’elle l’a fait à cause de moi et de mes sentiments pour elle. »
« Mais elle l’a fait ! »
« N’en parlons plus ! »
Eragon s’éloigna. Sanya profita de cette petite séparation pour s’approcher de Saphira. Elle espérait pouvoir lui parler et qu’elle l’entende :
- Il a l’air torturé, je l’ai bien vu. Et je crois savoir pourquoi. Il pense sûrement que j’ai fait quelque chose de stupide, il pense que j’ai risqué ma vie… Mais je ne saurais pas lui expliquer pourquoi j’ai agi ainsi. Je n’ai répondu qu’à mon instinct. Il me commandait de le faire. Je sais que vous pouvez vous parler, tous les deux. Explique-lui, il comprendra sûrement cela mieux venant de toi.
La jeune femme fit un geste vers la dragonne. Elle glissa sa main sur ses écailles, entre ses cornes, au-dessus de sa tête, en souriant. Elle aimait ce contact. Il était particulier, mais déjà si familier. De plus, Saphira ronronnait et la jeune femme sentait les écailles vibrer sous ses doigts. Curieusement, cela avait pour effet d’emplir la jeune femme de paix et de sérénité, elle se sentait vraiment bien, paisible. Elle poursuivait :
- Ce que j’aimerais pouvoir entendre tes pensées, moi aussi. Je pourrais te parler sans avoir à attendre tes réponses d’Eragon. J’ai tant de questions que je ne peux pas lui poser directement.
Elle se tut en entendant le Dragonnier approcher. Il paraissait encore contrarié. Il dit sur un ton morne :
- Il est temps d’y aller.


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PostSubject: chapitre 7   Tue 2 Oct - 23:10

7
ELLESMERA

Les affaires étaient rapidement empaquetées. Eragon ne voulait pas s’éterniser dans les parages. Sanya monta sur la selle avec l’aide d’Eragon. Et lorsqu’il fut à son tour monté, ils quittèrent la falaise d’où ils étaient perchés sans attendre pour reprendre leur périple vers Ellesméra.
Le soleil se levait seulement et la température était un peu fraîche. Sanya grelottait. Elle n’en fit pourtant part à personne et resta silencieuse. La température remonta de toute façon assez rapidement avec l’ascension du soleil. C’était une belle journée, pas un nuage ne venait obscurcir le ciel. Sanya se réchauffa rapidement et ne grelotta bientôt plus.
Il n’y eut aucun mot, le silence le plus complet. Chacun des cavaliers s’étant retranché dans ses pensées. Sanya se doutait qu’Eragon ne souhaitait pas parler après ce qui venait de se passer et après ce qu’il lui avait dit. Mais cela n’empêchait pas Eragon de parler mentalement avec Saphira. La dragonne avait attentivement écoutée la jeune fille et répéta ce qu’elle avait pu dire à Eragon.
Il ne parut pas étonné et réagit :
« Elle n’aurait pas dû prendre tous ces risques, c’est tout ! »
« Tu ne veux pas revivre ce que tu as vécu avec Arya. Je le comprends. Mais tu ne pourras pas fermer ton cœur indéfiniment… »
« Je ne veux pas qu’elle fasse le même sacrifice. Surtout pour moi. »
« Tu ne pourras pas faire de choix à sa place. »
« Je le sais bien, mais il faudra qu’elle sache, qu’elle comprenne, qu’il ne pourra jamais rien y avoir entre nous. Rien qui me lie sérieusement à elle pour qu’elle ne prenne pas de décisions stupides ! »
« Et si elle décide autrement ? Tu ne pourras rien faire pour l’en dissuader ! »
« Je ne veux plus en parler ! »
Eragon ferma son esprit et resta silencieux jusqu’à la halte pour la nuit. Il ne dormit pas et veilla ainsi jusqu’à leur départ.
Sanya était restée silencieuse, elle aussi. Elle était d’humeur morose. Elle s’était éloignée et elle avait marché pour réfléchir. La journée avait parut terriblement longue à Sanya. Ce silence la peinait. Elle se sentait seule. Eragon avait fui son regard ou même sa présence lorsqu’ils étaient à terre. Saphira l’avait regardé mais Sanya ne pouvait pas lui parler en attendant des réponses, elle ne pouvait que se confier. Pourtant Sanya sentait bien dans le regard de la dragonne qu’elle compatissait. Elle s’était isolée pour pleurer.
Eragon ne lui avait dit que ces quelques mots : ils auraient atteint Ellesméra le lendemain dans la journée.
Sanya s’était ensuite couchée, enroulée dans ses couvertures, dos à Eragon. Elle s’était blottie contre Saphira pour ne pas avoir froid et avait encore pleuré en silence.
Eragon avait donc veillé de l’autre côté du feu, le regard dans le vide. Il avait repensé à ce qui s’était passé plus tôt dans la matinée. Il s’était rappelé aussi les paroles de la dragonne. Il avait tourné la tête vers la jeune femme qui avait déjà fermé ses yeux et qui paraissait dormir déjà. Sanya avait en effet trouvé très vite le sommeil.
Sanya avait été agitée. Eragon avait occupé une partie de ses rêves. Elle avait revu la bataille et le geste qu’elle avait fait pour le sauver. La douleur lui tenaillait encore le côté. Au réveil, elle passa ses doigts sur l’ancienne blessure. Il ne subsistait aucune trace de celle-ci, elle avait complètement disparue, ne laissant même pas de cicatrice.
Elle resta un moment immobile, profitant encore de la chaleur des couvertures et de la dragonne. Puis elle se leva et fut surprise de ne voir que Saphira.
Elle s’éloigna un peu et rejoignit le point d’eau auprès duquel ils avaient érigé le campement. Elle souhaitait se rafraîchir et remplir les gourdes, comme chaque fois.
Après quelques pas, elle rejoignit le bord du petit lac, derrière la rangée d’arbres qui le camouflait. Elle fut surprise de voir un tas de vêtements, étalés sur le rivage. Elle comprit immédiatement qu’Eragon les avait laissé là pour se baigner. Elle aurait bien eut l’idée de se baigner, elle aussi. Elle rêvait d’un bain.
Elle fit demi-tour pour ne pas troubler cet instant d’intimité. Elle retournait près de Saphira quand elle se stoppa. Elle tourna la tête vers le rivage où se trouvait les vêtements. La curiosité la tenaillait. Elle avait des pensées qu’elle n’aurait jamais eu avant de connaître le jeune homme.
Elle ne céda pas à la tentation, du moins dans un premier temps. Mais après quelques pas, elle s’arrêta de nouveau. « Je ne peux pas. » pensa-t-elle. « S’il s’en rendait compte, il m’en voudrait à tout jamais. » Elle reprit sa marche vers le campement et s’arrêta. Elle s’interrogea de nouveau : « Comment me pardonnerait-il s’il savait ce que je me prépare à faire. »
La tentation fut la plus forte. Elle fit un écart et longea une série de rochers. Elle se cacha et leva à peine la tête pour observer le garçon. Son cœur battait à tout allure. Elle aperçut enfin le jeune homme qui nageait nu dans l’eau claire. Elle pensait à sa réaction : « Il ne me pardonnera jamais ! » Pourtant, son regard ne quittait pas la silhouette. Elle le regardait nager.
Elle se demanda un instant s’il ne valait mieux pas faire demi-tour, mais elle paraissait hypnotisée. Elle essayait en vain de détacher son regard.
Elle regretta pourtant rapidement sa curiosité. Elle se ravisa enfin et se releva enfin pour s’éloigner. Elle courut pour rejoindre Saphira.
Elle redescendit sur le rivage. Elle s’aperçut qu’Eragon l’avait déjà quitté. Elle prit de l’eau dans les gourdes qu’elle referma avant de retourner, encore rêveuse, au campement. La vision ne quittait plus ses pensées. Elle n’aurait jamais imaginé pouvoir le voir ainsi.
Elle réapparut très vite et rangea les gourdes dans l’un des bats de Saphira. Elle sourit un moment, tournant le dos à Eragon et s’arrangeant de ne pas être vue de Saphira non plus. Elle repensa à ce qu’elle avait vu. Cette vision ne la quitta plus.
Eragon l’aida à grimper sur la selle. Mais lorsqu’il se glissa derrière elle, pourtant, le contact fut différent des autres fois. Elle ressentit un doux frisson. Elle ne dit rien, mais Eragon ressentit certaines de ses pensées, qu’elle laissait échapper malgré elle. Il avait aussi remarqué le brusque changement d’humeur chez la jeune femme. Il l’interrogea :
- Que t’arrive-t-il ?
Elle ne sut quoi répondre dans un premier temps. Elle réfléchit rapidement à une réponse qu’il croirait sans trop poser de questions :
- Le temps et le paysage sans doute !
Elle essaya un moment d’éloigner la vision de son esprit, mais elle n’y parvint pas vraiment. Le garçon ne sembla pas convaincu, Sanya le sentait, mais elle vit qu’il n’insistait pas. Il tenta alors de questionner Saphira :
« Sais-tu ce qui peut la rendre d’aussi bonne humeur ? »
« Non. »
La réponse ne lui satisfit guère, mais elle le tortura tout le trajet. Il se demanda ce qui pouvait la rendre aussi joyeuse, surtout après ce qu’il avait pu lui dire. Il ne voulait pas l’importuner et ne tenta même pas de sonder ses pensées pour en savoir davantage, pensant que s’était déplacé et impoli.
La jeune femme, dans le silence, essayait d’éloigner le plus possible ce qu’elle avait fait plus tôt dans la matinée de ses pensées, mais rien ne lui aurait permis de revoir cette image de lui se baignant dans l’eau si claire du lac. Elle regrettait vraiment cette curiosité. Elle ne souhaitait pas que le garçon le sache de peur qu’il ne soit à tout jamais fâché contre elle. Elle ne voulait cependant pas gardé le secret pour elle. Elle aurait souhaité pouvoir se confier. Mais elle se demandait à qui elle aurait bien pu confier ce secret. À la dragonne peut-être ? Mais comment être sûre qu’elle la comprenne ? Comment être sûre qu’elle ne répèterait pas ce qu’elle lui confierait alors ?
Ellesméra se rapprochait à grands pas. Il survolaient des arbres depuis plusieurs lieues. Sanya ne voyait plus le sol. Les arbres étaient tellement serrés qu’elle ne distinguait plus la terre ferme.
Elle remarqua bientôt une clairière. Elle était à peine visible, mais Saphira descendait déjà et atterrit bientôt dans cette petite clairière.
Eragon descendit le premier et aida Sanya à descendre à son tour. Il devait lui expliquer certaines choses avant de pénétrer dans la cité. Il souhaitait que la jeune femme ne se sente pas perdue ou choquée par l’attitude des elfes. Il lui indiquait la conduite qu’elle devrait tenir en entrant dans Ellesméra.
Sanya ne connaissait pas les elfes. Elle n’en avait jamais rencontré. Mais elle avait énormément entendu parler de ce peuple. Elle avait remarqué qu’Eragon leur ressemblait, mais elle savait qu’il n’en était pas vraiment un. Elle était curieuse de connaître enfin ces êtres qu’elle s’était imaginé tant de fois. Elle désirait vraiment les rencontrer, mieux les connaître.
Elle resta aux côtés d’Eragon et de Saphira. Elle repensait au fait de pouvoir se confier à elle. Elle la regardait de temps à autre en se disant qu’elle pourrait l’écouter et peut-être la comprendre. Mais elle devait être sûre qu’elle ne répéterait rien à Eragon de ce qu’elle lui confierait alors.
Sanya se sortit de ses pensées lorsqu’elle vit quelqu’un approcher. Elle reconnu l’allure et remarqua que l’elfe paraissait assez âgé. Elle avait du mal à s’imaginer un elfe aussi âgé. Elle pensait que les elfes conservaient la même apparence jusqu’à leur mort, lorsqu’il mourait, puisqu’elle avait entendu dire qu’ils étaient immortels.
Le gardien de la cité s’approcha et fit face à Eragon sans un mot. Eragon se souvint exactement de la conduite qu’il devait tenir face à lui. Il se rappelait avec exactitude les mots d’Arya.
Il présenta ainsi son anneau, comme la première fois et présenta les salutations d’usage en portant deux doigts sur ses lèvres et en prononçant les mots de l’ancien langage. Le vieil elfe les escorta à l’intérieur de la cité.
Sanya était ébahie. Elle laissait errer son regard un peu partout. Tout y était d’un telle beauté, d’une telle clarté, d’une telle pureté. C’était le reflet de ses rêves et de son imagination qui voyait le jour. Elle marchait toujours à côté de Saphira. Eragon marchait plus en avant, leur ouvrant le chemin.


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PostSubject: chapitre 8 1er partie   Tue 2 Oct - 23:11

8
CONFIDENCES
ET DECOUVERTE

Sanya cherchait la façon dont elle pourrait parler à Saphira pour se confier. Elle avait besoin de lui parler, de se confier. Elle supportait de plus en plus difficilement le silence qui régnait souvent entre Eragon et elle.
Eragon allait rencontrer la reine. Il devait lui parler, lui faire savoir qu’il était de retour. Il devait lui expliquer pourquoi il avait emmené Sanya auprès d’eux.
Saphira resterait avec Sanya. Eragon n’avait pas besoin d’elle et il préférait qu’elle veille sur la jeune fille.
Sanya s’en réjouissait. Elle profiterait ainsi de l’absence de son ami pour tenter de lui parler. Elle ne savait pas encore comment, mais elle devait lui parler, se confier, c’était le seul moyen pour elle d’expier sa faute, si on pouvait appeler ça une faute !
Elle ne savait pas trop non plus par quel moyen se faire comprendre d’elle pour être sûre qu’elle garde le secret. Elle savait qu’elle ne lui répondrait pas, mais il fallait qu’elle sache si elle pouvait lui faire ces confidences, si elle pouvait lui faire confiance. Elle sentait qu’elle pouvait avoir confiance, mais elle souhaitait s’en assurer. Elle se tourna alors vers la dragonne et commença :
- J’ai à te parler, je voudrais te confier certaines choses, mais c’est très personnel et très difficile. Je n’ai personne à qui me confier. Je voudrais pouvoir le faire avec toi, mais je veux être sûre que tu ne répéteras pas ce que je vais te confier à Eragon, il serait furieux… Il faut vraiment que je sois sûre d’obtenir le plus grand secret sur ce que je vais te confier… Il faudrait juste trouver un moyen de communiquer facilement, ne serait-ce que par l’affirmative et la négative.
La dragonne fit un clin d’œil à la jeune fille. Cela lui donna alors une idée. Elle pensa à haute voix :
- Tes yeux pourraient me répondrent. Un clin d’œil pour « oui », par exemple, et les deux yeux fermés pour « non ».
La dragonne lui fit savoir qu’elle avait compris en clignant de l’œil. Sanya lui répéta « oui », et la dragonne fit un clin d’œil. Et lorsqu’elle lui dit « non », la dragonne ferma les deux yeux brièvement.
Sanya sourit. Elle savait que la dragonne comprenait ce qu’elle essayait de faire. Elle tenta de lui poser une question où elle pourrait répondre par l’affirmative ou la négative pour voir si elle avait vraiment compris.
Elle la regardait attentivement et lui demanda :
- Est-ce que tu me promets de ne rien répéter de ce que je vais te dire à Eragon ?
La dragonne cligna de l’œil. Sanya parut rassurée. Elle inspira profondément et commença donc :
- J’ai fait quelque chose de mal, ce matin, quelque chose de vraiment très mal… Si Eragon le savait, il serait furieux. Mais c’était plus fort que moi, je n’ai pas su résister. Je m’en veux un peu mais…
Elle s’interrompit un moment pour inspirer encore une fois profondément. Elle se lança :
- J’allais au lac prendre de l’eau. Je voulais remplir nos gourdes. Je voulais aussi me laver… Et j’ai vu les vêtements d’Eragon entassés sur la rive…
Elle s’interrompit encore et après un moment d’hésitation, elle poursuivit, le cœur battant :
- Je me suis cachée derrière des rochers pour l’espionner… Il nageait et j’ai pu le voir… Oh, Saphira ! Promets-moi que tu n’en diras pas un mot à Eragon.
La dragonne cligna encore une fois de l’œil.
Sanya sentait une douceur dans le regard de la dragonne. Elle était persuadée qu’elle la comprenait. Elle se sentait quelque part libérée d’un fardeau qui la tenaillait. Elle souhaitait maintenant lui parler plus personnellement, lui confier ce qu’elle ressentait. Elle poursuivait donc :
- Tu sais… La première fois que je l’ai vu, je savais qu’il n’était pas comme les autres. Je ne pourrais pas réellement expliquer pourquoi ? Mais quand je l’ai vu, ce matin, nager dans cette eau si claire, j’ai su qu’il y avait vraiment quelque chose. Je sais qu’il y a eu aussi quelque chose le jour où il est entré dans mon auberge aussi. Et je crois enfin savoir pourquoi j’ai risqué ma vie pour le sauver des Urgals, l’autre jour…
Elle s’interrompit une dernière fois. Elle savait, elle en était sûre, que Saphira avait tout à fait compris ce qu’elle ressentait, qu’elle comprenait ses sentiments pour son compagnon.
Elle n’eut de toute façon pas le temps de rajouter quoi que ce soit. Eragon revenait déjà de son entretien. Elle essaya donc d’éloigner, une fois de plus, ses images et ses pensées pour qu’Eragon ne s’aperçoive de rien.
Il lui fit face et la regarda dans les yeux. Il dit enfin :
- Tu as l’accord de la reine en personne. Tu es autorisée à rester avec moi. Je dois veiller sur toi le temps que tu te fasses à leurs coutumes. Tu logeras chez nous. Il y a bien assez de place pour t’accueillir dans la maison que nous avons ici, Saphira et moi. Tu es officiellement la bienvenue chez les elfes. La reine te rencontrera sûrement demain.
- Je vais rencontrer la reine ?
- Oui… Mais ne t’inquiète pas, nous allons préparer l’entretien. Je te dirai comment te comporter avec elle. Je t’enseignerai ce qu’il faut que tu saches.
Eragon s’arrêta un moment et la regarda dans les yeux pour finir sa phrase. Sanya se surprit à le dévisager malgré elle. Elle se souvenait malgré elle le garçon nageant dans le lac. Elle finit par baisser les yeux, un peu gênée. Eragon n’avait pas ressenti ses pensées. Il demanda simplement :
- Qu’y a-t-il ?
- Oh rien… rien…
Mais elle connaissait sa capacité à lire dans l’esprit des gens. Elle espérait seulement ne pas avoir penser trop clairement à cette vision de lui dans le lac. Elle se sentit rougir et détourna les yeux pour éviter qu’Eragon ne remarque davantage sa gêne.
Elle s’éloigna donc de quelques pas, échappant ainsi à ce regard qui la gênait vraiment. Elle sentit la main d’Eragon retenir son poignet. Elle fut surprise et leva les yeux vers lui. Elle était certaine qu’il avait maintenant découvert son secret. Il la regarda sans ciller et dit :
- Je sais qu’il y a quelque chose que tu ne veux pas me dire.
- En effet. Mais ce n’est rien d’important.
Elle se rassura un court instant. Il n’avait pas découvert ce qu’elle lui cachait. Mais les images revenaient sans cesse et elle y pensait maintenant de plus en plus fort.
Eragon n’insista pas davantage. Il relâcha sa main et la laissa s’éloigner. Sanya le laissa passer devant elle pour qu’il la guide à travers la cité.
Il la conduisit à leur maison-arbre. Elle était haut perchée et Sanya devait lever les yeux très haut pour apercevoir celle-ci. Elle était impressionnée. Elle posa sa main sur la rambarde finement sculptée dans le bois et eut un léger frisson. Elle monta l’escalier étroit qui menait à la maison à la suite d’Eragon pendant que Saphira volait jusqu’à elle.
Ils pénétraient dans le petit vestibule et Eragon passait cette fois devant elle pour la guider dans les autres pièces. Ils entrèrent tout d’abord dans une magnifique pièce finement décorée.
Sanya regardait tout autour d’elle et admirait chaque détail. Elle passait sa main sur le bois et caressait chaque motif. Elle était ébahie par ce qu’elle découvrait. Elle remarquait les marques sur le mur, stigmates du précédent passage du Dragonnier et de sa monture. Elles étaient restés marqués sur le bois le long des petits escaliers qui menaient à la bibliothèque.


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PostSubject: chapitre 8 2eme partie   Tue 2 Oct - 23:13

Sanya scrutait encore la pièce, observant le moindre détail. Cette maison était magnifique. Elle reflétait tout ce qu’elle s’imaginait des elfes et de leur architecture. Elle les savaient très habiles à manier les différentes matières et les différents matériaux.
Sanya suivit Eragon qui redescendait dans la chambre et put admirer la magnifique vue qu’on avait de cette maison. Elle admira le couché de soleil depuis la large fenêtre de la chambre, se rapprochant du bord.
La vue la saisit jusque dan son âme. Elle était imprenable, d’ici. Cette image était le plus beau spectacle qu’elle n’ait jamais vu. Elle admira le soleil se coucher jusqu’au dernier rayon visible, s’appuyant sur le rebord de l’immense ouverture. Elle était très émue par ce magnifique spectacle. Elle admirait en silence et sentait une sensation intense l’envahir.
Eragon ne troubla pas son admiration. Il se tenait près d’elle et admirait lui aussi le coucher du soleil. Elle fut sortie de cette douce sensation.
Quelqu’un frappait doucement à la porte. Elle tourna la tête et vit Eragon s’éloigner pour ouvrir. Sanya s’avançait doucement près de l’entrée de la chambre et écoutait les deux hommes échanger les salutations qu’elle avait déjà entendu lors de leur arrivée. Puis le jeune elfe s’adressa à Eragon dans un langage qu’elle ne connaissait pas. Elle écoutait. Elle espérait qu’Eragon lui répéterait les paroles échangées. Et en effet, il lui répéta les mots.
Elle allait rencontrer la reine. Ainsi que d’autres elfes, à l’occasion d’un repas de bienvenue organisé pour le retour d’Eragon.
Eragon tendit une pile de linge à la jeune femme.
- Tu dois vouloir changer de vêtements, dit-il. Tu peux enfiler ça. Je te rejoins dans un moment, le temps de me changer, moi aussi.
Il prit congé et quitta la chambre en fermant la porte derrière lui. Sanya s’attarda un moment sur le tissu qu’elle tenait entre ses doigts. Il était d’une douceur et d’une finesse incroyable. Eragon lui avait montré comment utiliser les différents systèmes présents dans cette maison hors du commun. Elle emplit ainsi la petite vasque d’eau et se lava. Elle enfila ensuite la tunique longue couleur vert d’eau si légère et entoura sa taille de la ceinture fleurie qui l’accompagnait. Elle arborait de petits chaussons légers qui ne lui serraient pas les pieds. Elle avait presque l’impression d’être pieds nus.
Elle se regarda dans le miroir. Elle se trouvait si différente dans ces vêtements magnifiques. Elle ne réalisait pas qu’elle se trouvait dans la plus grande cité qu’elle n’ait jamais connue, au milieu d’un peuple qui lui était totalement inconnu.
Elle entendit bientôt frapper contre la porte. Elle se sortit de ses pensées et répondit :
- Oui, entre Eragon.
Il avait lui aussi enfilé des vêtements offerts par les elfes. Ils lui avaient été remis lors de son premier séjour ici. Il portait cependant des bottes.
Ils devaient quitter la maison pour se rendre au dîner. Eragon l’invita donc à passer la première et ils descendirent ensemble jusqu’en bas de la maison-arbre. Eragon reprit ensuite la tête et lui ouvrit le chemin vers la demeure d’Islanzadí, reine des elfes.
Sanya marchait en silence aux côtés de Saphira. Elle était anxieuse. Elle ne savait pas comment se tenir ni comment réagir. Eragon ressentait son angoisse et profita du chemin pour lui donner quelques conseils. Il s’était rapproché d’elle et commença par lui enseigner les salutations. Elle essaya de retenir ses instructions et les mots, mais elle avait l’impression de ne rien retenir :
- Je n’y arriverais pas, Eragon !
Il se stoppa un moment et fit face à la jeune fille. Il prit les mains de Sanya et la regarda avec douceur. Il la rassurait :
- Calme-toi, je suis là. J’essayerai de te souffler ce qu’il faut que tu dises, si besoin est.
Cela la rassura un peu. Mais elle était persuadée qu’elle serait épiée et que si elle faisait un mauvais geste ou parlait de façon incorrecte, cela lui vaudrait des reproches, des regards…
Devant la demeure, Eragon se tourna encore une fois vers Sanya et la prit par les épaules :
- Inspire profondément. Essaye de ne pas penser au rang qu’elle occupe. Elle ne te fera aucun mal et elle ne te jugera pas non plus. Elle sait ce que tu es. Je l’ai été moi aussi. Tant que tu seras avec moi, je veillerai à ce que tout se passe bien. Je t’ai promis de veiller sur toi. C’est exactement ce que je vais faire.
La jeune femme n’entendait qu’à peine ses paroles. Elle se perdait de nouveau dans ses rêves et ses pensées. Elle réalisait que le jeune homme avait posé ses mains sur ses épaules. Elle fixait ce regard profond qui la regardait sans ciller. Elle se remémora avec force le moment où elle l’avait espionné au lac.
Eragon s’arrêta soudain de parler et changea aussi soudainement d’expression. Il la regardait toujours droit dans les yeux et Sanya réalisa ce qui se passait. Elle se ravisa, mais un peu tard, en cherchant d’autres pensées. Elle affichait une expression de surprise. Elle était certaine que le jeune homme avait pu voir ce qu’elle venait de visualiser dans son esprit.
Le jeune homme baissa la tête un moment. Sanya resta silencieuse et se sentit rougir. Elle attendait en espérant une réaction qui lui permettait de croire qu’elle se trompait et qu’il n’avait rien vu. Mais Eragon releva la tête et dit :
- Je ne t’en veux pas !
- Pardon ?
- Je sais à présent ce que tu me cachais, et je ne t’en veux pas.
La jeune femme sentit ses joues la brûler. Elle sentit aussi une vague lui courir sur la peau, lui donnant des frissons. Elle était maintenant certaine qu’il savait. Elle oubliait cette formidable capacité que possédait le garçon et elle n’essayait naturellement pas de cacher quoi que ce soit.
Il la regarda dans les yeux un long moment, un moment qui parut interminable pour Sanya qui se sentait de plus en plus mal à l’aise. Il toucha doucement l’esprit de la jeune fille pour lui parler et pour ne pas être entendu des elfes qui étaient proches :
« J’aurais sans doute succombé à la tentation, moi aussi. Je comprends. »
Elle parut stupéfaite. Elle n’avait pas vu les lèvres d’Eragon bouger et elle entendait cependant sa voix. Cette nouvelle découverte l’avait vraiment surprise.
Elle allait lui répondre et inspirait avant de prononcer ses mots quand Eragon plaça un index sur ses lèvres et continua mentalement :
« Penses tes réponses et je les entendrai. »
« Comment est-ce possible ? Est-ce que tu entends réellement mes pensées ?
« Oui. »
Sanya s’interrompit un moment et demanda enfin :
« Comment as-tu découvert ce que j’avais fait ? Saphira… ? Ou est-ce que tu as vu à l’instant ce dont j’étais en train de penser ? »
« J’ai vu tes pensées, en effet. Quand tu penses assez fort à quelque chose, je peux le voir. Ça m’apparaît très nettement, comme une série d’images. Et j’ai ainsi vu ce que tu as vu lorsque tu étais cachée derrière ces rochers. »
Sanya baissa les yeux, honteuse. Elle essayait de remettre de l’ordre dans ses pensées. Elle releva ensuite les yeux pour poursuivre :
« Je suis désolée, vraiment… Je sais que je n’aurais pas dû… »
« Ce n’est pas grave. Je ne t’en veux vraiment pas, je t’assure… Je voudrais, pendant qu’on y est, m’excuser à mon tour. Je n’aurais pas du me conduire aussi durement avec toi. Ces derniers jours ont du être difficiles pour toi, je suis désolé. Je n’avais pas à te juger. »
« Je te remercie… Saphira t’a sûrement répété ce que je lui ai dit, le jour où nous avons été attaqué. Je voulais que tu le saches. »
« Oui. Elle m’a aussi fait part de ton désir de pouvoir lui parler comme je le fais avec elle, et avec toi maintenant. »
« Mais pourquoi puis-je le faire avec toi, mais pas avec elle ? »
« Mais tu le peux ! Essaye, et tu verras. »
La jeune femme ne parvint pas à retenir sa surprise. Elle ne réalisait pas qu’elle pouvait, elle aussi, parler en pensée. Elle ne savait pas trop comment s’y prendre.
Saphira se trouvait près d’eux. La jeune femme se tourna alors vers elle. Elle essaya de penser très fort ses mots :
« Je ne me serais même jamais imaginée capable de faire une telle chose… Est-ce que tu m’entends ? »
« Parfaitement ! »
La jeune femme fut surprise d’entendre enfin les pensées de Saphira. Elle sourit. Elle était ébahie. Elle écoutait la dragonne poursuivre :
« Tout le monde n’est pas capable de le faire. Tu as des prédispositions, Eragon les a vu, ou plutôt les a senti. Il m’en a parlé. Tu as sûrement du surprendre quelquefois des phrases ou des mots te parvenir sans savoir d’où provenaient les voix. Tu t’es sûrement demandé si tu ne rêvais pas. Quoi qu’il en soit, tu devais avoir dans ton entourage proche, dans ta famille sûrement, quelqu’un qui avait ce pouvoir, un magicien certainement. »
« On m’a souvent dit que ma mère était une sorcière. Je pensais à des remarques déplacées sur ma famille. J’ai longtemps entendu les gens parler d’elle comme d’une femme étrange, mais j’ai toujours cru que c’était pour m’éviter, comme ma mère. Elle avait peut-être réellement des pouvoirs. Elle était peut-être réellement magicienne. J’ai souvent ressenti un lien particulier entre nous, mais j’ai toujours cru que toutes les mères et toutes les filles le possédaient… Je suis si heureuse de pouvoir entendre tes pensées. »
« Nous pourrons ainsi nous parler et nous confier sans avoir recours à ce stratagème ridicule ! »
« Je suis désolée. » dit Sanya en riant. « Je n’ai rien trouvé d’autre sur le moment. »
« Ce n’était pas idiot, c’est vrai, mais j’aurais voulu alors te parler directement. Je ne voulais simplement pas te faire peur en le faisant sans que tu y soit préparée. »


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PostSubject: chapitre 9   Tue 2 Oct - 23:13

9
ARYA ET L’ARBRE MENOA

Il entrèrent dans la demeure et furent escortés tous trois vers la salle des banquets. Sanya regardait tout autour d’elle. Le palais était vraiment superbe. Elle n’avait jamais rien vu de tel. La décoration était riche et raffinée. Tout était fleuri. La végétation était présente partout et envahissait naturellement les lieux. Une foule de senteur affluait et emplissait le cœur de Sanya d’un bonheur sans nom. Elle se sentait bien, sereine, transportée…
Le repas étaient servis par des elfes très jeunes. Tout était somptueux. La présentation avait été soignée. Sanya ne s’étonna pas de ne pas voir de viande. Elle-même n’en consommait presque pas. Elle se délectait de découvrir des plats qui restaient raffinés malgré tout.
Le repas se passa dans le plus grand silence pour commencer. Sanya ne fut pas tenter de parler. Elle profitait simplement de la douce ambiance. Elle mangeait et se laissait bercer par ce silence.
La reine coupa la première le silence pour se présenter à la jeune fille. En tout premier lieu, la réponse de Sanya fut de porter deux doigts à ses lèvres et répéta les mots qu’Eragon lui avait enseigné un peu plus tôt. La reine parut étonnée qu’elle connaisse cette maque de respect. Eragon, lui, était ravi de voir qu’elle avait retenu la leçon.
Il garda un œil sur elle et n’eut pas à intervenir durant l’entretien. Il paraissait même fier de voir la jeune fille plutôt à l’aise. Elle paraissait ainsi au courant des coutumes des elfes.
Malgré l’apparente décontraction qu’affichait Sanya, elle n’était pas vraiment à l’aise. Mais son trac disparut bien vite. Elle parla ensuite sans crainte. Elle savait qu’Eragon la reprendrait s’il ressentait de la gêne de part et des autres convives.

La soirée s’achevait déjà. Il était temps de prendre congés. Et, après les salutations d’usage échangées entre Sanya et la reine et une dernière révérence, ils quittèrent la pièce et bientôt, la demeure.
Sanya n’était pas fatiguée. Le voyage ne l’avait pas éprouvé. Elle se sentait curieusement bien. Elle se laissait porter par cette ambiance particulière qui régnait dans cette cité.
Eragon ne paraissait pas fatigué non plus. Il voulait profiter de l’occasion pour se promener avec Sanya à travers la cité toute illuminée. Sanya paraissait ailleurs. Elle se laissait portée par ce bien-être qui l’envahissait.
Eragon voulait lui montrer un endroit en particulier. Sanya était curieuse de découvrir cet endroit. Elle fut surprise lorsqu’il prit sa main. Elle se laissa toutefois entraîner à travers toute la cité pour commencer. Ensuite ils traversèrent une partie de la forêt. Ils marchèrent un petit moment avant d’atteindre enfin une clairière immense. Elle était curieusement vide de tout arbres. Un seul arbre y trônait. Un vieil et immense arbre, au tronc très large et aux nombreuses racines envahissant les alentours : l’arbre Menoa.
Eragon lui parla de cet arbre. Il lui raconta l’histoire que lui avait conté Arya lorsqu’elle lui avait fait découvrir l’endroit quelques mois plus tôt. Il lui expliquait aussi que c’était en ce lieu qu’il avait reçu le cadeau des dragons et qu’il avait pris l’apparence d’un elfe.
La main d’Eragon n’avait toujours pas quittée celle de Sanya. La jeune femme n’avait pas manifesté de réaction particulière à ce contact, mais elle était heureuse de se rapprochement. Elle voulait connaître son histoire, elle voulait partager des moments privilégiés avec cet homme qui l’avait pris sous son aile pour lui éviter un avenir sûrement tragique et surtout incertain.
Sanya fit comme Eragon et prit place sur l’une des nombreuses racines de cet immense arbre qui sortaient de terre. Eragon leva alors les yeux vers le ciel et Sanya fit comme lui. Ils observèrent les étoiles en silence.
Sanya regardait le ciel en pensant à ce qu’Eragon lui avait dit en apprenant qu’elle l’avait espionné. Il ne lui en voulait pas. Elle se sentait heureuse qu’il ne soit pas furieux contre elle de l’avoir fait.
Elle jetait un coup d’œil de temps à autre pour croiser le regard d’Eragon, mais celui-ci ne quittait pas le ciel. Elle aurait pourtant voulu parler, lui poser quelques questions, histoire de faire plus ample connaissance. Elle ne savait pas grand chose de lui. Elle en aurait ainsi profité pour lui en apprendre aussi davantage sur elle.
Après un long moment à observer ainsi le ciel, Eragon reprit le chemin de la maison-arbre pour aller dormir et entraîna une nouvelle fois la jeune avec lui. Il était tard et il fallait penser à dormir. Pourtant Sanya ne se sentait pas fatiguée. Elle serait volontiers restée encore un peu.
Eragon devait rencontrer son maître, Oromis. Il le savait soucieux de l’apparence qu’il pouvait montrer. Il devait paraître au meilleur de lui-même malgré tout. Il était question qu’il termine sa formation.
Sanya marchait aux côtés d’Eragon, toujours sa main dans la sienne. Une question lui brûla les lèvres. Elle inspira et osa enfin la poser :
- Etais-tu proche d’Arya.
Elle avait entendu parler d’elle pendant le dîner et la curiosité l’emportait, encore une fois. Elle savait très peu de chose d’elle. Elle savait seulement qu’elle avait été en charge de l’œuf de Saphira avant son éclosion et qu’Eragon et elle semblaient être proches. Elle savait qu’ils avaient combattu ensemble durant la bataille de Farthen Dûr, mais rien de plus.
Eragon ne répondit pas tout de suite. Sanya sentit vite que le sujet lui était douloureux. Elle regretta vite d’avoir posé la question.
Après avoir simplement répondu « oui » à la jeune femme, Eragon se ferma et ne dit plus un mot. Il accéléra même le pas, lâchant du même coup sa main et ils atteignirent très vite la maison-arbre. Ils gagnèrent chacun leur chambre.
Sanya quitta une partie de ses vêtements et se glissa dans le lit douillet. Elle repensa malgré elle à la réaction d’Eragon quand elle l’avait questionné au sujet d’Arya. Elle repensa aux paroles d’Eragon et de la reine. Sanya savait qu’elle avait donné sa vie pour sauver le destin d’Eragon. Elle essayait de comprendre alors la réaction du garçon. Elle voulait avoir l’avis de Saphira. Elle savait sûrement des choses qu’elle ignorait et qui pouvait l’éclairer. Saphira répondit aussitôt à l’appel de Sanya :
« Qu’y a-t-il ? »
« Je voulais savoir ce qu’Eragon ressentait pour Arya. »
Sanya réalisait qu’il ne pouvait y avoir qu’une raison à cette réaction. Elle était persuadée qu’il y avait eu quelque chose entre eux.
« Il en était éperdument amoureux. »
« Je comprends. Je n’aurais pas du lui parler d’elle alors. »
Elle aurait dû s’en douter. C’était évident. Mais est-ce qu’elle ressentait la même chose, elle l’ignorait. Ce qui la préoccupait surtout, c’était ce qu’avait ressentit Eragon. Sanya poursuivit :
« Il a du être terriblement malheureux lorsqu’elle est partie… »
« Il a mis beaucoup de temps à s’en remettre. »
« Et lorsque je me suis opposée à cet Urgal, il a eu peur de revivre une perte comme celle d’Arya. »
« Oui. Quelque part, il a du avoir peur de te voir mourir. Il ne veut plus revivre ça et refuse de s’ouvrir à quelqu’un de peur de la perdre de la même façon. »
« Merci, Saphira, et bonne nuit. »
« Bonne nuit ! »
Sanya comprenait maintenant que même si elle lui avouait ses sentiments ou qu’il les découvrait, il ne ferait rien pour se rapprocher d’elle de peur de ressentir le mal de la perdre comme il l’avait ressenti lorsqu’il avait perdu Arya.
Elle parut un peu déçue. Elle resta un long moment à songer à ce qu’avait pu être la perte d’Arya pour Eragon. Elle ferma enfin les yeux et trouva difficilement le sommeil. Quand elle y parvint, celui-ci fut troublé de rêves intenses.


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PostSubject: chapitre 10 part1   Tue 2 Oct - 23:15

10
ORAGE ET SENTIMENTS

Un grand bruit la réveilla en sursaut. Un éclair déchira le ciel et un bruit assourdissant emplit la pièce. La pluie ne tombait pas, mais l’orage qui grondait dehors était puissant. Le silence rendait chaque coup de tonnerre plus intense encore.
Sanya avait réellement très peur de l’orage. Elle n’avait jamais réussi à savoir pourquoi. Mais elle réagissait toujours violemment.
Elle se blottit, se courbant comme un fœtus, dans les couvertures, en se bouchant les oreilles, tremblante. Elle ne contrôlait pas ce qu’elle ressentait quand un orage éclatait.
Un autre éclair suivit d’un tonnerre fracassant la fit crier. Elle fermait les yeux de toutes ses forces, roulée en boule sous les couvertures, et elle tremblait de plus belle. Elle aurait donné n’importe quoi pour que l’orage cesse. Elle ne bougeait pas et priait pour que cette orage prenne fin le plus vite possible.
Eragon avait entendu les cris et les plaintes. Il quitta son lit et vint frapper à la porte, mais Sanya n’entendit pas les coups portés sur celle-ci. Elle se bouchait toujours les oreilles.
Eragon entra malgré tout doucement dans la pièce et s’avança vers le lit. Sanya sursauta lorsqu’Eragon posa une main sur son épaule et elle cria. Elle se redressa, toujours tremblante, affichant une mine apeurée. Elle tenta de s’excuser, mais un autre éclair l’en empêcha. Elle ferma de nouveau très fort les yeux. Elle savait qu’un coup de tonnerre allait s’en suivre. Elle retint son cri à grand peine.
Eragon s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Il tenta de la calmer. Elle essayait de lui expliquer sa réaction quand un autre éclair décrivit un trait de lumière dans le ciel. La pièce était alors baigner d’une lumière aveuglante. Le bruit du tonnerre était si foudroyant qu’il lui arracha un autre cri. Elle s’était blottie et étreignit Eragon.
Eragon la fit taire quand elle s’écarta pour s’excuser. Il comprenait, rien qu’en la voyant, que sa peur était incontrôlée et réelle. Il la ressentait avec force. Il lui proposa de rester près d’elle le temps que l’orage passe. Elle ne trouva pas la force de lui dire non. Elle se blottit contre lui et se cachait de la lumière des éclairs.
Il s’installa dans le lit, assis contre le mur et la serra contre lui. Sanya s’agrippait à lui lorsqu’un éclair traversait le ciel encore. Elle retenait comme elle le pouvait ses cris quand le tonnerre retentissait. Mais elle continuait de trembler.
L’orage passa et Sanya trouva enfin le sommeil, toujours blottie contre la poitrine d’Eragon. Le reste de la nuit fut calme et aucun bruit ne troubla son repos. Elle ne réalisa même pas qu’Eragon n’avait pas quitté la chambre pour s’endormir à son tour.
La lumière du jour entrait par la large fenêtre, mais n’avait pas réveillé la jeune femme tout de suite. Quand elle ouvrit lentement les yeux, elle sentit qu’elle était blottie contre quelque chose de chaud… qui respirait… Elle réalisait enfin qu’Eragon se tenait près d’elle. Il était étendu, les yeux fermés et Sanya avait passé un bras sur lui, la tête blottie au creux de son épaule.
Elle leva les yeux et le regarda dormir. Il paraissait paisible. Elle n’osa pas faire un mouvement de peur de le réveiller. Elle referma alors les yeux et écouta le cœur d’Eragon battre lentement. C’était une musique qui la fit sourire. Elle la réconfortait. Elle se sentait bien.
Elle put aussi sentir l’odeur de sa peau au travers du vêtement de fin tissu qui le couvrait. Elle lui enchanta les sens et fit battre son cœur plus vite. Elle savait maintenant, elle était certaine des sentiments qu’elle éprouvait pour ce garçon.
Elle sentit remuer sous elle et se sortit de ses rêves pour lever encore une fois les yeux et voir qu’Eragon avait enfin ouvert les siens. Elle lui sourit timidement :
- Merci !
- Ça n’est rien.
- J’ai une peur terrible de l’orage et celui-ci était impressionnant.
- Est-ce que tu as bien dormi ?
- Oui.
Elle se redressa pour s’asseoir. Eragon se dégagea et quitta le lit pour rejoindre sa chambre. Avant de quitter définitivement la pièce, il adressa un sourire à Sanya. Elle lui renvoya celui-ci.
Elle était heureuse. Il lui avait semblé si loin d’elle la veille encore et cette fois, il lui paraissait si proche d’elle. Cette nuit avait été si douce à ses côtés.
Sanya entendit l’appel de Saphira. Elle s’était habituée à se contact. Elle aimait beaucoup parler avec elle. Elle pouvait lui confier désormais tous ses secrets en étant sûr qu’Eragon n’en saurait rien.
« Est-ce que tu as bien dormie ? »
« Grâce à Eragon, oui. J’ai eu tellement peur. »
« J’en suis heureuse. Il paraissait très inquiet. »
« C’est vrai ? »
« Oui. J’ai aussi sentit ta peur. »
Un silence plus tard, Saphira poursuivit :
« Nous allons, avec Eragon, devoir nous absenter. Nous devons voir nos maîtres. Tu seras seule un moment. »
« Très bien. »
Eragon passa dire au revoir à Sanya avant de quitter la maison.
Sanya se remémorait la nuit passée. Elle resta un moment étendue dans le grand lit à se remémorer la présence d’Eragon près d’elle pour la nuit. Elle quitta enfin le lit et se couvrit avant de se mettre à arpenter la maison. Elle alla tout d’abord à fureter dans la bibliothèque. Elle regardait autour d’elle. Elle se mit à la recherche de quelque chose qu’elle pourrait lire, mais tout était dans un langage qui lui était inconnu.
Elle regardait alors les dessins entassés, les pages griffonnées… Elle passait ses doigts sur le parchemin et scrutait les formes et les taches d’encre qui faisaient la beauté des documents. Elle passait doucement ses doigt sur les parchemins. Elle aurait voulu alors comprendre ce langage. Il lui paraissait si beau. Les formes des lettres, les courbures… Tout était si beau.
Elle navigua ensuite dans les différentes pièces. Elle cherchait quelque chose, n’importe quoi. Elle se laissait porter par sa curiosité. Elle finit par entrer dans la pièce qui jouxtait la bibliothèque où dormaient Saphira et Eragon. La porte était restée ouverte. Elle se disait qu’elle ne ferait rien de mal à regarder. Elle arpentait la pièce et laissait errer son regard un peu partout. Il n’y avait rien, mis à part des vêtements.
Elle prit naturellement entre ses mains la tunique posée sur le lit. Elle la fit glisser entre ses doigts. Le tissu était vraiment fin et doux. Elle le porta instinctivement à ses narines et respira cette odeur déjà si familière. Elle ferma les yeux. Elle repensa instantanément à la nuit dernière. Elle reposa le vêtement et retourna dans sa chambre encore rêveuse.
Elle remplie la vasque d’eau et se lava. Elle s’aspergea le visage et se regarda dans le miroir. Elle enfila les vêtements qu’Eragon avait trouvé une fois de plus devant la porte, comme toutes les fois. Ainsi qu’un plateau rempli de nourriture.
Elle s’empara du plateau, s’installa près du lit et déjeuna. Elle regardait le paysage fantastique par la fenêtre. Elle se sentait libre, sans aucune peur. Elle vivait comme dans un rêve ou tout y était beau et magique. C’était le mot qu’elle cherchait, c’était magique !
Elle se décida enfin à descendre de la maison-arbre pour aller à la rencontre des elfes dans la cité. Elle n’avait plus peur de se promener puisqu’Eragon lui avait appris les salutations d’usage.
Elle ne comprenait ni ne parlait le langage des elfes. Il lui faudrait l’apprendre. Cependant, elle ne se sentait pas étrangère. C’était déroutant, elle se sentait même chez elle. Elle n’avait pas peur du regard que portaient les elfes sur elle. Certains connaissaient ses origines et lui parlaient dans son langage. Elle put ainsi parler et connaître un peu les habitants qui lui adressaient volontiers la parole.


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PostSubject: chapitre 10 part2   Tue 2 Oct - 23:16

L’un d’eux eut la charmante idée de l’amener à la bibliothèque d’Ellesméra. Là, elle put lire quelques ouvrages dans son langage. Ils en possédaient quelques uns. Sanya était vraiment ravie. Elle avait appris à lire très jeune et s’intéressait beaucoup aux textes écrits par les anciens. Elle était férue d’histoire et de poésie. C’est donc naturellement qu’elle tomba sur quelques poèmes. Les elfes n’en possédaient pas beaucoup dans son langage, la plupart étaient en langage elfique. Un poème attira tout particulièrement son regard. Elle le lut. Il n’était pas sans lui rappeler quelqu’un. Elle le relut alors pour s’en assurer. Elle questionna les elfes qui lui apprirent que ce poème était celui écrit par Eragon lors de la fête du Serment du Sang où il avait subit sa transformation.
Elle relut une fois de plus les vers pour s’imprégner des rimes. Elle les comprit mieux encore. Elle réalisait ce qu’il avait vécu. Il était émouvant. Sanya était vraiment émue par ces mots. Elle posa de nombreuses questions sur la fête du Serment du Sang. Elle sut comment Eragon avait été transformé.
Sanya quitta la bibliothèque avec les souvenirs de ce qu’elle venait de lire. Elle pensait à ce magnifique poème qui l’avait tant émue. Elle était visiblement distraite et fut surprise quand Eragon et Saphira firent leur apparition. Sanya leur sourit en les voyant.
Eragon descendit de selle et fit face à la jeune femme :
- Tu ne t’es pas trop ennuyée ?
- Non. J’ai eu plaisir à rencontrer quelques elfes avec qui j’ai pu parler. Ils sont si curieux, ils veulent tout savoir. Ils m’ont posé une foule de questions. L’un d’eux m’a emmené à la bibliothèque. J’y ai fait une découverte fabuleuse.
- Et laquelle ?
- Le poème que tu as écrit. Par chance, il est également en langage humain, j’ai pu le lire. Je l’ai même lu plusieurs fois. Je l’ai trouvé vraiment fabuleux. On m’a expliqué pour quelle occasion ces poèmes sont écrit. On m’en a traduit certains. Je ne connais pas le langage ancien et je suis curieuse, tout comme les elfes. Il faudrait vraiment que je l’apprenne.
- Je pourrais t’enseigner quelques mots, si tu le veux.
- Tu ferais ça ?
- Oui, bien sûr.
- Oh, Eragon ! Ce serait formidable !
Elle lui aurait volontiers sauter au cou, mais se retint. Elle afficha tout de même un sourire radieux. Elle rayonnait de bonheur. Eragon paraissait heureux de voir la jeune fille aussi épanouie. Il était rassurée de voir qu’elle ne se sentait pas perdue.
Elle emboîta le pas d’Eragon et ils rejoignirent ensemble la maison-arbre. Sanya s’approcha de Saphira :
« Comment s’est passé vos retrouvailles ? »
« Bien. Mais Eragon devra te parler de quelque chose à notre arrivée. »
« Très bien. »
Sanya se demandait de quoi parlait Saphira. Elle espérait juste ne pas apprendre une mauvaise nouvelle. Le ton de la dragonne paraissait si solennelle. Elle ressentit une légère crainte. Elle n’osait pas s’imaginer le pire. Elle essayait de savoir ce qui l’attendait, un peu inquiète.
Ils montèrent jusqu’à la bibliothèque. Là, Eragon se tourna vers Sanya et lui demanda de s’asseoir. La jeune fille prit un siège et leva les yeux vers le Dragonnier. Elle avait maintenant une angoisse incontrôlée. Elle se demandait ce qui pouvait autant troubler le jeune homme et la dragonne. Elle n’espérait rien de grave. Eragon la sortit de ses réflexions :
- Nous allons devoir quitter Ellesméra quelques temps…
Sanya fut surprise. Elle ne s’attendait pas à un départ. Elle fut peinée. Elle baissa les yeux et attendait qu’il lui dise qu’il devait la quitter. Elle pensait qu’elle allait se retrouver seule à Ellesméra avec des gens qu’elle connaissait à peine.
Mais Eragon poursuivit :
- … mais mon maître pense comme moi que ce n’est peut-être pas judicieux de te laisser si tôt ici, seule avec les elfes. Tu n’as rien à craindre d’eux, bien sûr, mais ce n’est pas vraiment un lieu où tu te sentiras à l’aise, en sachant que tu ne parles pas leur langage.
Sanya releva la tête. Elle reprit une mine normale. Elle attendait de savoir ce qui avait été décidé alors pour elle. Eragon poursuivit donc :
- Cependant, tu ne seras pas en sécurité si tu voyage avec moi. Et je ne suis pas sûr de pouvoir te protéger. Le voyage sera long jusqu’au camp des Vardens…
- Parce que nous allons rejoindre les Vardens ?
- Je dois rejoindre les Vardens en effet. Mais je ne suis pas sûre qu’il soit prudent que tu m’accompagne…
- Mais…
- Laisse-moi finir, s’il te plaît.
- Excuse-moi…
Sanya ne voulait pas s’imaginer être séparée de ses nouveaux amis. Elle était proche de Saphira et que dire d’Eragon. Elle ne voulait pas penser à vivre seule de nouveau. Eragon poursuivait déjà, la sortant encore une fois de ses pensées :
- Il a donc fallu parler longuement de ce qu’il était le plus sûr pour toi. Il apparaît que tu dois faire ce choix seule. Les elfes sont prêts à t’accueillir parmi eux. Ils semble qu’ils t’apprécient beaucoup. Mais toi seule dois prendre la décision de rester ou de me suivre.
Sanya sourit. Elle n’eut pas à réfléchir. Elle savait exactement ce qu’elle voulait faire et elle n’hésita pas une seconde :
- Je t’accompagne !
- Tu en es absolument sûre ?
- Oui.
Sanya était catégorique. Elle n’avait pas peur de ce qui l’attendait. Elle ne l’aurait de toute façon pas laissé partir. S’il lui était possible de l’accompagner, elle le suivrait. Eragon n’avait toujours pas terminé :
- Te rends-tu vraiment compte de ce que tu risques et de ce que tu devras affronter en m’accompagnant ?
- Oui.
Elle savait qu’Eragon la protégerait du mieux qu’il pourrait contre tout danger. Eragon continua :
- Oromis m’a encouragé à te proposer des leçons. Je t’apprendrais ainsi à te défendre…
Sanya écarquilla de grands yeux. Elle paraissait surprise. Mais Eragon poursuivit :
- … Ainsi, si je n’étais pas assez près pour t’aider, tu pourrais te défendre seule.
- Apprendre à me battre ? Mais comment ? A l’épée ? Avec un arc ?
- Tout ce qui pourra te servir, oui. Je t’apprendrais à tirer à l’arc et à manier l’épée si c’est vraiment ce que tu veux.
Sanya ne s’était jamais imaginée manier une épée ou tirer des flèches avec un arc, mais la perspective qu’Eragon lui donne de telles leçons lui plaisait.

Ils préparèrent avec soin leur départ. Il ne fallait pas tarder. Ils quitteraient donc Ellesméra le lendemain. Sanya emballa avec soin les tenues offertes par les elfes. Il ne restait qu’à prévoir les vivres pour le long voyage qui s’annonçait.
Sanya trouva difficilement le sommeil. La perspective de reprendre la selle avec Eragon l’angoissait un peu. Elle regarda longuement le plafond avant d’enfin trouver le sommeil. Ses rêves furent troublés par des images qu’elle avait oublié en arrivant à Ellesméra. Des Urgals menaçants s’attaquaient à elle et Eragon ne parvenait pas à l’en débarrasser. Elle se réveilla au beau milieu de la nuit en sursaut et haletante. Elle se sentait moite.
Le cauchemar avait réveillé Eragon qui venait prendre des nouvelles de la jeune femme. Elle rassura le jeune homme qui retourna dans sa chambre. Sanya ne referma pas l’œil avant l’aube.
Un coup à la porte la réveilla. Elle n’avait pas assez dormie, mais qu’importe, le voyage aurait bel et bien lieu et elle serait du voyage. Elle quitta le lit et se lava. Elle enfila des vêtements plus épais que ceux qu’elle portait lors de son premier voyage. Les elfes lui avaient mis à disposition des vêtements adaptés à la chevauchée. Elle revêtait une tunique en lin plus épaisse que la sienne ainsi qu’un pantalon de cuir. Elle portait également un gilet de cuir plus confortable que la veste qu’elle portait lors du précédent voyage et qui lui permettrait des mouvements plus amples. Elle portait aussi des bottes et des gants. Pour chevaucher, c’était plus confortable.
Sa tenue était assez similaire à celle d’Eragon. Elle serait bien plus confortable pour chevaucher, même si ce n’était pas pour chevaucher un cheval, mais un dragon.
Les vivres étaient dans les bats, ainsi que toutes les affaires nécessaires à leur voyage.
Un jeune elfe s’approcha d’eux avec un objet emballé dans un linge. Il s’adressa à Sanya :
- Voici un dernier cadeau des elfes qui te sera sûrement bien utile. Il a été spécialement conçu pour que tu n’aies pas de difficulté à le manier.
Le jeune elfe lui tendit le sac de toile brune qui cachait un magnifique arc finement sculpté et un carquois reprenant les mêmes motifs fleuris, rempli de flèches.
Sanya ne savait que dire, Eragon lui souffla alors les remerciements d’usage en ancien langage qu’elle se fit un plaisir de répéter. Elle était très émue par l’immense cadeau que venait de lui faire ce peuple qu’elle connaissait si peu. Elle le prit entre ses mains et l’admira un moment. Elle le rangea ensuite dans les bats.
Eragon l’aida enfin à s’installer. Il se plaça ensuite derrière elle. Le contact fit battre le cœur de la jeune femme plus rapidement. Des souvenirs lui revinrent en mémoire. Un courant glacé lui remonta le long de la colonne vertébrale et la fit frissonner. Eragon le ressentit mais ne dit rien.
Saphira se hissa sur ses pattes arrière un bref instant pour se donner de l’élan et ils quittèrent enfin le sol.
Sanya eut un pincement au cœur en quittant cette magnifique cité. Mais elle était heureuse à l’idée de retrouver ce contact qui lui rappelait tant de merveilleux souvenirs.


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PostSubject: chapitre 11 part1   Tue 2 Oct - 23:17

11
NOUVELLE ATTAQUE

La première halte eût lieu à la lisière du désert du Hadarac. Cette fois, Eragon avait décidé de le traverser. Les Urgals ne seraient pas ainsi de les suivre dans ce désert aride et sec. Ils établirent le campement. Eragon avait allumé un feu et Sanya avait préparé les couches en étalant les couvertures près du feu.
La jeune femme s’étonna du silence du garçon. Elle ne voulut toutefois pas troubler ses réflexions. Elle était persuadée qu’il se concentrait sur ce qui se passait aux alentours. Elle le laissait donc en paix. Elle savait qu’il renouerait le contact quand le besoin s’en ferait ressentir. Et elle pouvait parler avec Saphira sans troubler les réflexions du jeune homme.
Eragon pensait en fait à tout autre chose. Mais Sanya n’avait pas encore conscience qu’elle pouvait ressentir certaines pensées qu’Eragon cachait volontairement à la jeune femme pour qu’elle ne s’aperçoive pas qu’elle occupait ses pensées. Il questionna Saphira :
« Sanya ressent quelque chose pour moi, n’est-ce pas ? »
« Tu t’en es enfin rendu compte ? Il était temps ! Tous les signes sont là et tu ne les vois pas ! »
« Je ne peux pas me le permettre. Je ne le veux pas non plus. Tu le sais. »
« La vie continue, Eragon. Tu dois apprendre à vivre avec ce fardeau. Mais, par pitié, ne ferme pas ton cœur. Sinon tu mourras malheureux. Elle t’offre cette chance de vivre heureux. »
« Je ne veux pas qu’elle souffre. Je ne veux pas non plus la faire souffrir. »
« Elle souffrira quoi qu’il arrive. Elle aura mal quand tu auras mal, tout comme moi. C’est le même lien que le nôtre qui l’unit à toi, l’amitié et l’amour sont des sentiments très proches. »
« Je le sais bien. Je le sais très bien… Mais je ne veux pas avoir à choisir. »
« On ne te demande pas de le faire. Et je suis sûre qu’elle ne te demandera jamais de le faire. Son cœur est aussi pur que le tien, Eragon. Je l’ai senti. Et tu le sais aussi, j’en suis sûre. »
Eragon tourna la tête pour regarder en direction de la jeune femme. Elle agrémentait le feu pour la nuit. Il savait que Saphira avait raison.
Il était temps de dormir. Le voyage serait long et épuisant. Il fallait garder des forces.
Avant de s’allonger sous ses couvertures, Eragon regarda une dernière fois dans la direction de Sanya. Il ne vit que le dos de celle-ci, couvert, lui aussi, par les couvertures.
Il rumina toute la nuit des pensées qu’il n’avait plus eut depuis longtemps. Il repensait aux paroles de Saphira. Il était maintenant persuadé qu’elle avait raison. Il ne voulait pourtant pas prendre de risques et se refusait à faire quoique ce soit pour le moment.

Le lendemain matin, les yeux de la jeune femme s’ouvrirent sur l’endroit où devait se trouver Eragon. Mais il n’était déjà plus là. Saphira, quant à elle, était enroulée, encore endormie.
Elle s’assit et s’étira. Elle se leva et s’étira encore. Il faisait bon. Les températures étaient clémentes. Elle quitta enfin les couvertures et alla chercher quelque chose à manger dans les bats. Elle s’assit près du feu presque éteint pou manger.
Eragon apparut enfin avec deux long morceaux de bois :
- Es-tu prête pour ta première leçon ?
- Quoi ? Maintenant ?
- Pourquoi pas ?
La jeune fille sourit. Elle attendait ce moment avec impatience. Elle finit de déjeuner en vitesse et se releva. Elle attrapa le morceau de bois que lui tendait Eragon.
Elle prit très au sérieux les instructions du jeune homme et se laissa guider. Elle écouta très attentivement chaque mot, chaque phrase. Elle répéta les gestes les uns après les autres. Elle se les répéta et les enregistra dans sa mémoire.
Elle reçut des coups, c’était inévitable. Eragon essayait de retenir au mieux sa force pour ne pas lui faire trop de mal ou la blesser, mais il ne put l’éviter.
La jeune femme se tint alors l’endroit douloureux un moment, puis reprit. Eragon retint ses réactions. Il avait connu tout ceci. Il revoyait ses séances d’entraînement avec Brom. Il se sentait fier d’enseigner ce qu’il lui avait appris.
L’entraînement d’escrime terminé, il se mit à celui de tir à l’arc. Sanya n’avait jamais utilisé d’arc et il fallait tout lui apprendre, la posture, la tenue… vraiment tout.
Cette fois encore, Sanya était attentive. Elle écoutait avec une réelle attention. Eragon prit l’arc entre ses mains et lui montra tout d’abord comment le prendre en main. Il banda l’arc et encocha une flèche. Il lui montra ensuite la position à tenir avant de tirer celle-ci.
Vint ensuite le tour de Sanya. Elle tentait de répéter les gestes au mieux. Ce n’était pas la perfection, mais elle apprenait et retenait vite chaque geste. Lorsqu’il le fallait, Eragon se glissait derrière elle et corrigeait la posture. La jeune femme frissonnait alors au moindre contact. Elle s’en excusait et Eragon poursuivait ensuite la leçon.
Ainsi s’acheva la leçon du jour. Le voyage se déroula dans le silence. Sanya s’assoupit un moment. Elle tentait de récupérer de la dure leçon. La jeune femme était fatiguée et elle ne mit pas longtemps à trouver le sommeil à leur halte pour la nuit, au beau milieu du désert.
Le vent était faible et il ne furent pas dérangé par le sable. Le sommeil de la jeune femme ne fut troublé en rien. Elle récupérait. Chaque fois, rien ne la troublait et elle dormait paisiblement.
Le Dragonnier ou la dragonne, ayant le sommeil très léger, veillait sur le camp à tout instant.
Le lendemain, Sanya se réveillait les muscles douloureux. Les courbatures ankylosaient ses bras et ses jambes. La jeune femme ne se plaignait pourtant pas. Eragon sentit toutefois qu’elle souffrait. Il lui donna quelque chose pour soulager ses courbatures. Il tenait aussi à la féliciter :
- L’entraînement est dur, j’en conviens, mais tu apprends vite, c’est très bien. Tu seras très bientôt en mesure de te défendre.
La jeune femme était fière du compliment que le garçon lui faisait. Elle était très motivée. Eragon était certain qu’elle progresserait plus vite que lui.

Ils chevauchèrent toute la journée. Ils faisaient de petites pauses de temps à autre.
Ils s’arrêtèrent avant la tombée de la nuit pour la poursuite de l’entraînement. Ils répétaient les gestes appris la veille. La jeune femme avait retenu la leçon à la perfection. Eragon pensa donc qu’il était temps de passer à l’étape suivante. Il allait lui apprendre les différentes attaques.
Sanya évoluait avec grâce et rapidité. Elle montrait une adresse certaine. Elle ne rechignait jamais devant le travail et mettait en pratique tout ce qu’elle apprenait au fur et à mesure.
Eragon entreprit enfin de montrer à la jeune femme quelques gestes avec une véritable épée. Il alla dans les bats de Saphira et ramena son épée. Il tendit Zar’roc à la jeune femme et lui demanda de reprendre les gestes appris.
Il savait que l’épée serait assez lourde, sûrement trop lourde pour elle, mais il fallait qu’elle manie une véritable épée. Il serait derrière elle si besoin était pour alléger le poids et lui montrer certains gestes plus difficiles.
La jeune femme prit l’épée entre ses mains et l’examina tout d’abord. Elle la faisait tourner entre ses mains et admirait le pommeau et la garde. C’était vraiment une épée magnifique. Et cette lame rouge… Une question lui vint naturellement :
- C’est vraiment une superbe épée. Mais est-ce vrai qu’elle à causé la mort d’autres Dragonniers ?
- Oui. Et celle de nombreux dragons. Elle appartenait à Morzan, le Parjure.
Sanya connaissait l’histoire de Morzan. Bien qu’incomplète, elle se souvenait de ce qu’elle avait pu lire sur sa trahison. Elle savait qu’il était mort des mains d’un autre Dragonnier, et Eragon lui apprit que celui-ci était en fait son premier maître. Sanya poursuivit :
- C’était donc vrai. Mais comment l’as-tu obtenu ?
- Brom, mon premier maître et ami, me l’a offerte avant de mourir. Il l’a arrachée à Morzan lui-même avant de le tuer.
- Vraiment ?
La jeune femme en apprenait un peu plus sur les Dragonniers grâce à Eragon. Elle s’en réjouissait. Elle avait toujours aimé ces histoires fascinantes de dragons et de Dragonniers. Elle avait toujours imaginé un jour vivre une histoire fabuleuse comme celle dont elle entendait si souvent parler. Elle était persuadée d’être faite pour vivre ce genre de vie trépidante. Son rêve devenait, grâce à Eragon, une réalité.
Eragon se revoyait posant toutes ses questions à Brom comme Sanya le faisait maintenant avec lui. il sourit. Elle éveillait des souvenirs qu’Eragon avait presque enfoui au plus profond de lui. Il se les rappelait avec émotion. C’était à ses moments-là qu’il aimai être avec la jeune femme. Et malgré lui, il se remémorait les paroles de Saphira. Devait-il lui ouvrir son cœur ? Devait-il lui laisser une chance ? Mais la jeune fille le ramenait à la réalité.


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PostSubject: chapitre 11 part2   Tue 2 Oct - 23:18

Sanya avait l’air aussi perdu dans ses pensées. Elle se reprit et entreprit de faire quelques gestes avec l’épée. Elle était effectivement beaucoup trop lourde pour elle, surtout comparé à son morceau de bois.
Elle fit tout d’abord quelques moulinets avec l’arme. Elle reprit ensuite les tous premiers exercices de maniement appris avec Eragon. Elle se sentit à l’aise et sourit. Elle prit donc un peu de vitesse et de l’assurance. Mais la vitesse fut bientôt telle, qu’elle réalisa le poids de l’épée. Elle tenta de ne pas perdre l’équilibre. Mais elle bascula bientôt et ne réussit pas à se rattraper.
Eragon n’eut qu’à tendre les bras pour la rattraper. Il sentit ses pieds glisser à son tour et ils tombèrent tous deux à la renverse. Eragon s’étala sur le dos et Sanya lui tomba dessus, les deux mains plaquées sur la poitrine du garçon.
Sanya éclata de rire, ainsi qu’Eragon. Mais ils réalisèrent la distance qui séparait leurs deux visages. Ils s’étaient retrouvés nez à nez. Ils s’arrêtèrent de rire et se regardaient sans rien dire. Ils restèrent un moment sans bouger à se contempler. Leur yeux brillaient d’une lueur nouvelle.
Sanya reprit la première ses esprits et se releva en s’excusant, encore un peu troublée :
- Je suis désolée.
Eragon ne répondit pas, mais Sanya sentit une gêne chez le garçon qu’elle ne sut s’expliquer ou qu’elle ne voulut pas s’expliquer, mais qu’elle connaissait.
Il se releva à son tour et ramassa Zar’roc qu’il remit dans son fourreau. Il la replaça ensuite dans les bats de Saphira.
Saphira sentit l’esprit du garçon en ébullition. Elle tourna alors la tête vers lui :
« On dirait qu’elle t’a touchée ! »
« Ne dit pas n’importe quoi ! »
La conversation s’arrêta là. La dragonne sentit qu’il ne fallait pas pousser trop loin le débat. Mais elle avait bien vu que ce contact l’avait ému. Elle le ressentait aussi. Elle espérait qu’il s’en était rendu compte. Maintenant qu’il savait ce que ressentait la jeune femme et ce qu’elle pensait de tout ça. Il fallait laisser faire le temps en espérant qu’il accepte enfin l’évidence.
Sanya prit congés et alla au bord du cours d’eau pour se laver. Ses membres étaient moins douloureux. Quoi qu’Eragon lui avait donné, le breuvage avait fait son effet. Les courbatures avaient disparues. Elle quitta une partie de ses vêtements pour profiter de l’air frais de la soirée. Elle s’assit sur la rive et trempa ses pieds nus dans l’eau.
Elle repensa un moment à ce qui venait de se passer et sourit. Elle regrettait seulement que la réaction n’ait pas été celle qu’elle espérait chez Eragon. C’était dans ces moments là qu’elle le sentait si loin.
Eragon profita de l’absence de la jeune fille et s’assit contre Saphira. Il entreprit de tailler quelques flèches pour la prochaine leçon de tir.
Il leva la tête un moment, distrait visiblement. Saphira sentait cette distraction et s’en amusait :
« Je sais à quoi tu penses, ou plutôt à qui... »
« Ne recommence pas ! »
Elle n’insista pas. Eragon savait pourtant qu’elle avait raison et sourit malgré lui. Il ne pouvait pas nier que quelque chose s’était passé. Il effaça son sourire. Il ne le voulait pas. Il avait d’ailleurs tout fait pour que cela n’arrive pas. Pourtant, à l’évidence, tout lui échappait. Il ne pouvait contrôler ce qui lui arrivait. Et cette nuit là, Eragon ne trouva pas le sommeil. Il regardait sans cesse dans la direction de Sanya, qui elle, dormait.
Elle eut le sommeil agité. Elle remuait sans cesse. Elle gémissait même par moment.
Eragon se refusa à intervenir mentalement pour la calmer. Il avait sans doute aussi peur de découvrir qu’en fait, ces rêves étaient tout autres. Il était tout de même inquiet. Il s’approcha alors pour toucher le front de la jeune femme. Elle n’était pas fiévreuse. « Sûrement un mauvais rêve », en conclut-il. Il reprit alors place contre le flanc de Saphira et le calme revint. Il regarda souvent dans sa direction pour être sûr que tout allait bien. Saphira avait ressenti l’inquiétude du garçon mais ne tenta pas d’en parler de peur de mettre le garçon en colère. Elle savait malgré elle qu’Eragon s’éprenait petit à petit de cette jeune femme qui l’avait touché au plus profond de son cœur.
Aux premières lueurs du jours, Eragon réveilla Sanya avec douceur. Il passa alors une main sur sa joue en prononçant plusieurs fois son nom. Ce contact eut pour effet de faire frissonner le garçon qui ne montra pourtant pas sa réaction.
Il était temps de partir. Ils prirent place l’un après l’autre sur la selle et Saphira s’envola pour l’ouest. Ils traversèrent le désert en peu de temps et firent halte une fois le survol du désert passé.

Les pensées d’Eragon ne furent tournées que par la jeune femme. Il avait beau essayer de les éloigner, mais elles revenaient sans cesse. Il savait malgré lui ce qui se passait. Il repensa malgré lui aussi à Arya. Comment pouvait-il l’oublier ? Mais il savait qu’il était de passer à autre chose. Elle ne pouvait pas la hanter indéfiniment. Il se surprit même à sourire en repensant à la jeune femme et à tout ce qu’il avait vécu avec elle.
Les leçons continuèrent durant tout le voyage. Les efforts étaient récompensés. Sanya était devenue meilleure archer qu’il ne l’espérait. Elle prenait en assurance au maniement de l’épée. Eragon était fier du travail accompli. Il ne restait qu’à lui trouver une arme qui soit digne de son talent. Elle maniait Zar’roc avec agilité, mais l’épée restait bien trop lourde pour elle. Elle ne pouvait pas effectuer tous les mouvements seules. Eragon devait l’aider pour certains de ceux-ci, qui demandaient plus de force. La jeune femme ne possédant pas la même force que le Dragonnier, elle risquait de se faire mal en les exécutant. Eragon l’aidait donc à les réaliser.
Il était si fier de ce qu’elle avait accomplie. Il la félicita. Elle prit le compliment avec un sourire. Elle était heureuse qu’il lui ait tant appris. Elle lui devait vraiment beaucoup. Elle était reconnaissante pour tout ce qu’il faisait pour elle depuis leurs mésaventures à Aberon.
Eragon n’avait pas reparlé de l’incident qui était survenu au début des leçons, mais le souvenir était toujours bien présent dans l’esprit de la jeune femme. Elle s’était beaucoup rapprochée du garçon et celui-ci se refusait à tout rapprochement. Il se refusait à faire une quelconque allusion à ce qui s’était passé. Il avait insisté pour que Saphira évite le sujet. Il campait sur ses positions malgré les sentiments qu’il développait en lui et ne voulait toujours pas se rendre à l’évidence que ses sentiments étaient en train de changer.
Saphira parlait toutefois avec Sanya. Les deux nouvelles amies parlaient souvent et se confiaient foule de choses. Sanya était tellement heureuse d’avoir une telle amie. Elle profitait des conseils avisés de la dragonne. Ceux-là mêmes qu’elle donnait à Eragon si souvent.

Ils avaient fait halte près d’un lac. Le paysage avait dorénavant changé. La verdure refaisait son apparition. C’était beaucoup plus plaisant de voyager dans de telles conditions.
La jeune femme rêvait d’un bain. Le lac lui tendait les bras et elle ne résistait pas. Elle se faufilait entre les arbres après la leçon. Elle avait prévenu Saphira avant le retour d’Eragon, qui était parti cueillir des fruits et chercher du bois pour le feu.
Elle se dévêtit complètement et plongea vite dans l’eau un peu fraîche. Elle glissa sa tête sous l’eau pour se mouiller les cheveux. L’eau était d’une telle clarté qu’on apercevait le fond sans difficulté. Elle se délectait de cette eau. C’était un bonheur de pouvoir nager dans une eau si claire et si propre.
Eragon longeait le lac avec les bras chargé quand il vit les vêtements entassés sur la berge. Il pensa malgré lui à ce que la jeune femme avait fait lorsqu’elle avait vu ses propres vêtements sur la berge du lac, la fois où il s’était baigné.
Il ne put s’empêcher de sourire. Il ne manifesta toutefois pas de curiosité et quitta la berge pour rejoindre le camp.
La jeune femme émergea enfin de l’eau et se sécha avant de se rhabiller assez vite, transie par le froid. Le vent soufflait à peine, une légère brise, mais elle faisait frissonner la jeune femme.
Elle faisait pas vers le campement quand elle entendit un bruit suspect. Elle s’arrêta et chercha d’où le bruit pouvait provenir. Elle n’entendit plus rien et avança lentement pour limiter le bruit de ses pas, au cas où elle entendrait encore du bruit.
Un autre bruit la fit s’arrêter de nouveau. Elle chercha du regard quelque chose qui pourrait lui servir d’arme. Elle ramassa un long bout de bois semblable à ceux utilisés pour ses premières leçons d’escrime.
Elle reprit lentement sa marche. Elle fut stupéfaite lorsqu’elle vit sortir de la lisière de la forêt quatre Urgals.
Elle ne fit pas un pas en espérant qu’elle ne serait pas vue. Malheureusement l’un des Urgals tourna la tête vers elle et il donna l’alerte. Sanya ne cria pas, mais l’appel hurlait dans la tête de Saphira et d’Eragon qui volèrent aussitôt au secours de la jeune femme. Le sang d’Eragon n’avait fait qu’un tour. Il s’était emparé de son épée et avait attrapé l’arc et le carquois de la jeune femme. Il se mit aussitôt à courir dans sa direction. Talonné de près par Saphira.
La jeune femme était encerclée. Eragon profita de l’écart d’un des Urgals qui venait dans sa direction et de l’écart fait par la jeune femme elle-même pour lui lancer l’arme qu’elle attrapa en plein vol.
Elle ne tarda pas à bander l’arc et encocher une flèche qui silla tout droit vers l’Urgal qui courait vers elle en hurlant, le bras levé, son épée à la main.
Il s’effondra sans l’ombre d’un cri. Elle regardait autour d’elle et ne vit plus personne la menacer. Elle fit un quart de tour pour voir Eragon. Il se retrouva face au même dilemme que la fois précédente. Un Urgals de chaque côté et un troisième que Saphira saisit rapidement pour le tuer d’un simple coup de mâchoire. Il s’était alors effondré sur le sol comme une marionnette de chiffon.
Sanya n’hésita pas une seconde. Elle lâcha l’arc et courut vers Eragon en criant. Elle pensait faire peur à l’un des assaillants. Saphira n’eut pas le temps d’intervenir pour arrêter la lame de l’adversaire qui voulait sans nul doute embrocher Eragon. Elle traversa le flanc de la jeune femme qui s’écroula aux pieds d’Eragon.
Celui-ci trancha la tête de l’Urgal face à lui avant de donner un violent coup de coude au second, derrière lui, pour le faire reculer et ainsi ne pas le laisser embrocher Sanya, qui se tenait le côté d’une main en tremblant, à moitié inconsciente.
Saphira s’était chargé elle-même du dernier Urgal en le déchirant de ses crocs acérés.


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PostSubject: chapitre 12   Tue 2 Oct - 23:19

12
DECLARATION

Eragon se laissa tomber à genoux près de la jeune femme, abattu. Il lâcha Zar’roc et se pencha sur elle. Elle avait le front couvert de sueur. Elle tremblait et se tenait toujours le côté. Elle balbutiait quelques mots qu’Eragon ne put entendre distinctement.
Il lui saisit la main et l’ôta pour voir l’étendue de la blessure. Sanya retint la main du jeune homme. Celui-ci fut surpris, mais ne tenta pas de s’en dégager. Elle le regarda dans les yeux, suppliant :
- Eragon… Tu dois m’écouter… Il faut que je te le dise… Je sais que tu ne veux pas… Mais je ne peux plus attendre… Il faut que tu le saches…
Elle gémit en grimaçant. La douleur était telle qu’Eragon la ressentit au plus profond de lui. Il grimaça avec elle. Saphira pria :
« Il faut la soigner ! Vite ! »
Eragon relevait la tête vers Saphira :
« Je sais, mais elle ne laisse pas… »
La jeune femme refusait toujours de lui lâcher la main. Eragon baissait de nouveau les yeux sur elle et la suppliait :
- Laisse-moi te soigner, je t’en prie !
- Écoute-moi !
Elle refusait toujours de lâcher la main qui pouvait la guérir, la serrant plus fort encore et elle continuait :
- Il faut que tu… saches…
Elle grimaça encore. La douleur était plu forte et la força à lâcher enfin la main d’Eragon qui ne tarda pas de peur qu’elle ne lui laisse plus le loisir de la sauver :
- Waíse heill !
La jeune femme grimaçait, la douleur était encore présente, et bien qu’elle s’effaçait doucement, elle perdit connaissance, à bout de force.
Eragon avait usé beaucoup d’énergie à soigner la blessure. Elle était profonde et il ne voulait pas qu’il subsiste la moindre trace, le moindre stigmate de cette affreuse blessure. Il lui en resta toutefois assez pour porter la jeune femme jusqu’au campement.
Il la déposa délicatement sur le sol, près du feu désormais éteint. Il la couvrit et réunit leurs affaires. Il retourna vite récupérer l’arc et l’emballa avec le reste. Avec l’aide de Saphira, il installa ensuite Sanya sur la selle et se glissa derrière elle. Il la maintenait d’une main, serrée tout contre lui.
Saphira leur trouva un coin plus reculé, en hauteur, dans une grotte profonde, difficilement repérable et accessible seulement à vol de dragon.
Il descendit de selle et fit glisser doucement la jeune femme. Il la posa au sol, délicatement. Il prit ensuite les couvertures et la couvrit. Il alluma un feu et revint vers Sanya toujours inconsciente.
Il s’accroupit tout près d’elle et caressa doucement sa joue. Il la regardait affectueusement. Il releva enfin la tête vers la dragonne :
« Tu avais raison, Saphira. Je crois que je ne pourrais pas aller contre mes sentiments. Je m’en suis rendu compte aujourd’hui. Elle compte plus que je ne saurais le dire pour moi, maintenant. »
« Elle éprouve quelque chose de fort pour toi, tu sais. Sinon, elle n’aurait pas prit le risque de s’interposer de nouveau en sachant ce qui l’attendait. »
Eragon s’assit, toujours près de Sanya et il attendit le réveil de la jeune femme. Il caressait encore sa joue en disant :
- Je sais ce que tu as essayé de me dire. Je suis fier du courage qu’il t’a fallu pour le faire. Et même si tu n’as pas pu prononcer les mots, je sais ce que tu ressens. J’ai été idiot de faire celui qui ne se rendait compte de rien.
- Non, Eragon. Tu voulais te préserver, c’est tout, dit-elle en ouvrant enfin les yeux.
Ceux-ci brillaient de mille feux en croisant le regard du garçon. Eragon parut rassuré en la voyant lui sourire. Il lui rendit son sourire. Il passa ensuite doucement une main sur sa joue. La jeune femme la prit entre ses mains un moment puis la serra dans l’une d’elle. Elle approcha cette main, la droite, et glissa ses doigt sur la marque blanche qui lui avait permis de la guérir, une fois encore.
Eragon en eu un frisson. Sanya lui sourit encore. Elle tendit son autre main et la glissa sur la joue du jeune homme :
- Tu es si beau.
Le cœur de la jeune femme se mit à palpiter. Elle le sentit battre contre sa poitrine. Eragon sourit. Il se pencha sur elle et déposa un baiser sur sa joue. La jeune femme frissonna et ferma les yeux. Il s’écarta à peine et se pencha de nouveau sur le visage de la jeune femme. Cette fois, il déposa ses lèvres sur les siennes.
La jeune femme resta les yeux clos. Son cœur battait la chamade. Elle glissait encore une fois sa main sur la joue d’Eragon.
Lorsqu’il s’écarta enfin elle lui sourit en disant : « Je t’aime, Eragon ! » Le garçon lui rendit son sourire et répondit : « Je le sais ! » Il prit ses mains dans les siennes :
- J’ai été stupide de ne pas m’en rendre compte avant.
- Tu ne dois pas t’en vouloir. L’essentiel, c’est qu’aujourd’hui tu t’en sois rendu compte.
Elle tenta de s’asseoir, mais Eragon l’en empêcha :
- Doucement !
- Je me sens bien... Enfin, je crois.
Elle s’assit et s’appuya contre la paroi. Elle ne ressentait plus aucune douleur, mais juste une immense fatigue. Elle regarda le Dragonnier dans les yeux et le questionna, inquiète :
- Tu n’as pas épuisé ton énergie à me soigner, au moins ?
- Non.
Elle lui sourit :
- Il ne faudrait pas que cela devienne une habitude !
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Qu’on passe notre temps à nous sauver la vie l’un l’autre !
Eragon sourit. Malgré la fatigue, elle trouvait la force de plaisanter.
Il fallait dormir et retrouver des forces. Saphira se lova dans le fond de la grotte et Eragon installa ses couvertures près de celles de Sanya. Elle se rallongea et Eragon se coucha tout près d’elle, pour lui tenir chaud. Il se recroquevilla et Sanya se mit tout contre lui. Ils s’endormirent, ainsi collés, en un temps record. Les rêves de la jeune femme furent remplis de tendresse.
Les yeux de la jeune femme s’ouvrirent enfin. La lumière du jour ne l’avait pas réveillé. La grotte restait légèrement dans l’ombre. Elle avait ainsi pu dormir tranquillement.
Personne n’était plus près d’elle. Elle cherchait alors du regard une silhouette devenue familière. Il était impossible que cela n’ait été qu’un rêve. Tout y était trop réelle. Jusqu’à la sensation de fatigue musculaire. Non, ce n’était pas un rêve. Elle se remémorait clairement le garçon posant ses lèvres sur les siennes. Elle se remémorait aussi ses mains se poser sur elle pour dormir. Elle avait senti sa chaleur, son souffle… Ils étaient bel et bien dans une grotte, à l’abri des regards et accessible seulement à vol de dragon. Elle ne rêvait définitivement pas.
Elle cherchait encore Eragon ou Saphira du regard. Elle se redressa pour regarder dans la totalité de la grotte. Elle ne vit pas la dragonne, mais le garçon était près de la selle qu’il avait retiré du dos de la dragonne.
Elle s’assit mais ne quitta pas tout de suite les couvertures. L’air s’était terriblement rafraîchi et elle ne voulait pas quitter cette confortable chaleur.
Le feu était resté allumé toute la nuit et le peu de bois qui restait avait été posé sur les braises pour qu’il reprenne.
Le garçon entendit la jeune fille remuer et se tourna enfin vers elle. Elle lui sourit. Il se releva et s’approcha doucement. Il s’accroupit devant elle :
- Est-ce que tu as bien dormie ?
- Oui, répondit-elle avec une lueur dans les yeux qui trahissait ses émotions.
Eragon ressentait avec force les émotions de la jeune femme qui ne fermait pas son esprit et qui savait qu’il pouvait lire en elle.
Il passa une main sur sa joue. Sanya la retint et l’approcha de ses lèvres pour l’embrasser :
- Ta présence est si réconfortante. Cela faisait longtemps que je rêvais de vivre de tels moments.
Elle regarda encore la grotte et s’interrogea :
- Où est Saphira ?
- Partie chasser.
Eragon ne put chasser un sourire en pensant au fait qu’ils étaient seuls. Sanya soupçonna quelque chose :
- Est-ce toi qui l’a gentiment chassé ou est-ce que c’est elle qui s’est éclipsée pour nous laisser seuls ?
- Tu me crois capable d’une telle chose ? dit-il, surpris par la réflexion de la jeune femme.
- Je ne sais pas. Mais quoi qu’il en soit, nous sommes seuls et tu portes un drôle de sourire.
- Pas du tout, se défendit-il. Mais elle a tout de même dit qu’elle essayerait de rentrer avant la tombée de la nuit.
- Et tu vas me faire croire que vous n’êtes pas complices tous les deux ? Je n’y crois pas une seconde.
- Il le faudra bien, pourtant, se défendit-il encore.
Eragon se rapprocha lentement de Sanya et s’assit tout près d’elle, face à elle. Il approcha son visage du sien. La jeune femme passa sa main sur l’une de ses joues pour accompagner son visage. Elle ferma les yeux avant même que ses lèvres ne touchent les siennes. Ce baiser lui réchauffa le cœur.
Il ne semblait pas vouloir y mettre fin. Sanya sentait monter en elle quelque chose de puissant, un désir intense de ne pas le voir s’arrêter, elle rêvait de davantage.
Il s’interrompit soudain et la regarda avec une intensité déconcertante :
- Il va falloir que tu apprennes à filtrer tes pensées.
- Je suis désolée. Je ne me fais pas à cette capacité. La plupart du temps, j’oublie que tu arrives à les lire comme un livre.
- Il faut que tu protèges tes pensées. Cela peut être dangereux. Il faudra que je t’enseigne à ouvrir ton esprit lorsque tu en as besoin, ou lorsque nous sommes ensemble, avec Saphira.
- Très bien.
La jeune fille sourit et Eragon lui rendit son sourire :
- Mais j’aime beaucoup ce que tu ressens. Je n’imaginais pas pouvoir entendre ce genre de pensées.
- Je n’arrive pas à faire autrement. Maintenant que tu sais ce que je ressens vraiment, je ne veux pas te fermer mon esprit.
- C’est pour cela que je dois t’apprendre comment parvenir à ne laisser entrer que celui que tu souhaites voir accéder à ton esprit.
Eragon passa sa main sur la joue de la jeune femme :
- Dès que Saphira sera de retour, nous partirons.
Il lui sourit et se releva pour empaqueter le reste des affaires.
Sanya se leva enfin et prit un peu d’eau dans l’une des gourdes pour faire sa toilette. Elle sourit. Elle pensait malgré elle à ce qu’elle aurait pu partager avec Eragon.
Il leur fallait maintenant apprendre davantage l’un de l’autre. Une nouvelle relation était née entre eux et ils se connaissaient à peine.
En attendant le retour de Saphira, Eragon et Sanya s’étaient installés en tailleur, l’un en face de l’autre et Eragon expliqua à Sanya un peu plus précisément comment il était devenu Dragonnier, ce qu’il était réellement capable de faire…
La jeune femme était impressionnée. Il souhaitait lui faire partager son expérience et lui enseigner ce qu’il pouvait lui apprendre qu’elle puisse utiliser.
Saphira ne pointait toujours pas son nez à l’horizon. Eragon profita donc de son absence. Il se releva et sortit Zar’roc pour travailler quelques enchaînements avec la jeune femme.
Elle le regarda tout d’abord et essaya ensuite de reproduire les gestes. Eragon paraissait satisfait des progrès qu’elle avait fait.
Il en profita également pour lui donner quelques conseils pour limiter le stress. Ils travaillèrent des techniques de relaxation ainsi que des exercices physiques pour garder la forme.
Elle reprit une dernière fois l’un des enchaînements qui la pénalisait. Tout comme la première fois, elle perdit l’équilibre et Eragon la rattrapa, mais il ne chuta pas. Elle se mit à rire puis demanda :
- Qu’as-tu ressenti, lorsque nous sommes tombés, la première fois. Je sentais que ton regard trahissait ton émotion, mais…
- Je ne voulais pas me rendre compte de ce qui se passait, je ne me sentais pas prêt à ouvrir mon cœur.
- Je comprends.
Elle s’écarta enfin et rendit l’arme à Eragon qui la rengaina.
Un bruit sourd les fit réagir au même moment. Ils se tournèrent tous deux vers l’entrée de la grotte. Saphira réapparaissait enfin.
« La chasse a été bonne ? » lui demanda Eragon.
« Je n’aurais pas besoin de nourriture avant un petit moment. »
Sanya sourit repensant à la question qu’elle avait posé à Eragon, pensant qu’il avait envoyé la dragonne à la chasse pour se retrouver seul avec elle.
La dragonne remarqua le sourire de la jeune femme et questionna les deux complices :
« Que se passe-t-il, ici ? »
Sanya allait répondre mais Eragon regarda dans sa direction en souriant à son tour :
- Laisse-moi lui expliquer.
- D’accord.
Il cessa de sourire et se tourna vers son amie pour enfin l’éclairer :
« J’ai écouté tes conseils. Je suis prêt à essayer. Je crois que je ne dois pas fermer mon cœur. Je dois faire confiance à Sanya et à ses sentiments. Elle m’a prouvé qu’elle était digne des miens. »
« J’en suis heureuse. Elle mérite que tu t’intéresse à elle. Je suis aussi heureuse pour toi, Sanya. Eragon ! Tu ne pouvais pas t’enfermer dans tes sombres pensées sans te laisser la chance de connaître à nouveau le bonheur et l’amour. »
« Tu as toujours eu des conseils judicieux. Je ne les ai pas toujours suivis, mais cette fois, c’est différent. J’ai décidé de t’écouter. »
« Et est-ce tu le regrettes ? »
« Non. »
La dragonne se tourna vers Sanya :
« Je suis heureuse pour toi. »
« Je suis heureuse aussi. Merci à toi, je suis sûre que tu as beaucoup fait pour que tout ceci arrive. »
« Il fallait être aveugle pour ne pas voir ce que tu pouvais ressentir pour lui. J’ai cru bon de faire quelque chose pour qu’Eragon s’en rende compte. Je sentais que tes sentiments étaient nobles et purs et qu’Eragon pouvait avoir confiance. »
« J’ai ressenti quelque chose à la seconde où je l’ai vu. Je savais qu’il n’était vraiment pas comme les autres, comme tous ceux que j’avais pu connaître avant lui. »
Saphira approcha son museau d’Eragon qui passa une main sur ses écailles. La dragonne ronronnait. Eragon lui sourit et la remercia :
« Tu es la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Tu es ma conscience et je sais que sans toi, je serais perdu… »
« Bien sûr que non ! Tu dois faire plus confiance en tes intuitions et tes émotions. Elles sont souvent bonnes. Tu as un cœur bon et pur, Eragon. »
« Je te remercie. Tu as aussi un cœur bon et pur. »


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PostSubject: chapitre 13   Tue 2 Oct - 23:19

13
RETOUR CHEZ LES VARDENS

Il était temps de se remettre en selle. Ils avaient perdu du temps. Il fallait rejoindre sans attendre le point de ralliement indiqué par les elfes. Mais avant ça, il fallait trouver une épée pour Sanya.
Eragon fit une halte avant le coucher du soleil dans l’une des dernières bourgades connue qui pouvait vendre ce qu’ils recherchaient. Sanya l’accompagnerait. Elle devait essayer l’arme pour s’assurer qu’elle lui serait bien adaptée.
Saphira resterait cachée à une lieue de là pour ne pas être repérée. Ils avaient enfilé leur cape à capuche et se cachèrent dessous.
Ils marchèrent assez longtemps et entrèrent enfin dans le petit village. Eragon interrogea un passant pour trouver la forge. Il remercia celui-ci et ils se dirigèrent vers l’échoppe du forgeron du village.
Le bâtiment était très petit, mais accueillant. Les portes étaient grandes ouvertes pour permettre aux voyageurs d’admirer son travail.
Eragon interrogea le forgeron, un petit homme de bonne corpulence qui ne portait plus un seul cheveux, mais portait une barbe impressionnante tressée pour ne pas le gêner dans son travail.
Ils leur proposa plusieurs épées qu’essayait Sanya pour lui permettre de choisir l’arme qui lui serait la mieux adaptée. Ils trouvèrent enfin une arme, une fine épée de bonne longueur à la garde ciselée dans de l’acier torsadé. Le pommeau était en cuir moulé en spirale, comme Zar’roc. Il se terminait pas une magnifique boule d’ivoire poli.
La jeune femme faisait encore quelques mouvements pour être sûre de faire le bon choix. Il semblait que l’arme était parfaitement adaptée pour son agilité et sa force.
Eragon paya gracieusement le forgeron et ils purent quitter l’échoppe. Ils sortirent du village et rejoignirent sans attendre la dragonne qui les attendait, tranquillement installée dans une petite clairière.
Ils se remirent en selle et poursuivirent leur voyage sans faire de halte jusqu’à leur destination finale.
La nuit tombait maintenant rapidement. Ils aperçurent les torches, au loin des troupes Varden. Ils volèrent jusqu’à elles.
Durant cette dernière chevauchée, Eragon avait parlé avec Sanya. Il enseignait à la jeune femme comment fermer son esprit à volonté. Elle enregistrait chaque mot et paraissait avoir beaucoup de facilité à pratiquer les petits exercices que lui faisait faire Eragon.
Ils pratiquèrent ainsi ces exercices et poursuivaient par d’autres tant que le voyage leur en donnait l’opportunité. Sanya pourrait ainsi ouvrir son esprit à celui qu’elle voudrait voir accéder à ses pensées. Elle pourrait aussi le fermer aux intrusions.
Saphira piqua vers les lumières et ils atterrirent bientôt au milieu du campement. Ils furent accueillis par des soldats pointant, dans un premier temps, leurs lances sur eux. Ils paraissaient surpris, mais ne faisaient pas de gestes délibérés vers eux avant de savoir à qui ils avaient affaire.
Ils se ravisèrent enfin quand Eragon enleva le capuchon qui couvrait sa tête. Sanya fit comme lui. Il descendit. Sanya quitta la selle elle aussi, aidée par Eragon. Elle arborait fièrement à la taille sa toute nouvelle arme.
Eragon rassura les soldats lorsqu’ils aperçurent la nouvelle venue. Il fut accueilli par Nasuada en personne, toujours accompagnée de sa garde rapprochée. Elle avait déjà été mise au courant de son arrivée et venait l’accueillir. Elle réagit de la même façon que ses soldats lorsqu’elle vit Sanya. Eragon ne voulait pas que Sanya ressente cet accueil comme une gêne. Il fit les présentations :
- Nasuada !… Je te présente Sanya. Elle m’accompagne. Je lui ai offert ma protection. C’est une longue histoire que je te conterai plus tard. En attendant, j’aimerais qu’elle reste avec nous, si tu le permets. Elle restera près de moi.
- Honorée de faire ta connaissance, Sanya. Soit la bienvenue chez les Varden. Nous te ferons préparer une tente.
- Si cela ne t’ennuis pas, coupa Eragon, je préfèrerais qu’on aménage une place dans la mienne. Nous avons entamé des leçons que nous devons poursuivre. Il nous sera plus facile de le faire si nous sommes proches.
- Très bien, dit Nasuada, un peu déconcertée tout de même.
Eragon salua la chef des Varden.


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PostSubject: chapitre 14   Tue 2 Oct - 23:20

14
AVANT LA BATAILLE

Il prit connaissance de son nouveau lieu de vie. Il marcha au milieu des tentes, conduit par un soldat, sur ordre de Nasuada. Sanya marchait à ses côtés, Saphira près d’elle.
Le soldat lui montrait enfin une grande tente à chapiteau blanche. Le soldat prit congé et Eragon fit entrer Sanya et entra à sa suite. Saphira s’allongea devant l’immense tente. Une place avait été dégagée pour elle.
La tente était vraiment gigantesque. Une première pièce avec un bureau, des sièges, une lampe à huile… tout ce qu’il fallait pour écrire.
Sanya suivit Eragon qui entra dans une autre grande pièce. Un grand lit s’y trouvait avec une table de chevet où était posée une lampe à huile.
Eragon se défit de Zar’roc avec son fourreau qu’il posa près de du lit. Sanya l’imita en déposant son arme près de celle d’Eragon.
Quelqu’un appela de l’extérieur. Eragon le pria d’entrer. Nasuada avait eu la délicatesse de leur faire porter de quoi manger. Un autre homme l’accompagnait et aménagea la tente de façon à ce qu’une chambre soit disponible pour Sanya. Il était accompagné de deux autres hommes pour l’aider. Le grand lit fut déplacé et une toile tendue pour séparer les deux nouvelles pièces. Les jeunes gens quittèrent bientôt la tente et laissèrent Sanya et Eragon seuls.
Sanya avait faim, très faim même. Elle entamait le contenu du plateau. Eragon ne toucha presque pas à la nourriture. Il y avait beaucoup de viande et Sanya savait très bien qu’il ne mangeait pas de viande. Il n’en mangeait plus depuis sa transformation.
Sanya se refusait de le voir jeûner. Elle sortit rapidement de la tente. Elle revint avec un sac rempli de fruits qu’elle avait pris dans les bats de Saphira. Elle regarda affectueusement Eragon et lui tendit les fruits :
- Mon amour, il faut que tu manges.
- Merci, ma chérie.
Il prit les fruits et mangea doucement.
Ces mots emplirent le cœur de Sanya d’un bonheur intense. Elle venait de finir de dîner. Elle se dirigeait vers la chambre d’Eragon et attacha la toile pour voir Eragon du lit où elle s’installa, assise en tailleur, au milieu de celui-ci.
Eragon s’approcha de la jeune femme. Il s’assit de la même façon que la jeune femme sur le lit. Il croisa le regard azur de la jeune femme. Elle plongeait volontiers son regard dans les grands yeux de son bien-aimé. « J’ai une chance folle de l’avoir à mes côtés », pensa-t-elle. Elle lui sourit.
Eragon lui demanda pourquoi elle souriait. Elle ne répondit pas. Elle ouvrit simplement son esprit et lui transmit ses sentiments. Elle pensa :
« J’ai beaucoup de chance d’être près de toi. »
Il sourit à son tour. Il se rapprocha de la jeune femme. Elle se retrouva en face de lui. Elle passa ses jambes au-dessus des siennes. Eragon posa ses mains sur les cuisses de la jeune femme.
Sanya glissa ses mains le long de ses bras forts. Elle les remonta ensuite sur ses épaules. Eragon approcha lentement son visage. Il posa doucement ses lèvres sur les siennes.
Sanya glissa une main le long de la joue d’Eragon et la fit glisser jusque dans ses cheveux, ses magnifiques cheveux. Elle fermait les yeux et se laissait porter.
Lorsqu’Eragon se dégagea, elle entoura son visage de ses mains et déposa à son tour ses lèvres sur celles du jeune homme. Elle s’éloigna et dit :
- Je ne veux plus être séparée de toi. Jamais ! Même s’il faut que je te suive sur le champ de bataille.
- Je veillerai sur toi, ma chérie.
- J’en suis sûre, mon amour.
Ils furent interrompu par l’arrivée d’un soldat de Nasuada. Elle faisait chercher Eragon. Il embrassa une dernière fois Sanya avant de quitter la tente. La jeune femme aurait tant aimé profiter encore un peu de sa présence. Mais elle savait qu’Eragon avait des obligations et se résigna.
Elle profita de l’absence d’Eragon pour éclairer Saphira, qui avait passé la tête par l’entrebâillement de la tente lorsque la jeune femme l’avait appelé :
« Je voudrais te parler de quelque chose d’important. »
« Je t’écoute. »
Elle respira profondément et poursuivit :
« Je sais qu’Eragon et toi êtes importants l’un pour l’autre. »
« Et ?… »
« Je sais que vous êtes important aussi pour l’avenir. Que beaucoup de gens comptent sur vous. »
« Tu te fais du souci pour notre avenir ? Ou peut-être plutôt pour celui que tu construis avec Eragon. »
« Non… Enfin, peut-être un peu, mais je réalise surtout une chose. »
« Laquelle ? »
« Je pense que j’ai un rôle à jouer dans le vôtre. Je suis persuadée que je dois tout faire pour qu’Eragon ne s’écarte pas de la voix qui est la sienne. Et c’est pour cela que je voudrais tu me fasses une promesse. »
« Je t’écoute. »
« Je sais que tu es vraiment très importante pour Eragon. Moi, je le suis devenue, mais je ne prétends pas être plus importante que toi pour lui. J’insiste pour que tu me promettes de tout faire pour qu’Eragon ne doive jamais avoir à choisir entre toi et moi. Je veux que tu fasses tout pour qu’il te choisisse. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu dois rester sa priorité. Il doit toujours avoir en tête que tu es la plus importante. Je ne veux pas qu’il sacrifie son avenir de Dragonnier pour moi. »
« Tu es consciente de ses devoirs. Je trouve ça très bien. »
« Et je sais que je ne dois pas compromettre cet avenir. »
« J’admire ta clairvoyance. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir le convaincre. »
« Alors, je le ferai. Il devra me faire la même promesse que toi. »
Sanya tenait à ce que les choses soient claires pour la dragonne. Elle voulait mériter plus que jamais la confiance de sa nouvelle amie.
Elle s’étendit sur le lit, pensive. Épuisée, elle ne rejoignit pas sa propre chambre et s’endormit très vite, s’en même s’en rendre compte.
Eragon revint et la vit ainsi endormie. Il s’approcha lentement de la jeune femme et la contempla un moment. Il s’assit tout près d’elle et passa doucement une main sur son visage et dans ses cheveux. Il réalisait l’étendue de ses sentiments pour elle. Il sourit en admirant encore son joli visage.
Saphira l’interrompit. Elle devait lui parler de ce que lui avait confié la jeune femme. Elle lui répéta chaque mot de la conversation qu’elle avait eut avec Sanya.
Eragon ne parut pas vraiment surpris des mots répétés par la dragonne. Il reconnaissait bien là la jeune femme. Saphira précisa le fait que Sanya voulait absolument qu’il lui face la promesse de faire passer ses intérêts de Dragonnier avant tout autre chose.
Eragon sourit. Il paraissait heureux de voir que la jeune femme se souciait de ses intérêts et de ses obligations. Il assura à Saphira qu’il lui ferait cette promesse, si elle y tenait vraiment.
Il s’entendit près d’elle et se blottit contre elle. Il ferma les yeux bien vite.
Le champ d’une corne, au loin, sortit Eragon de ses rêveries. Il s’étira et se redressa. Il s’assit ensuite sur le bord du lit. Il se frotta le visage dans ses mains et se leva enfin. Il s’étira encore. Il tourna ensuite son visage vers Sanya qui dormait toujours.
Eragon fit le moins de bruit possible pour ne pas la réveiller. « Elle a besoin de repos », se dit-il. « Elle a vécu beaucoup de choses. Elle mérite ce repos. »
Il s’habilla très vite et sortit de la tente sans bruit. Saphira le suivit.
La jeune femme dormait à point fermé. Elle n’entendit pas son aimé quitter le lit et la tente. Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, elle s’aperçut donc qu’elle était seule, étendue sur le lit d’Eragon.
Elle se tourna et prit l’oreiller du garçon entre ses mains, entre ses bras. Elle le serra fort contre elle et elle respira la délicieuse odeur qu’avait laissé ses cheveux. Elle fermait les yeux et se laissa porter par cette délicate odeur, si familière. Elle enveloppa son cœur d’un bonheur certain. Elle se sentait sereine. Elle réalisait ce qu’il représentait pour elle.
Elle reprit doucement possession de ses esprits. Elle allait se redresser lorsqu’elle sentit une présence. Elle n’eut pas le temps de réagir. Elle était immobilisée. Quelqu’un s’était assis sur elle, bloquant ses jambes. Il se saisit également de ses mains qu’il maintint devant elle. Elle sentit la pression des mains se relâcher, mais elle sentit un couteau glisser sous sa gorge.
Elle ne bougea pas et écouta attentivement ce que lui dit l’homme qui la menaçait :
- Eragon a beaucoup de chance.
- Qui es-tu ?
- Silence et écoute ! Je ne te fera pas de mal – cette fois tout du moins – mais dit bien à Eragon que je le traquerais. Il devra se laisser capturer ou mourir !
- Mais…
- Dis-lui bien que je n’aurai aucune pitié pour lui.
- Mais enfin, qui es-tu ?
- Son frère !
Elle fut stupéfaite d’entendre ses derniers mots. Le couteau avait disparu de sous sa gorge, laissant un mince filet ensanglanté. Elle pouvait de nouveau bouger. L’homme avait disparu sans laisser de trace. Elle réfléchit : « Eragon ne m’a jamais parlé d’un frère ! » « Il ne le sait peut-être pas. »
Elle sortit et essaya de voir une silhouette qui s’échappait, mais elle ne vit rien. Elle repensa alors aux paroles de l’agresseur. Cela ne pouvait pas être une erreur. Il l’avait bel et bien appelé par son nom. Et elle savait que ce n’était pas un nom très répandu.
Elle retourna dans la tente et s’habilla à la hâte, passant ses bottes. Elle passa son épée à sa taille et sortit de la tente. Elle chercha Eragon du regard.
Elle passa au milieu des tentes et appelait son nom. Il vint enfin à sa rencontre. Il vit l’expression affolée de la jeune femme. Il ressentit aussi une angoisse montante en elle. Il ne s’en inquiéta pourtant pas tout de suite et la prit par la main pour l’entraîner avec lui. Elle se stoppa net et lui fit face :
- Eragon ! Il s’est passé quelque chose en ton absence, sous la tente !
- Quoi ?
- Un homme est entré et m’a menacé !
Elle haletait presque, encore sous le choc des mots prononcé par l’inconnu. Elle lui montra la marque laissé par le couteau. Eragon parut surpris. Elle poursuivit :
- Il m’a demandé de te répéter ces mots : « Dis à Eragon que je le traquerais, qu’il devra se laisser capturer ou mourir. » Il a aussi dit : « Je n’aurai aucune pitié. » Mais il a aussi dit être ton frère ! Qui était-ce ?
Eragon ne comprenait pas. Le seul frère qu’il n’avait jamais eu était en réalité son cousin Roran. Il ne pouvait pas s’agir de lui. Il devait se trouver à Carvahall.
Il leva les yeux vers la jeune fille qui l’implorait du regard une explication qu’il ne possédait pas lui-même. Il posa alors une main sur la tempe de la jeune femme et dit :
- Laisse-moi voir.
Il ferma les yeux et se concentra. Il accéda à l’esprit de la jeune femme sans difficulté. Sanya savait maintenant fermer hermétiquement son esprit, mais elle ne le fermait jamais pour Eragon.
Il ne vit pas le visage de l’homme, bien sûr, mais il écouta avec attention les paroles qu’avait entendu la jeune femme. La voix lui était étrangement familière mais il ne la reconnut pas.
Il relâcha la pression et regarda la jeune femme dans les yeux. Elle espérait vraiment qu’il allait l’éclairer. Mais il se parlait plus à lui-même qu’à elle :
- Ça n’a aucun sens ! Je n’ai pas de frère !
Elle essayait désespérément de comprendre. Eragon essayait, lui aussi, de trouver un sens à ces mots, mais n’en trouvait aucun. Il resta un instant perdu dans ses pensées, puis revint à lui :
- Nous n’avons pas le temps d’y songer maintenant, Je te donnerai les informations quand je les posséderai toutes. Il faut que tu enfiles une armure.
- Quoi ?
- Une bataille s’annonce et je veux que tu sois préparée.
Sanya se laissa entraîner par le jeune homme et suivit Eragon sa main dans la sienne. Il l’entraîna ainsi jusqu’à une tente reculée, au fin fond du camp. Il y avait de nombreuses armures abîmées, à l’extérieur, ainsi que des lances et tout autres objets servant à la guerre, hors d’usage.
Ils pénétrèrent dans l’immense tente. Elle était remplie d’armes diverses et variées et d’armures rutilantes.
Un nain les accueillit, s’inclinant devant Eragon. Il fut salué en retour. Eragon fit rapidement les présentations et le nain les entraîna ensuite vers le fond de la tente. Sanya posa son regard sur les armes et sur les armures. Elle se sentit un peu perdue. Elle ne réalisait pas qu’une guerre les attendait.
Elle remarqua soudain une armure assez différente des autres. Elle ressemblait à ce que lui avait décrit Eragon. Elle était vraiment très belle. Elle brillait et semblait n’avoir jamais servie.
Et, à deux pas de là, une autre armure, presque identique, mais taillée différemment. Elle revêtait des formes plus arrondies, plus généreuses, celles d’un corps de femme.
Eragon se tourna vers la jeune femme :
- Je t’avais parlé de cette armure, tu t’en souviens ?
Le femme acquiesça d’un signe de tête et sourit au jeune homme. Eragon poursuivit :
- Celle-ci est la tienne.
La main de la jeune femme passa sur les détails de l’armure qui ressemblait tant à celle d’Eragon. Elle était si belle. Sanya était encore surprise d’apprendre qu’elle lui appartenait. Elle leva les yeux vers Eragon et dit :
- C’est un merveilleux cadeau. Elle est magnifique.
- Et elle te protégera bien.
Le Dragonnier glissa une main sur la joue de la jeune femme et lui sourit.
Ils enfilèrent chacun leur armure, Eragon aidant Sanya à ajuster la sienne. Elle avait fière allure, une vraie combattante. Eragon se sentait fière de la voir ainsi. Il remonta ses mains et prit le visage de son aimée entre ses mains :
- Ma chérie, promets-moi de faire bien attention à toi.
- Et toi, mon amour, tu dois me faire une promesse. Et je suis très sérieuse. Saphira m’a fait cette promesse et je veux que tu me la fasses, toi aussi.
Eragon redoutait ce moment. Il savait ce que la jeune femme souhaitait, mais il ne s’y était pas vraiment préparé.
- Saphira m’a parlé de cette promesse et je… Si tu le souhaite vraiment, ma chérie, je te promets de faire passer Saphira avant toi si je devais avoir à choisir entre vous deux.
La jeune femme ne se sentit pas vraiment soulagée. Elle savait que le jour venu, il lui serait difficile de faire ce choix. Elle espérait pourtant qu’il tiendrait sa promesse et qu’il choisirait son destin plutôt que son avenir. Les intérêts de la jeune femme devaient rester en retrait. Seul son avenir en tant que Dragonnier était important.


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PostSubject: chapître 15 part1   Tue 2 Oct - 23:21

15
DOULOUREUSES BLESSURES

Les cornes du camp s’élevèrent dans un chant funèbre, annonçant une terrible bataille. Chacun devait rejoindre son poste. L’heure de vérité avait sonnée. La jeune femme allait mettre en pratique les précieuses leçon du Dragonnier. Il fallait absolument remporter cette bataille. Il fallait mettre le roi à l’agonie. Il fallait qu’il sache qu’il avait un adversaire à sa mesure, qui refusait de se laisser dominer sans combattre.
Eragon regarda sa bien-aimée dans les yeux et pensa fort, très fort :
« Je t’aime ! »
Sanya ressentit ses mots comme un adieu. Elle fut émue aux larmes. Elle glissa une caresse sur la joue de son aimé et pensa à son tour :
« Fais attention à toi. Je ne veux pas te perdre. Je t’aime ! »
Le Dragonnier rejoint sa monture et quitta enfin le camp en s’élevant rapidement. Il glissa une dernière pensée à Sanya du ciel :
« Je veille sur toi. »
Elle ferma les yeux et lui envoya une pensée très tendre. Une larme glissa sur sa joue.
La jeune femme ne serait pas seule. Elle fut terriblement anxieuse et pourtant, elle n’hésita pas une seconde quand il lui fallut se battre enfin. Elle mit en pratique les leçons durement apprises avec acharnement. Le cœur gros au début, au bord des lèvres, par moment, mais elle ne faillit pas. Elle se battait avec une force et une rage insolente. Elle pensait à l’issue de la bataille et se battit comme elle savait maintenant le faire.
Elle fut envahie par des émotions intenses. Elle savait qu’elles venaient d’Eragon. Elle essayait pourtant de fermer son esprit pour rester concentrée sur la bataille. Elle ne voulait pas se laisser déborder et rester maître de ses propres émotions.
Elle tentait de garder tout de même un contact avec Eragon ou Saphira pour en savoir un minimum sur l’évolution de leur situation. Mais le lien était parfois très mince.
Elle ressentit pourtant très vite une immense détresse venant d’Eragon. Elle en fut terriblement perturbée. Elle ressentait alors des choses, très nettement quelquefois. Elle tentait cependant de ne pas se laisser envahir complètement par ces sentiments pour rester maître d’elle et garder l’avantage qu’elle avait sur ses ennemis.
Mais ce qu’elle ressentait bientôt ne lui plut pas du tout. Elle essayait de ne pas être distraite, mais une émotion intense venant d’Eragon la frappa et la fit faillir. Elle fut atteinte et stoppa son geste. Elle manquait d’air et ressentait une détresse immense.
L’adversaire profita de l’absence de la jeune femme pour attaquer. Elle reprit ses esprit, mais pas assez vite. Elle voulut parer, mais c’était trop tard. La lame ripa sur l’armure du soldat. Elle fut projetée par le poids de l’arme en avant. Elle tournait maintenant le dos à son assaillant et se retrouvait ainsi exposée. Elle n’eut malheureusement pas le temps de se retourner pour parer. Le soldat abattit son épée.
La jeune femme se crispa de douleur et vacilla. Elle venait de prendre un violent coup d’épée dans le dos. Elle tomba à genoux, les larmes aux yeux. Elle était haletante et tentait de rester consciente.
Elle entendit Eragon crier dans sa tête : « NON ! », puis elle s’effondra et perdit connaissance. Elle ne dut son salut qu’à l’aide d’Orik, qui avait promis à Eragon de veiller sur elle durant la bataille.
Un battement d’ailes fit lever la tête du nain. Saphira se posa en toute hâte et Eragon sauta de sa selle, à peine eut-elle touché terre. Il se précipita vers Sanya. Il avait le visage marqué par l’inquiétude. Il vit alors la marque ensanglantée qui passait au travers de l’armure. Il ressentit une profonde souffrance. Elle lui rappela douloureusement son ancienne blessure. Elle était pratiquement identique. Il s’imaginait combien elle avait dû souffrir. L’armure avait empêché la lame de trancher plus la peau.
Eragon prit délicatement la jeune femme dans ses bras et la coucha sur la selle de la dragonne. Il pria Saphira de l’emmener chez les soigneurs, en attendant la fin de la bataille, et de revenir vers lui ensuite.

L’armée fut enfin repoussée. Eragon se sentit las. Il ruminait des paroles récentes et douloureuses. Il pensa à sa bien-aimée. Sa blessure lui laissa un goût amer dans la bouche. Il ressentait la douleur qu’il avait déjà connu.
Il fut bientôt alerté par les cris d’agonie de Sanya pourtant encore inconsciente. Saphira les entendait elle aussi. Elle priait Eragon de se presser d’aller la rejoindre. Il prit peur de la perdre et courut auprès d’elle pour la soulager. Il devait la rejoindre sans attendre, la soigner.
Il entra à la hâte dans la tente aménagée en infirmerie et chercha la jeune femme au milieu des autres blessés. Elle reposait à l’écart, dans un endroit dégagé. Elle respirait à peine. Eragon, les larmes aux yeux, se mit à genoux près d’elle. Il ôta ses gants et effleura d’une caresse son visage. Il l’implora :
- Tiens bon, ma chérie ! Je suis là, je suis enfin là.
Il toucha l’esprit de la jeune femme pour lui faire sentir sa présence. Il ressentit son immense souffrance.
Il avait dépensé beaucoup d’énergie lors de son combat contre Murtagh et voulut en faire plus, mais lorsqu’il cria les mots de l’ancien langage : « waíse heill », la peau ne se referma pas complètement et il vit avec effroi qu’une marque restait inscrite sur la peau de sa bien-aimée. Il était véritablement épuisé et moite.
Il glissa ses doigts sur la peau de la jeune femme, effleurant la cicatrice. Il ressentit le même dégoût en voyant la trace qui marquait maintenant sa peau. Il vit un frisson la parcourir. Elle bougeait enfin. Il parut enfin rassuré. C’est alors qu’il entendit :
- Tu me chatouilles !
Il sourit malgré lui. La jeune femme tenta de se retourner. Elle gémit et n’y parvint pas. Eragon l’aida alors à se tourner doucement vers lui. Il ressentit une émotion intense en la voyant. Il était fou d’amour pour elle. Il se laissa emporter par ce sentiment intense et étreint la jeune femme dans ses bras.
Elle ferma les yeux. Une douleur lui crispa les traits du visage. Elle pria Eragon :
- Doucement ! Mon amour, tu me fais mal !
- Je suis désolé, ma chérie.
Il s’écarta, relâchant cette étreinte, pour la regarder avec amour. La jeune femme vit un regard triste. Elle tenta de savoir ce qui le rendait si triste :
- Qu’y a-t-il ? Mon amour. Tu as l’air si triste.
- Ta blessure… Je n’ai pas réussi à la guérir complètement.
Elle croisait ses yeux si tristes et lisait dans son regard une angoisse. Elle le rassura :
- Je suis sûre que tu as fait ce que tu as pu.
- Je ne veux pas que tu portes la même blessure que moi. Je ne veux pas que tu souffres comme j’ai souffert. Mais comment le savoir ? Comment être sûr que tu ne souffriras pas ?
- Y a-t-il une marque ?
Eragon ferma les yeux de dépit et hocha la tête pour lui répondre un « oui » définitif :
- La même que celle que je portais.
Eragon paraissait terriblement affligé. Il craignait que la jeune femme ne vive les mêmes souffrances que lui. Il ne voulait pas se résoudre à la voir vivre ce qu’il avait vécu. Sanya le rassura encore :
- Je suis heureuse que tu n’es pas tenté d’en faire plus que nécessaire.
Eragon serra les poings et pensa à haute voix :
- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu ne souffres pas comme j’ai souffert !
- Mon amour, promets-moi seulement que tu ne feras pas de bêtises. Que tu ne te mettras pas dans une situation impossible pour tenter de me libérer de cette blessure à tout prix.
- Je te le promets.
Sanya ne parut pas convaincue. Connaissant Eragon comme elle le connaissait désormais, elle craignait ses décisions. Elle le questionna alors pour être sûre qu’il ne prendrait pas de décisions hâtive et démesurée :
- Et que feras-tu alors ?
- Je demanderais l’aide des elfes.
- Tu es sérieux ?
- Ils m’ont permis d’effacer ma douleur en même temps que ma cicatrice.
- Mais tu m’as dit que c’était un don des dragons !... Qui te dis qu’ils pourraient faire quelque chose pour moi ? Et est-ce qu’ils le feraient vraiment pour moi ? La fête n’a lieu qu’une fois par siècle !
- Je trouverais le moyen, ma chérie, je te le jure !
Sanya regarda Eragon dans les yeux et passa une main sur sa joue. Elle le pria :
- Mais, mon amour, promets-moi de ne pas en faire ta priorité.
- Je te le promets, ma chérie. Mais je ne te laisserais pas souffrir, c’est sûr.
Sanya n’avait pas ôté sa main de la joue d’Eragon. Elle lui sourit. Le jeune homme approcha son visage et déposa un baiser sur les lèvres de la jeune femme.
Elle voulut se lever et tenta donc de bouger. Une violente douleur l’en empêcha. Elle grimaça et laissa échapper une plainte. Eragon souffrit en même temps qu’elle. Il ressentait malgré lui la souffrance qu’il avait connu. Il connaissait cette sensation et elle lui retourna l’estomac, lui donnant la nausée.
Il l’aida à se relever doucement. Il passa son bras autour de son cou et l’accompagna jusqu’à leur tente. Ils marchèrent lentement, s’arrêtant à la moindre alerte. Ils mirent du temps à rejoindre celle-ci, mais Eragon était patient et l’aidait du mieux qu’il pouvait. Il la déposa délicatement sur son lit et elle s’allongea. Eragon l’aida à se glisser sous les chaudes couvertures. Il s’assit ensuite près d’elle. Il caressa sa joue, la mine défaite. Sanya le sentait soucieux. Elle s’en inquiéta :
- Tu as l’air si loin. Et ce n’est pas qu’à cause de cette blessure, n’est-ce pas ?
- Non. J’ai enfin appris le sens des paroles que tu m’as répété.
La jeune femme allait enfin avoir les réponses à ses nombreuses questions. Elle avait ressenti la détresse d’Eragon durant la bataille. Les mots allaient prendre bientôt un sens qu’elle redoutait tout de même. Elle sentait que ce serait terrible de les entendre en sachant ce qu’avait ressenti Eragon. La sensation était encore présente en lui, quoi que moins forte, mais Sanya sentait son désappointement. Elle le questionna :
- Mais que s’est-il passé ?
- Un nouveau Dragonnier a fait son apparition.
- Quoi ?
La nouvelle fut fracassante. Sanya n’en revint pas. Eragon poursuivit :
- Et il m’a appris des choses à mon sujet.
- Des choses graves, n’est-ce pas ?
Elle commençait à comprendre. Elle savait que c’était important et grave à la fois. Elle le laissait poursuivre :
- Oui… J’ai découvert que j’avais un terrible secret.
- Cela t’a troublé, je l’ai senti.
- C’est que cela m’a réellement touché. Je ne voulais pas le croire. Mais… mais plus j’y songe et plus cela explique le comportement de ma mère et le fait que je sois devenu Dragonnier.


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PostSubject: chapître 15 part2   Tue 2 Oct - 23:22

- Explique-toi, demanda Sanya soudain inquiète.
- Morzan, le Parjure, a eu un fils, Murtagh, je t’en ai parlé.
- Oui…
- Eh bien, c’est cet autre Dragonnier.
- Mon Dieu ! dit Sanya abasourdie. Et il est au service Galbatorix ?
- Oui. Mais ce n’est pas tout… Je serais le frère de Murtagh. Nous avons la même mère. Et nous aurions le même père.
- Oh, mon Dieu ! se catastropha Sanya. Mais c’est affreux !… Je comprends maintenant la terrible détresse que tu as ressenti. Oh, mon amour ! Elle arrivait jusqu’à moi. Et je suis certaine que Saphira l’a ressenti aussi.
La jeune femme passa une main sur la joue de son aimé pour le rassurer. Elle était pleine de compassion et d’amour pour lui. Elle ressentait sa peine et sa douleur.
Eragon lui dit soudain :
- Il m’a prit Zar’roc !
- Quoi ?
Sanya fut saisie d’effroi en apprenant la nouvelle. Eragon s’expliquait :
- Il a dit que je lui avais prit son héritage. Que Zar’roc lui revenait de droit. Qu’elle devait revenir à l’aîné des deux fils de Morzan et qu’il était celui-ci.
- Je comprends… Tu as dû beaucoup souffrir…
La jeune femme caressa encore la joue d’Eragon. Elle le sentait perdu, désorienté. Elle compatissait :
- Je me poserais des questions, moi aussi, si on m’apprenait une telle chose. Mon Dieu !
Sanya se perdait dans de sombres pensées. Elle en fut sortie par Eragon. Celui-ci se leva brusquement et lui tourna le dos, les bras croisés sur sa poitrine. Il ruminait ces révélations, perdu dans son silence.
La jeune femme se releva tout doucement et se mit derrière son aimé. Elle défit les attaches de son armure. Il l’ôta, encore songeur. La jeune femme glissa ensuite ses mains sous la cotte de maille qu’Eragon enlevait à son tour. Il ne portait plus alors que sa tunique encore humide de sueur. Elle glissa alors ses mains sur la peau moite du jeune homme. Ce contact lui avait manqué. Elle ferma les yeux un moment et eut un frisson.
Elle lui demanda ensuite de se défaire de cette tunique. Ce qu’il fit sans se poser de questions. Il était définitivement perdu dans des pensées noires.
Sanya fit asseoir Eragon sur le lit et passa lentement derrière lui, à genoux. Elle glissa ses mains sur ses épaules et les massa doucement. Eragon était contracté, terriblement contracté.
Il ferma les yeux, se sortant enfin de ses terribles pensées. Il se détendait doucement, se laissant porter par la douceur des mains de Sanya qui continuait de masser doucement ses épaules.
Elle glissa ensuite doucement ses mains le long de son dos. Eragon ferma de nouveau les yeux et eut un frisson. La jeune fille sourit en voyant la peau réagir à sa caresse. Elle déposa un baiser sur l’épaule du jeune homme avant qu’il ne se tourne vers elle.
Elle laissa son regard se perdre dans celui d’Eragon. Elle resta silencieuse, admirant cet immense regard.
Elle savait, que dire, elle sentait qu’il ruminait encore des pensées qui ne le quitteraient pas tout de suite.
Eragon, pourtant, remit bientôt sa tunique et se prépara à sortir de la tente. Il se tourna vers la jeune fille, encore surprise de cette soudaine réaction et dit :
- J’ai des gens à soigner. J’essaierais de ne pas être trop long. Mais cela peut pendre du temps.
- Fait ton devoir, Dragonnier ! dit-elle avec un sourire crispé.
Mais son sourire s’effaça bien vite lorsqu’il fut sorti. Elle aurait tant voulu le garder avec elle encore un peu. Elle aurait tant voulu le sentir proche d’elle encore.
Elle se rallongea avec peine dans son lit et attendit, les yeux rivés droit devant elle, seule.
Ses yeux se fermèrent doucement, sans même qu’elle ne s’en rende compte. Elle sombra alors dans un profond sommeil.
Elle eut un sommeil agité. Elle rêva de traîtrise et de malheur, ainsi que de mensonges. Mais elle ne se réveilla pas. Elle bougea en tout sens, mais son sommeil ne s’interrompit pas.
L’air frais du matin qui passait entre les toiles fermées de l’entrée de la tente réveilla Sanya. Elle ouvrit doucement les yeux. Elle voulut se tourner quand elle sentit une chaleur familière, tout près d’elle.
Elle se trouvait blottie contre Eragon qui somnolait. Il l’avait rejoint dans son lit et s’était installé tout près d’elle. Sûrement pour sentir sa chaleur et sa présence.
Il ouvrit les yeux presque aussitôt. Sanya lui sourit alors. Elle était heureuse de l’avoir ainsi, tout près d’elle. C’était fantastique de se réveiller au milieu de ses bras. Il était enfin à elle pour quelques précieuses minutes. Elle leva les yeux vers lui et le questionna :
- Est-ce que tu as pu te reposer ?
- Oui, un peu. Sûrement pas assez, mais…
Il ne termina pas sa phrase.
Sanya admirait le magnifique regard de l’homme qui la tenait ainsi entre ses bras. Il avait pourtant l’air si triste. Elle aurait fait n’importe quoi pour effacer cette mine de son visage.
Elle se hissa tant bien que mal vers lui pour embrasser sa joue. Eragon souhaitait sentir ses lèvres sur les siennes. Il passa alors son bras derrière elle et l’entraîna doucement pour qu’elle se rapproche.
Il glissa son autre main derrière sa tête et releva légèrement sa tête. Il approcha ainsi son visage pour l’embrasser. Il était si tendre. La jeune femme profitait de la douceur de ce baiser. Elle profitait de ce moment d’intimité tant désiré.
Une douleur fulgurante déchira le dos de Sanya. Elle se crispa violemment et gémit. Elle se recroquevilla ensuite pour essayer de faire taire la douleur.
Eragon se redressa et la soutint :
- Tiens le coup, ça va passer.
Il ressentait la douleur de la jeune femme au plus profond de lui. Il la hissa contre lui et la serra fort. Il prononça des mots à peine audibles pour l’oreille de la jeune femme.
La douleur se fit enfin moins forte. Sanya put se détendre un peu. Elle n’avait pas remarqué qu’Eragon avait glissé sa main droite le long de son dos. Il avait usé de ses forces pour soulager la douleur. Sanya parut gênée. Elle regarda son aimé légèrement haletant. Elle ressentait sa fatigue. Elle dit :
- Tu ne devrais pas puiser dans tes forces. Je n’ai pas plus besoin de ta magie que les autres.
- Je ne veux pas te voir souffrir. Pas comme j’ai souffert. La douleur est si intense. Je la connais. Et je ne supporte pas de la voir en toi.
- Mais tu t’épuises, mon amour ! Tu as besoin de cette énergie. Tu en as précieusement besoin.
- Ne t’inquiètes pas pour moi, ma chérie.
C’était plus fort qu’elle. Elle ne pouvait que ressentir son angoisse. Ils partageaient toutes leurs émotions et elle n’aimait pas le voir comme ça. Elle ne voulait pas qu’il se mette en danger pour elle. Elle ressentit un désir intense. Elle demanda à Eragon :
- Serre-moi dans tes bras. Nous n’avons pas souvent le loisir de le faire. Et ça me manque terriblement. J’ai besoin de te sentir avec moi. Et je te sens si loin…
- Je le sais bien.
Il ferma les yeux et serra ses bras autour de la jeune femme. Elle sentit enfin sa chaleur. Elle sentit également son odeur. Elle ferma les yeux et la respira longuement. Elle sentit aussi son cœur. Elle l’écouta battre paisiblement. C’était une sensation intense de bonheur pour la jeune femme. Elle leva son regard vers celui d’Eragon et le regarda un long moment. Puis elle dit :
- Ce sentiment, c’est quelque chose d’incroyable. Je rêvais de le découvrir un jour, mais j’étais loin de m’imaginer quelque chose d’aussi fort.
La jeune femme se laissait bercer doucement par ce sentiment intense qui courait en elle. Eragon poursuivait :
- Et puis, il y a le fait de le partager aussi en pensées.
- C’est vrai, c’est fantastique.
Sanya sourit. Elle se sentait si bien. Elle retrouvait, pour un temps, le bonheur de le sentir dans son cœur, si proche, si amoureux…

De nombreuses tâches attendaient tout le monde. Sanya s’était promis d’aider Eragon. Il n’était plus question qu’ils se séparent alors qu’ils pouvaient œuvrer ensemble. Sanya ferait toutefois très attention à son dos.
Il y avait de nombreux blessés à soigner, de nombreuses constructions à remettre en état. Le travail ne manquait pas, c’était certain.
Les journées furent bien remplies. À peine le temps de s’asseoir quelques minutes et de boire une gorgée d’eau de temps à autre. La fatigue pesait chaque soir et le sommeil ne se faisait jamais attendre. Les deux jeune gens étaient éreintés et trouvaient toujours rapidement le sommeil.
Pas le temps de se souvenir de toutes les horreurs vues durant la journée. Ils échangeaient alors un bref regard de temps en temps, un sourire, mais c’était tout.
La nuit restait le seul moment qu’ils pouvaient partager en toute tranquillité. Le plaisir de se retrouver enfin seuls. Eragon se blottissait alors chaque soir près de Sanya. Ils partageaient le même lit pour se retrouver ensemble, tendrement enlacés.

Il était temps de faire le point sur cette bataille durement remportée. Eragon se faisait moins présent auprès de Sanya et le travail continuait donc pour elle. Elle apportait son aide à qui en avait besoin. Eragon, quant à lui, avait des décisions à prendre, des décisions en hauts-lieux.
Sanya ne ressentait pas trop son absence. Elle n’avait alors qu’à songer à la somme de travail à accomplir encore. Ce n’était que la première bataille. D’autres suivraient, sûrement plus sanglantes. Sans compter celle que devrait bientôt livrer Eragon. Elle était de loin la plus importante aux yeux de Sanya. Elle y pensait souvent. Le temps se rapprochait où Eragon devrait affronter ses plus grands démons et ses plus grandes peurs aussi. Il aurait sûrement besoin de soutien. Sanya sentait le trouble qui s’installait entre eux, au fur et à mesure.
Les vieilles questions faisaient malgré elles leur retour. Les révélations faites par Murtagh – s’il était vraiment son frère – laissaient Eragon perplexe. Il n’osait pas en parler avec Sanya ou même avec Saphira. Mais les deux amies ressentaient sa perplexité et ses angoisses. Des temps difficiles et douloureux s’annonçaient. Il fallait y penser malgré tout.
Sanya songeait souvent à Murtagh. Elle ne le connaissait pas mais son attitude faisait qu’elle se posait de nombreuses questions. Est-ce que Murtagh jouait sur les deux tableaux pour savoir à qui il devait donner sa confiance ? Ou est-ce qu’il se servait d’Eragon pour arriver à ses fins ? Elle ne le savait pas, mais elle pensait qu’il était possible de le rallier à la cause qui était la leur. Elle était persuadée qu’il était possible de le résoudre à choisir de se rallier à Eragon.
Ils devaient parler. Eragon ne pouvait pas garder toutes ses questions pour lui. Il devait se confier. Et il fallait qu’elle connaisse son poing de vue. Le sujet était douloureux, mais il devait être mis à jour. Sanya chercha longtemps comment l’aborder. Ce qui était sûr, c’est qu’ils devaient en parler. Sanya ne voulait pas mettre ce sujet de côté. Il fallait qu’Eragon affronte les nombreuses questions qu’il et elle se posaient. Elle interpella Eragon :
- Eragon ! Tu ne m’as pas parlé de ce que Murtagh t’avait dit.
- Je ne voyais pas de raison de le faire.
- Mais je suis avec toi et je veux savoir. Je sens bien que les questions s’amoncellent dans ton esprit. Je peux peut-être t’apporter des éléments de réponse. Il faudra de toute façon que tu trouves des réponses à toutes ces questions.
- Tu as sans doute raison. Mais je ne pense pas que ce soit encore le moment.
Elle n’insista pas davantage, mais ne comptait pas remettre à trop loin la conversation.


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PostSubject: chapitre 16   Tue 2 Oct - 23:22

16
RETOUR A ELLESMERA

Il était temps pour Eragon de retourner compléter sa formation. Après son échec cuisant, il savait qu’il n’était pas encore capable d’affronter Murtagh, et encore moins Galbatorix. Il fallait être sûr de pouvoir les combattre avant de les affronter.
Le calme était enfin revenu. Il fallait à tout prix qu’Eragon soit en mesure d’affronter la difficile tâche qui l’attendait. Sur ce point, il n’y avait pas de discorde. Saphira et Sanya étaient toutes deux d’accord sur le fait qu’il devait encore progresser. Surtout lorsqu’on connaissait l’étendue de la bataille qui l’attendait. Il restait à définir le moment où il devrait retourner à Ellesméra pour terminer cette formation.
Eragon réalisait qu’il avait encore beaucoup de choses à apprendre. Il était loin d’être prêt. Mais pour l’instant, les trois partisans de la paix en Alagaësia devaient récupérer de leurs dures journées de labeur. Leur sommeil ne fut troublé en rien et ils purent dormir longtemps après le lever du jour.
Ils avaient su mettre leurs difficultés de côté pour agir pour le bien de la paix. Ils avaient beaucoup travaillé pour reconstruire les défenses des Varden. Sanya, elle-même, avait beaucoup donné, beaucoup participé à ses travaux. Elle avait beaucoup appris depuis sa rencontre avec Eragon et Saphira.
Maintenant que le calme était revenu et que le travail s’était calmé, lui aussi, le couple avait pu se rapprocher. Sanya se sentait plus sereine. Elle profitait du calme pour faire sentir à Eragon sa présence, comme Saphira.
À présent, elle n’avait plus peur de se battre car elle connaissait la cause qu’elle défendait. Une cause juste, honnête, celle de la paix et de la prospérité. Une paix qu’elle n’avait jamais connu et qu’elle désirait connaître. Elle avait choisi son camp. Et elle voulait être sûre qu’Eragon avait choisi le sien, le leurs.
Il aurait bientôt des choix plus que difficiles à faire. Elle sentait que tout pouvait basculer. Il suffisait d’un rien pour qu’Eragon ne bascule dans l’incertitude et ne fasse le mauvais choix.
Il revenait à Sanya la lourde charge, ainsi qu’à Saphira, de l’orienter de façon à ce qu’il fasse le bon choix : le même que le leur ! Le choix de la justice !
La dragonne et la jeune femme devraient alors œuvrer dans le même sens. Elles devaient tout faire pour éviter les conflits entre eux trois. Ainsi, plus sûres seraient les décisions prises, sans regret.
La jeune femme avait tout fait et continuerait de tout faire pour ne pas s’immiscer entre la dragonne et son Dragonnier sauf pour les aider à s’entendre. Elle devait veiller à ce que leur lien reste le plus fort. Elle devait veiller à ce que tout se passe toujours bien entre eux. Elle devrait donc intervenir intelligemment pour gérer les conflits qui pourraient naître entre les deux complices. Sanya savait maintenant le rôle d’importance qu’elle avait à jouer. Elle s’y attellerait de toutes ses forces, de toute sa volonté.
Malgré elle, son sommeil s’en trouvait troublé. Les différentes remises en question revenaient la hanter chaque nuit. Elle tenait un rôle très important dans la bonne marche de la suite des événements. Elle souhaitait les accompagner quoi qu’il arrive.

Sanya n’avait pas assez dormie, malgré la longue nuit de repos qu’ils avaient pu s’offrir. Elle ne parla pourtant pas de ce qui la préoccupait, ni à Saphira, ni à Eragon. Mais le malaise était palpable. Sanya se doutait que le moment viendrait bientôt où ils se rendraient compte tous deux qu’elle ruminait certaines pensées et qu’elle ne voulait pas en parler pour ne pas semer davantage le trouble en eux.
Elle prit en charge les préparatifs de départ. Elle savait que celui-ci viendrait bientôt. Tout le monde paraissait d’accord sur le fait qu’il était temps pour Eragon de partir. Il n’était plus aussi pris dans les discussions qui préoccupaient les Vardens.
Sanya réfléchissait à tout ce qu’il fallait pour que le voyage se passe dans les meilleures conditions possibles. Le voyage avait été programmé. Eragon revenait de son ultime entretien avec le Conseil des Anciens. Tout paraissait au point désormais et rien n’empêchait plus leur départ.
Sanya confia à Eragon tous les préparatifs qu’elle avait déjà effectué. Elle voulait être sûre de ne rien oublier. Les vivres avait été quantifiées de telle manière à ne pas trop lourdement charger Saphira. Et les affaires avaient toutes été empaquetées. Sanya avait pensé à tout. Eragon était fier d’elle. Il comptait beaucoup sur elle, il lui faisait confiance. Il savait qu’elle penserait à tout.
Ils s’en iraient dès le lendemain, en tout début de journée. Les derniers préparatifs étaient terminés et ils pouvaient enfin se coucher, l’esprit tranquille.
Sanya se blottit contre son aimé et profita de sa présence jusqu’à l’aube.
Le soleil se leva enfin sur une belle journée. Pas un nuage à l’horizon pour venir ternir le périple. Le voyage ne dépasserait normalement pas les quatre jours, si tout allait bien. Mais les trois complices n’étaient pas pressés par le temps. Ils se donneraient le temps de faire des pauses régulières, plus longues, et prendraient le temps de se reposer correctement. Si les conditions le leur permettaient.
La chevauchée se précisait. Le temps de faire les adieux aux Vardens et le Dragonnier, la dragonne et la jeune femme partirent. Avec un dernier regard au campement, ils s’élevaient lentement du sol pour leur nouvelle destination.
Sanya retrouvait le plaisir de voyager avec Eragon derrière elle. Ils avaient enfilé les tenues de cuir qu’ils portaient lors de leur voyage de retour d’Ellesméra.
Le vent soufflait et balayait leurs cheveux. Sanya admirait le paysage. Elle était simplement heureuse de cette intimité retrouvée. Elle sentait Eragon derrière elle et ce contact la ravissait vraiment.
Le voyage fut toutefois silencieux. Aucun, d’Eragon ou de Sanya, ne prononça un mot, tous deux pris dans leurs réflexions. Et même lorsqu’ils firent halte pour la nuit, chacun d’eux se retrancha dans son silence.
Sanya n’en était pas spécialement peinée, mais elle sentait de nouveau Eragon loin d’elle. Pas physiquement, mais mentalement. Elle aimait tant le sentir proche, sentir un peu d’attention, mais depuis la dernière bataille, elle sentait une certaine distance.
La jeune femme s’était un peu éloignée et profitait de ce fait pour ramasser des branches pour le feu. Elle revenait au campement et allait poser ses branches quand elle fut prise d’une terrible douleur.
Elle lâcha le bois qui se fracassa sur le sol. Elle gémit en grimaçant et se laissa tomber sur le sol. Elle se recroquevilla et gémit encore.
Eragon, alerté par les plaintes, se retourna vivement et courut auprès d’elle. Il vit son visage marqué et la sueur qui perlait sur son front. Elle se convulsait vivement de douleur en gémissant.
Eragon s’assit tout près d’elle et la serra contre lui. Il sentait son corps trembler et se crisper. Il glissa sa main droite dans son dos. Il allait prononcer la formule quand elle cria :
- NON !
Son visage était encore crispé par le mal qui la rongeait. Elle avait senti le contact de sa main et refusait qu’il use de sa magie. Elle se justifia :
- Je ne veux pas !
Mais la douleur fut telle qu’elle plissa les yeux et se plaint, laissant échapper un cri déchirant. Elle finit par perdre connaissance. Eragon avait ressenti cette vive douleur au plus profond de lui.
Il la porta dans ses bras et la déposa près du feu. Il l’enveloppa dans une couverture. Il leva la tête vers Saphira et demanda :
« Pourquoi ne veut-elle pas que je la soulage ? »
« Elle veut que tu gardes le maximum de forces pour une éventuelle attaque. »
« Mais elle souffre ! Et quand elle souffre comme ça, j’ai mal pour elle. Je sais combien on voudrait mourir pour que cela cesse. Alors si je peux soulager sa souffrance, pourquoi ne pas le faire ? »
« Parce qu’elle pense que c’est courir de gros risques. Et que tu dois garder tes forces pour autre chose. »
Eragon savait que la dragonne avait raison, mais il ne pouvait s’empêcher de se remémorer la souffrance qu’avait été sa propre blessure, celle-là même que lui avait infligé l’Ombre Durza.
Il prit un linge dans les bats et il retourna près de Sanya pour éponger le front humide de la jeune femme. Il glissa une main sur sa joue, compatissant. Il embrassa ensuite son front. Il lui parla doucement :
- Repose-toi, ma puce.
Eragon se préparait à dormir. Il avait placé ses couvertures près de celles de Sanya. Il allait enfin s’allongé lorsqu’il entendit une plainte à peine audible :
- J’ai froid !
Eragon se mit à genoux devant elle. Il toucha son front. Il était très chaud. Quelque chose n’allait pas, il le sentait. Il essaya d’effleurer l’esprit de la jeune femme, mais celle-ci avait posé des barrières solides, sûrement pour l’empêcher de la soulager.
Il se glissa alors derrière elle et se colla à elle, tout près. Il mit sa couverture par-dessus la sienne et glissa ses mains autour d’elle. Saphira s’était rapprochée d’eux et passa une aile au-dessus d’eux pour maintenir la chaleur.
Durant la nuit, Sanya délira. Elle appelait Eragon. Elle pleurait et gémissait. Eragon toucha son front encore très chaud. Il était terriblement inquiet. Il fallait vite rejoindre Ellesméra. Il était persuadé que la blessure s’aggravait.
Avec l’aide de Saphira, il installa la jeune femme sur la selle. Il prit place derrière elle et ils volèrent sans répit. Ils ne firent halte que pour de courtes pauses, le temps de marcher, de boire ou manger.
Eragon faisait boire Sanya qui était au plus mal. Il épongeait son front et plaçait un linge humide et frais contre front qu’il maintenait avec un autre linge enroulé autour de sa tête.
Ils repartaient aussitôt. Eragon souhaitait arriver le plus vite possible à Ellesméra où elle serait entre de bonnes mains. Ils ne mirent ainsi qu’une journée et demi pour rallier Ellesméra, volant jour et nuit. Saphira avait fait un gros effort, mais elle souhaitait, comme Eragon ne pas traîner au risque de voir la jeune femme aller plus mal encore.
En arrivant aux portes d’Ellesméra, Eragon présenta une fois encore son anneau pour entrer dans la cité. Il ne tarda pas et conduisit rapidement Sanya auprès des guérisseurs.
Il était terriblement anxieux. Saphira ressentait cette anxiété et essaya de le réconforter du mieux qu’elle le pût :
« Tout ira bien, les elfes ont d’excellents guérisseurs. »
« Je le sais. Mais c’est plus fort que moi. Je refuse de la perdre elle aussi. »
« Je comprends. Elle est forte. Elle s’en sortira, tu verras. »
Il le souhaitait du plus profond de son cœur. Depuis que la jeune femme avait fermé son esprit pour empêcher Eragon de la soigner d’une quelconque manière, il se sentait terriblement seul. Il s’était habitué à ses pensées. Il aimait ce qu’elle ressentait. Tout ceci lui manquait.


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PostSubject: chapitre 17   Tue 2 Oct - 23:23

17
CADEAU DES DRAGONS

Saphira et Eragon rejoignirent la maison-arbre, leur demeure. Eragon déposa ses affaires et se jeta sur le lit. Il tenta de trouver le sommeil sans même prendre la peine de se dévêtir. Il essayait de s’occuper l’esprit à d’autres pensées, mais sans y parvenir. Il était abattu et inquiet.
Il devait la voir. Il voulait être près d’elle. Elle devait sentir sa présence. Il avait besoin d’elle et il était certain qu’elle avait besoin de lui.
Il quitta donc précipitamment la maison et rejoignit sans attendre l’antre des guérisseurs, Saphira sur ses talons. Elle aussi se faisait beaucoup de soucis et voulait savoir. Il pria les elfes de les laisser la voir. Il fût autorisé à se rendre au chevet de la jeune femme. Elle se reposait. Elle paraissait paisible. Eragon caressa son front et put voir que la fièvre était enfin tombée. Une question lui brûla les lèvres en pensant à sa blessure :
- Pardonnez-moi. Est-ce que vous pensez pouvoir faire disparaître totalement cette blessure ?
- Non. Seul les dragons ont ce pouvoir. Tu as dû t’en rendre compte, Eragon.
- Subirait-elle la même transformation si les dragons acceptaient de la guérir ?
- C’est fort probable.
Eragon prit la main de Sanya et baissa les yeux sur elle : « Serais-tu d’accord pour être transformée comme je l’ai été ? C’est possible, mais comment être sûr alors que tu ne me reproches pas d’avoir décidé pour toi. »
Eragon réfléchit longuement à cette hypothèse. Il devait en parler, mais à qui ? Il quitta l’infirmerie des elfes après avoir délicatement embrassé le front de sa bien-aimée.
La première personne à qui il parla fut évidemment Saphira. Il lui exprima son idée de faire appel aux dragons, avec l’aide des elfes pour la guérir et la sienne bien évidemment. Celle-ci trouvait l’idée intéressante, mais comment pourrait-il s’y prendre en sachant que la fête du Serment du Sang était passé et qu’elle n’aurait pas lieu avant un siècle ? Il avait besoin de l’aide des dragons maintenant !
Il fallait qu’Eragon prenne conseil auprès de son maître. Il lui rendit donc visite avec Saphira. Il lui confierait son désir de poursuivre sa formation et lui confierait sa défaite dans le même temps.
Les salutations échangées, ils s’enlacèrent, heureux de se retrouver. Saphira, elle, retrouva Glaedr et ils partirent ensemble pour se retrouver.
Eragon parla longuement avec Oromis. Il lui confia ses nombreux voyages, ses nombreuses rencontres… mais surtout de ce qui l’amenait en tout premier lieu : la reprise de sa formation. Son maître s’en félicita :
- Très bien, nous avons encore beaucoup de travail. Mais je sens que quelque chose te préoccupe. Quelque chose de plus important à tes yeux.
- J’ai en effet une question qui m’obsède.
- Je t’en prie.
Il réfléchit un moment pour savoir comment il allait exposer sa requête. Il se lança enfin :
- Sanya, l’une des nombreuses rencontres que j’ai faite, est devenue ma compagne. Elle a été gravement blessée au combat. Elle porte la même blessure que la mienne, avant ma transformation. Je voulais savoir s’il était possible qu’elle soit guérie par les dragons tout comme je l’ai été.
- Je pense. Mais les dragons l’ont fait pour toi, pour ce que tu as fait pour eux. La caste des Dragonniers renaît grâce à toi. Mais pour elle, je ne sais pas s’ils iraient jusqu’à lui faire le même cadeau.
- Je comprends. Et je me demandais aussi comment faire pour les convaincre alors qu’il n’y a aucune fête de prévue ?
- Seule Islanzadí et le Conseil peuvent apporter une réponse à ta question. Il te faudra leur demander audience.
Eragon resta silencieux et pensif. Il fallait qu’il obtienne audience rapidement. Il profiterait donc de l’occasion pour soumettre sa volonté de guérir Sanya à ce moment-là. Il devait rencontrer la reine. Il demanderait audience à cet instant.
Eragon avait toutefois décidé de cacher ses intentions à Sanya, elle ne devait pas savoir ce qu’il préparait. Pas dans l’immédiat.
Il se sentit las d’avoir tant réfléchi. Il regagna la maison-arbre en compagnie de Saphira. Elle prit Eragon sur son dos et lui épargna la peine de monter les nombreuses marches qui menaient à la maison.
Il remercia Saphira. Il ne prit toujours pas la peine de se dévêtir et tenta de se reposer un moment. Son sommeil fut troublé par les différentes images des moments passés avec Sanya. Il revoyait chaque geste, chaque caresse, chaque baiser… chaque rapprochement. Il ne voulait pas mettre fin à tous ses instants de bonheur. Il fallait qu’elle guérisse, quoi qu’il lui en coûte.
Il ouvrit les yeux enfin. Il se sentait mieux. Il quitta son lit et emplit la vasque d’eau tiède. Il s’aspergea tout d’abord le visage de cette délicieuse eau tiède. Il entreprit ensuite de se laver et de se raser. Il trouva comme toutes les fois un plateau devant la porte du vestibule. Il le déposa sur le lit, s’installa et déjeuna.
Il quitta la maison et descendit très vite les nombreuses marches, laissant Saphira se reposer. Il rejoignit Sanya. Il traversa la cité rapidement, sans s’arrêter, ne prêtant pas attention aux regards qui pouvaient se tourner sur lui.
Il fut autorisé à voir Sanya qui venait de se réveiller. Elle accueillit Eragon avec un grand sourire. Elle était si heureuse de le voir. Eragon lui rendit alors son sourire.
Il s’approcha doucement et s’assit tout près d’elle. Il prit sa main. Il se pencha ensuite sur elle et l’embrassa tendrement, son autre main contre sa joue. Sanya déposa à son tour une main sur le doux visage de son aimé et la glissa jusque dans sa chevelure. Elle le regarda ensuite longuement, les yeux pétillants. Elle finit par dire :
- Je t’aime tant, mon amour.
- Moi aussi, ma chérie… J’ai eu si peur.
- C’est fini, maintenant.
Eragon la regarda avec douceur. La jeune femme poursuivit :
- J’ai rêvé de toi, la nuit dernière. De nous.
Eragon eut un sourire et écouta encore la jeune femme :
- C’était si bon de se rappeler de tous ces moments.
Il glissa une main sur sa joue et se confia à son tour :
- J’ai moi aussi rêvé de nous.
Ils parlèrent ainsi un moment. Ils se retrouvaient enfin. La jeune femme était souriante et Eragon avait retrouvé le moral. Il paraissait rayonner.
La jeune femme fut autorisée à quitter les lieux, sous certaines recommandations tout de même. Eragon ne devait surtout pas user de sa magie pour la soulager. L’elfe guérisseur lui avait remis un petit flacon, une potion qu’elle devait avaler dans le cas où serait prise de douleurs. Cela la calmerait aussitôt. Il était autorisé à la soulager mentalement, c’était tout.
Eragon aida la jeune femme à quitter son lit et renfiler sa veste et ses bottes. Il la soutint pour regagner la maison-arbre. Ils mirent du temps, mais lorsqu’ils furent au bas de celle-ci, Eragon demanda l’aide de Saphira pour la porter à l’étage. Elle n’aurait ainsi pas d’efforts à fournir. Saphira se fit une joie de lui rendre ce service. Elle était heureuse de revoir Sanya. Elle se félicita qu’elle aille mieux, même si elle n’était pas au meilleur de sa forme.
Saphira atterrit doucement dans la chambre. Eragon mit un certain temps avant de les rejoindre. Il aida ensuite Sanya à descendre de la selle et l’accompagna jusqu’au lit.
Avant qu’Eragon ne la fasse asseoir, Sanya se tourna vers le jeune homme et se jeta contre lui. Elle se hissa sur la pointe des pieds et enroula ses bras autour de son cou. Elle posa ses lèvres sur celles du garçon et lui donna un baiser plein de passion. Eragon ne la refusa pas. Il enroula se bras autour d’elle et la serra contre lui. Glissant ses mains dans son dos.
Sanya était si heureuse de pouvoir retrouver cette sensation qui les unissait. Mais la sensation fut de courte de durée. La douleur revint, foudroyante. Bien plus forte que les autres fois. Elle lui arracha un cri effrayant. Elle faillit tomber, ne sentant plus ses membres. Eragon la retint pour ne pas qu’elle tombe. Elle tentait de résister au mal qui la torturait, mais la douleur était telle qu’elle n’y parvint pas. Elle se laissa même aller à pleurer pour se soulager. La douleur était tellement intense.
Eragon n’hésita pas un instant et sortit le flacon de sa poche. Il lui donna un peu de la potion qui devait soulager la douleur. Il s’assit enfin à terre et maintint la jeune femme contre lui en lui parlant et en se liant mentalement à elle pour soulager un peu la douleur. La douleur était atroce. Eragon dut plisser les yeux. Elle envahissait sa tête avec force. Il n’imaginait pas autant de souffrance. Il en fut ému et ressenti un sentiment intense de compassion pour la jeune femme qui endurait de telles souffrances. Il était peiné et sentait son cœur se serrer terriblement dans sa poitrine au point de le sentir cogner contre sa poitrine.
La potion mit du temps à faire effet. Eragon ressentait encore l’immense douleur de la jeune femme. Elle grimaçait encore en se tortillant. Elle souffrait terriblement.
Eragon se sentait coupable d’avoir céder à ce rapprochement, sachant qu’elle le paierait si cher, mais il savait qu’elle en avait besoin. Il ressentait ce manque lui-même et il ne pouvait pas se résoudre à lui refuser tout rapprochement, si petit soit-il.
La douleur s’estompait enfin peu à peu et le calme revint. Eragon maintint Sanya contre lui encore un peu, attendant que la crise se passe complètement.
Il put enfin se défaire de l’esprit de la jeune femme, mais ressentit, un moment encore, cette douleur qui lui rappelait tant de mauvais souvenirs.
Haletante et le front couvert de sueur, elle regarda Eragon, la mine interdite. Elle demanda :
- Pourquoi cela me fait-il tant souffrir ?
Une larme coulait encore le long de sa joue. Eragon la sécha. Il la regarda avec tendresse et répondit :
- Je sais ce qu’il te faut, ça va te détendre et estomper le feu de la douleur.
Il se dégagea, laissant la jeune femme assise sur le plancher. Il se dirigea vers l’immense vasque et l’emplit d’eau. Eragon pensa qu’un bon bain lui ferait du bien. Il ajouta des essences et des pétales pour le parfumer.
Il aida Sanya à se lever et à quitter une partie de ses vêtements. Il quitta lui-même un partie des siens. Il la conduisit ensuite jusqu’à la vasque. Il la prit dans ses bras et ils entrèrent dans l’eau ensemble.
Il s’assit contre le rebord et blottit Sanya contre lui.


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PostSubject: chapitre 17 part2   Tue 2 Oct - 23:28

Elle se laissa porter par la chaleur de l’eau et la moiteur de l’air. Elle ferma les yeux et dit naturellement :
- Ça fait un bien fou. Merci, mon amour.
Eragon ne contesta pas. Après le feu de la douleur, c’était une sensation de bien être qui la possédait. Ils se laissaient envahir par la sensation que provoquait l’eau chaude. Eragon serra ses bras autour de Sanya et dit :
- On ne devrait pas être si proches. J’étais presque sûr de ce qui arriverait.
- Je sais, mais j’en ai besoin, j’en avais très envie. Je me fiche de ce que cela peut provoquer. Je te sentais si loin de moi, j’aime te sentir si proche. C’est important pour moi. J’aime ressentir ce que tu éprouves pour moi, tu comprends ?
- Oui. Je comprends. Il m’est arrivé tellement de choses… Je ne devrais pas oublier que tu es là. Tu comptes énormément, je veux que tu le saches. Comme Saphira compte pour moi, mais c’est différent. J’ai simplement peur de devoir faire un choix difficile et douloureux.
- Mais tu m’a promis…
- Je t’ai promis… c’est vrai, mais le choix me déchirera le jour où je devrais le faire.
- Mais c’est important. Il faut que Saphira soit ta principale préoccupation. Sinon tu n’aurais plus de raison d’être. Tu es Dragonnier, avec tout ce que cela implique. Si tu ne l’étais plus, comme Brom, imagine ta vie alors ?
Eragon réfléchit aux paroles de Sanya. Il savait qu’elle avait raison. Elle comprenait ses responsabilités et les faisait passer avant eux. Pourtant leur relation avait beaucoup d’importance pour Eragon. La jeune femme lui donnait le sens des réalités, lui rappelant ses devoirs.
Ils restèrent un moment dans l’eau chaude avant de sortir et revêtir des vêtements plus confortables.
Eragon devait rejoindre son maître pour reprendre sa formation. Sanya savait qu’Eragon n’aurait plus de réelles occasions de partager ce genre de moments avec elle. Sa formation reprenant, il devrait se concentrer sur ses leçons et devrait garder le maximum d’énergie pour qu’elles lui soient le plus bénéfiques possible.
Eragon songea toutefois que le maniement à l’épée serait un problème sachant que Zar’roc n’était plus en sa possession. Il lui fallait une autre arme pour ses séances d’entraînements. Il se souvint alors des paroles du chat-garou. Il songea à l’arbre Menoa. Mais comment trouver cette arme ? Il lui faudrait méditer sur la question.
Il quitta la maison après avoir embrassé Sanya une dernière fois. La jeune femme le regarda s’en aller en sachant qu’elle ne le verrait plus aussi souvent. Avec un léger pincement au cœur, elle le regarda s’éloigner. Saphira quitta bientôt la maison à son tour, par la voix des airs.
Eragon s’était encore entretenu avec son maître au sujet du moyen de soigner Sanya. Son désir de lui faire subir la même transformation que lui ne le quitta plus et devint une priorité. Il s’efforçait de demeurer concentré sur ses leçons, mais il envisageait maintes possibilités.
Il demanda comme prévu une audience auprès de la reine des elfes pour lui soumettre son désir. Eragon fut reçu plus tard, dans la journée. Il exposa ainsi ce qui le torturait et demanda conseil. La reine lui conseilla de provoquer une nouvelle cérémonie. Les elfes n’avaient pas besoin de raisons particulières pour festoyer. Celle-ci lui fit comprendre qu’elle ne s’opposait pas à cela, au contraire. Elle lui expliqua même la manière de s’y prendre pour préparer une cérémonie particulière. Il lui suffirait ensuite de faire comme lors de la fête du Serment du Sang, une offrande, un geste que les dragons prendrait pour un geste en leur faveur, un cadeau. Mais il fallait qu’il le veuille vraiment et que les dragons soient disposés à lui faire cet honneur à nouveau. Surtout, sachant que ce ne serait pas pour lui-même.
Il y travailla ardemment. Il avait beaucoup réfléchi à la question et prépara donc une cérémonie en l’honneur des dragons. Il demanderait à Sanya d’y participer. Il lui expliquerait ce qu’il attendait d’elle, sans lui dire réellement pourquoi elle devait le faire. Il lui ferait comprendre que ce serait une manière de faire partie de leur communauté, ce qui n’était pas entièrement faux. Ainsi, il ne lui mentait pas. Il lui cachait simplement la motivation réelle de tout ceci.
Le soir venu, les leçons terminées, Eragon retourna auprès de Sanya et lui parla de la cérémonie qui se préparait. Il ne rentra toutefois pas dans les détails. Il lui expliqua ce qu’elle devait faire pour y participer.
Saphira restait dans la confidence et ne dit rien à la jeune femme, comme lui avait demandé Eragon. Elle trouvait tout de même la manœuvre d’Eragon un peu risquée. Mais si tel était son choix, elle ne voulait pas s’y opposer. Elle tenait tout de même à mettre en garde Eragon :
« Méfie-toi tout de même de sa réaction. Il se pourrait qu’elle le prenne mal. »
Le garçon avait longuement réfléchi et n’avait pas trouvé d’autres solutions. Il fit alors tout pour organiser cette cérémonie. Il se fit aider de toutes les bonnes volontés pour y parvenir. Les elfes étaient heureux d’aider le Dragonnier dans sa démarche.
Eragon avait pensé au moindre détail. Tout était désormais prêt. Il se mit donc en quête d’une création à offrir aux dragons lors de la cérémonie.
Il redoutait toutefois la réaction de Sanya. Il prenait un gros risque en décidant à sa place. Il espérait seulement qu’elle comprendrait son geste.
Il inspira un grand coup avant d’entrer dans la chambre et essaya de paraître le plus neutre possible. Il lui parla enfin de la cérémonie qui se préparait et lui expliquait en détails le déroulement de celle-ci.
Elle parut emballée par l’idée de participer à un tel événement. C’était une manière de connaître ce qu’il avait vécu. Elle avait toutefois peur de sa propre réaction. Eragon lui avait expliqué qu’en tant qu’humain, il fallait prendre un maximum de précautions pour ne pas perdre l’esprit durant ces cérémonies.
Elle écoutait attentivement les conseils qu’Eragon lui donnait. Elle réfléchissait même déjà au meilleur moyen d’apporter sa contribution à la cérémonie en sachant qu’elle devait produire une œuvre, une sorte d’offrande. Elle aimait beaucoup dessiner. Lorsqu’elle vivait encore à Gil’ead, avant les horreurs qui s’y étaient produites, elle avait énormément dessiné, peint…
Elle demanda le concours des elfes pour obtenir du matériel. Elle eut tout ce dont elle avait besoin pour mettre en pratique ses talents. Elle profitait de l’absence d’Eragon pour travailler sur son œuvre sans que celui-ci ne puisse y jeter un œil indiscret.
Elle refusait qu’Eragon jette un coup d’œil à ce qui lui tenait maintenant à cœur. Elle voulait l’impressionner. Elle mit du cœur à l’ouvrage et cachait avec soin le fruit de son travail aux yeux du garçon, curieux de savoir ce qu’elle préparait.
Les cadeaux étaient prêts, emballés ou dissimulés avec soin. La cérémonie se déroulerait donc comme prévue. Eragon était très impatient. Il était très nerveux. La jeune femme semblait être dans le même état.
Le soir de la cérémonie, ils prirent leur œuvre et retrouvèrent tous les autres. Ils dînèrent au son des flûtes et des lires. La musique fut douce et l’ambiance très douce.
Sanya était vraiment anxieuse. Elle se demandait si son œuvre serait autant appréciée que celle produite par Eragon, lors de la précédente cérémonie. Eragon avait lui aussi beaucoup travaillé à cette œuvre malgré le peu de temps dont il disposait pour se faire.
Sanya avait respecté le secret. Elle n’avait pas cherché à savoir ce qu’Eragon avait décidé de présenter ce soir-là.
Les lumières, la musique, les chants… Tout était tel qu’Eragon avait pu lui dire des différentes fêtes elfiques. Elle se laissait porter par le son des voix et de la douce musique. Elle aussi perdait le contrôle d’elle-même par moment. Mais c’était magique.
Il était tant de dévoiler les œuvres. Tout ceux qui voulait participer avait produit quelque chose. Les œuvre étaient différentes suivant les talents de chacun.
Sanya dévoila enfin son œuvre aux yeux de tous avec un trac certain. Ce dessin ou plutôt cette peinture représentait un immense dragon baigné d’une lumière argentée et monté par un Dragonnier. Eragon fut très surpris lorsqu’il se reconnut. Le dessin était stupéfiant de vie. Il était fière de la réalisation de la jeune femme. Il savait qu’elle y avait mis tout son cœur.
Eragon avait le trac. Il devait à son tour dévoiler son œuvre. Il apparaissait qu’il était plus doué pour l’écriture. Il avait donc écrit un nouveau poème. Celui-ci parlait de son amour partagé entre une femme et un dragon.
La jeune femme en eût les larmes aux yeux. Il expliquait son souhait, son désir le plus profond. Le fait de partager son cœur entre deux êtres si différents et pourtant si proches de lui était réellement touchant, émouvant.
Les derniers vers parlaient de sa détresse de voir souffrir l’une de ses deux personnes. Sanya avait bien sûr compris qu’il parlait d’elle. Il invoquait son désir de la voir lui ressembler. Elle comprit enfin de but de sa manœuvre et ne sut quoi dire. Elle savait maintenant ce qui l’attendait. Elle allait recevoir, s’ils le voulaient bien, le cadeau des dragons elle aussi.
Le moment le plus fort de la cérémonie arrivait enfin. Tout était encore une fois comme Eragon l’avait décrit, la transe, la danse, l’excitation… Elle voyait des flashs de lumière, elle se remémorait en détail le poème cité par Eragon. Les mots dansaient alors dans son esprit. Elle voyait aussi son dessin refléter la lumière à l’aveugler au point de devoir fermer les yeux. Elle revit également les nombreux moments passés avec le Dragonnier, les rapprochements, les pensées… Et ce fut alors le trou noir. Elle sombrait dans un sommeil troublé de rêves étranges où elle se voyait en dragon, volant au-dessus d’une vallée baignée de lumière. Elle ne volait pas seule et dansait dans les airs avec un autre dragon, lui aussi baigné dans cette lumière intense.


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PostSubject: chapitre 18   Tue 2 Oct - 23:30

18
AMOUR ET MAGIE

Elle rouvrit les yeux lentement. Le soleil pointait à l’horizon. Il baignait la chambre de lumière à travers la grande fenêtre. Une brise légère entra dans la pièce et la fit frissonner. Elle était étendue dans le grand lit face à la large ouverture. Elle contempla un temps les rayons qui se dessinaient sur les murs et le plafond.
Le drap la couvrait jusqu’aux épaules. Elle bougea et voulut se tourner quand elle réalisa qu’elle ne portait aucun vêtement sur elle.
Elle avait senti une présence près d’elle et tourna la tête pour s’apercevoir qu’Eragon était étendu tout près d’elle. Il se trouvait sous le même drap et ne portait visiblement pas grand chose sur lui non plus.
Sanya se glissa alors sous le drap pour se blottir doucement contre son aimé. Elle leva la tête et le regarda dormir. Il paraissait si paisible, si serein. Elle se souvenait de la tristesse qu’il avait affiché ses jours derniers. Elle l’avait senti distrait, anxieux. Quelque chose le tracassait, mais elle était alors incapable de dire ce qui le troublait tant.
Elle glissa sa main sur sa peau, sur son torse, son épaule et la glissa sur sa joue. Une sensation étrange l’envahit. C’était la première fois qu’elle pouvait ainsi toucher sa peau. De plus, elle ressentait des choses nouvelles. Chaque bruit, chaque odeur, chaque toucher engendraient en elle une sensation intense. Elle se sentait sereine, elle se sentait terriblement bien.
Eragon la ramena à la réalité. Il ouvrit les yeux sur elle. Il lui sourit. Elle ressentait une foule de sentiments qui émanaient directement de lui. Elle s’étonnait d’avoir autant de facilité à accéder à ses pensées. Eragon passa une main sur sa joue :
- Comment te sens-tu, ma chérie ?
- Différente. C’est étrange…
Eragon affichait un large sourire. La jeune femme était surprise de le voir aussi réjoui. Elle tenta de savoir, dans un premier temps, mais elle n’eut pas besoin de se poser la question longtemps. Eragon ne lui fermait pas son esprit. Il ne lui cachait plus rien désormais. Maintenant qu’il avait obtenu ce qu’il désirait, il laissait son esprit s’ouvrir à elle. Elle y découvrit une foule de choses nouvelles. Elle comprit aussitôt qu’elle avait changé, elle aussi.
Elle ne voulait pas quitter les bras d’Eragon, mais la curiosité fut la plus forte. Elle prit la tunique qui se trouvait près d’elle sur le lit et l’enfila. C’était celle d’Eragon. Elle portait cette délicieuse odeur. Elle se leva enfin et se dirigea vers le miroir, au-dessus de la petite vasque.
Elle fut abasourdie par le reflet qu’elle y trouva. Eragon lui avait expliqué sa réaction lorsqu’il avait vu son reflet après avoir subi sa transformation. Elle comprenait maintenant son sentiment.
Elle passa une main sur sa joue. Elle était lisse et soyeuse. Ses cheveux avaient pris quelques centimètres et s’étaient bouclés. Elle les releva et les sentit glisser entre ses doigts. Elle fut encore plus stupéfaite lorsqu’elle découvrit ses oreilles. Elle étaient celles d’une elfe ! Elle ne rêvait pas. Elle se tourna enfin vers Eragon et s’exclama :
- Comment est-ce possible ?
- Je t’avais dit que je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour que tu ne souffres plus, ma chérie. Comment va ton dos ?
Elle ne put le voir, mais elle passa le bout de ses doigts sur sa peau, sous la tunique. Elle eut du mal à y croire. Là où devait se trouver une vilaine cicatrice, il n’y avait plus rien. Elle ne ressentait plus aucune douleur.
Elle se demandait comment s’était possible. Elle devait être au milieu d’un rêve. Pourtant, tout paraissait bien réel. Elle regarda Eragon dans les yeux et poursuivit :
- Est-ce que…
- Oui !
Elle avait pensé tellement fort sa question qu’Eragon l’avait vu avant même qu’elle ne la pose. Elle avait donc subi la même chose qu’Eragon. Pourquoi avait-elle eut droit au même honneur que lui. Peu lui importait maintenant, le résultat était là, elle se sentait différente. Elle ressemblait plus à Eragon qu’elle n’osait l’espérer. Ils partageaient désormais une expérience hors du commun.
Elle allait découvrir à quel point elle avait changé. Elle comptait découvrir ses nouvelles capacités. Eragon lui en avait parlé, elle voulait se rendre compte maintenant par elle-même des changements qui s’étaient opérés en elle.
Mais il avait autre chose. Elle tentait maintenant de savoir comment elle s’était retrouvée dans la maison-arbre sans rien sur elle, près d’Eragon.
Sur ce point, Eragon allait répondre à sa question. Elle était curieuse de savoir ce qui avait bien pu se passer après la cérémonie qu’elle ne se rappelait pas. Elle se souvenait de ce rêve étrange, mais c’était tout.
Eragon demanda tout d’abord à la jeune femme de le retrouver. Elle revint sur le lit. Il voulait la sentir auprès de lui. Il la pria de quitter sa tunique et de se glisser tout près de lui. Elle se glissa tout d’abord sous le drap et quitta ensuite la tunique. Elle reprit place contre lui, blottie.
La sensation était vraiment intense. Elle aimait ce nouveau contact. Eragon se dit alors que le meilleur moyen de lui parler de cette nuit était de lui montrer.
Il pria la jeune femme de lier son esprit au sien. Elle ferma les yeux pour mieux voir encore. Eragon prit la main de la jeune femme et la glissa sur sa tempe. Il laissa ainsi passer les images de la nuit après la fin de la cérémonie. Il lui montra tout d’abord le baiser que Sanya lui donna pour le remercier du formidable poème qu’il avait écrit.
De là, une musique douce, légèrement étouffée, emplit sa tête et elle comprit. Elle n’avait pas eu le même impact sur Eragon. Il avait cependant, comme les autres elfes, laissé cette formidable sensation monter en lui. Saphira les avait alors conduit dans la maison-arbre. Eragon l’avait laissé poser ses lèvres encore et encore sur les siennes et tout s’était enchaîné. Les deux jeunes gens s’étaient unis dans une étreinte passionnée.
Lorsqu’Eragon libéra l’esprit de la jeune femme, elle était haletante. Elle ne se rappelait pas cette étreinte, mais les sensations qu’elle avait ressenti lors de son rêve étrange étaient identiques.
Elle regarda intensément son aimé. Elle glissa une main sur sa joue et dit :
- C’était si fort…
Les yeux de la jeune femme étaient étincelants. Eragon lui sourit en passant doucement une main sur son bras. La jeune femme eut un frisson. Les sensations étaient encore présentes en elle. Et les images revenaient dans son esprit. Elle aurait tellement aimé être maître d’elle lorsqu’ils s’étaient unis. Elle aurait senti sa peau, elle aurait réagi vraiment.
Eragon sortit la jeune femme de ses rêves en lui promettant :
- Je te promets, ma chérie, que nous partagerons encore une nuit comme celle-ci, et tu seras en pleine possession de tes moyens.
La jeune fille sourit. Elle attendait avec impatience de revivre cette formidable sensation pleinement, vraiment et pas dans un état second.
Eragon quitta le lit le premier. Sanya fut émue de voir le corps ainsi dévêtu de son aimé. Elle l’avait déjà vu, au loin, dans le lac, mais c’était une réelle émotion de le voir de si près.
Il se lava et se vêtit. Il revint vers Sanya et déposa ses lèvres sur les siennes. Eragon souhaitait qu’elle l’accompagne chez son maître, Oromis. Il voulait les présenter. Elle accepta et sortit du lit à son tour, un peu gênée de se dévoiler devant lui. Elle se lava rapidement et se vêtit aussi rapidement. Elle suivit Eragon dans l’étroit escalier pendant que Saphira descendait par la voix des airs.
Ils croisèrent une foule d’elfes qui la regardaient d’un œil nouveau, désormais comme l’une des leurs. Elle fut un peu émue, gênée, mais ne dit rien et poursuivit son chemin près d’Eragon qui lui tenait la main. Elle serra juste un peu la main de son aimé et pensa pour qu’il entende :
« Je fais partie des leurs, maintenant… Mais c’est étrange. Je sais que je ne parle pas leur langue et ça me gêne beaucoup. »
« Ce ne sera bientôt plus un problème, tu verras. »
Ils poursuivirent leur chemin, toujours main dans la main. La jeune femme était curieuse de rencontrer celui qui avait tout appris – hormis Brom – à Eragon.
Eragon n’avait pas organisé cette rencontre par hasard. Et la conversation qu’ils venaient d’avoir le rassurait sur ses nouvelles intentions. Son maître, lui-même, l’avait incité à le faire. Elle avait toujours voulu apprendre l’ancien langage et son rêve allait enfin devenir réalité.
Pendant les exercices de méditation d’Eragon, Oromis lui apprenait l’ancien langage. Elle suivait de plus près ce que faisait Eragon. Leurs deux esprits demeuraient liés et elle visualisait ce qu’il faisait pendant sa méditation. Elle aimait ressentir sa présence, même quand il n’était pas ensemble. Il était toujours avec elle, en elle. Elle était si curieuse de savoir en quoi il occupait ses journées, elle était heureuse de l’épier ainsi sans le déranger. Elle était comblée.

Elle apprenait à une vitesse surréaliste. Eragon souriait de la voir apprendre aussi vite. Elle n’aurait jamais imaginé que son esprit pouvait assimiler aussi vite et autant de choses.
Eragon l’avait prévenu qu’elle aurait des capacités spéciales, mais elle ne s’était pas imaginée lesquelles. Elle n’était pas au bout de ses surprises. Elle apprenait l’ancien langage pour une raison précise. Eragon ne lui avait pas dit pour quelle raison elle apprenait en fait l’ancien langage. Elle croyait satisfaire sa curiosité et cela lui permettait de comprendre et de parler avec les autres elfes. Elle allait découvrir une capacité nouvelle. Elle allait beaucoup la surprendre.
Eragon voulait lui faire découvrir l’endroit, la clairière, où il avait l’habitude de méditer. Ils s’installèrent et pratiquèrent les exercices de méditation qu’Eragon avait déjà enseigné à la jeune femme avant. Mais il ne s’arrêta pas là. Eragon lui demanda ensuite une chose simple. Il lui montra même ce qu’il attendait d’elle. Elle le regardait, un peu hébétée, sans trop comprendre pourquoi il lui demandait de faire une chose qu’elle était persuadée ne pas savoir ou même pouvoir faire.
Il ferma les yeux et un caillou s’éleva doucement devant lui, jusqu’au niveau de son visage. Elle savait qu’il avait commencé à étudier la magie avec Brom en effectuant ce petit tour. Mais elle était certaine de ne pas être une magicienne et elle était certaine de ne pas être capable de faire une telle chose.
Elle déchanta rapidement. Eragon lui expliqua comment faire. La jeune femme se concentra et ferma les yeux. Elle visualisa l’objet dans son esprit et unit son esprit à celui de l’objet. Elle n’eut pas de mal à visualiser le caillou. Elle lui demanda de s’élever devant elle. Elle prenait au sérieux les instructions d’Eragon et lui faisait confiance.
Il lui demanda de rouvrir les yeux. Elle était persuadée de trouver le caillou où il était avant son exercice. Elle fut stupéfaite de voir que la pierre tournait doucement sur elle-même au niveau de son visage. Elle avait quitté le sol et se tenait devant ses yeux.
Déconcertée et déconcentrée, elle relâcha son emprise sur le petit objet et la pierre retomba dans un bruit sourd dans l’herbe. Comment était-ce possible ?
Eragon sourit et dit :
- Nous ne sommes plus si différents, maintenant. Il va te falloir apprendre et mon maître m’a incité à te former. Je vais pouvoir t’apprendre tout ce que je sais, ma chérie. Tu vas découvrir tout ce que tu es capable de faire maintenant.
Sanya affichait un large sourire :
- Je suis une magicienne ? On parle vraiment de magie ? Mon amour ! C’est incroyable !
- Oui, ma puce. Il te faut maintenant apprendre les mots, comme je les ai appris, mais aussi tes limites.
Elle n’en revenait toujours pas. Une magicienne ! Elle ! Elle n’aurait jamais imaginé posséder des capacités quelconques. Ça lui paraissait vraiment incroyable.

Eragon allait diviser son temps. Sa formation ne demandait plus autant sa présence. Il devenait à son tour le formateur de la jeune femme. Eragon lui apprendrait comme il avait appris. Il se servirait alors de la façon dont Brom avait procédé pour lui apprendre ce qu’il savait. Elle continuait d’apprendre les mots avec Oromis. Et mettait en pratique la magie liée aux mots avec Eragon.
Elle progressait à une vitesse stupéfiante. Eragon n’en revenait pas. Pourtant, lui aussi avait vite appris, mais il avait l’impression que la jeune femme avait fait de la magie toute sa vie.
La couleur du rayon de lumière qui s’échappait de sa paume, lorsqu’elle utilisait la magie, était rose pâle, comme celle d’une perle.
Les exercices liés à la concentration étaient plus fulgurants encore. Elle démontrait une vivacité d’esprit insolente. Elle maniait l’esprit des choses avec une facilité déconcertante.

Chaque soir, les deux nouveaux amants revenaient vraiment épuisés. L’usage de la magie fatiguait la jeune femme. Elle n’avait pas encore les forces et les connaissances nécessaires pour résister à autant d’usage. Les séances augmentaient en intensité et elle devait récupérer.
Ils restaient donc sages, mais quittaient leurs vêtements pour sentir la peau l’un de l’autre. Ils se retrouvaient enlacés dans les bras l’un de l’autre pour dormir ou plutôt somnoler ensemble.

La jeune femme se rendait souvent dans l’arène pour manier l’épée. Elle pouvait désormais s’opposer aux elfes et elle prenait un plaisir certain à manier l’épée en prenant conscience de ses nouvelles capacités. Mais son épée n’était plus vraiment adaptée à la jeune femme.
Eragon, lui, ne pouvait toujours pas reprendre l’entraînement. Il n’avait toujours pas d’épée pour remplacer Zar’roc. Il repensait alors souvent aux paroles de Solembum. Elles ne quittaient plus son esprit désormais.


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PostSubject: chapitre 19   Tue 2 Oct - 23:33

20
UNE NOUVELLE EPEE

Eragon s’absentait régulièrement pour se rendre près de l’arbre Menoa. Il avait fait le tour de l’arbre plusieurs fois en essayant de s’imaginer une arme sortir des racines. Mais comment une épée pouvait-elle sortir de ces racines, de cet arbre. Il s’était souvent, très souvent posé la question.
Un soir, pourtant, il s’assit près d’une des nombreuses racines qui sortaient du sol. Il se mit en état de méditation, mettant en pratique les techniques apprises par Oromis. Il était si motivé, il se concentra avec force.
Il ressentait quelque chose de vivant. La vie émanait de l’arbre lui-même. Il lui apparut si ancien. Il pouvait presque visualisé un corps autour de l’esprit de l’arbre, celui d’un elfe très vieux, très sage… Il maintenait son esprit ouvert au maximum et s’imagina une épée sortir des racines de l’arbre. Mais rien !
Il resta très concentré. Il vida tout d’abord son esprit durant de longues minutes. Ensuite, les yeux toujours fermés, il se concentrait sur les paroles de Solembum. Il y pensa très fort, avec une intensité extrême.
Il ressentit soudain une force intense émaner de l’arbre. Il visualisa son esprit avec beaucoup plus de clarté. Il entendit la phrase de Solembum se répéter dans sa tête. Elle revenait sans cesse. Puis Eragon eut une vision très nette. Il voyait une épée, magnifique, élégante… Une épée de Dragonnier qui ressemblait vraiment beaucoup à Zar’roc.
Cette image se précisait. Il se rappelait Zar’roc. Il se remémorait tout ce qu’il avait fait pour effacer la réputation atroce que son premier possesseur lui avait fait. Il avait tout fait pour rendre à cette épée une image digne d’une épée forgée par les elfes.
Il sentit alors une force intense s’emparer de lui, de son corps, de son esprit et de son cœur. Il visualisa encore cette épée magnifique et l’image lui apparut nettement, très nettement…
Il ouvrit soudain les yeux. Il se leva et commença à faire le tour de l’arbre, attiré par une lumière intense d’un bleu étincelant, comme la couleur des écailles de Saphira dans la lumière. Elle sortait des racine et remontait vers la ciel. Il se dirigeait plus lentement vers elle, son cœur battant la chamade.
Il fut stupéfait. Un pommeau sortait de terre au milieu des racines. Eragon l’admira pendant de longues minutes. Il n’osa tout d’abord pas s’en emparer. Il resta les yeux rivés sur la pierre du même bleu que celle qui se tenait au sommet de Zar’roc.
Il rassembla son courage et se saisit enfin du pommeau tressé surmonté de cette pierre bleue, entourée elle-même de deux langues d’acier reprenant la forme de deux queues de dragon. La pierre était éblouissante et une lumière surréaliste s’en échappait et étincelait.
Eragon admirait la garde finement dessinée. Deux têtes de dragons fines et belles se croisaient harmonieusement. Elles ressemblaient vraiment à Saphira. En fait, les deux têtes étaient exactement celle de Saphira.
Enfin, Eragon fut surpris par la couleur de la lame. Elle reprenait exactement la couleur de la robe de sa compagne aux écailles d’un bleu si brillant. Une lame bleue ! C’était comme si il avait rêvée cette épée et qu’elle lui était apparue.
Elle était le reflet de ce que lui inspirait son amie. Elle reflétait un mélange de puissance et d’équilibre. Il empoigna enfin le pommeau et sortit l’épée de sa prison de terre. Il fit quelques mouvements et lui trouva le poids idéal, il la trouva parfaite ! En baissant les yeux, il réalisa qu’un fourreau, aux détails finement marqués dans le cuir, des inscriptions en ancien langage – qu’Eragon ne sut traduire dans un premier temps –, se tenait tout près de là où il avait trouvé l’épée. Il s’en saisit à son tour et glissa enfin l’arme à l’intérieur.
Il se sentit fier. Il rêvait d’une arme qui ressemblait à Zar’roc. Elle lui ressemblait beaucoup mais apparaissait cependant si différente aux yeux d’Eragon. Peut-être parce qu’elle était le reflet de l’épée qu’il avait toujours imaginé porter à son côté.
Il attacha enfin le fourreau à sa ceinture et reprit le chemin de la maison-arbre encore excité par sa réalisation, parce qu’il était persuadé qu’il était, avec l’arbre, à l’origine de cette formidable découverte. Il sourit. Réalisant qu’il devait beaucoup à cet arbre mythique, il se stoppa soudain et se tourna vers l’arbre. Il ferma les yeux et pensa avec force :
« Merci. »
Il réalisait à peine ce qui venait de se passer. Il avait visualisé cette épée, y avait pensé si fort, et elle lui était apparue. Ce n’était pas un rêve. Il passait sa main sur le pommeau pour s’en assurer. Il baissa les yeux. Elle était toujours à son côté. Le saphir brillant dans la lumière des lanternes.
Lorsqu’il franchit le seuil de la maison, il chercha Sanya. Il la trouva dans la chambre. Elle venait d’enfiler une tenue légère pour se coucher. Elle dit :
- Je ne t’attendais plus !
- Il s’est passé quelque chose d’incroyable.
Eragon était haletant d’excitation. Sanya sentit quelque chose. Il ne cherchait pas à enfouir le souvenir de sa découverte. Elle baissa alors les yeux sur le pommeau et la garde qui dépassaient du fourreau. Elle fut stupéfaite. Elle s’approcha d’Eragon et demanda à la voir. Eragon tira lentement l’épée et la tendit à la jeune fille. Elle fut réellement ébahie. Elle ressemblait vraiment beaucoup à Zar’roc, volontairement ou pas.
La jeune fille prit l’arme entre ses mains. Elle regardait en détail le pommeau et la garde ainsi que la lame. Elle la faisait tourner entre ses mains. Elle était vraiment magnifique. Elle pensa à voix haute :
- Elle fait penser à Saphira ! C’est fou ! Elle aussi belle et imposante qu’elle. Elle reflète vraiment le caractère de son porteur et celui de sa monture.
Eragon sourit. Il avait pensé la même chose. Il la glissa dans son fourreau à nouveau. Il se défit d’elle et la posa près du lit. Il entreprit ensuite d’expliquer à Sanya sa découverte, les conditions dans lesquelles il avait obtenu cette arme si fabuleuse. La jeune femme l’écouta sans intervenir, le sentant fier et excité de sa découverte.
Il se défit de ses vêtement pour la nuit. Il s’étendit et tendit les bras à Sanya pour qu’elle le rejoigne. Elle se blottit contre son aimé et ferma les yeux. Elle se remémora les images qu’Eragon lui avait fait découvrir le lendemain de la cérémonie de sa transformation. Elle souhaitait ressentir encore ce sentiment intense. Elle voulait cette fois le vivre et le partager avec Eragon. Maintenant, les leçons ne les fatiguaient plus autant. Il lui restait plus de force qu’elle n’imaginait après la fin de chaque leçon. Ses limites étaient repoussées à chaque fois. Elle savait maîtriser sa force désormais et résistait à l’usage intensif de magie que lui imposait Eragon.
Elle passa une main sur le torse du jeune homme, perdue dans ses pensées. Eragon ressentit ses pensées avec force. Il se laissait porter par le désir de la jeune femme avant de se dégager doucement. Il se pencha sur la elle et celle-ci accueillit ses lèvres pour un baiser intense.
Eragon lui fit revivre les moments intenses qu’elle désirait tant partager avec lui en pleine possession de ses moyens. Elle fut loin d’imaginer s’unir de cette façon à un homme. Tous se sens s’étaient éveillés et leurs esprits s’étaient unis à leur tour. La nuit avait été chargée d’émotions vraiment très intenses.
Ils somnolèrent ensuite ensemble jusqu’au petit matin. Ils passeraient dorénavant toutes les nuits ensemble, unissant leurs esprits et quelques fois leurs corps. Les nuits seraient ainsi toujours très douces.
Le lendemain matin, ils se levèrent aux aurores. Ils se vêtirent très vite et déjeunèrent rapidement. Ils prirent ensuite le chemin du camp d’entraînement. Ils avaient tous deux hâte de s’entraîner de nouveau ensemble.
Sanya se rendit encore plus compte de ses capacités face à Eragon. Ils avaient désormais une force équivalente. Eragon ne craignait plus la faiblesse de la jeune femme, parce qu’elle n’existait tout simplement plus. Elle répétait alors les enchaînements avec une facilité époustouflante. Elle réussissait aussi les enchaînements si difficiles à réaliser et qui la pénalisaient.


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PostSubject: chapitre 20   Tue 2 Oct - 23:34

tout est décalé c'est normal, continuer la lecture comme si de rien n'était

21
DERNIERS JOURS
A ELLESMERA

Le temps passait à une vitesse folle. Sanya se perfectionnait, elle enchaînait les entraînements armés et l’apprentissage de la magie. Eragon peaufinait sa formation dans le même temps. Il ne lui resta bientôt plus rien à apprendre. Il put passer ainsi plus de temps à la formation de Sanya. Elle recevait les connaissances et enregistrait l’enseignement d’Eragon à la vitesse d’un cheval au galop. Elle n’eut bientôt plus rien à apprendre à son tour.
Elle avait en effet beaucoup moins de connaissances à emmagasiner et ils furent bientôt conscients qu’il leur faudrait de nouveau quitter Ellesméra pour retourner auprès des Vardens.
Ils n’avaient pas cesser les séances d’entraînement. Ils aimaient beaucoup combattre l’un contre l’autre. Ils s’amusaient beaucoup et essayaient de nouvelles attaquent ou de nouvelles feintes. Il leur arrivait de se faire mal, la fatigue leur faisant faire des erreurs. Et malgré les protections magiques sur les épées, ils recevaient des coups qui marquaient leur peau.
Il leur arrivait de combattre également à mains nues et les contacts tournaient souvent au fou rire. Mais quelque fois, comme aujourd’hui, ils se blessaient, mais sans gravité, bien sûr.
Sanya avait cette fois frappé Eragon. Elle lui avait asséné un crochet. Eragon n’avait même pas tenter de l’éviter. La lèvre du jeune homme se fendit, un filet de sang s’en écoula. Elle fut tout d’abord surprise du fait qu’il n’ait rien fait pour parer le coup. Sanya n’avait retenu son geste et l’avait violemment frappé au visage. Elle parut ensuite si désolée, tendant une main pour caresser sa joue, la mine affreusement désolée. qu’Eragon lui sourit. Elle s’approcha alors du jeune homme et caressa encore sa joue en disant :
- Oh, mon amour, excuse-moi ! Mais pourquoi n’as-tu pas paré ?
- Je voulais tester ta capacité de guérison. C’est une des choses que nous n’avons pas vraiment encore pu travailler.
Elle lui sourit à son tour. Elle leva ensuite la main droite et tendit sa paume grande ouverte pour prononcer :
- Waíse heill !
Le rayon couleur perle qui s’échappa alors de la paume de la jeune fille chauffa la lèvre du garçon et la blessure du jeune homme disparut instantanément. Sanya passa ensuite le bout de ses doigt sur la lèvre qui était fendue un peu plus tôt. Plus aucune trace. Elle glissa encore doucement son pouce sur la lèvre redevenue intacte. Le jeune garçon prit la main de Sanya et l’approcha de ses lèvres pour l’embrasser.
Il la regardait avec une intensité perturbante. Elle ne baissa toutefois pas ses grands yeux bleu azur. Elle sentit une sensation intense lui courir des reins jusqu’à la nuque, lui donnant des frissons. Eragon pensait si fort :
« Nous n’avons pas eut beaucoup de temps pour nous. Et il nous faudra très bientôt reprendre la route. »
Elle demanda alors :
« As-tu programmé le voyage ? »
« Pas encore. »
Il enleva l’arme dans les mains de Sanya. Il la laissa tomber, avec son épée, sur le sol. Il prit le visage de la jeune femme entre ses mains. Elle posa ses mains sur les siennes. Elle le dévisageait avec une lumière dans le regard. Eragon approcha ses lèvres lentement. Il régnait une silence terrible. Ils étaient encore seuls dans l’arène.
La jeune femme ferma les yeux et se laissa porter par la douceur de ses lèvres. Elle ressentait les pensées d’Eragon et sut quelles étaient ses intentions. Lorsqu’il s’éloigna enfin, il dit :
« Suis-moi. »
Ils ramassèrent leurs affaires et quittèrent l’arène, main dans la main. Ils traversèrent une partie de la cité et traversèrent un bout de forêt. Eragon l’emmenait là où il méditait la plupart du temps, pendant ses leçons.
Il y régnait une paix et une tranquillité incroyables. On n’entendait que le bruit du vent dans les arbres, les piaillements des oiseaux… Il y régnait une véritable ambiance de sérénité et tout était verdoyant.
Eragon quitta le premier son attirail. Il aida ensuite Sanya à se défaire de ses armes. Ils se trouvaient au bord d’un petit lac à l’eau cristalline. Eragon comptait se baigner, mais pas seul. Il pria la jeune femme de le suivre.
Elle souriait au jeune homme. Elle se laissait bercer par les douces pensées d’Eragon. Elle s’imaginait déjà le moment où ils seraient de nouveau en contact.
Ils quittèrent la totalité de leurs vêtements. Eragon entra le premier dans l’eau délicieusement fraîche. Sanya ne tardait pas à le suivre. Elle se glissa à son tour dans l’eau. Elle nagea jusqu’à lui. Eragon se rapprocha tout doucement de la jeune femme et demanda :
- Alors, ma chérie, est-ce que tu aimes le cadeau que t’ont fait les dragons ?
- J’avais dans l’idée que quelque chose de ce genre se préparait, que tu profiterais d’une telle occasion pour suggérer leur aide pour me guérir. Mais, mon amour, comment as-tu réussi à leur faire réitérer le don incroyable qu’ils t’ont fait ?
- Tu l’as fait toute seule. Tu leur as fait un cadeau qui a autant de valeur que celui que j’ai pu leur faire en faisant renaître la caste des Dragonniers. Ils ont senti que tu étais de leur côté et tu as su te placer après Saphira.
La jeune femme se sentait fière de ce qu’elle avait réalisé. Eragon l’était lui aussi.
Eragon se rapprocha au plus près de Sanya. Il prit ses mains et les glissa autour de son cou. Il glissait les siennes dans son dos. Il approcha son visage et l’embrassa tendrement.
La jeune femme se laissa envahir par la douce sensation. Elle aimait plus que tout au monde être si près de lui. Il exprimait tellement de choses en elle.
Ils se laissèrent portés par ce sentiment intense qui les prenait chaque fois qu’ils étaient en contact. Ils partagèrent un moment de pur tendresse où n’unirent pas seulement leur corps, mais aussi leurs esprits.
Ils sortirent bientôt de l’eau et se revêtirent. Ils reprirent tout leur matériel et rejoignirent la maison-arbre.
Le soleil avait disparu derrière les arbres. On ne voyait qu’un halo doré qui faisait place, petit à petit à une magnifique nuit étoilée.
Sanya prit place aux côtés d’Eragon au bord de l’immense fenêtre qui illuminait d’ordinaire la pièce et ils laissèrent leurs jambes pendre dans le vide en observant les étoiles.
Sanya laissa doucement tomber sa tête sur l’épaule du garçon. Eragon passa un bras dans son dos et sa main vint se poser sur l’épaule de la jeune femme.
Sanya leva la tête vers Eragon qui lui sourit. Ils se sentaient bien. Ils découvraient de nouveaux échanges. Ils partageaient davantage chaque jour.
Il était temps de dormir. Sanya aimait plus que tout se trouver si proche d’Eragon. Elle se blottit contre son aimé et ferma les yeux, doucement bercée par les souvenirs de leur dernière étreinte. Le lien était devenu aussi fort entre eux qu’il ne pouvait l’être entre Saphira et lui.
Sanya leva les yeux vers l’homme qu’elle aimait et lui dit :
- Je t’aime tant ! Tu n’imagines pas combien je peux t’aimer. Tu vis vraiment en moi. Je ne pourrais plus vivre sans toi.
- Je l’imagine très bien, au contraire. Je t’aime aussi. Je sais que je n’arriverais pas non plus à vivre sans toi, ma chérie.
Elle caressa la joue de son aimé et le laissa approcher son visage du sien pour l’embrasser.
La nuit fût tendre. Ils partageaient désormais un sentiment qu’ils avaient découvert ensemble et qui grandissait encore. Ils se sentaient réellement très proches, comme enchaînés l’un à l’autre par un sentiment puissant et profond. Leurs deux esprits ne faisaient définitivement plus qu’un. Ils partagèrent ainsi leurs rêves et leur nuit fut très douce.
Le réveil fut lui aussi doux. Ils se réveillaient tendrement enlacés et ils se sentaient sereins.

Ils leur fallaient maintenant quitter Ellesméra. Plus rien ne les retenait désormais ici. Ils devaient retourner au Surda pour prêter leur concours aux Vardens. Les préparatifs furent vite terminés. Tout était empaqueté. Ils étaient fin prêts à repartir.
Il demeurait une bataille à livrer et de loin la plus importante. Eragon allait devoir affronter un terrible adversaire. Il lui fallait aussi convaincre son frère. Il n’avait pas l’intention de l’affronter. Il souhaitait le rallier à leur cause. Mais s’il devait en être autrement, il ne devrait pas faillir.
Le soleil était déjà haut dans le ciel. Les affaires étaient harnachées aux bats de la selle de Saphira. Le départ sonna enfin. Ils saluèrent une dernière fois leurs amis.


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Sanya et Eragon chapitre 1
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