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 Tome 3

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Sarah06 Tinuviel
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PostSubject: Tome 3   Fri 16 Feb - 17:43

Je me languissais d'attendre la suite de L'aîné, alors je me suis mise à l'écrire moi même. J'ai repris les derniers mots du tome 2 et je suis partie de là. Bonne lecture.

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Chapitre 1


- La réponse à ta question, frère, est oui ! Oui, je ferai le voyage vers Dras-Leona avec toi. Je t’aiderai à sauver Katrina. Puis, toi et moi, nous tuerons les Ra’zacs et nous vengerons notre père !
Incapable de tenir une seconde de plus, tremblant de fatigue et d’épuisement, Eragon s’effondra sur le sol, retenu par les bras puissant de Roran. Son cousin murmura quelques paroles incompréhensibles aux oreilles du garçon. Sa vue se brouilla et tout devint noir.

A son réveil, Eragon ressentait encore une profonde lassitude et ses membres lui paraissaient aussi lourds que du plomb, mais il savait qu’il devait accomplir quelque chose d’urgent avant de songer prendre un repos bien mérité. Il ouvrit les yeux et se trouva étendu sur sa couche. Dehors, l’obscurité n’était troublée que par la lueur dansante d’un feu de camp.
Lorsque qu’Eragon se leva, des courbatures lui arrachèrent une grimace. Il enfila sa tunique et sortit de la tente. Saphira était roulée en boule à l’extérieur. Lorsque le garçon posa une main sur les flans de la dragonne, il s’aperçut qu’elle tremblait. Ce contact la réveilla.
- Te voila déjà réveillé !
- Oui, je me suis reposé suffisamment pour soigner ta blessure.
- Tu n’étais pas obligé de te réveiller au milieu de la nuit. J’aurais pu attendre demain.
- Moi pas !
Le garçon contourna la dragonne et se pencha vers sa queue. Sous l’œil affectueux de Saphira, il guérit la blessure, en prononçant des mots de l’ancien langage. Elle appuya son nez sur l’épaule du garçon qui était à bout de souffle.
- Merci petit homme !
Il lui répondit par un sourire fatigué et se dirigea vers l’entrée de sa tente pour retourner se coucher, quand Roran l’aborda :
- Alors, te voilà déjà debout ?
- Je devais guérir la blessure de Saphira.
Les deux cousins se regardèrent, l’espace d’un instant sans parler, l’air gêné. Roran ajouta :
- Tu m’as fait peur tout à l’heure ! Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
- Ho… heu… j’ai dû m’évanouir… cette bataille a requis beaucoup d’énergie…
- Ha…ça va mieux maintenant ? Si je te demande ça, c’est parce que Dame Nasuada aimerait te voir dans sa tente dès que tu te sentirais mieux …
- Très bien, j’arrive tout de suite !
Saphira protesta :
- Tu devrais aller te reposer d’avantage avant ! Tu tiens à peine debout…
- Ca ira. Je n’en n’aurais pas pour longtemps.
Il suivit Roran à travers le labyrinthe de tentes. Tout en marchant, il observa le visage de son cousin et remarqua que ce dernier avait de profondes cernes.
- Et toi ? Tu ne dors jamais ?
- Je… j’ai du mal à dormir ses temps-ci…
- Laisse moi deviner… à chaque fois que tu ferme les yeux tu vois Katrina ?
Roran jeta un regard en biais à Eragon, puis baissa les yeux. Ils gardèrent le silence jusqu'aux appartements de Nasuada.
- Tu voulais me voir Nasuada ?
- Eragon ! Tu es déjà debout ?
Nasuada était assis à son bureau étudiant une carte déroulée devant elle. Ses traits étaient tirés par l’épuisement et l’inquiétude, mais elle se tenait toujours aussi droite. Après un signe affirmatif d’Eragon elle poursuivie :
- Je voulais te voir à propos d’Elva… elle est au plus mal… et je crains pour sa vie.
Apres un silence lugubre, Roran, qui se tenait en retrait intervint.
- Qui est Elva ?
Eragon répondit avant Nasuada :
- C’est une petite fille que j’ai horriblement fait souffrir parce que j’ai commis une erreur, murmura-il, le regard abaissé.
Il leva les yeux vers Nasuada et demanda :
- Où est-t-elle ?
- Dans une tente à l’extérieur du camp. Je vais t’y conduire.
Elle se dirigea vers la sortie mais Eragon l’arrêta.
- Avant d’aller là-bas, je dois parler à Arya ! J’ai besoin de son aide pour trouver les mots justes qui briseront la malédiction.
- D’accord.
Eragon se tourna vers son cousin.
- Heu…je pense qu’il serait préférable que tu ne viennes pas. Elva est…enfin, il est préférable qu’elle ne voit pas de nouvelle personne pour le moment… tu comprends ?
- Pas vraiment...répondit Roran septique.
- Ecoute je t’expliquerais une autre fois…Profite du reste de la nuit pour aller dormir un peu ! Tu en as besoin… nous en avons tous besoin…conclu-il avant de sortir.

Eragon et Nasuada firent un détour par la tente d’Arya et tous les trois se rendirent à l’extérieur du camp, jusqu'à une tente de taille moyenne implantée à bonne distance. Plus Eragon approchait du pavillon, plus sa nervosité augmentait. Il ignorait ce qu’il allait y trouver, et être confronté au mal qu’il avait infligé le terrorisait. Il savait qu’il n’avait plus le droit à l’erreur et qu’il devait défaire ce qu’il avait fait. Mais il avait conscience également de ne pas être au mieux de ses capacités. Et si son état de faiblesse le faisait commettre une nouvelle erreur ?
Lorsqu’ils entrèrent, l’intérieur était très sombre, mais grâce à sa vision améliorée, Eragon discernait les formes de deux personnes, dont l’une devait être Elva. Nasuada s’avança dans l’obscurité et murmura :
- Angela, comment va-t-elle ?
- Son état a empiré, je le crains…répondit Angela.
Nasuada se rapprocha pendant qu’Eragon entraînait Arya à l’extérieur pour lui demander d’une voix anxieuse :
- Sais-tu de quelle façon je peux défaire la bénédiction ?
- Tu ne le sais pas ? demanda Arya, surprise et inquiète.
Eragon hocha négativement la tête.
- Hé bien, je dois t’avouer que je n’ais moi-même jamais accompli de bénédiction, alors en défaire une… Mais je peux te dire que pour qu’un désenchantement soit efficace, ce ne sont pas vraiment les mots qui comptent, mais les intentions que tu as, au fond de ton cœur, lorsque tu prononce le contre sort. Essaye de chercher les mots qui pourront contrer ceux que tu as prononcés la première fois. D’ailleurs, te souviens tu avec exactitude de ces mots ?
Eragon n’avait pas besoin de se remémorer le jour où il avait béni Elva, car ce moment hantait régulièrement.
- Oui, je m’en souviens très bien.
Tourmenté par ses inquiétudes il ajouta :
- Est-ce qu’un désenchantement, requière beaucoup d’énergie ?
Arya le dévisagea, impassible.
- Si tu juge ne pas être suffisamment fort pour le faire, alors ne le fais pas.
- Mais je ne sais pas si Elva pourra attendre jusqu'à ce que je recouvre mes forces…dit-il, désemparé.
- Tu raison, je doute qu’elle pourra attendre jusqu'à là, intervint fermement Angela, qui sortait à cet instant de la tente. Fatigué ou pas Eragon, si tu attends d’avantage, je crains qu’il n’y ait plus personne à sauver.
Elle se radoucie et ajouta :
- Tu y arriveras, j’en suis sûr ! Le tout est d’y mettre de la conviction.
Eragon la fixa un instant dans les yeux puis se détourna. Il chercha à mettre ses idées en ordre afin de trouver les mots justes dans sa langue maternel, puis de les traduire en ancien langage. Apres de longues minutes de réflexion et de concentration, il se tourna vers Ayra et lui répéta les mots qu’il avait choisi. Elle les pesa et dit :
- Je pense que tu devrais remplacer le mot « demeurera » par « vivra », sinon cela pourrait provoquer un contre sens. Ne prenons pas de risque inutile.
Eragon acquiesça.
- Vous êtes prêt ? demanda Angela.
- Oui, je suis prêt
D’un pas résolu, Eragon pénétra dans la tente où une petite bougie avait été allumée. Sa faible lueur tremblotante, donnait une atmosphère inquiétante et pesante à la pièce. Sur la gauche, une couche avait été installée et le petit corps de Elva y reposait. Lorsque Eragon posa les yeux sur elle, il vit qu’elle tremblait de tous ses membres. Elle avait encore grandi depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Nasuada, assise à son côté, lui tamponnait un linge sur le front, pour tenter d’apaiser la forte fièvre dont elle semblait souffrir.
Eragon s’approcha davantage et s’agenouilla. Il contempla le visage torturé de la fillette avec un mélange de culpabilité et d’effroi. Il se rappela des paroles prononcées par Oromis quelques mois plus tôt : « Tu porte l’entière responsabilité du destin de cette fillette, et, à cause du tort que tu lui as fait, il t’incombe de l’aider si jamais l’opportunité se présente ». Hé bien justement, l’occasion lui était donnée de se racheter, et il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour y parvenir.
Il respira un bond coup et approcha sa main du front d’Elva. Nasuada retira le linge et se leva pour laisser le champ libre au jeune homme. Il contempla, étonné, la marque argentée qui étincelait sur son front. Soudain, Elva saisit le poignet d’Eragon et l’enserra fermement.
- Eragon ! rugit-t-elle.
- Elva calme toi ! dit-il essayant de se libérer de l’étau de fer.
- Tu dois cesser de te tourmenter sur tes origines !...tu n’es ni ton père…ni ton frère ! … ta douleur…je la ressens en moi… elle m’étouffe ! ajouta –elle, à bout de souffle.
Eragon se libéra de l’emprise d’Elva, qui retomba mollement sur son lit. Horrifié par les mots de la fillette, qui étaient on ne peu plus vrai, il resta là, à la contempler, sans pouvoir agir.
- Eragon ! Fait le maintenant ! s’écria Angela.
Eragon tenta de se ressaisir et de retrouver son calme intérieur. Il inspira profondément à plusieurs reprises, avant de sentir enfin les battements de son cœur commencer à ralentir. Il essaya de se plonger dans un état de grande concentration mais n’y parvint qu’à moitié. Il dû s’en contenter, car la fillette suffoquait à présent.
Il approcha à nouveau sa main du front d’Elva. A son contact, Eragon ressentit un frisson le long de sa propre gedwëy ignasia. Il n’y prêta pas attention et prononça avec conviction les mots suivant en ancien langage.
- Par ces mots, tu ne seras plus un bouclier contre le malheur, et tu vivras en paix.
Eragon attendit un instant. Comme rien ne se produisis, il retira sa main et vit que la marque sur le front d’Elva, ne brillait plus aussi fortement qu’avant. Sa lueur faiblissait de plus en plus rapidement, jusqu'à s’éteindre complètement. Ce n’était, à présent, qu’une marque blanchâtre presque effacée.
Eragon se releva et recula d’un pas. La tête lui tournait et il avait du mal à rester debout, tant la fatigue qu’il ressentait était grande. Sa vision se troublait par intermittence, mais il réussit à voir Angela se penché sur Elva. Apres un instant elle hocha la tête un sourire aux lèvres.
Incapable de parler ou de bouger, Eragon attendait que quelque chose se produise. Finalement quelqu’un saisit de son bras gauche et l’aida à sortir de la tente. Il avança, moitié marchant, moitié traînant, sur l’espace vide qui séparait la tente de Elva du reste du campement. Il tourna légèrement la tête et constata que c’était Ayra qui le raccompagnait. En d’autres circonstances, il aurait été enchanté par ce contact rapproché avec l’elfe, mais il était si épuisé qu’il avait même du mal à éprouver le moindre sentiment.


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Sarah06 Tinuviel
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 1   Fri 16 Feb - 17:57

Il ne garda presque aucun souvenir des instants qui suivirent, comme si son cerveau été incapable d’enregistrer de nouvelles informations, après tous les évènement et révélations survenues dans la journée.
Lorsqu’il se réveilla, la matinée était déjà bien entamée. Il se leva et fit sa toilette pour se débarrasser de la poussière, de la boue accumulée et du sang séché ; le sien comme celui de ses ennemis. Il s’habilla, enfila son carquois et c’est à cet instant là qu’il s’aperçut à quel point le poids familier de Zar’roc lui manquait. Il ferma les yeux un instant pour tenter de chasser les souvenirs de la veille qui tentaient de remonter. Il aurait donné n’import quoi pour que cette journée n’ait jamais existée.
Il sortit, salua Saphira et observa autour de lui l’effervescence qui régnait dans le camp.
- Que se passe-il ? demanda-il à Saphira.
- Je ne sais pas ! Ca dure depuis une heure. Je t’attendais pour qu’on aille en savoir plus auprès de Nasuada.
- Allons –y !
Ils avancèrent cote à cote, traversant la cohue de soldats, s’affairant à leurs préparatifs. Arrivé devant le pavillon de Nasuada, ils constatèrent qu’il était vide. Eragon interpella un soldat qui passait par là :
- Sais-tu où se trouve Nasuada ?
- Oui Tueur d’Ombre ! Elle est au nord du camp, près des premières lignes, dit-il pointant son doigt en direction du nord.
- Merci !
Ils s’y rendirent et trouvèrent la chef des Varden en grande conversion avec Jörmundur. Lorsqu’elle les aperçus, elle remercia son capitaine et se tourna vers eux.
- Que se passe –il ? demanda Eragon.
- Je vous cherchais justement ! Il y a du nouveau. Les troupes ennemies se sont retirées depuis l’aube.
- Quoi ?! Mais pourquoi ? Je ne comprends pas !
- Moi non plus, mais je ne vais pas m’en plaindre !
- Et tout ces préparatifs ?
- J’ai donné l’ordre de replier le camp ! Nous nous retirons vers la capitale afin de soigner les blessés et restaurer nos vivres. Il semble que la seconde manche nous opposant à l’empire ne soit pas pour tout de suite.
Eragon réfléchit un instant à la situation. « Ce répit va me permettre de tenir ma promesse envers Roran. »
« Mais tu as autre chose à faire avant, petit homme ! intervint Saphira. Tu dois accompagner les nains pour assister à l’enterrement de Hrothgar. »
« Ho non ! J’avais déjà oublié ! Mais si je vais avec les nains, cela risque de me faire perdre un temps précieux, qui pourrait amincir les chances de survie de Katrina ! »
« Mais c’est pourtant ton devoirs envers le clan de le faire ! »
« Oui, mais c’est aussi mon devoir envers mon frère, de respecter la promesse que je lui ai faite ! Si j’assiste à l’enterrement, je prends le risque de tuer Katrina, et si je n’y vais pas, je déshonorais probablement mon clan… Saphira que dois-je faire ? »
« C’est à toi de prendre la décision… »
- Que vas-tu faire ? demanda Nasuada.
- Quoi ?! demanda Eragon alarmé, pensant que Nasuada avait entendu la conversation.
- Tu rentres avec nous à Aberon ?
- Ha ! Heu … Non, je ne pense pas … J’ai besoin de réfléchir…Je te tiendrais au courant de ma décision, dès que j’en aurais prise une.
Il prit congé de Nasuada et désembua dans un terrain vague. Le sol, qui portait encore les stigmates de la bataille et l’air saturé de fumé acre, rendait l’atmosphère aussi insupportable que la veille. Apres de très longues minutes de silence, Eragon finit par se tourner vers Saphira.
- Ecoute, je ne crois pas qu’il faille choisir entre la promesse faite à Roran et mon devoir envers le clan ! Il s’agit juste de faire appel à la logique, comme me l’a enseigné Oromis ! Et la logique me dit que je ne peux malheureusement plus rien faire pour Hrothgar ! Il est mort, tu comprends ! Mais je peux encore agit en ce qui concerne Kartina ! Si je ne fais rien, elle va mourir et non seulement j’aurais sa mort sur la conscience, mais en plus Roran ne me le pardonnera jamais !
Apres un instant de silence, Saphira répondit d’une voix solennelle.
- J’approuve ta décision, car bonne ou mauvaise, elle est réfléchie et c’est ce qui compte.
- Merci ! C’est important pour moi ! Je ne sais pas de quelle manière je vais réussir à me faire pardonner des nains, si c’est possible…mais, on verra plus tard. Un problème après l’autre ! Il faut aller prévenir Roran que nous partons.


A SUIVRE ...


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Sarah06 Tinuviel
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 1   Fri 23 Feb - 16:46

Voila la suite ! Bonne lecture !

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Ils passèrent les deux heures suivantes à préparer leur départ. Roran était dans tout ses états : depuis qu’Eragon lui avait annoncé qu’ils partaient, il était très agité et il déambulait dans tout les sens, pour tenter d’accélérer les préparatifs.
Une fois ceux-ci terminé, Eragon se rendit auprès que Nasuada pour l’informer de la situation.
- Tu as donc décidé d’aider ton cousin ?
- Oui mais je ne peux le faire sans ta permission, dit-il en s’inclinant.
- Je ne pense pas que nous aurons besoin de toi dans les jours qui viennent, dit-elle pour elle-même. Tu as ma permission ! Fait aussi vite que la raison te le permettra Eragon, car j’ignore pour combien de temps les armées de Galbatorix se sont retirées. Surtout, prend bien soin de toi, ajouta-elle avec une lueur de tristesse dans les yeux.
- Merci, Nasuada.
Eragon prit congé et rejoignit les autres. Alors qu’il aidait Roran à monter Saphira, Arya déboula comme une furie.
- Alors comme ça c’est vrai ?! Tu repars en chasse des Ra’zacs ?! Mais pourquoi ? Pourquoi veux-tu assouvir ta vengeance aujourd’hui ?
- Arya, ce n’est pas du tout ce que tu crois. Mon départ n’a rien à voir avec la vengeance.
- Ha non ? Tu pars à leur recherche juste pour tester tes nouveaux pouvoirs, j’imagine ?
Eragon était déconcerté. Il avait déjà vu Arya dans cet état d’énervement, lorsqu’ils étaient à Farthen dûr, mais il ne comprenait pas pourquoi elle l’était maintenant alors qu’il n’y avait aucune raison pour cela. S’inquiétait-elle pour lui ?
- Ca n’est pas une vengeance, mais une mission de sauvetage !
- Quoi ?
- La fiancé de Roran a été enlevé par les Ra’zacs ! Elle est toujours en vie et je pars pour tenter de la libérer.
Eragon eut l’impression que Arya avait reçu un coup de point dans le ventre, mais elle reprit contenance rapidement et parla d’une voix calme.
- Je m’excuse de t’avoir parler ainsi…je ne savais pas pour la fiancée de Roran. Je … j’espère que tout se passera bien… Prenez soin de vous deux et revenez-nous vite ! Les Vardens ont besoin de vous…
Eragon sourit, monta sur sa selle, devant Roran, et se retourna. Il porta deux doigts à ses lèvres et dit :
- Atra esternì ono theduin !
Ayra, surprise par cette marque de respect, hésita, puis porta deux doigts ses lèvres.
- Mor’ranr lìfa unin hjarta onr.
- Et que les étoiles veilles sur toi Ayra, conclu Eragon avant que Saphira ne s’ébranle.
Elle s’éleva dans les aires et arrivée à une certaine hauteur, elle prit de la vitesse en fonçant direction plein nord. Les sentiments d’Eragon étaient partagés en cet instant ; il était heureux d’avoir vu Ayra s’inquiéter pour lui, mais d’un autre coté, il était triste de devoir s’éloigner d’elle à nouveau.
- Alors, qu’est ce qu’il y a entre vous ? demanda Roran, ses cheveux ébouriffé par le vent.
Cette remarque sortie Eragon de ses rêveries. Il prit conscience que son cousin avait assisté à toute la scène et il hésita avant de répondre.
- Heu…qu’est-ce qui te fait croire qu’il y a quelque chose entre nous ?
- Allé frerro ! On me l’a fait pas à moi ! J’ai observé la façon dont tu la regardais, sans compter comment elle t’a interpellé.
Eragon sentit le rouge lui monter aux joues. Il regarda droit devant lui, pour ne pas être vu de son cousin.
- Très bien, garde tes secrets ! Mais je dois t’avouer que je suis impressionné : une elfe ! C’est n’est pas n’importe qui !
Eragon fut surpris par le ton léger de Roran. Il ne l’avait pas vu d’aussi bonne humeur depuis l’époque ou ils vivaient encore chez Garrow.
- Elle ne partage pas mes sentiments…elle pense que nous sommes trop différents. Elle a probablement raison, mais je ne peux m’empêcher de ressentir ce que je ressens pour elle…
Il commença à raconter comment tout cela avait commencé et il finit par dire ce qu’il avait sur le cœur. Au fur et a mesure qu’il parlait, il avait l’impression d’aspirer de grandes bouffées d’air pur, ce qui était vrai en fin de compte, puisqu’ils volaient à présent au dessus du nuage gazeux des plaines brûlantes. Pouvoir se confier ainsi à son cousin lui procurait un plaisir sans pareil et semblait le soulager du lourd fardeau qu’il portait depuis plusieurs lunes. C’était comme une libération de pouvoir parler à quelqu’un, et Roran était sûrement le seul à qui Eragon aurait pu confier tout cela.
Apres avoir abordé ce sujet, les deux cousins commencèrent à parler de tout et de rien, à se raconter leur propre aventures, jusqu’au moment où Saphira, qui avait garder le silence jusque là, demanda à Eragon :
« As-tu un plan pour libérer Katrina ? »
Eragon interrompit la conversation, perplexe.
« Heu, je dois admettre que je n’y ai pas vraiment songé… D’autant plus que nous ne connaissons pas l’emplacement exact de leur campement. Brom pensait qu’ils se cachaient dans les montagnes de Helgrind. Mais elles sont si grandes et étendue qu’une grotte peut facilement s’y dissimuler. On se retrouve confronté à la même situation que l’année dernière. »
« Pas exactement…Beaucoup de choses se sont produites depuis notre dernier passage à Dras-Leona. Je pense notamment à l’augmentation tes pouvoirs, ton acuité et de mon agilité. Je pense que nous n’aurons pas trop de difficultés à les retrouver. Et puis, tu pourras toujours tenter de repérer l’esprit de Katrina une fois à proximité. »
« Tu a raison ! »
« Ce que je voulais savoir, en réalité, c’est si tu as décidé de la manière de t’y prendre lorsque tu seras face à eux ? Tu n’as plus Zar’roc désormais…tes flèches te suffiront-t-elle ? »
« Oui, je le pense…mais tu as raison ! On doit mettre en place un plan d’action et prévoir les actions des Ra’zacs, pour y parer. »
Eragon en parla à Roran et ensemble avec Saphira, ils échafaudèrent un plan de bataille, en envisageant tous les cas de figure. Apres cette longue discussions et lorsque tous les détails furent réglés, une inquiétude flottait encore dans l’esprit d’Eragon.
« Saphira, il reste encore une dernière chose à régler ! »
« Je t’écoute. »
« Hé bien, jusqu’ici, tu n’as pas eu de mal à nous porter tous les deux, Roran et moi, mais si on réussit à libérer Katrina…
« Lorsqu’on aura libéré Katrina ! rectifia Saphira »
« Oui…hé bien, nous seront trois, et nous n’avons pas de cheval pour rentrer…Est-ce que tu pense être capable de nous porter sur une si grande distance ? »
Saphira lui jeta un regard perçant.
« Petit homme, je ne sais pas si tu l’auras remarqué mais, j’ai bien grandis depuis Tronjheim, et l’entraînement que j’ai suivi aux coté de Glaerd, m’a permis d’accroître le poids des charges que je peux porter. »
« Très bien ! conclu-il, lui flattant les flans, je te fais confiance ! »

Ce soir là, ils campèrent dans les vastes plaines, qui s’étendent entre la cité de Belatona et la petite ville de Melian. Des terres nue et arides s’étendaient à perte de vue dans toutes les directions. Lorsque le repas fut près, Roran s’étonna de voir Eragon ne manger que des verdures. Il lui tendit un morceau de viande séché, qu’Eragon refusa poliment.
- Non merci ! Je ne mange plus de viande.
- Tu plaisant j’espère ?
- Pas du tout !
- Et depuis quand ? s’ahuri Roran.
- Depuis mon séjours en Elleseméra, la capitale des elfes.
Roran regard son cousin pendant un instant, avec des yeux perçants.
- Tu as vraiment beaucoup changé. Et pas seulement physiquement…je ne te reconnais plus ! Tu n’es plus le Eragon que j’ai connus !
Eragon fut surpris par cette remarque. Il savait qu’il avait changé, mais ce changement s’emblait effrayer Roran. Lui-même n’avait pas vraiment eu le temps de se pencher sur les transformations opérées sur son corps et son esprit. Les évènements s’étaient précipités depuis les célébrations de l’Agaetì Sänghren. Sur le moment, il avait était heureux des nouveaux dons que les dragon lui avaient offert et des douleur à son dos qui avaient disparut, mais maintenant, en y réfléchissant, il se rendait compte que tout ses changement si soudain, avait finit par le rendre étranger à lui-même.
« Ne t’inquiète pas, murmura Saphira en effleurant doucement son esprits, tu t’y feras avec le temps. Oromis t’avait prévenu que ça risquait d’arriver…que tu risquais d’avoir du mal à accepter ces changements. »
« Mais… je… heu… Regard comme Roran m’observe. Je crois qu’il n’a même plus l’impression d’être face à son cousin, mais plutôt face à un étranger ! Saphira, regarde moi ! Je ne suis plus le même ! »
Face au désarroi du jeune homme, Saphira répondit :
« C’est vrai ! Tu n’es plus Eragon, le fermier, vivant chez Garrow à Caravall, mais Eragon le Dragonnier, qui a affronté et tué un Ombre ! »
Eragon pesa ces mots, et après un long silence, il conclut :
« Oui, tu a raison, mais j’ai besoin de temps pour m’habituer à tout cela…Pour comprend qui je suis devenue. »
Le reste du repas se déroula dans le silence. Une fois la vaisselle faite et les ustensiles rangés, Eragon souhaita bonne nuit à son cousin, vint se blottir dans un pli du cou de Saphira et laissa ses yeux vagabonder vers les cieux. Le sommeil lui manquait et cette drôle de léthargie dans laquelle il sombrait chaque nuit, ne remplaçait pas vraiment une bonne nuit d’un sommeil profond.

Dès le levé du jour, les deux cousins emballèrent leurs affaires et reprirent les airs, sur le dos de Saphira. Ils gardèrent le silence, observant simplement le paysage défiler sous leur yeux. Ils avaient atteint les rives Sud du lac Leona. Les rayons matinaux du soleil rendaient la surface du lac aussi scintillante qu’un miroir. Eragon finit par lancer :
- Tu sais, hier soir…quand tu m’as dit que je n’étais plus le même…que je n’étais plus celui que tu avais connu ?
Avec une pointe d’embarra, Roran répondit :
- Tu sais, je ne voulais pas te blesser en disant cela… j’étais juste surpris et …
- Tu n’as pas besoin de te justifier ! coupa Eragon. Si je t’en parle c’est pour y répondre ! Hier, je n’ai pas répondu, car sur le moment, tu as semé le doute dans mon esprit et m’as poussé à me rendre compte des changements qui s’étaient opérés en moi. Voici donc ma réponse : Oui j’ai changé ! Physiquement et mentalement, et, dans un sens c’est vrai : je ne suis plus le même. Néanmoins, je reste ton cousin, et je dirais même plus, ton frère !
Un silence suivie ces paroles. Puis Eragon continua :
- Et d’ailleurs je pourrais me défendre en ajoutant que je ne suis pas le seul à avoir changé ! Tu t’es regardé ? J’ai eu de mal à te reconnaître derrière cette barbe ! dit-il avec un sourire moqueur.
- Oui c’est vrai ! répondit-il, grattant sa barbe de plusieurs jours, j’ai eu le temps de vieillir moi aussi, bien que je n’ai pas vraiment eu le choix. A l’époque où on vivaient encore chez à Garrow, je n’aurais jamais imaginé pouvoir tuer un homme de sang froid…
- Et moi je ne t’aurais jamais imaginé, même dans mes rêves les plus fous, abattre les jumeaux avec un marteau comme tu l’as fait ! s’exclama Eragon, se retournant vers Roran, impressionné.
Son cousin n’affichait aucune fierté à l’évocation de son acte. Il avait même l’air d’en éprouver de la honte. Eragon se ravisa.
- Tu n’as pas à avoir honte de ce que tu as fait ! Ton intervention à permis de sauver des centaines, voir même des milliers de Vardens.
- Il n’y a aucune bravoure à tuer…
« N’insiste pas, lui conseilla Saphira. Il a encore du mal à accepter l’idée de devoir tuer pour survivre. »
Eragon acquiesça. Le reste de la matinée se déroula dans le silence, avec seul le bruit du vent qui sifflait à leurs oreilles.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 1   Fri 23 Feb - 16:48

Lorsque l’après-midi touchait à sa fin, ils arrivèrent en vue de Dras-Leona. Ils survolèrent les collines, situées à proximité des imposantes montagnes, qui se dressaient telle des grandes portes noires. Eragon demanda à la dragonne de se poser sur les contres forts Sud de Helgrind. Il était persuadé que le repère des Ra’zacs se trouvais sur la façade Nord des montagnes, du coté situé en face de la ville. Cette déduction lui était venu en repensant à l’endroit où les esclaves étaient envoyés par la cité, pour y déposer des offrandes : si les Ra’zacs devaient venir chercher leur butins au pied de la montage, il était donc logique qu’il y soit le plus près possible, sur les hauteurs de la façade Nord. Ils ne pouvaient se trouver sur la face Sud, car cela les aurait obligé à contourner tous les monts inutilement.
Saphira repéra un endroit assez plat, sur sa gauche et fit une embardée. Elle atterrit en repliant ses ailles et ses griffes grisèrent au contact de la roche. Eragon se laissa glisser à terre en demandant à Roran de rester en selle.
- Je n’en ai pas pour longtemps, je vais juste repérer les environs.
- Ok !
« Fait attention…S’il se passe quoi que ce soit appelle et je serais là en moins deux. »
Eragon acquiesça et grimpa sur un rocher au dessus de lui. Il escalada ainsi pendant cinq minutes, pour arriver aussi haut que possible. Là, il s’assit en tailleur, abaissa les barrières de son esprit et se laissa imprégner par son environnement. Plus il se concentrait sur l’immensité qui l’entourait, plus son champ d’action s’élargissait.
Le temps s’arrêta pour lui et il n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé, mais au bout d’un moment, il percevait toutes les formes de vies qui étaient présentes sur ces montagnes, et même quelques mètres autours. Il n’y avait pas autant de vie présente ici que dans la foret d’Ellesméra. Il chercha parmi les vies qu’il percevait et il finit par la trouver : Katrina ! Elle était là, de l’autre coté de la montage ! Mais il ne s’attarda pas sur son esprit pour savoir comment elle allait, l’important était qu’elle soit en vie. Il continua d’analyser les entités qu’il percevait, mais quelque chose lui semblais bizarre. Il revérifia une fois encore pour être sûr de ne pas s’être trompé, puis encore une fois, mais rien ! Il ne percevait nulle part la présence des Ra’zacs.
Cette nouvelle le remplit à la fois de soulagement et d’inquiétude. Etait-ce un piège ? Les Ra’zacs ayant connaissance de l’arrivée de Eragon s’étaient-ils éloignés pour mieux l’attraper. Ou bien étaient-ils simplement partis en mission au loin, pour le compte de Galbatorix ? Eragon l’ignorait, mais il préférait être prudent.
Il retourna auprès des autres et leur révéla ce qu’il avait découvert. Roran poussa un long soupire de soulagement en apprenant que Katrina était toujours en vie.
« Que fait-t-on Saphira ? Tu penses que c’est un piège ? »
« Je l’ignore mais si tu veux mon avis nous devrions agir vite, car si les Ra’zacs se sont éloignés pour d’autres affaires, ils pourraient revenir à tout instant. »
« Et s’ils nous ont tendu une embuscade ? »
« Alors, tu pourra enfin avoir ta vengeance ! dit-elle, lui jetant un regard malicieux. »

La décision prise, Eragon s’arma de son arc et se tourna vers Roran.
- Tu es armé ?
Roran brandit fièrement le marteau qu’il portait habituellement à sa ceinture.
- Ca suffira ? demanda Eragon, dubitatif.
- Ca m’as suffit jusqu’ici !
Eragon revit son cousin abattre les jumeaux avec ce même instrument. Il était indéniable que son cousin manipulait atrocement bien l’outil.
- Très bien allons-y ! Mais n’oublies pas ! La priorité est de libérer Katrina, et si on peut le faire sans affrontement, c’est préférable !
- Ok ! Pas de problème ! Mais attends … ça veux dire que si on rencontre les Ra’Zacs tu préconise la fuite ?! Mais je croyais que tu les détestais autant que moi, on ne va pas les laisser s’en tirer comme ça ! insista son cousin déconcerté. Ils ont tué Garrow et…
- Je sais ce qu’ils ont fait, tu n’as pas besoin de me le rappeler ! s’emporta Eragon. Mais je sais aussi qu’ils sont redoutables, et la dernière fois que je les ai sous-estimés, Brom est mort !
Il marqua un temps d’arrêt puis reprit.
- Je sais que tu veux te venger, et sûrement autant que moi, mais il y a une vie en jeu ! Tu ne dois pas l’oublier. Et je ne pense pas que ce soit le moment le plus approprié pour les affronter, ajouta-il en désignant le ciel qui s’assombrissait de plus en plus. Il sont plus puissant quand vient la nuit ! Fais moi confiance Roran : nous aurons un jour notre vengeance mais le moment est mal choisi… maintenant allons-y !

Roran regarda Eragon grimper sur Saphira. Apres tout son cousin avait raison : Roran avait constaté lui-même que les Ra’zacs, s’enhardissaient la nuit. Et puis Katrina passait avant tout le reste.
Il prit place dernière Eragon et Saphira s’ébranla. Elle prit de l’altitude pour atteindre le sommet. Roran avait encore du mal à réaliser, même au bout de deux jours, qu’il volait sur le dos d’un dragon : cette créature légendaire qu’il croyait sortie des contes pour enfants. Néanmoins, il commençait à prendre l’habitude de voler ainsi.
Une fois la crête dépassée, la dragonne entama une décente vertigineuse.
- Comment sait-elle où se trouve la grotte ? demanda Roran, intrigué de voir Saphira se diriger si sûrement.
- Je l’ai situé tout à l’heure, quand j’ai repéré Katrina et j’ai transmis sa position à Saphira…
Devant la perplexité de Roran, Eragon ajouta :
- Nous pouvons aussi communiquer par images !
- Vraiment ?! Impressionnant ! s’exclama Roran ahurie.
Saphira ralentit à l’approche d’une plate-forme rocheuse, s’y posa lestement et replia ses ailes. Les deux cousins descendirent et avancèrent vers l’entrée d’une cavité naturelle, l’arme au point.
- Je capte deux vies dans cette caverne ! chuchota Eragon, troublé.
Cette information ne découragea pas Roran, qui accélérât de plus belle. Son excitation était à son comble. Il avait du mal à croire qu’il avait bientôt revoir Katrina, après si longtemps et autant de miles parcourut. Il progressait dans l’obscurité croissante de la cavité rocheuse, quand il sentit Eragon le retenir par un bras pour le ralentir. Visiblement son cousin était inquiet, mais lui ne voyait pas où était le danger. Il était même agacé de voir son cousin prendre tant de précautions alors que sa bien aimé était là, tout près…ils seraient bientôt réunit.

Eragon était troublé : il n’avait décelé que la présence d’une vie dans cette grotte lors de son observation alors pourquoi en percevait-il deux à présent ? Avait-il mal regardé ? Ou bien l’un des Ra’zacs était-il revenu entre temps ?
Il essaya d’écarter cette possibilité de son esprit. La priorité était Kartina. Il ne se sentait pas la force, dans l’état actuel des choses, d’accomplir la vengeance qu’il avait tant désiré depuis si longtemps. Il voulait faire les choses bien ; se confronter à eux dans un combat où il aurait la pleine possession de ses moyens. Mais là, il y avait Roran et Katrina ! Il ne pouvait prendre le risque de les mettre en danger. De plus, il n’avait pas totalement récupéré de la bataille des plaines brûlantes.
Eragon apercevait Roran marchait devant lui, un peu trop vite à son goût. Il le voyait assez bien malgré l’obscurité, grâce aux dons des dragons, qui rendait ses perceptions plus accrues. Il comprenait l’impatience de son cousin ; s’il s’était agit d’Arya, il aurait fait de même, mais cette deuxième présence l’inquiétait toujours.
Apres avoir parcourut une trentaine de pas dans ce tunnel étroit et humide, Eragon perçut une lueur vacillante devant lui. Il arrêta Roran d’un geste, pour prendre la tête du cortège. Son aîné le laissa passé à contre cœur. Il avança précautionneusement et tendit l’oreille. Il percevait une respiration précipitée accompagnée de quelques plaintes silencieuses. C’est là qu’il perçut une autre respiration : lente, calme, profonde.
Eragon banda son arc, et fit signe un signe à Roran de se tenir prêt. Ensemble, ils déboulèrent dans la nouvelle pièce qui s’ouvrait devant eux. Eragon s’arrêta net dans son mouvement, stupéfait par ce qu’il avait en face de lui. Il s’attendait à tout sauf à ça !
- Mais… tu ne m’avais pas dit que les Ra’zacs avait enlevé Sloan aussi ! s’écria Eragon, se retournant vers son cousin, effaré.
Mais Roran ne l’écoutait plus, il se précipitait déjà vers Kartina, qui gisait au sol. Elle était enchaîné au mur par d’épaisses chaînes, ses vêtements, une simple chemise de nuit, étaient en lambeaux, d’après ce qu’Eragon apercevait de là où il se trouvait. La pièce qui les abritait mesurait cinquante pieds de large, dix pieds de haut, et était éclairait par une torche unique accrochée à la paroi. A quelques mètres de Katrina, Sloan était allongé inconscient sur le sol, des chaînes aux poignets et il n’était pas en meilleur état que sa fille.
- Kartina, ma chérie ! Tu m’entends c’est moi, Roran ! Réponds-moi, je t’en pris !
Roran essaya de libérer sa bien-aimé, mais n’y parvenant pas, il tenta de simplement la réveiller.
- Ecarte-toi ! ordonna Eragon.
Roran s’exécuta, perplexe.
- Jierda !
Sous les yeux stupéfaits de Roran, les chaînes cédèrent, comme soumis à une pression invisible, et tombèrent sur sol avec un fracas métallique qui se répercuta en écho dans la caverne. La seule réaction de Katrina fut un faible gémissement. Maintenant qu’Eragon la contemplait de plus près à la lumière du flambeau, il constatait avec écœurement que son corps était constellé de plais et de cicatrice récentes. Cette pauvre jeune fille, qui avait un jour tenté de réconforter Eragon dans son malheur, chez Horst, avait été mutilé et torturé à vif. Son état réveilla une révolte qu’Eragon avait déjà connu face aux résultats des tortures infligées à Ayra à Gil’ead. Comment pouvait-on ainsi faire souffrir un être vivant !?
Serrant les poings, il regrettait à présent de ne pas avoir les Ra’zacs sous la mains pour leur faire payer leurs crimes !
« Eragon ! appela Saphira, nous devons partir au plus vite ! Dépêchez-vous ! »
De l’inquiétude perçait dans la voix de la dragonne et cet appel lui rappela son objectif premier, le forçant à un retour au calme.
Roran essayait toujours de réanimer Katrina en l’appelant doucement et en lui frictionnant les poignets et le visage. Eragon hésita.
- Qu’est ce qu’on fait de lui ? demanda-t-il en désignant Sloan.
Roran détacha un instant ses yeux de Katrina pour poser un regard de dégoût sur son futur
beau-père.
- On le laisse ici ! répondit-il sans hésitation.
- On ne peut pas faire ça ! C’est un otage lui aussi, on ne peut pas…
- C’est un traître ! Il a pactisé avec les Ra’zacs, il nous à livré à eux, et... il… il a assassiné Byrd, de ses propres mains, d’un coup de poignard dans le dos.
La fureur qui animé Roran n’était pas feinte. Eragon savait que Sloan était capable de traîtrise, puisque c’est lui qui l’avait vendu aux Ra’zacs plusieurs mois plus tôt, en leur parlant de l’œuf de Saphira, mais il ne le pensait pas capable d’aller jusqu'au meurtre.
« Eragon, vite ! s’impatienta Saphira. Il fait déjà nuit ! Le temps presse ! »
Il fallait prendre une décision rapidement. Mais que faire ? Le crime de Sloan valait-il le châtiment qu’il lui serait réservé s’ils le laissaient ici ?
Roran sembla prendre la décision pour lui, car il se releva, Katrina dans ses bras et se dirigea vers la sortie
- On s’en va ! Il a mérité ce qu’il lui arrive ! Et de toute façon même si on décidait de l’emmener, Saphira ne pourrait jamais tous nous porter. Je ne mettrais jamais la vie de Katrina en balance avec la sienne ! conclu-il avec dégoût.
Il s’engouffra dans le tunnel et disparut. Eragon était pétrifié : la décision de Roran était sûrement la meilleur, mais la froideur avec laquelle il agissait le laissé sans voix. Il n’arrivait pas à détacher son regard de Sloan.
Il se détournât, fit un pas vers la sortie et s’arrêta. Il revient en arrière et s’approcha de Sloan.
- Jierda !
Les chaînes de Sloan tombèrent au sol.
« Au moins je lui laisse une chance de s’échapper…pensa-il pour se donner bonne conscience ». Et il s’élança à son tour dans le tunnel obscure.


A SUIVRE...
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Thu 1 Mar - 15:32

Voici avec un peu d'avance la moitié du chapitre 2 ! Bonne lecture Wink

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Chapitre 2


Dehors, la nuit était tombée, les étoiles scintillaient, et un vent glacé surprit Eragon lorsqu’il sortit. Roran s’était déjà hissé, Katrina dans ses bras, sur le dos de Saphira, qui battait l’air avec sa queue, d’impatience. Le dragonnier monta à son tour et Saphira s’éleva dans les airs avec une rapidité surprenante, étant donné la charge supplémentaire qu’elle transportait. Elle prit rapidement de la vitesse et de la hauteur, en direction du sud, et elle ne ralentie pas avant d’avoir mis une bonne distance entre eux et Helgrind.
Eragon savait néanmoins que le transport de Katrina ne lui était pas indifférente et il sentait que chaque battement d’aile lui coûtait d’avantage d’effort qu’auparavant. Il pressentait que le voyage de retour vers le Surda serait plus long, et plus dangereux aussi, car une fois que les Ra’zacs se seraient aperçut de la fuite de leur proie, ils se lanceraient sûrement à leur poursuite.

Roran serrait Katrina très fort contre lui, comme s’il avait peur qu’elle disparaisse ou qu’il s’aperçoive qu’il était entrain de rêver. Son corps, si frêle et décharné, était glacé.
- Eragon, peux-tu me passer une couverture ? cria Roran, pour se faire entendre à travers les bourrasques de vent qui soufflaient en altitude.
- Oui, une seconde, répondit-il en farfouillant dans les bas de la selle.
Il lui tendit une couverture chaude, et Roran enveloppa Katrina tendrement et surtout précautionneusement. Elle avait les yeux mi-clos, poussait de faibles gémissements et ne paraissait pas consciente de ce qui l’entourait. La voir dans cet état, fendait le cœur de son fiancé.
- Je soignerai ses blessures dès que nous nous poserons, mais il faut d’abord nous éloigner le plus possible, glissa Eragon, devant la détresse de son cousin.
- Merci…dit simplement Roran sous le coup de l’émotion. Merci pour tout ce que tu as fais ! Sans toi je n’aurais jamais pu atteindre cette grotte… sans toi elle serait probablement…
- Arrête ! Tu n’as pas à me remercier ! C’est moi qui vous ai mis en danger, toi, elle, et tout le village ! C’était mon devoir de le faire, c’est tout !
Roran acquiesça sans dire un mot. Il serra d’avantage Katrina dans ses bras comme pour l’entourer de tout son amour. S’il l’avait pu, il l’aurait enfermé dans un cocon pour la préserver de tous les méfaits du monde. Maintenant qu’ils étaient réunit, il ne laisserait plus jamais personne lui faire du mal ou les séparer. Elle avait tant souffert en endurant mille tourments entre les mains de ces créatures inhumaines. Rien que d’y penser, Roran en était malade. Il avait au fond du cœur un besoin de vengeance, de faire souffrir les Ra’zacs, mais son amour pour Katrina était plus fort que ce sentiment bestial, et il parvenait à l’étouffer.
Roran déposa un baiser sur le front de Katrina et murmura des paroles réconfortantes à son oreille pour lui manifester sa présence. Il aurait tant souhaité faire plus, mais dans l’immédiat c’était impossible. Alors il ne lui restait plus qu’à réconforter Katrina autant qu’il le pouvait, en attendant d’être suffisamment loin.
Plus d’une heure s’était écoulée depuis leur fuite lorsque Saphira consentit enfin à faire une pause. Elle-même ne pouvait cacher les efforts que lui réclamait ce voyage, mais elle gardait le silence et continuait courageusement.
Le froid avait engourdit les membres d’Eragon et la faim lui tordait l’estomac, mais quand ils atterrirent, il ne prit ni le temps de se restaurer ou de se réchauffer, et il s’attela immédiatement à la tâche. Il commença par guérir les ecchymoses et coupures que Katrina avait au visage et aux bras. Puis il demanda à Roran de lui dévêtir le dos et ensemble, ils constatèrent qu’il était couvert de brûlures et d’hématomes. Eragon poursuivit sa tâche et soigna toutes les blessures apparentes, mais il ne pouvait faire disparaître les blessures refermées qui laissaient des cicatrices blanchâtres.
Au début, cela ne lui réclamait pas énormément d’énergie, car les plaies n’étaient pas très profondes, mais leurs nombres consuma rapidement ses forces et comme il refusait de s’arrêter pour se reposer, lorsqu’il eut terminé, il ressentait une telle lassitude qu’il dû s’appuyer sur son cousin pour rejoindre sa couche, trop épuisé et essoufflé pour y parvenir seul.
Jugeant qu’un temps suffisamment long s’était écoulé sans alerte et qu’ils étaient assez loin pour que les Ra’zacs aient perdu leurs traces, ils décidèrent de s’arrêter pour la nuit. Ils prirent quelques nourritures, mais ne pouvant allumer de feu pour ne pas se faire repérer, le repas leur parut bien morne.
Le vent soufflait dans la plaine et Eragon avait plus froid que jamais. L’utilisation de la magie consumait ses forces bien sûr, mais cela entraînait aussi une chute de sa température corporelle. Saphira vint s’enrouler autour du garçon pour le protéger de son corps. Eragon, reconnaissant de cette attention, se pelotonna conte le poitrail de la dragonne, qui ronronna paisiblement.
De son coté, Roran s’enroula autour de Katrina pour lui offrir la chaleur de son corps. Ainsi, ils s’endormirent à la seule lueur des étoiles.

Eragon, avait l’impression d’avoir à peine fermé les yeux, quand il entendit un cri strident et inhumain au loin. Ce qu’il redouté depuis le début de leur fuite était arrivé ! Les Ra’zacs les avaient rattrapés !
Eragon se leva d’un bond et s’aperçu que Roran était déjà debout. Tout deux se regardèrent un instant, figés dans un silence absolu, se demandant s’ils avaient imaginé ce bruit. Un second cri se fit entendre, plus proche. Cela propulsa les deux garçons, comme s’ils avaient reçu une décharge électrique. Tout deux s’activèrent pour seller Saphira, mais Eragon eut beaucoup de mal à hisser les sacs. Il n’avait pas récupéré de l’utilisation intensive de ses pouvoirs. Roran lui prit les sacs des mains et les chargea.
« Vite, dépêchez vous ! les pressa Saphira »
Eragon sentit son inquiétude et la questionnât.
« Je ne veux pas qu’il y ait de confrontation maintenant ! répondit-elle. Tu es trop faible pour te battre et je ne veux pas qu’il t’arrive malheur ! Je pourrais me mesurer à eux si je ne vous portais pas, mais vous seriez alors laissé sans protection. Allons-nous en ! »
Moins d’une minute plus tard ils étaient en vol. Saphira volait très vite, plus vite qu’elle ne l’avait fait jusqu’ici avec ses trois passagers. Un nouveau cri se fit entendre, encore plus proche. Cette fois Eragon se retourna sur la selle et regarda en arrière. Il faisait très noir par cette nuit sans lune : c’était une chance ! Mais il savait que les Ra’zacs préféraient l’obscurité. Ils approchaient… et volant plus rapidement que Saphira, ils diminuaient de minute en minute la distance qui les séparaient de leur proie.

Non loin de là, une jeune fille nommée Darriah, errait dans un champ, à l’extérieur de son village. Elle habitait une petite bourgade de trois cents d’habitants appelés Arna, situé à l’ouest de Beltonna, de l’autre coté du fleuve Jiet. C’était le jour de ses 18 ans, et cet anniversaire lui laissait encore un mauvais goût à la bouche. En effet elle s’était encore disputée avec sa mère au sujet du fait qu’à son âge, elle ne soit toujours pas fiancée malgré les prétendants qui avaient fait leur demande. Darriah n’avait pas vraiment envie de se lier à un homme dans l’immédiat. Elle désirait conserver son indépendance sans être enchaînée, si jeune, à la vie monotone de femme au foyer. Elle vivait seule avec Eliane, sa mère et ensemble, elles tenaient une épicerie familiale. Ce commerce permettait aux deux femmes de subsister, et laissait à Darriah pas mal de temps libre qu’elle passait à explorer la région. Elle était d’une nature curieuse et s’intéressait beaucoup à l’histoire et aux légendes. Mais les gens trouvaient que cette passion était déplacée pour une fille de son âge, alors elle était perçue comme une rêveuse.
Darriah déambulait à travers le champ de Monsieur Canhagan, un fermier qui avait de nombreux terrain dans le coin. Il faisait très sombre ce soir, la lune étant couchée, seule la faible lueur des étoiles éclairait le chemin. Mais cela ne dérangeait pas la jeune fille qui le connaissait très bien, l’empruntant souvent pour se rendre à son endroit préféré : un grand arbre plusieurs fois centenaire. Elle aurait dû rentrer chez elle par cette heure avancée de la nuit, mais elle voulait attendre le plus longtemps possible, afin d’être sûr que sa mère serait endormi lorsqu’elle rentrerait. Elle voulait éviter au maximum une nouvelle confrontation. Elle savait qu’elle finirait pas un jour ou l’autre par céder aux pressions d’Eliane, mais elle voulait repoussait au maximum l’échéance.
Après une longue marche, elle arriva devant l’arbre qui ressemblait presque à une petite colline, de par son imposante masse feuillue. Elle le contempla, repensant à toute l’histoire qu’il renfermait. Darriah en connaissait une partie, grâce aux anciens du village, qu’elle avait harcelé de questions étant plus jeune. Elle avait un jour apprit du vieux Drac, que l’arbre avait résisté aux batailles qui avaient eu lieu dans la région, du temps des dragonniers. Tout le monde le croyait sénile, surtout lorsqu’il évoquait des dragons et des elfes, mais Darriah elle, raffolait de ces légendes. Aujourd’hui que la plupart des anciens avaient disparu, et leurs connaissances avec eux, Darriah essayait de transmettre ce qu’elle avait appris aux enfants du village, pour que ces histoires ne tombent pas dans l’oubli. Mais leurs parents condamnaient fermement cet « excès de frivolité » comme ils appelaient ça.
Après plusieurs minutes de contemplation, Darriah ne s’installa pas dans les branches basses de l’arbre comme elle le faisait d’habitude, mais elle se détourna. Elle fit quelque pas vers un terrain dégagé non loin et d’allongea dans l’herbe humide. Elle resta là à contempler les étoiles, dans la fraîcheur de cette nuit, inhabituellement froide pour la saison. Une légère brise caressa son visage, et lui procura un frisson incontrôlé. Elle se dit qu’elle ne pourrait pas passer la nuit là et qu’il fallait songer à rentrer, quand elle entendit un léger bruit au loin : une sorte de pulsation régulière. Elle fronça les sourcils, trouvant le bruit trop étrange pour n’être que le bruit du vent dans les arbres. Elle se releva sur un coude et regard autour d’elle, pour essayer d’identifier la provenance du phénomène. Après un instant d’hésitation, elle regarda vers le nord, et elle cru apercevoir une ombre se détacher dans le ciel, qui grandissait au rythme du son, se précisant.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Thu 1 Mar - 15:33

La panique gagnait à présent Eragon. Cela faisait plus d’une demi heure qu’ils volaient, et Saphira n’arrivait plus à maintenir le rythme. Elle avait une fois de plus montré un courage et une détermination à toute épreuve, pour voler plus vite que son corps d’aurait normalement pu le supporter. Cette vitesse inespérée avait réussi à accroître sensiblement la distance qui les séparaient des Ra’zacs. Mais elle était à présent à bout de force et l’adrénaline ne lui procurait plus l’énergie nécessaire pour poursuivre. De plus, même s’ils avaient décidé de faire face à leurs agresseurs, ni Eragon, ni Saphira n’était en état de combattre maintenant.
« Saphira, on ne peut pas continuer comme ça !! Tu n’en peux plus !! Je le sens ! Il faut s’arrêter ! »
« Si nous nous arrêtons nous seront tués, ou pire : capturés ! »
« Peut-être pas ! Ils sont assez loin…peut-être que si on atterri au milieu des arbres ils ne nous verront pas ! On a peut-être une chance de les semer par cette obscurité. »
« Ca fait beaucoup de peut-être tu ne trouves pas ? »
« Je sais, mais je crains que ce soit la seule chance que nous ayons de nous en sortir… »
L’écume aux lèvres, et à bout de souffle, Saphira finit par se résigner. Eragon scruta au dessous de lui le terrain.
« Regarde ! Là ! » dit-t-il désignant un arbre si vaste qu’il n’aurait pas de mal à cacher le corps de Saphira tout entier.
La dragonne réagit en un quart de second et piqua vers le sol. Elle atterrit sans ménagement, manquant d’éjecter ses passagers, et s’enfonça à pied sous les branches épaisses du gigantesque arbre. Eragon et Roran durent baisser au maximum la tête pour ne pas heurter les branches basses. Lorsque Saphira s’arrêta, ils sautèrent à terre et attendrirent fébrilement de voir si leur feinte allait fonctionner. Le silence se prolongeait. Le groupe osait à peine respirer.
Soudain, tout se passa en un éclair : un buisson sur la gauche remua, Eragon agissant d’instinct, attrapa son arc et encocha une flèche, prêt à tirer. La panique et l’épuisement faisaient trembler ses mains. Une branche céda dans le buisson et il relâcha involontairement la corde.
« Eragon non ! hurla Saphira »
Mais trop tard, la flèche était partie. Il s’élança vers le bosquet pour savoir ce qu’il avait atteint. Il écarta une série de branche et découvrit avec effroi, une jeune fille sur le sol.
- Ho non ! Mademoiselle ? Vous m’entendez ? demanda Eragon paniqué.
Elle s’agita d’un coup, faisant sursauter Eragon.
- Hé mais ça va pas !? dit-elle les dents serrées. Qu’est-ce qui vous a pris de faire ça ? Vous auriez pu me tuer !
- Vous êtes blessé ? demanda-il s’agenouillant.
- Oui, répondit –elle avec une grimace, tenant son bras gauche. Pourquoi m’avez-vous tiré dessus ? Et puis… qui êtes-vous et que faite vous là ?
- Je m’appel Eragon et je … (Il fut interrompu par un nouveau cri retentissant dans le ciel) Venez, il ne faut pas rester là.
Il l’aida rapidement à se relever et l’entraîna vers les autres, à l’abri de l’arbre. Près du tronc, Roran avait installé Katrina et après l’avoir recouverte d’une seconde couverture, il vint se placer aux côtés de son cousin prêt à combattre.
- Qu’est-ce que c’est que cet horrible cri ? chuchota Darriah.
- Chut… ne fais pas de bruit ! murmura Eragon.
Ils attendirent dans un silence complet. Un autre cri, plus proche. Ils se figèrent, osant à peine respirer. Les Ra’zacs survolèrent le terrain découvert d’en face et passèrent au-dessus d’eux sans ralentir. Le son des battements d’ailes s’éloigna, et ce n’est que lorsque le silence revint, qu’ils s’autorisèrent à respirer de nouveau.
- Qu’est-ce que c’était ? demanda Darriah, anxieuse.
Soulagé, Roran retourna auprès de Katrina, pendant qu’Eragon s’affaissa sur le sol, épuisé.
- On les appelle les Ra’zacs, dit-il avec lassitude. Ils sont à nos trousses.
Il s’avisa que cette jeune fille avait failli tout faire rater et il se tourna vers elle.
- Qu’est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?
- Pardon ?! C’est plutôt moi qui devrais vous poser la question ! dit-elle incrédule, regardant tour à tour Eragon et Roran en se tenant toujours le bras. Et puis-je te signaler que tu as failli m’embrocher ! Qu’est-ce qui t’as pris ?
Se sentant soudain coupable pour son erreur, Eragon se leva et voulu s’excuser, mais il n’en eut pas le temps. Saphira remua dernière eux et même si l’obscurité était profonde sous cet arbre, Darriah vit tout de même une forme gigantesque s’agiter. Lorsqu’elle perçu les yeux bleus de la dragonne briller dans l’ombre, elle poussa un hurlement. Eragon se précipita pour la faire taire en lui pressant une main sur la bouche.
- Chut ! Ne crie pas comme ça ! Tu n’as pas à avoir peur ! Elle ne te veut aucun mal ! (Elle se calma un peu) Je vais enlever ma main, tu me promets de ne pas crier ?
Apres un instant d’hésitation, elle hocha la tête et Eragon la relâcha.
- Qu’est-ce que c’est ? souffla-t-elle.
- Un dragon… (Saphira renifla bruyamment) enfin une dragonne.
Devant l’expression ébahie de la jeune fille, il ajouta :
- Oui, je sais c’est dur à croire étant donné que ce sont des créatures légendaires sorties de contes pour enfants…
- Wow ! C’est incroyable…
- Oui, je sais ça peut surprendre…
- Non au contraire, je savais qu’ils avaient vraiment existé, dit-elle se retournant vers Saphira, j’en était convaincue…Et être en présence de l’un d’en eux est stupéfiant !
- Comment ? s’exclama Eragon.
Ce fut à son tour d’être ébahi. Lui qui s’attendait à ce que la jeune fille pousse un nouveau hurlement, fut surprit par cette réaction. Il la regarda s’approcher lentement de Saphira et l’observer, autant qu’il pu en juger dans cette obscurité, avec une expression admirative.
- Je te présente Saphira !
- Ho ! Hé ben… je… je suis honorée de te connaître Saphira. Moi c’est Darriah, dit-elle autant pour la dragonne que pour son dragonnier.
« Enchantée de te connaître Darriah » dit Saphira par l’intermédiaire d’Eragon, jugeant qu’il était encore un peu tôt pour qu’elle s’adresse directement à une étrangère : elle aurait probablement paniqué face à une intrusion de ce genre dans son esprit.
Eragon s’avisa après un silence, que la blessure de Darriah saignait abondamment. Il admira le courage dont elle faisait preuve, car non seulement cette plaie devait être douloureuse, mais en plus elle n’avait pas manifesté ouvertement sa souffrance jusque là. Il s’approcha d’elle lentement.
- Je peux regarder ? demanda t-il désignant son bras.
Elle lui jeta un regard méfiant.
- Darriah, je sais que nous ne nous connaissons pas et le fait de t’avoir tiré dessus, n’est pas vraiment le meilleur moyen pour que tu m’accorde ta confiance…
- Effectivement ! approuva – elle méfiante.
- Mais, nous étions poursuivis et quand j’ai entendu du bruit dans ce buisson, ma nervosité m’a fait perdre le contrôle de mon bras. Je suis vraiment désolé. J’ai commis une imprudence qui aurait pu te tuer et je te fais toutes mes excuses. J’ai certains dons de guérison et j’aimerais tenter de me racheter en guérissant ton bras.
- Des dons ? Est-ce que nous sommes entrain de parler de magie ? Es-tu un magicien ?
Eragon hésita un instant. Il ne savait pas trop ce qu’il pouvait révéler à cette fille. Pouvait-il avoir confiance en elle ? Après tout, elle ne pourrait pas raconter tout cela à beaucoup de personnes sans être perçue comme une déséquilibrée. Et puis de toute façon, ils seraient repartis bien avant.
- Non je ne suis pas un magicien. Ces pouvoirs me viennent de mon statut de dragonnier. (Darriah lui lança un regard rempli de surprise et d’admiration) Puis-je ? demanda t-il, tendant une main vers son bras.
Darriah consentit à le laisser regarder. Il ne voyait que très peu de chose dans cette obscurité.
- Roran ?! Tu peux allumer une lampe s’il te plaît ? lança –il par-dessus son épaule.
- Tu crois que c’est prudent ? Les Ra’zacs risquent de revenir…
- Si tu mets la flamme au minimum, je doute qu’ils puisent la voir sous l’épaisseur des feuilles de cet arbre.
- Je ne sais pas qui sont ces Ra’zacs, mais je peux vous assurer qu’ici rien de filtre ! informa Darriah. Je connais très bien cet arbre, et il est aussi hermétique qu’une maison de pierre.
Roran s’exécuta, allant dénicher une lampe à huile dans les bas de la selle de Saphira. Il en profita pour desseller la dragonne avant de déposer la lampe sur le sol et de l’allumer. Il retourna ensuite auprès de Katrina, toujours inconsciente. Eragon entraîna Darriah près de la lumière la fit s’asseoir. Avec ce nouvel éclairage, Eragon pu observer plus attentivement la jeune fille et il fut surprit de constater qu’elle était ravissante. Les traits délicats de son visage soulignaient parfaitement le vert profond de ses yeux, et ses cheveux bruns mi-longs ondulés lui tombaient agréablement sur les épaules. Il se reprit et lui demanda d’enlever son gilet pour mieux voir la plaie. Elle l'ôta avec une grimace, quand le tissu frotta contre la blessure. Eragon vit que sa flèche avait entaillé la chair assez profondément et maintenant que la jeune fille avait retiré sa main, du sang s’écoulait le long de son avant bras.
« Eragon, je me dois de protester ! intervint Saphira. Tu es à la limite de l’épuisement. Tu n’as pas eu le temps de récupérer et tu tiens à peine debout. »
« Je sais…mais je ne peux pas la laisser ainsi ! L’hémorragie est importante et je dois mettre ma fatigue de côté pour l’instant, insista Eragon. Ce n’est qu’une plaie après tout ! J’ai connu pire. »
« Je m’inquiète plus de te voir utiliser tes pouvoirs régulièrement sans prendre le temps de te reposer convenablement entre ces utilisations intensives. C’est louable de ta part de vouloir aider les autres, mais je t’en prie, ne le fais pas à tes dépends. »
« Hé bien tu n’as qu’à m’aider à la guérir, en liant ta force à la mienne. Tu seras ainsi rassurée que je ne m’affaiblisse pas d’avantage. »
Saphira accepta et Eragon la gratifia d’un sourire plein d’affection, avant de se remettre à la tâche.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Sun 11 Mar - 1:22

Voici la suite du chapitre chapitre 2 ! Bonne lecture Wink

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Darriah ne savait pas pourquoi elle laissait ainsi ce jeune homme la soigner, alors que c’était lui qui l’avait blessé et qu’elle avait toutes les raisons du monde de ne pas lui faire confiance. Pourtant, elle voyait dans ses yeux de la sincérité. Son visage n’était pas celui d’un jeune homme ordinaire. Ses traits étaient proches de la perfection et elle aurait juré que ses oreilles étaient plus pointues que la normal. Mais son apparence ne l’effrayait pas, au contraire. Une petite voix lui disait qu’elle n’avait pas à avoir peur de lui.
- Alors pourquoi ces Raz… je sais pas quoi… vous poursuivaient-ils ? se risqua-elle. Vous avez fait quelque chose de mal ?
- En fait, ce sont eux les méchants dans l’histoire… Ils ont kidnappé Katrina, la fiancée de mon frère Roran, dit–il les désignant. Nous l’avons libéré et ils nous ont poursuivi.
- Mais pourquoi fuir ? Ils ne peuvent rien faire contre un dragon ! Saphira aurait sans aucun doute pu se débarrasser d’eux. N’est-ce pas ?
- Hé bien… disons que ces créatures ne sont pas humaines, et nous ne sommes pas vraiment en mesure de les combattre dans l’état actuel des choses.
- Pas humains ? s’inquiéta-elle.
- C’est une longue histoire… (Darriah grimaça quand Eragon essuya avec l’aide de son gilet le sang qui coulait sur son bras.) Et toi ? Que faisais-tu donc ici en pleine nuit ?
Darriah hésita. Eragon lui avait donné le motif de leur présence ici, alors elle pouvait en faire de même.
- Heu … il m’arrive souvent de venir ici pour me vider l’esprit… Et j’en avais particulièrement besoin ce soir.
- Je sais que ça ne me regard pas mais quelque chose ne va pas ? Pourquoi particulièrement ce soir ?
Darriah savait qu’il était imprudent de s’ouvrir à un inconnu, mais elle en avait besoin et Eragon semblait tout disposé à l’écouter.
- Je me suis disputée avec ma mère ce soir. Nous vivons seules toutes les deux depuis la mort de mon père, lorsque j’étais toute petite. Et ces derniers temps la cohabitation est devenue difficile.
- Pour quelle raison ?
- Elle insiste pour que je me choisisse un prétendant. Mais je ne me sens pas vraiment prête à me marier pour l’instant. Et elle ne veut pas comprendre ça ! Elle ne cesse de me répéter que je suis largement en âge de me marier et que je ne dois plus attendre. (Elle marqua un temps d’arrêt avant de reprendre.) C’est mon anniversaire aujourd’hui et elle a profité de cette occasion pour tenter de me convaincre à nouveau.
- Hé bien… bon anniversaire, plaisanta Eragon avec un sourire en coin.
Elle le regarda et lui rendit son sourire. La plaie était bien propre à présent. Eragon respira profondément et se lança.
- Waìse heill ! articula-il.
Darriah ressentit un picotement qui partit du haut de son épaule et qui parcourut tout son bras jusqu’à la main. A cette sensation, s’ajoutait une douce chaleur, qui se concentrait autour de la blessure. Cela dura un certain temps, durant lequel la jeune fille observait le visage tendu par la concentration d’Eragon. Apres cinq minutes écoulées, le dragonnier ferma les yeux et respira par saccade, comme s’il venait de courir sur une longue distance.
- Est-ce que ça va ? s’inquiéta-elle. Tu m’as l’air épuisé.
- Oui ça va… et ton bras ?
Darriah regarda à nouveau son bras et découvrit qu’il n’y avait plus l’ombre d’une quelconque blessure. Elle toucha sa peau sans desceller de cicatrice. Au passage elle effleura la main d’Eragon et elle s’aperçut qu’elle était glacée.
- Tu es sûr que ça va ? Ta main …
- T’inquiet pas ! J’ai juste besoin de dormir un peu.
Roran qui avait suivi la scène à distance se leva et alla chercher dans leur paquetage, des couvertures.
- Tu as sûrement raison pour les Ra’zacs, ils ne reviendrons pas ce soir, alors nous ferions mieux de nous reposer un peu avant le levé du soleil.
Eragon acquiesça et saisi la couverture que lui tendait Roran. Darriah se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir faire à présent. Il était évident que ce groupe insolite composé notamment d’une dragonne et de son dragonnier n’était pas une menace pour elle et maintenant qu’Eragon lui avait prouvé en la soignant qu’il était digne de confiance, elle voulait faire quelque chose pour les aider le temps qu’ils resteraient là.
- Vos couvertures n’ont pas l’air suffisamment épaisses pour supporter le froid de cette nuit, dit-elle.
- Nous n’avons rien d’autre pour le moment alors nous devrons nous en contenter, répondit Eragon en dépliant la sienne.
- Je … je pourrais rentrer chez moi pour en prendre de plus chaudes. Et puis j’en profiterai pour vous amener de quoi prendre un bon petit déjeuné quand vous serez réveillés…
- Hors de question, intervint Roran sur la défensive. Nous ne pouvons pas courir le risque de te laisser rentrer à ton village. Pas tant que nous seront là.
- Mais je ne dirais rien à personne ! A qui pourrais-je en parler en plus ? Personne n’est réveillé à cette heure-ci ! Et je serais revenue avant le levé du soleil. Vous n’avez rien à craindre de moi !
Roran n’ayant pas l’air convaincu, elle se tourna vers Eragon pour chercher son approbation, mais le pauvre semblait déjà flotter dans un demi sommeil tellement il était épuisé. Elle baissa les yeux en cherchant ce qu’elle aurait pu dire pour convaincre l’aîné des deux frères.
- Votre fiancée m’a l’air mal en point, dit-elle lui jetant un regard compatissant. Pensez vous qu’elle supportera la froideur de cette nuit ?
Roran eut un instant d’hésitation, elle avait visé juste. Il regarda affectueusement sa compagne et de l’amour autant que de l’inquiétude se lisaient sur ses yeux.
- Croyez-moi, je ne vous trahirai pas !
- Pourquoi feriez-vous ça pour nous ? Nous avons manqué de vous tuer !
- Mais c’était un accident, et vous m’avez soigné, dit –elle regard Eragon. Et puis …
Elle marqua une pause. Roran répliqua méfiant.
- Quoi ? Et puis quoi ?
- Et puis, j’ai toujours été fasciné par les histoires de dragon et de leur gloire d’autant, dit –elle avec une touche d’émotion dans la voix. Alors me retrouver aujourd’hui en face d’une dragonne bien vivante… c’est un rêve qui se réalise. Et rien que pour cette raison, vous avez mon entière dévotion. Si je suis en mesure de vous aider, je ferais tout ce que je pourrais, soyez en sûr.
Laissant Roran médité sur cette dernière remarque, elle se retourna pour observer Saphira à la lumière de la lampe. La flamme était faible mais elle permettait de voir les écailles bleu saphir chatoyer et étinceler selon les mouvements de la dragonne. Voyant la jeune fille la fixer ainsi, elle s’activa et se dirigea dans sa direction. Darriah paniqua et dut faire un effort surhumain pour ne pas courir en hurlant. Elle se figea, parfaitement immobile, sans quitter des yeux la créature.
Saphira dépassa Darriah et vint s’étendre aux côtés d’Eragon, qui venait de s’allonger sur le sol. Ressentant cette présence auprès de lui, il se rapprocha de sa monture pour profiter de sa chaleur corporelle. Percevant cette attention comme un signe d’affection, Darriah se radoucie et se retourna vers Roran.
- Alors ? Vas-tu me laisser vous aider ?
Roran fixa à nouveau sa bien-aimée avant de répondre fermement.
- Tu me promets de ne parler à personne de notre présence ici !? Et de revenir directement ?
- Oui ! (Elle réfléchit) Est-ce que vous avez juste besoin de couvertures ou vous faut-il autre chose ?
- Je ne serais pas contre des vivres fraîches pour le petit déjeuné ! dit-il se radoucissant, avec un sourire en coin. Et il faudrait aussi des vêtements pour Katrina.
- Pas de problème, je lui apporterai une de mes tenues. Nous devons faire la même taille alors je pense trouver ce qu’il lui faut.
Roran acquiesça, reconnaissant. Darriah frissonna. Pour guérir sa blessure, Eragon lui avait enlevé son gilet de laine et à présent qu’il était tout imbibé de sang, elle ne pouvait plus le remettre. Pourtant, plus le temps passait, plus le froid était rude. Ou peut-être était-ce le fait qu’elle ait perdu pas mal de sang qui refroidissait son corps. De plus, la tête lui tournait légèrement. Elle se releva tout doucement pour ne pas perdre l’équilibre. Quand le monde s’arrêta de tanguer autour d’elle, elle fit quelques pas, pour se stabiliser.
- Tout va bien ? s’inquiéta Roran.
- Oui, murmura-t-elle. J’ai un peu la tête qui tourne, mais rien de grave.
Elle eut un nouveau frisson. Roran le remarqua.
- Tu as froid ?
- Oui un peu…
Roran alla fouiller dans les affaires d’Eragon et en sorti un manteau de montagne.
- Tiens, enfile ça !
- C’est très gentil de ta part, mais … tu ne crois pas que si je reviens au village avec des vêtements qui ne sont pas les miens, je risque d’attirer l’attention ?
- C’est n’est pas toi qui m’as dit qu’à cette heure-ci tout le monde devait être endormi ? lança –il avec un sourire.
Darriah réfléchit. Apres tout, il devait être plus de deux heures du matin et même les ivrognes les plus fêtards devaient dormir profondément à cette heure-ci.
- Oui, c’est vrai ! J’ai tord de m’inquiéter. Et puis si on me demande, je n’aurai qu’à répondre que je me suis enfin choisie un prétendant, conclu –elle en souriant.
- Très bonne idée ! approuva Roran. Tu retrouveras le chemin dans cette obscurité ?
- Je suis venue ici seule et il faisait déjà nuit ! Je n’aurai pas de mal à en partir.
- Fais bien attention, et regard autant autour de toi que dans les cieux. Les Ra’zacs pourraient revenir dans le coin et te prendre pour cible…
- Là c’est toi qui t’inquiètes pour rien ! dit-elle sur le ton de la plaisanterie. Je connais les environs comme ma poche, et si j’entends un cri à glacer le sang, je me cacherais dans un bosquet ! Il y en a plein sur le chemin !
- Très bien. Si tu le dis… Hé bien… à plus tard alors ! (Darriah se retourna pour s’en aller) Et merci… pour ce que tu fais ! Tu n’étais pas obligée.
- De rien, dit-elle en souriant avant de partir.

Roran regarda Darriah partir avec un pincement au cœur. Il était étrange que quelques minutes plus tôt il l’ait soupçonné de vouloir les trahir et que maintenant, il ait peur pour elle. Après tout, elle avait l’air aussi honnête que l’étaient les habitants de Caravall, avant la venue des Ra’zacs, excepté Sloan peut-être. Après ce qu’il avait vécu ces derniers mois, il était normal qu’il soit suspicieux et prudent outre mesure face à des inconnus. Mais dans le cas de Darriah c’était ridicule. Elle était innocente dans cette histoire et elle avait même été leur victime.
Roran retourna auprès de Katrina en passant devant Saphira, qui dormait à point fermé. La pauvre avait du fournir de gros efforts pour accomplir l’exploit de tout à l’heure. Roran le ressentait sûrement moins qu’Eragon, mais il s’en était quand même aperçut.
Il s’assit en tailleur, résolut à monter la garde pour le reste de la nuit malgré sa fatigue. De tous, il était le moins épuisé et hors de question de réveiller Eragon ou Saphira. Ils avaient besoin de repos.
Roran regarda Katrina, et lui écarta tendrement une mèche de cheveux qu’elle avait sur le visage. Il la contempla ainsi, amoureusement, conscient de la chance qu’il avait d’aimer une telle fille et d’être aimé en retour par elle. Il était convaincu qu’après ce qu’ils avaient traversé pour être ensemble, plus rien ne pourrait les atteindre, mais il ignorait à quel point il se trompait.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Sun 11 Mar - 1:23

Lorsqu’il estima qu’une heure s’était écoulée, Roran commença à s’inquiéter pour Darriah, car elle n’était toujours pas revenue. Il avait oublié de lui demander à quelle distance se trouvait son village et combien de temps elle pensait mettre. La seule indication qu’elle lui avait fournie était qu’elle serait de retour avant le levé du soleil. Mais c’était plutôt vague.
Deux heures après le départ de la jeune fille, l’inquiétude de Roran vira à la suspicion. Il était impossible que son village soit si éloigné. Alors deux solutions pouvaient expliquer ce retard : soit Darriah avait été capturée par les Ra’zacs, soit elle avait collaboré avec eux. Ces deux possibilités terrorisaient le jeune homme. Il n’osait imaginer qu’elle ait pu se faire prendre, car la simple idée que ses ennemis puisent lui faire ce qu’ils avaient fait à Katrina, le glaçait d’effroi. Il préféra alors envisager la seconde possibilité. Après tout, il ne savait rien d’elle ? Comment se faisait–il qu’elle se soit trouvée précisément ici, dans cet endroit si reculé de tout, à l’heure précise où ils étaient arrivés. Cette coïncidence était un peu trop grosse pour la crédulité de Roran. Elle devait sûrement être de mèche avec les Ra’zacs et c’est pour cela qu’ils n’avaient pas tenté de les empêcher de fuir, sachant qu’une espionne serait sur leur chemin. Il ignorait encore comment ils avait fait pour la mettre sur leur route mais il était à présent évident qu’ils était tombés dans leur piège.
A présent, Roran s’en voulait d’avoir été aussi stupide. Il était assis depuis trop longtemps à attendre tranquillement qu’on vienne le cueillir. Il se releva d’un bond. Il fallait réveiller les autres et partir en vitesse avant qu’il ne soit trop tard. Il rassembla les affaires et se dirigea vers Eragon pour le réveiller quand il entendit un bruit suspect sur sa droite.
Trop tard ! Les Ra’zacs étaient sur eux ! Il avait trop attendu. Il saisit en un éclair son marteau, prêt à défendre sa famille.
Il vit Darriah arriver sur le sentier. Il n’abaissa pas son arme pour autant, s’attendant à voir les Ra’zacs derrière elle. Mais rien ne vint. La jeune fille, qui avait les bras chargé, déposa son chargement sur le sol et sursauta en voyant Roran.
- Qu’est-ce qui ne va pas ? Ils sont revenus ? demanda-t-elle paniquée.
Roran était perturbé. S’était-il trompé ? Darriah était-elle de leur côté ? Pourtant sa trahison aurait expliqué son retard !
- Où étais-tu ? demanda t-il, plus rudement qu’il n’aurait voulu. Pourquoi tu as mis tant de temps ? Tu es partie il y a plus de deux heures !
- Je suis désolée ! bredouilla t-elle. Ce n’est pas ma faute ! Je … heu …
- Quoi ?? lança Roran brusquement, prenant son hésitation comme un signe de sa trahison.
- Je veux bien t’expliquer si tu acceptes d’abaisser ton marteau, dit-elle avalant sa salive.
Roran s’aperçu alors qu’il brandissait toujours son arme redoutable de manière particulièrement menaçante. Il l’accrocha à sa ceinture, convaincu de ne pas en avoir besoin pour maîtriser Darriah.
- Je t’écoute.
- Hé bien, sur le chemin de l’allé, je n’ai pas eu de problèmes. Je suis arrivée chez moi en moins d’une demi heure. Mais alors que je rassemblais le nécessaire, ma mère s’est réveillée. Je me suis cachée et j’ai dû attendre qu’elle aille se recoucher, ce qui a pris un temps fou car elle s’est aperçue de mon absence et elle semblait résolue à m’attendre, éveillée. Elle a patienté pendant près d’une heure et elle s’est lassée, tombant de fatigue. Quand elle s’est recouchée, j’ai attendu, pour être sûr qu’elle s’était rendormie, puis j’ai filé.
Roran approuva, se demandant pourquoi il n’avait pas pensé à ce cas de figure. Après tout, c’était cohérent.
- Ce n’est pas tout, continua –elle, effrayée. J’ai eu d’autres soucis en route.
- Lesquelles ? demanda Roran, soudain soucieux.
- A mi-chemin, j’ai entendu un bruit sourd venant du ciel et je me suis jetée dans le premier buisson que j’ai trouvé. Il n’y a pas eu de cri, mais j’ai entendu de grands battements d’ailes me survoler. Ça devait sûrement être eux…vos ennemis. Je suis restée cachée un moment, pour être sûr qu’ils étaient partis, puis je suis revenue ici aussi vite que j’ai pu.
A l’évocation de cette expérience, la jeune fille était toute pâle. A l’évidence, elle n’avait pas vraiment l’habitude d’avoir des sensations fortes de ce genre. Et pourtant, elle avait eu son compte ce soir. Roran s’en voulait d’avoir une fois de plus soupçonné injustement la jeune fille.
Il se releva et aida Darriah et ramasser les affaires qu’elle avait apporté. Elle lui tendit les vêtements pour Katrina et deux couvertures. Puis elle déposa les provisions à coté des affaires des garçons, entassées près du tronc. Ensuite elle prit la dernière couverture et contournant Saphira, elle en couvrit Eragon, qui dormait paisiblement. Elle le contempla quelques instants et revint près de Roran, s’asseyant à côté de lui.
Roran hésita à vêtir maintenant Katrina sous peine de la réveiller, ou à remettre cette tâche au levé du soleil. La regarder dormir aussi sereinement, le décida à attendre. Il se contenta donc de la couvrir aussi chaudement que possible.
- Tu devrais dormir un peu ! lui conseilla Darriah. Au moins jusqu’au levé du soleil, ce qui ne sera plus très long.
- Je ne peux pas, il faut que je monte la garde.
- Je pourrais très bien le faire. Si cela ne consiste qu’à rester éveillé et à observer les alentours, je pense être en mesure de le faire.
Roran était indécis. Il avait douté à deux reprises de la fiabilité de la jeune fille ce soir, à tort. Il ne voulait pas laisser sa famille sans surveillance, mais la proposition de Darriah était si tentante. De plus, il avait très peu dormi ces derniers jours, surtout à cause de son inquiétude pour Katrina. Mais à présent qu’elle était auprès de lui, il méritait bien un moment de repos.
- Très bien, accepta –il. Si jamais il y a le moindre bruit suspect dans le coin, n’hésite pas à me réveiller. Compris ?
- Oui !
- Et réveille moi avant le levé du soleil.
- D’accord.
Roran saisit sa couverture et s’étendit. La peur, l’angoisse et l’inquiétude qu’il avait ressenties ses dernières heures s’envolèrent, pour le laisser sombrer dans un sommeil profond.


A SUIVRE...
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Sun 18 Mar - 21:02

Voici la suite et fin du chapitre 2 ! Bonne lecture ! Smile

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Darriah écouta le chant des oiseaux dans l’arbre, accueillant l’aube. Elle aurait dû être ivre de fatigue après cette nuit blanche, mais l’adrénaline provoquée par les évènements survenus, la maintenait encore éveillée. Elle remplissait son rôle de garde avec beaucoup de sérieux. Attentive au moindre son bizarre. Elle avait l’étrange sensation en voyant Roran, Katrina, Eragon et Saphira dormir aussi calmement, que leurs vies dépendaient de sa capacité à assurer correctement sa tâche. Ce lien invisible de survie qui s’était établie entre le groupe et elle lui paraissait incroyablement fort. Pourtant, elle ne les avait rencontré que quelques heures plus tôt. Cette expérience était déroutante.
Elle resserra autour de ses épaules son manteau, pour surmonter le froid de l’aube. Le ciel s’éclairait déjà à l’est.
Elle savait que cette nuit passée hors de chez elle lui vaudrait une nouvelle dispute avec sa mère et une sévère réprimande. Mais peu lui importait pour lors. Elle veillait sur un groupe de gens biens, et elle contemplait de ses yeux encore ébahis un dragon. Elle avait passé tellement de temps depuis son enfance à imaginer à quoi ils pouvaient ressembler. Saphira était encore plus magnifique que la plus belle de ses inventions imaginatives. Ses écailles renvoyaient de superbes reflets, d’un bleu pure et profond à la lumière croissante du jour. Elle aurait pu contempler le spectacle encore des longues heures, mais elle avait promis à Roran de le réveiller avant le levé du soleil.
Elle se tourna et lui parla doucement, honteuse de devoir troubler un sommeil si paisible. Il remua et se leva d’un bond, effrayé.
- Tout va bien ! le rassura Darriah. Pas de danger !
- Hein ?
- Le soleil va bientôt se lever, l’informa–elle.
Roran se détendit et se frotta les yeux. Le réveil semblait difficile.
- Tu veux que fasse le petit déjeuné ? proposa-elle.
- Non je vais le faire. Réveille Eragon, tu veux bien ?
Darriah acquiesça et se dirigea vers la silhouette endormit. Lorsqu’elle contourna la dragonne elle sursauta violemment et fit un grand bond en arrière en se retenant d’hurler. Elle qui pensait Saphira endormit, en passant près d’elle avait découvert ses yeux bleus, grands ouverts, qui l’observait.
Essayant de reprendre son calme, elle passa loin de Saphira, et s’agenouilla près d’Eragon sans quitter la dragonne des yeux. Quand elle lui parla doucement à l’oreille, il ne réagit pas, alors elle posa une main sur l’épaule et le secoura légèrement. Emergeant lui aussi avec difficultés, il s’assit sur son séant et fixa sa monture dans les yeux. Sans comprendre pourquoi, Darriah su qu’il la saluait, comme si Eragon et Saphira se parlaient par simple regard. Ce silence la mettait mal à l’aise, alors pour le briser, elle dit la première chose qui lui vint à l’esprit.
- Ta dragonne est vraiment magnifique et impressionnante aussi, dit-elle considérant cette dernière remarque comme une marque de respect.
« Je te remercie Darriah. Ton compliment me touche. »
Darriah regarda Eragon sans comprendre ce qui venait de se passer. Elle avait entendu une voix mais ce n’était pas Eragon qui avait parlé.
- Saphira s’est adressé directement à toi.
- Quoi ? Mais …comment ? demanda-elle, interloquée.
- Par la pensée ! C’est ainsi que nous communiquons moi et elle.
Darriah resta littéralement sans voix face à cette révélation. Elle savait bien sûr que les dragons étaient des créatures très intelligentes, mais de là à communiquer avec les humains par la parole… Elle considéra alors la dragonne avec encore plus de respect qu’elle ne l’avait déjà fait jusqu’ici.

Apres le petit déjeuné, Eragon se sentit de meilleur humeur. Cette nuit, bien qu’elle fut courte, avait été reposante et le petit déjeuné lui paraissait moins fade. Etait–ce dû à la présence réconfortante de Darriah, qu’il admirait maintenant dans la lumière dorée du matin. Sa voix sonnait à ses oreilles comme une mélodie et il ne se lassait pas de l’entendre raconter ce qu’elle avait appris au cours de son enfance au sujet des batailles menées par les dragonniers, de leurs victoires, leurs défaites. Elle semblait en savoir long sur le sujet, alors qu’Eragon croyait ses histoires bannies de l’Alagaësia par Galbatorix. Elle réussit même à le surprendre en lui apprenant pas mal de choses qu’il ignorait.
- Il est heureux que nous soyons tombé ici et pas ailleurs, laissa échapper Eragon.
Darriah baissa un instant les yeux, rougissant légèrement.
- Je suis contente aussi que vous vous soyez arrêtes ici plutôt qu’ailleurs.
- Disons plutôt que c’est ce grand arbre qui nous a réuni. Nous cherchions un endroit pour nous cacher quand je l’ai aperçu de loin.
- Ho oui, c’est sûr qu’il est difficile de rater le grand arbre Menoa, même du ciel. C’est le plus grand et le plus ancien arbre de la région.
Eragon approuva distraitement. Puis il eu un déclic dans son cerveau. Non, c’était impossible ! Il avait sûrement mal compris.
- Attends, tu as dit l’arbre Menoa ?
- Oui ! C’est son nom !
- Vraiment ?
- Oui, approuva-elle amusée. Il porte ce nom en hommage à un elfe d’après ce que je sais.
Eragon n’en croyait pas ses oreilles. Il pressa Darriah de question pour en savoir plus et elle réfléchi un moment avant de lui dire ce qu’elle savait sur le sujet.
- Je me rappelle qu’un jour Drac m’a raconté cette histoire. Au commencement de l’alliance entre les elfes et les dragons, les terres de l’Alagaësia étaient envahies de barbares et de truands, qui n’avaient ni lois ni morale. Les urgals étaient aussi très présent dans la région, pillant et tuant sans merci. La caste des dragonniers, nouvellement formée, essaya d’endiguer cette criminalité. Ils parcoururent le territoire, se dispersant dans les endroits les plus sensibles.
Darriah devait s’arrêter de temps à autre, pour se rappeler de déroulement des événements.
- Un dragonnier elfe, dont j’ignore le nom, a été envoyé ici. Il est resté pas mal de temps pour débusquer les malfrats et les mettre hors d’état de nuire. Il en a tué plusieurs aussi, qui refusaient de se rendre. Mais un jour, il est tombé dans une embuscade tendue par des malfrats, qui s’étaient pour l’occasion associés avec des urgals, ayant des intérêts communs. Le dragonnier et sa monture ont lutté pendant plusieurs heures, mais les assaillants étaient trop nombreux. A la mort de l’elfe, le dragon s’est laissé tuer, n’ayant plus la volonté de continuer.
Elle écarta d’une main, une mèche qui lui tombait devant le visage et poursuivit.
- Avec cette victoire, les criminels se sont enorgueillit et ont répandu le mal dans la région. Les dragonniers ayant appris la mort de leur ami, sont venus en nombre pour achever ce que l’elfe avait commencé. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour rétablir la justice et l’ordre.
- Qu’est devenu l’elfe ? demanda Roran.
- Les dragonniers l’ont retrouvé gisant là où il était mort et ils l’ont enterré sur place, ne pouvant le ramener chez lui. En sa mémoire et ont planté un arbre sur sa tombe : cet arbre ! dit – elle, levant les yeux vers les branches qui les abritaient. On raconte que sa bien aimée venait régulièrement prendre soin de cet arbre, et elle a fini par lui donner le nom de Menoa, en hommage à un grand arbre, présent au cœur du royaume des elfes. Cette histoire m’a toujours fascinée car c’est la seule que je connaisse faisant allusion aux elfes. C’est peut-être aussi pour ça que j’aime autant cet arbre et que j’y passe tant de temps. J’ai l’impression qu’il est plus vivant que tout autre.
- C’est une bien belle histoire, approuva Roran, finissant son repas. N’est-ce pas Eragon ?
Mais Eragon était plongé dans ses pensées. Les paroles prononcées par Solembum, le chat-garou, lors de leur première rencontre, lui revenaient soudain en mémoire comme s’il les entendait pour la première fois. « Quand le temps sera venu où tu auras besoin d’une arme, cherche entre les racines de l’arbre dit Menoa ».
Eragon s’élança sans réfléchir d’avantage. Devant les yeux étonnés des autres, il se mit à arpenter le pied de l’arbre, tournant en rond.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Darriah le rejoignant. Tu as perdu quelque chose ?
- Non je cherche quelque chose…
Roran et Darriah se regardèrent, sans comprendre. Eragon inspecta soigneusement les grosses racines entremêlées. Le tronc devait faire au moins trois mètres diamètres.
« Quelle arme t’attends-tu à trouver ? demanda Saphira, qui était restée silencieuse jusqu'à là. »
« Je ne sais pas, mais je suis convaincu que c’est bien l’arbre dont parlait Solembum. Combien y’avait-il de chance pour qu’il existe dans le monde deux arbres géants portant le même nom ? Très peu ! Alors je ne peux imaginer qu’il puise en exister un troisième. Puisqu’il ne s’agit pas de l’arbre d’Ellseméra, il ne peut s’agir que de celui-ci. »
Ne voyant rien, Eragon s’accroupit et commença à inspecter à main nu, l’intérieur des racines.
- Mais vas-tu enfin nous dire ce que tu cherches ? s’impatienta Roran.
- Cesse de poser des questions et donne moi plutôt de quoi creuser.
- NON ! Ne fais pas ça ! intervint brusquement Darriah. Je t’en prie ! Je ne sais pas ce que tu cherches, mais je t’en supplie, ne fais pas de mal à cet arbre !
Sa voix était pleine d’émotion, comme si Eragon s’apprêtait à torturer son animal de compagnie d’une manière particulièrement cruelle. Il prit un instant pour se relever et regarda Darriah droit dans les yeux.
- Ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention d’endommager ton arbre, dit-il d’une voix qu’il voulait rassurante. Mais je suis convaincu que quelque chose se cache là-dessous et il faut que je le trouve.
Apres un instant d’hésitation, elle baissa la tête.
- Très bien… Est-ce que tu as besoin d’aide ?
- Heu … pourquoi pas… regardez entre les racines si vous voyez quelque chose.
- Qu’est-ce qu’on cherche ? demanda une nouvelle fois Roran, contournant l’arbre.
- Tout ce qui ne devrait pas y être.
Pour creuser, chacun utilisa ce qu’il avait sous la main. Darriah se servit d’une grosse cuillère pour gratter le sol sans abîmer les racines, Eragon se servit de ses gants et Roran utilisa son couteau de poche, malgré les reproches de Darriah. Ils avaient de la chance car la terre n’était pas trop dure. Pendant plus d’un quart d’heure, ils explorèrent les vastes racines de l’arbre, creusant aussi profondément que possible.
- J’arrête ! Ça ne sert à rien ! abandonna Roran. On s’épuise alors qu’il n’y a rien là dessous.
Eragon s’arrêta un instant et regarda Roran essuyer son couteau puis aller boire des longues gorgées d’eau, pour se désaltérer. Il se tourna ensuite vers Darriah, convaincu qu’elle allait faire de même, mais elle continuait sa tâche, sans faiblir.
- Merci de ne pas laisser tomber.
- Je suis convaincue que tu as raison à présent.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Comme je te l’ai dit, Drac m’a raconté l’histoire de cet arbre alors que j’étais toute petite, et je ne me rappelle pas de tous les détails. Mais je crois me souvenir maintenant que l’histoire faisait mention d’une chose enterrée avec l’elfe.
- De quoi s’agissait-il ?
Darriah s’arrêta de creuser un instant, et regard Eragon dans les yeux, comme si la réponse qu’elle allait donner l’effrayait.
- De son âme.
Ils se regardèrent pendant un long moment, sans mesurer exactement les implications de cette réponse. Dérouté, Eragon se remis au travail. Roran en profita pour s’occuper de Katrina, en lui changeant ses vêtements, pour l’habiller avec ceux que Darriah avait apporté.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 2   Sun 18 Mar - 21:03

Au bout d’une demi heure passée à creuser, Roran les arrêta.
- Eragon, on ne peut plus rester ici ! Les Ra’zacs ne sont pas loin, ils doivent roder dans les parages et nous devons partir ! Nous aurions déjà dû le faire avant le levé du soleil et regards, dit-il, désignant l’astre solaire qui était déjà à bonne hauteur dans le ciel.
« Roran à raison, ajouta Saphira. Nous ne pouvons pas rester ici indéfiniment. »
Eragon était abattu. Il avait eu tellement d’espoirs, qui étaient à présent réduit à néant. Mais arrêter les recherches signifiait partir… S’en aller loin pour ne plus en revenir. Cela signifiait surtout devoir dire au revoir et peut-être même adieu à Darriah. Il avait développé pour elle un réel lien d’amitié et la laisser lui brisait le cœur. Mais rester ici les mettaient tous en danger.
Il jeta un regard à Darriah qui creusait toujours, puis regarda à nouveau son frère.
- Très bien… On y va.
Roran s’activa pour seller Saphira. Profondément déçu, Eragon enleva ses gents et les jeta au sol, rageur.
« Allons ne soit pas si déçu, le réconforta Saphira, ce n’est pas le bon arbre, voilà tout ! Et pour Darriah, il est possible que notre route nous mène à nouveau à nous revoir ! »
Eragon la regarda chagriné.
« Tu crois ? »
« J’en suis convaincue ! »
Lui souriant légèrement, il se releva. Il aida Roran à hisser leurs affaires dans les bas de la selle de Saphira.
- Eragon ! Eragon ! appela la voix étouffée de Darriah.
Eragon lâcha le sac qu’il avait dans les mains et chercha d’où venait la voix de la jeune fille. En contournant l’arbre, il la trouva enfoncée entre les racines, à demi enterrée. « La pauvre, pensa Eragon, elle a dû creuser trop profondément et elle est restée coincée. »
- Attends ! Je vais t’aider ! Essaye de te dégager un peu vers la droite pour que je suis te sortir de là !
- NON ! Je n’ai pas besoin d’aide ! J’ai trouvé quelque chose !
- Quoi ? demanda Eragon, le cœur battant. Qu’est-ce que tu as trouvé ?
- Je ne sais pas exactement, il fait trop sombre. Mais c’est dur. Je n’arrive pas à le dégager, il est encore trop enterré.
- Ecarte-toi ! Je vais essayer.
- Non ! Tu es plus large que moi et tu n’arriveras pas jusque là où je suis !
- Laisse moi faire, répéta-il, j’ai d’autres moyens pour y accéder !
Darriah essaya encore quelques instants de dégager elle-même l’objet. Roran rejoint Eragon et attendit que la jeune fille se résigne et se dégage seule du trou. Elle se releva et respira de grandes bouffés d’air, pour évacuer la poussière qu’elle avait aspiré. Eragon lui donna quelques tapes dans le dos et sur les épaules, pour l’épousseter.
- Reculez-vous ! ordonna-il
Il abaissa les barrières de son esprit et laissa les vies qui subissaient autour de l’arbre l’imprégner. Grâce à cela, il repéra un objet étranger sous les racines et reconnaissant sa forme il choisit la formule pour l’extraire.
- Knìfr reisa * ! articula-il, la paume levée en direction de l’arbre.
Il sentit sous ses pieds le sol trembler légèrement et au bout de quelques secondes, un objet sortit d’entre les racines. Il plana quelques instants à un mètre du sol, puis Eragon relâcha la pression et l’objet tomba au sol. Tout trois se penchèrent au-dessus pour l’observer.
Il s’agissait, comme Eragon l’avait repéré, d’une une grande épée. Malgré la poussière et la terre qui la recouvrait, on distinguait sur la garde, des symboles harmonieux qui s’entrecroisaient et qui étaient recouvert d’une fine dorure.
Il s’agissait sans aucun doute d’une épée de dragonnier. Et l’élément qui fit le plus sourire Eragon fut que la lame était d’une étincelante couleur bleu nuit.
- Elle est magnifique, s’écria Darriah, admirative. Mais il est vrai que je m’attendais à autre chose… son âme ? Son arme plutôt, oui ! Drac a dû se tromper en me racontant cette histoire.
- Non il a dit vrai, rectifia Eragon. Pour un dragonnier, son épée fait partie de son être ! Elle est le prolongement de son corps et donc de son âme.
- Ho…je vois, dit-t-elle admirative. Mais pourquoi la lame est-elle bleue ?
- Parce que son dragon devait avoir la même teinte.
- Hé bien, alors il est clair que cet épée devait te revenir ! Elle est de la même couleur que Saphira ! affirma Darriah, se tournant vers la dragonne. Enfin elle est peut-être un peu plus foncée, mais de loin on ne verra guerre la différence.
Eragon lui sourit, ravi.
« Montre-moi la ! Je veux la voir, s’impatienta Saphira, soudainement existée. »
Eragon la souleva et remarqua qu’elle avait le poids idéal, et un équilibre parfait. Il l’approcha de la dragonne, qui la renifla et l’effleura.
« Cette épée appartenait à un grand guerrier ! Je sens de fortes vibrations en émaner, expliqua Saphira, impressionnée. »
« Et tu arrive à me dire ça juste en la voyant !? le taquina Eragon »
- Tu savais qu’elle était là-dessous, n’est-ce pas ? intervint Roran.
- Non. Je savais simplement que sous l’arbre Menoa, se trouvait une arme. Mais j’ignorais s’il s’agissait du bon arbre et quel genre d’arme pouvait s’y trouver.
- Désolé d’avoir douté…
- Ce n’est rien… moi aussi j’ai douté, coupa Eragon en donnant une tape dans l’épaule de Roran. (Il se tourna vers Darriah) Merci à toi de ne pas avoir renoncé. Cette arme va m’être très utile pour combattre mes ennemis et préserver ceux que j’aime.
Il fixa sur la scelle de Saphira, dans l’attente d’être nettoyer.

Les garçons finirent de charger leurs affaires. Puis Eragon hésita un instant, nerveux. Il se décida, s’avança vers Darriah, lui prit la main et la baisa tendrement.
- J’ai été heureux de faire ta connaissance Darriah. Je n’oublierais pas ce que tu as fais pour nous. Je suis convaincu qu’un jour, nos chemins seront à nouveau amenés à se rencontrer.
Les larmes aux yeux, Darriah se jeta dans les bras d’Eragon et l’enlaça très fort, comme si elle disait adieu à un vieil ami d’enfance. Il accueillit cette étreinte avec grand plaisir et en profita pour humer le parfum dans son coup. Se libérant à regret, Darriah embrassa également Roran, de manière moins démonstrative.
Eragon aida Roran à hisser Katrina et ils montèrent en selle.
- Ho ! Eragon ! Ton manteau ! se rappela Darriah, désignant celui qu’elle portait toujours sur elle.
- Tu peux le garder ! Je t’en fais cadeau…en souvenir, dit-il avec un clin d’œil.
- Merci !
Saphira sortit de sous l’arbre et déplia ses ailes.
- Prends bien soin de toi ! ajouta Eragon par-dessus son épaule. Et si jamais des gens viennent poser des questions sur nous, tu ne nous as pas vu !
- Faites moi confiance ! Je n’en parlerai à personne. Et je m’occuperai d’effacer vos traces.
- Merci, lança Roran avec un signe de la main.
- Au revoir !
Ils se firent de grands signes de la main lorsque Saphira s’envola, montant de plus en plus haut dans les cieux.

A SUIVRE...

* Knìfr reisa = Lame, lève-toi !
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 3   Sat 24 Mar - 14:27

Voici le début du chapitre 3 !

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Saphira parcourut une longue distance dans les airs. Elle ménageait ses efforts, volant parfois plus bas pour éviter les courants ascendants. Mais elle restait constamment vigilante, à l’affût du moindre signe de la présence des Ra’zacs. Durant la journée, elle s’autorisa quelques pauses en atterrissant à l’heure du déjeuné, et à deux reprises dans l’après-midi, mais peu de temps à chaque fois. A la tombée de la nuit, Eragon réussit à la convaincre de se reposer pour la nuit, ayant volé toute la journée sans la moindre alerte de leurs poursuivants.
Autant qu’Eragon pu en juger, ils devaient se trouver tout près de la frontière du Surda. Ils avaient dépassé la ville de Melian en milieu d’après-midi et ils survolaient de vastes plaines, parsemées d’arbres et de bosquets, en nombre suffisant pour les cacher aux yeux indiscrets qui passeraient par là. D’après les souvenirs qu’Eragon avait gardé de la carte qu’il avait visualisé à Aberon, ils ne devaient plus être très loin de la ville Surdanaise de Cithrì.
Lorsqu’ils atterrirent, Eragon s’occupa de desseller Saphira pendant que Roran parcourait les alentours pour s’assurer qu’ils étaient seuls. Il revint les bras chargés de branches mortes et de petits bois.
- Que comptes-tu faire avec ça ? demanda Eragon surpris.
- Un feu pardi !
Eragon reposa la selle qu’il avait dans les bras et se tourna vers son aîné.
- Roran, je sais que nous sommes très loin du repère des Ra’zacs et que ici, tout danger semble écarté… mais il n’est pas exclu qu’ils continuent à nous chercher. Un feu serait trop facilement repérable et… (Il marqua un temps d’arrêt, regardant par-dessus l’épaule de Roran) Katrina…
- Oui, justement ! C’est pour elle qu’il est nécessaire d’allumer un feu ! Et je…
- Non, Katrina ! coupa Eragon, la désignant.
Roran se retourna brusquement et découvrit, avec une joie non dissimulée, que la jeune fille venait d’ouvrir les yeux. Il se précipita vers elle et l’enlaça, fou d’amour.
- Roran, laisse la un peu respirer, lui conseilla Eragon un sourire aux lèvres, ravi de voir ces deux-là réunis.
- Oui… tu as raison… désolé, balbutia-il, ému.
Il desserra un peu son étreinte, mais continua tout de même à bercer sa bien-aimée. Plus libre de ses mouvements, cette dernière, hébétée, regarda Eragon et Roran comme si elle ne les reconnaissait pas.
- Comment te sens-tu ? se risqua Eragon, devant le silence de Roran, qui était trop heureux pour parler.
Elle battit des paupières plusieurs fois, sans ouvrir la bouche. Elle semblait réfléchir, le regard dans le vide. Plusieurs secondes s’écoulèrent ainsi, sans qu’elle ne bouge. Elle ferma les yeux et lorsqu’elle les ouvrit, elle regarda tout autour d’elle essayant de comprendre où elle se trouvait. Ses yeux finirent par rencontrer ceux de Roran. Elle le fixa longuement et soudain, elle s’agita.
- Mon dieu ! Roran ! s’exclama-t-elle.
Elle s’agrippa à lui aussi fort qu’elle le put, tel un naufragé s’accrochant à une bouée de sauvetage. Elle enfouit son visage dans le cou du jeune homme et se mit à pleurer.
- Tu es venu ! Tu m’as libéré ! ajouta Katrina, au milieu de ses sanglots. Suis-je entrain de rêver ? J’ai si souvent imaginé cette scène sans jamais la voir se réaliser.
- Tout va bien, murmura Roran à son oreille. Je suis là maintenant et ils ne te feront plus jamais le moindre mal. Je te le promets. (Il serra d’avantage la jeune fille) Ho… Katrina, je t’aime tellement. Je suis désolé de les avoir laissé t’emmener. (Une larme coula sur sa joue et disparut dans sa barbe). Comme je m’en veux…
Eragon se releva et décida de les laisser seuls, pour qu’ils profitent de leurs retrouvailles. Il termina de ranger leurs affaires, laissées en vrac près que la dragonne.
« Voilà au moins une histoire qui finit bien » dit Saphira, un sourire flottant sur ses lèvres.
« Oui, je vois ce que tu veux dire ! Ca fait du bien de voir un peu de bonheur au milieu de tous ces malheurs. »
Eragon flatta les flancs de sa monture et reprit sa tâche. Une fois les sacs rangés, il se retourna vers elle.
« Tu devrais profiter de cette accalmie pour aller chasser. Nous ne savons pas ce que la suite de notre voyage nous réserve… »
« Non, je refuse de vous laisser seuls ! »
« Allons… ne t’inquiète pas. Je suis sûr qu’il ne se passera rien cette nuit… et tu dois être affamée, depuis le temps que tu n’as pas eu de repas convenable ! »
Saphira réfléchit, comme si elle écoutait d’avantage son estomac, que sa raison. Elle le regarda avec des yeux coupables, honteuse de ses pensées.
« Tu as raison… mais… il y a toujours un risque et… je peux encore me passer de nourriture pour l’instant… »
« Peut-être oui, mais pourquoi le faire ? Nous n’atteindrons pas Aberon avant demain soir et je sens bien que tu t’épuises. Tu as besoin de reprendre des forces ! »
Elle le regarda l’air boudeur.
« Je ne suis pas rassurer du tout… »
Eragon s’approcha d’elle et la fixa droit dans les yeux, avec un regard plein d’affection.
« Cesse de te tourmenter. Je suis convaincu que tu n’en auras pas pour longtemps car cette plaine doit regorger de proies faciles. Et puis de toute façon j’ai retrouvé mes forces et je serais en mesure d’agir maintenant, si besoin est. »
Elle le fixa encore pendant un instant si long, qu’Eragon crut devoir recourir à d’autres arguments pour la convaincre. Mais ce ne fut pas nécessaire car l’appétit dévorant de la dragonne restait son meilleur allié.
« Très bien. Je ne serais pas longue. Restes sur tes gardes, au moins jusqu'à mon retour ! »
« Aller, va ! »
Elle lui jeta un dernier regard, puis s’envola dans la nuit noire.
Eragon décida de s’éloigner un peu pour mieux scruter les alentours et surtout pour laisser les amoureux en tête à tête. Il prit l’épée terreuse par la garde et de quoi la nettoyer, puis s’éloigna d’une vingtaine de mètres. Il s’assit le dos contre un rocher, qu’il avait repéré sur sa gauche et commença à débarbouiller l’arme. Au fur et à mesure qu’il enlevait la crasse, il découvrait sur la lame, des gravures d’une élégance sans pareil. D’un coté, les lignes partaient de la garde et remontaient finement vers la pointe, en s’entrecroisant de façon parfaitement symétriques. De l’autre, des symboles harmonieux formaient des mots de l’ancien langage qu’Eragon ne parvenait pas à traduire.
Son ancienne épée, Zar’roc, était une belle arme, mais elle n’égalaient en rien la sophistication de celle-ci. Eragon éprouvait beaucoup de chagrin à l’idée de sa cruelle séparation avec l’arme qui lui avait maintes fois sauvé la vie, mais il ne pouvait qu’être comblé par cette nouvelle épée de dragonnier.
Néanmoins, l’idée d’arborer cette épée le rendait mal à l’aise, car s’il avait reçu Zar’roc des mains de Brom et avec sa bénédiction, il n’en n’était pas de même avec celle-ci. Il n’avait pas eu l’autorisation de son légitime propriétaire et savoir que de toute façon il ne pourrait jamais l’avoir, ne le réconfortait pas, au contraire… Il avait même la sensation d’avoir pillé une tombe et de s’être enfuit avec son butin, au mépris de la mémoire du défunt.
Il médita cette idée déplaisante, puis repensa à ce qu’avait dit Darriah. Elle avait raison après tout : la couleur du métal allait très bien avec la robe de sa dragonne. Il était sans doute dans l’ordre des choses, que l’épée Zar’roc à la lame rouge appartienne au dragonnier de Thorn, le dragon rouge, et que l’épée à la lame bleu, lui appartienne…
A cet instant, il eut un drôle de sentiment, qui s’insinua dans son esprit comme le venin d’un serpent. Il avait la désagréable sensation d’être un pion, manipulé sur l’échiquier du destin. Comme si chacun de ses actes étaient déjà écris à l’avance et qu’il ne puise rien faire pour changer les choses. Il y avait eu les prophéties de Angela, qui lui avaient annoncé la mort de Brom, puis sa relation avec Arya et enfin la trahison de Murtagh, son propre frère. Et maintenant c’était l’une des prédictions de Solembum qui se réalisait : il avait trouvé l’arme, au moment où il en avait le plus besoin, sous les racines de l’arbre Menoa.
Cette horrible impression d’impuissance face à son sort, l’effraya autant qu’elle l’énerva. Si toutes ses actions étaient déjà écrites, quels choix lui restaient-il ?
Il jeta rageusement son chiffon au sol et fulmina. Des pensées sombres commencèrent à tourbillonner dans son esprit. Il ressassa la mort de ses proches : Garrow, Brom, Ajihad et maintenant Hrothgar, le roi des nains et chef de son clan. Mais au milieu de toutes ces pertes cruelles, une personne monopolisait une grande partie de son affliction : Murtagh. Au-delà de la stupéfaction de le revoir en vie et du côté ennemi, il avait appris que son meilleur ami était en fait son frère. Si ce n’était sa trahison, Eragon aurait accueilli cette nouvelle avec une joie intense, lui qui avait si souvent eu le sentiment d’avoir été abandonné par sa famille. Maintenant qu’il connaissait les circonstances exactes de son abandon, il avait l’impression d’être soulagé d’un poids sur le cœur, malgré que ses origines n’aient rien d’enthousiasmantes.
Murtagh : son frère !
Bien qu’il soit supposé le détester dans l’état actuel des choses, Eragon n’y parvenait pas. Il connaissait sa triste histoire et il lui était impossible de le blâmer aux vues des évènements récents. Après tout, qui savait ce que ce pauvre Murtagh avait subi entre les mains tortionnaires de Galbatorix ? Eragon n’oserai l’imaginer dans ses pires cauchemars.
« Cesse de te tourmenter ! » dit une voie dans sa tête.
Saphira qui approchait, avait surpris la mélancolie du jeune homme.
« Te voilà déjà de retour ? Tu as été rapide ! »
« Je t’avais dit que je ne serait pas longue. »
Elle atterrit et déposa à terre les dépouilles d’une biche et un renard. Elle fixa ensuite Eragon.
« Pourquoi es-tu si triste ? » demanda-elle.
« Je repensais à Murtagh. J’ai du mal à m’en faire un ennemi. »
« Pourtant il faudra bien t’y faire, pour ne pas hésiter quand le moment viendra de l’affronter à nouveau. »
« Je sais, mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a encore de l’espoir pour lui. Après tout, il ne nous a pas capturé comme le lui avait ordonné Galbatorix ! »
Un silence suivi ces paroles. Saphira voulut répliquer, mais elle semblait chercher ses mots.
« Je crois que c’était difficile pour lui aussi de te considérer comme un ennemi, après ce que vous avez traversé ensemble. Néanmoins, je pense que nous avons eu de la chance qu’il hésite cette fois-ci, mais je doute que cela se reproduise. C’est pourquoi tu dois mettre tes sentiments de côté à son égard, et ne penser qu’aux innocents qui souffrirons, s’il parvient à nous capturer : les Vardens tout d’abord, puis les populations d’Alagaësia, soumises au machiavélisme de Galbatorix… »
« Je sais… tu as sûrement raison… mais… »
La logique ne pouvait aider Eragon à trouver des arguments solides car les seuls qu’il avait lui venaient du cœur. Saphira compatit à sa souffrance et lui effleura l’épaule du bout du museau. Il la caressa, en signe de gratitude et contempla tristement les étoiles qui scintillaient dans le ciel.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 3   Sat 24 Mar - 14:30

Le reste de la nuit se déroula sans incident et ils repartirent à l’aube, alors que le soleil n’était pas encore levé. Ils virent les premiers rayons de l’astre sacré surgir à l’horizon du lac Tiidosten, qui se dressait sur leur gauche. Le ciel, teinté de rose pale, de bleu pure et d’orange flamboyant, offrait un spectacle fabuleux à cette hauteur. Katrina, pour qui c’était le premier vol éveillé, ne cessa pas de s’émerveiller de la vue. La sensation qu’elle avait de rêver depuis qu’elle s’était réveillée, s’était aggravée à l’instant où elle avait aperçu Saphira. Mais après force de persuasion, les deux cousins étaient parvenus à lui faire accepter l’idée que tout ceci était bien réel.
Assise derrière Roran, qu’elle serrait très fort par la taille, elle poussait régulièrement des exclamations en pointant le doigt le paysage en dessous d’eux. Mais elle ne conserva pas sa bonne humeur très longtemps. Au milieu des rugissements du vent qui sifflait à leurs oreilles, elle d’adressa autant à Roran qu’à Eragon :
- Où est mon père ? Qu’est-il devenu ? demanda-elle, hésitante.
Un long silence suivi cette question. Le malaise était palpable. Eragon sentait que l’incertitude était probablement pire pour la jeune fille que la vérité, alors il voulu parler, mais Roran prit les devants.
- Il est mort, dit-il froidement.
Eragon se retourna sur sa selle et le regarda. Ses yeux reflétaient la colère qui commençait à monter en lui. Derrière lui, Katrina avait les yeux grands ouverts de stupéfaction et des larmes ne tarderaient pas à suivre.
- Ce n’est pas la vérité…
- SI !
- Roran… tenta de le convaincre Eragon.
- NON ! Pour moi il est mort et je ne veux plus rien savoir de lui ! trancha Roran.
Eragon avait rarement vu son aîné aussi furieux.
- Que s’est-il passé ? demanda-elle.
Il hésita avant de poursuivre, de peur que le courroux de Roran s’abatte sur lui. Mais les yeux implorant de Katrina ne lui laissaient pas le choix. Avec un dernier regard à Roran, qui regardait droit devant lui, Eragon répondit lentement.
- Lorsque nous sommes venus te délivrer, nous n’avions pas prévu que Sloan serait là… Et Saphira aurait était incapable de transporter quatre personnes. Alors nous avons dû faire un choix…
- C’était nous ou lui ! Le choix a été rapide, intervint Roran.
- Lorsque nous sommes partis, repris Eragon, j’ai libéré les entraves de Sloan, mais il était inconscient, et j’ignore s’il a réussi à fuir après notre départ. Voilà où nous en sommes…
Katrina baissa la tête, les larmes aux yeux. Roran abandonna son air buté et la regarda.
- Mon amour, il ne méritait pas qu’on se sacrifie pour lui ! dit-il, d’une voix radoucie. Je ne sais pas si tu es au courant, car tout s’est passé si vite la nuit où tu as été enlevée, mais… il a tué Byrd et c’est lui qui nous a livré au Ra’zacs !
- Alors c’était ça… dit-elle après un long silence, sans révéler la tête. Il n’arrêtait pas de s’excuser dans les rares moments où nous étions seuls et en mesure de parler. Mais il refusait de dire pourquoi et je sentais que c’était grave.
Plus personne ne prononça un mot jusqu'à ce qu’ils atterrissent, pour déjeuner. Ils avaient alors presque atteint la ville Surdanaise de Lithgow. Après un repas hâtif, ils repartirent, empressés d’arriver le plus vite possible.
Saphira volait à bonne allure. Son corps commençait à s’habituer à la charge que représentaient les trois individus, et cela ne lui réclamait plus autant d’efforts.
Ils arrivèrent en vue de la grande cité d’Aberon au crépuscule. Aux yeux de Katrina, elle était monumentalement grande comparée au petit village de Caravall. Les habitations au centre de la cité était d’un style architectural recherché et les battisses étaient bien entretenues. Mais plus on s’éloignait du centre, plus les bâtiments avaient un aspect plus pauvre et étaient délabrés. Les constructions aux limites de la ville étaient quasiment des bidons villes, où des tentes et des logements faits de matériaux temporaires, étaient répartis de façon désordonnée. Des torches commençaient à s’allumer dans la ville et la faisait scintiller dans l’obscurité croissante.
Saphira repéra le palais à l’ouest de la capitale, et piqua vers le sol. Elle atterrit sur le grand terrain dégagé qui s’étendait devant l’entrée principal de la forteresse, où deux gardes armés étaient postés devant une gigantesque voûte, matérialisant l’entrée. Lorsque le petit groupe mit pied à terre et se dirigea vers eux, Saphira s’inquiéta de ne pas pouvoir les suivre, étant trop large pour pénétrer à l’intérieur.
« Prends garde à toi petit homme. Au moindre problème, appel moi et j’accourrai en quelques secondes. »
Eragon fit demi tour et revint vers sa monture.
« Quelles problèmes pourrais-je bien rencontrer ici, au siège de la rébellion des Vardens ? »
« La traîtrise à de nombreux visages… »
Eragon regarda Saphira, agacé par son goût pour les répliques énigmatiques. Il lui sourie, décidé à la taquiner en retour.
« Hé bien… tu n’as qu’à m’accompagner pour te rassurer, ironisa-t-il. »
Saphira poussa un grognement et de la fumée noire sortie de ses narines.
« Je serais plus rassurée si tu restes sur tes gardes et… »
« Oui, ne t’inquiète pas, coupa Eragon. »
« ET, insista Saphira, si tu prends l’épée de dragonnier avec toi ! »
Eragon hésita. Il avait déjà retourné dans sa tête l’idée de porter l’épée et il conservait un léger malaise, mais le regard insistant de Saphira ne lui laissait pas vraiment le choix. A contre cœur il détacha l’épée de la selle, où elle était fixée. Il s’aperçut soudain d’un élément auquel il n’avait pas encore songé. Il regarda Saphira, ennuyé.
« Heu… je te signal que je n’ai plus de fourreau, depuis que Murtagh m’a pris Zar’roc. Et celle-ci n’en avait pas... »
« Et alors ? Qu’est-ce que ça change ? »
« Hé bien, je me vois mal débarquer au palais, l’arme au point. C’est plutôt menaçant non ? »
« Au moins, personne ne songera à venir t’importuner, plaisanta Saphira. »
Eragon soupira et se résigna. Il n’aurait qu’à réclamer un fourreau dès qu’il aurait accès à une armurerie.
A quelques pas de là, Roran commençait à perdre patience face au dialogue silencieux d’Eragon et Saphira.
- Alors ? Tu viens ? Qu’est-ce que tu fabriques ?
Eragon se tourna vers eux, ayant oublié l’espace d’un instant leur présence.
- Oui ! J’arrive !
Il rejoint les autres, et ils avancèrent vers les deux gardes. Ces derniers étaient deux gaillards de forte carrure et ils portaient des uniformes sombres, sertis des emblèmes royaux de la couronne. Malgré leur apparence imposant le respect, ils paraissaient crispés, probablement à cause de la présence de Saphira, mais même s’ils tenaient leurs armes au repos, leurs mains tremblantes semblaient prêtes à dégainer au moindre incident.
Lorsqu’Eragon arriva à leur hauteur, il les salua.
- Je suis ici pour rencontrer Dame Nasuada, chef des Vardens. Pouvez-vous me conduire à elle ?
Les deux gardes se regardèrent, indécis.
- Heu… enfin… nous ne sommes pas autorisés à quitter nos postes, Tueur d’Ombre, répondit le plus robuste. Mais je suis convaincu que quelqu’un à l’intérieur du palais se fera une joie de vous conduire là où vous le souhaitez.
- D’accord, dit Eragon, surprit par la terreur qu’il inspirait à deux gardes, qui avaient deux têtes de plus que lui.
Il fit signe aux autres de le suivre et ensemble ils passèrent sous l’énorme arche, qui s’élevait plusieurs mètres au dessus d’eux. Ils empruntèrent une suite de couloirs, certains plus large que d’autres, mais tous richement décorés de statues et de tableaux magnifiques représentant des batailles et des chefs de guerre victorieux. Plus ils avançaient et plus ils s’étonnaient de ne rencontrer personne. A l’angle de l’un des couloirs, ils trouvèrent une petite cour, au centre de laquelle trônait une magnifique fontaine. Des bosquets de rosiers de toutes teintes, étaient plantés aux quatre coins de la cour pavée, rendant le lieu ravisant et apaisant. Des arcades entouraient la cour, et Eragon, Roran et Katrina se trouvaient sous l’arcade sud. Ne sachant trop où aller, ils s’engagèrent dans la cour, pour se rendre jusqu’aux arcades opposées.
- Eragon ! Que fais-tu ici ? dit une voix derrière eux.
Surpris, Eragon se retourna et reconnu Jörmundur, l’un des capitaines de Nasuada. Il vint à leur rencontre et salua amicalement le jeune homme.
- Quand est-tu arrivé ? demanda-il, un grand sourire aux lèvres.
- Il y a quelques minutes ! Je crois que je me suis perdu… je cherchais les appartements de Nasuada pour lui indiquer ma présence.
- Ho, oui bien sûr, effectivement il semble que tu te sois perdu, plaisanta Jörmundur.
Puis il se tourna vers Katrina et Roran, restés en retrait. Eragon s’aperçu qu’il n’avait pas fait les présentations.
- Heu, Jörmundur, je te présente Roran mon cousin (Le capitaine lui offrit une poignée de main solide) et sa fiancée, Katrina (Il baissa avec respect, la main de la jeune fille). Voici le capitaine Jörmundur de l’armée des Vardens.
- Enchanté, firent Katrina et Roran ensemble.
- Je vais vous conduire auprès de Nasuada.
Sans rien ajouter, il les mena à travers le palais, dans une direction opposé à celle qu’ils avaient suivi jusqu’ici.
- Pourquoi le palais est-il aussi vide ? l’interrogea Eragon. Nous n’avons croisé personne en venant et je me demandais si c’était normal…
- Non ça n’est pas comme ça d’habitude. Il y a des gardes un peu partout en temps normal, mais ils ont été réquisitionnés pour d’autres missions…
- Quel genre de mission ?
- Ramener l’ordre en ville. (Il se tourna vers Eragon, dont le regard était déconfis.) Ho rien de très grave je te rassure ! Juste quelques incidents qui commencent à devenir trop fréquents. Le prince a voulu y couper court en envoyant la garde du palais pour prêter mains forte aux gardiens de la cité. En réalité, la cohabitation entre les habitants de cette ville et les Vardens ne s’est pas déroulée aussi bien que nous l’avions espéré. Les Surdanais sont bien sûr favorable à la rébellion et jusqu’ici, ils nous ont fourni en vivre et apporté d’autres choses dont nous avions besoin. Mais nous accueillir parmi eux semble être… enfin c’est compliqué… conclu Jörmundur, ne voulant pas s’embarquer dans une explication longue et complexe.
Il garda le silence puis choisit de s’intéresser à Eragon pour changer de sujet.
- Belle épée ! s’exclama-il.
- Merci. Tu me fais d’ailleurs penser que j’aurais besoin d’un fourreau pour la transporter.
- Hé bien, dès que tu auras vu Nasuada, je te conduirai à l’armurerie. Tu y trouveras sûrement ton bonheur. (Il s’arrêta devant une porte gardée par deux soldats) Nous sommes arrivés.


A SUIVRE...
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 3   Mon 2 Apr - 1:25

Voici la suite et fin du chapitre 3 !

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Jörmundur fit signe aux gardes de s’écarter et il frappa deux coups à la porte. Une voix à l’intérieur les pria d’entrer.
- Eragon ! s’exclama Nasuada, comme je suis heureuse de te voir enfin de retour et saint et sauf.
Eragon remarqua immédiatement que Nasuada était encore plus épuisée que la dernière fois qu’il lui avait parlé. Et pourtant ils s’étaient quittés juste après une bataille épuisante. Elle avait des valises sous les yeux et un teins grisâtre. Cela devaient faire des jours qu’elle n’avait pas dormit. Eragon remarqua également que la jeune fille n’était pas seule. Un homme d’une vingtaine d’années, au regard fuyant et à l’air mal à l’aise, trônait dans la partie sombre de la pièce. Eragon eu l’impression d’avoir interrompu une conversation particulièrement sérieuse et désagréable.
- Tout s’est bien passé ? demanda Nasuada, vous n’avez pas eu de problèmes ? (Elle aperçu Katrina, qui se serrait fort contre Roran.) Je vois que tu as réussi ton sauvetage ! J’en suis heureuse !
Eragon hocha la tête. Curieux, il se tourna vers l’inconnu, désireux d’être présenté. Nasuada regarda tour à tour Eragon et l’inconnu, puis les autres occupant de la pièce. Elle hésita.
- Heu, Jörmundur, (Elle désigna Roran et Katrina) nos invités doivent être fatigués après un si long voyage. Soyez aimable de leur trouver des chambres pour qu’ils puissent se restaurer.
Eragon comprit que Nasuada désirait tenir l’identité de cet homme secrète et il s’indignait de voir qu’elle avait si peu confiance en Roran et Katrina.
Roran ne sembla pas s’en offusquer. A le voir, Eragon compris que pour l’heure, ce dont il avait le plus envie, c’était d’être seul avec sa fiancée.
Jörmundur approuva, pria les jeunes gens de le suivre et ferma la porte dernière lui. Nasuada invita Eragon à prendre un siège, qu’il accepta.
- Eragon, je te présente Hélios Zirken… Il réunit et analyse les informations que nous recevons de nos espions, disséminés en Alagaësia.
Eragon s’inclina légèrement pour le saluer, comprennent maintenant pourquoi Nasuada faisait tant de mystère à son sujet.
- Lorsque tu es arrivé, il me faisait son rapport sur les informations qui lui sont parvenus de Urû’baen. Hélios, je t’en pris continue, Eragon est quelqu’un de confiance.
Il hésita un instant, un regard soupçonneux tourné vers Eragon, puis il parla d’une voix tendu.
- Comme je vous le disais, je doute que pour l’instant nous ayons à nous soucier de ce qui reste de l’armée de Galbatorix. Ils ont pris position tout près de la ville de Feinster, au-delà du Jiet et ils semblent s’être installés, sans réelle intention de repartir pour un moment. Pour lors, avant de poursuivre sa guerre contre le Surda, Galbatorix doit s’occuper des troubles qui surviennent dans son propre pays.
- Quelles troubles ? demanda Nasuada, perplexe.
- Hé bien, le bruit s’est répandu dans les contrées alentours, que le Surda avait repoussé Galbatorix, grâce au nouveau Dragonnier. (Il jeta un bref coup d’œil à Eragon) Et cela donne des idées à certains. Ainsi, dans plusieurs villes et villages, des groupes d’habitants ont commencé à refuser de se plier aux exigences de l’Empire.
- Quelles sont ces exigences ? demanda Eragon.
Hélios se tourna vers Eragon et marqua une pause, détaillant attentivement le visage du jeune homme.
- Tu as vécu en Alagaësia, non ? Tu devrais donc savoir ce que réclame Galbatorix à son peuple, dit Hélios, d’une voix pleine de sous entendus.
- Oui j’y ai vécu, se défendit Eragon, mais mon village était trop éloigné au nord pour que Galbatorix y ait une grande emprise. Du moins jusqu'à ce que les Ra’zacs arrivent… Ils ont déduit notre maison et ont torturé et tué mon oncle. Aujourd’hui, Galbatorix a complément déduit le village où j’ai grandit et il ne reste plus rien !
Hélios observa encore Eragon, puis baissa les yeux et repris avec une voix plus douce.
- Je comprends… je m’excuse d’avoir insinué quoi que ce soit… Si tu veux tout savoir, reprit–il, l’Empire réclame aux paysans, une bonne partie de leurs récoltes, leur laissant à peine de quoi subsister et cela pour nourrir ses soldats. A ses autres sujets, il réclame des impôts écrasant et tous doivent fournir des hommes bien sûr. Depuis qu’il a entrepris d’écraser le Surda, et par la même occasion les Vardens, il recrute de gré ou de forces des hommes parmi la population. Ces hommes sont envoyés quelques semaines dans des camps d’entraînement, car la plupart sont des fermiers ou des commerçants et ne savent donc pas se battre. Ils apprennent le strict minimum pour tenir une arme et s’en servir et ils sont envoyés au front.
De la haine et de la rancœur se lisait dans les yeux d’Hélios. Ses mains se refermèrent sur les accoudoirs de son siège et ses phalanges blanchirent.
- Galbatorix ne compte pas vraiment sur l’habileté de ses soldats, mais plutôt sur leur nombre. Il sait que de toute façon, ce ne sont pas les soldats qui gagnent une guerre, mais les magiciens qui les protègent. Ils ne sont que de la chair à canon et n’ont aucune valeur pour lui. Pourtant, chacun d’eux à une famille : une mère, une femme ou des enfants qui attendent quelque part son retour.
Hélios garda la tête baissée, luttant pour contenir l’émotion qui le submergeait. Nasuada et Eragon lui laissèrent un instant pour se reprendre.
Au bout d’une longue minute, il releva la tête et poursuivi son rapport, impassible.
- Le phénomène de mutinerie, même s’il s’étend de plus en plus, reste encore mineur et il n’est question que de petits incidents… sauf à Belatona.
- Que s’est –il produit ? demanda Nasuada pour l’encouragé à poursuivre.
- Les habitants se sont presque ouvertement dressés contre l’Empire.
- Pourquoi faire cela ? Ils savent que cela peut leur attirer énormément d’ennuis !
- D’après ce que j’ai entendu, les habitants commençaient déjà à se plaindre des exigences de l’Empire et lorsque les soldats sont venus chercher des hommes pour la guerre, ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils ont chassé les soldats hors de la ville refusant de leur donner ce qu’ils étaient venus chercher. A présent, ils commencent à inciter les villages alentours à faire de même et à se révolter contre Galbatorix.
Après un silence marquant son inquiétude, Nasuada chercha ses mots.
- Ce qu’il fond là, bien que légitime est dangereux.
- Et plus encore que vous ne l’imaginez, repris Hélios. Galbatorix a eu vent de tout cela. Et il envisage maintenant des représailles !
- Contre Belatona ?? s’insurgea Nasuada. Mais il ne peut pas déduire une ville de cette taille ! Elle compte dans centaines, que dis-je, des milliers d’habitants. Ce serait un véritable carnage ! Sans compter le fait que Galbatorix ne pourra jamais dissimuler au peuple une telle boucherie sous des faux semblant et des prétendus attaques Urgals !
Hélios l’arrêta, une main levée et poursuivit.
- Il y a effectivement pensé et il semble avoir trouvé une alternative au problème.
- Qu’a-il en tête ?
- Ce que je m’apprête à vous dire est précisément la raison de ma présence ici. Des informations viennent de me parvenir il y a quelques heures, d’un de nos plus précieux espion, infiltré au sein même du palais de Galbatorix. D’après lui, Galbatorix est sur le point d’abattre un ou deux villages dans les alentours de Belatona, pour faire comprendre aux Belatoniens ce qui les attends s’ils n’abdiquent pas.
Nasuada s’affaissa sur son siège. Ses yeux reflétaient l’effroi qui l’habitait.
- La peur ! C’est tout ce que Galbatorix sait dispenser à son peuple, murmura-t-elle.
Eragon, qui avait gardé le silence jusqu’ici s’interrogea.
- Qu’entendez vous par « abattre un ou deux villages » ? Comment Galbatorix compte-il faire ça ? Avec son armée ?
Hélios se regarda Eragon, la mine sombre.
- A l’aide de son dragonnier… Grâce au souffle enflammé de son dragon, il ne lui faudra pas très longtemps pour raser un village… ou deux…
- Murtagh… murmura Eragon, sous le choque.
Un nouveau silence tomba. Chacun trop perturbé pour parler. Eragon releva la tête le premier.
- Je ne peux pas le laisser faire ça ! Je refuse de le laisser tuer tant d’innocents. Il ne ferait jamais ça s’il n’était pas sous l’emprise de Galbatorix. Je dois l’en empêcher !
Nasuada releva brusquement la tête.
- Je ne peux pas te laisser faire ça !
- Pourquoi ? dit Eragon se levant subitement sans s’en apercevoir.
- C’est trop dangereux ! répondit Nasuada, se levant également. Lors de ta dernière rencontre avec ton… frère… il t’a vaincu ! Et je refuse de prendre le risque de vous voir tomber, toi et Saphira entre ses mains. Vous êtes trop important !
- La dernière fois, il m’a battu parce que j’étais déjà épuisé par la bataille, dit Eragon agacé. Il a attendu que je m’épuise pour m’affronter ! Mais ça ne sera pas le cas cette fois-ci ! Je suis convaincu qu’en pleine possession de mes moyens je pourrai avoir le dessus.
En disant cela, il essayait lui-même de se convaincre de ses propres capacités. Mais il gardait toujours à l’esprit l’échec cuisant qu’il avait essuyé et surtout la sensation d’impuissance qu’il avait éprouvé face à son aîné.
Nasuada réfléchit un instant, pesant les arguments du jeune homme.
- Même si tu es convaincu de pouvoir y arriver, je ne peux pas prendre ce risque. Il t’a promis de ne plus faire preuve de clémence à ton égard et de te livrer à Galbatorix la prochaine fois qu’il te verrait. Je prends cette menace très au sérieux.
- Pourtant je ne vais pas pouvoir fuir devant lui toute ma vie ! Et puis nous parlons de la vie de centaine d’innocents ! Vous n’allez quand même pas rester là, les bras croisés, à les regarder se faire tuer, s’insurgea-t-il, allant de l’un à l’autre.
Le regard fuyant, ses deux interlocuteurs gardèrent le silence. Nasuada se dirigea vers la fenêtre et regarda la lune, qui commentait à s’élever dans le ciel. Elle revient vers son bureau et d’adressa à Hélios.
- Nous pourrions envoyer des hommes pour avertir les villageois de se mettre à l’abri, proposa-t-elle.
- Impossible ! répondit Hélios. L’information de cette attaque à mit du temps à me parvenir et le dragonnier devait quitter Urû’baen sous peu. Nous sommes bien plus loin que lui de Belatona et nos hommes, même monté sur les coursiers les plus rapides que nous ayons, ne parviendraient pas à temps là-bas.
Nasuada s’affaissa dans son siège, abattue et exténuée.
- Si je pars demain à l’aube, j’arriverai avant lui ! Nous venons de parcourir cette distance en deux jours, mais nous étions trois sur le dos de Saphira, alors que seul je serais bien plus rapide.
- Eragon… commença Nasuada, sur un ton fatigué.
- Je peux sauver ses gens, coupa Eragon, plein de détermination, et je suis sûrement le seul qui puise agir à l’heure qu’il est. Si vous ne me laissez pas agir, alors la seule chose qu’il vous restera à faire, c’est enterrer les morts dont vous serez responsable.
La ruse d’Eragon était de les faire culpabiliser pour qu’ils réagissent et cela semblait fonctionner, car leurs yeux à tous les deux étaient baissés vers le sol.
Un lourd silence suivi sa remarque. Nasuada se leva à nouveau et leur tourna le dos. Elle semblait en conflit intérieur avec elle-même et Eragon préféra ne pas intervenir, dans l’attente de sa décision.
Si ça ne tenait qu’à lui, il serait déjà en chemin pour Belatona, mais il n’était plus libre aujourd’hui d’aller ou bon lui semblait car il avait noué des alliances et promis des allégeances. Il ressentait à présent le poids de devoir s’en remettre à d’autres pour décider. Mais bonne ou mauvaise idée, il savait qu’au moment de nouer ses liens, il n’avait pas eu d’autres choix.
Nasuada se retourna vers eux et regard Eragon droit dans les yeux, comme pour le sonder.
- Si je te laisse y aller, tu te contenteras de prévenir les villageois ?
- Oui !
- Et tu ne chercheras pas à affronter ton frère ?
Eragon hésita. Comment pouvait-il promettre une telle chose ?
- Si il ne s’en prend à personne, je ne chercherai pas à le provoquer.
Elle continua de l’observer pendant un instant qui paru si long à Eragon, qui en devint mal à l’aise. Elle ferma les yeux et soupira longuement.
- Très bien ! Tu as ma permission pour aller prévenir les villages proches de Belatona du danger qui les menace.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 3   Mon 2 Apr - 1:26

A cet instant, une idée germa dans l’esprit d’Eragon et il se demanda si c’était réalisable. Il tenta d’envisager la manière de s’y prendre. Cela paraissait si compliqué et tellement fou, mais il devait quand même essayer de savoir si c’était possible avant de renoncer. Il préférera ne pas en parler à Nasuada avant de s’assurer de certaines choses.
Soudain quelqu’un frappa à la porte, les faisant sursauter.
- Entrez ! dit Nasuada.
Un jeune soldat passa la tête par l’entrebâillement de la porte, essoufflé.
- Dame Nasuada, le Roi Orrin vous prie de le rejoindre dans son bureau. Il souhaite vous parler de toute urgence.
- Très bien, j’arrive.
Le soldat acquiesça et referma la porte. Eragon jeta un regard inquiet à Nasuada, qui soupirait d’exaspération. Qu’y avait-il de si urgent pour que le Roi envoi quérir la Chef des Vardens. Cette dernière surprit le regard d’Eragon.
- Ne t’inquiet pas, je doute que ce soit si important ! Le Roi à un peut trop tendance à me faire appeler pour des broutilles sans intérêt. Mais je me dois de ne pas décevoir notre ôte. Alors si vous voulez bien m’excuser. (Elle se leva et se dirigea vers la porte. Elle se retourna avant de sortir) Hélios, merci pour votre rapport et tenez moi informée si de nouvelles informations vous parviennent. Eragon, je te verrai demain avant ton départ, pour l’instant, profite de ta soirée pour prendre un peu de repos. Veux-tu passer la nuit au palais ou désire tu être près de Saphira ?
- Je resterais près de Saphira, si cela de nous ne dérange pas.
- Très bien, alors je vais envoyer des hommes monter une tente à l’extérieur du château.
Elle ouvrit la porte et sortie, mais Eragon la rappellera.
- Au fait, je voulais savoir… Comment va Elva ? s’inquiéta-t-il.
- Hé bien, je n’ai pas eu de ses nouvelles, il faudra que tu aille voir Angela pour cela. Elle saura plus te renseigner que moi !
- Elle est toujours ici ?
- Oui, tu la trouvera dans l’aille ouest du palais.
« C’est parfait ! » s’enthousiasma Eragon, il avait justement besoin de la voir pour lui demander certaines choses.
- Je suis désolé je dois te laisser. Bonne soirée.
Elle s’éloigna dans le couloir éclairé par des torches, ses deux gardes du corps la suivant comme son ombre. Hélios aussi sortit du bureau et le salua avant de s’engager dans le couloir. Eragon le rattrapa, conscient qu’il était sûr de se perdre sans personne pour lui indiquer la direction à suivre.
- Hé attend moi ! Je suis un peu perdu dans ce palais immense…
- Je comprend, sourit Hélios, il est difficile de se repérer ici quand on ne connaît pas. Tous les couloirs se ressemblent.
- Oui exactement ! approuva Eragon. Pourrais-tu m’indiquer où se trouve l’armurerie ? Je dois me procurer un fourreau.
Il brandi l’épée qu’il tenait toujours à la main.
- C’est une belle arme que tu as là ! s’exclama Hélios, impressionné. Je peux ?
Eragon tendit l’épée à Hélios, qui l’observa avec attention. Ses doigts passèrent sur les symboles de la lame, puis sur la garde.
- C’est un vrai travail d’orfèvre ! J’en ai rarement vu d’aussi finement travaillée, dit-il, rendant l’épée.
Ils continuèrent à emprunter de longs corridors, tournant parfois à droite, parfois à gauche, mais descendant souvent une volée de marche pour atteindre les étages inférieurs. Une question brûlait les lèvres d’Eragon, mais il se demandait s’il était poli d’interroger son guide, se connaissant à peine. Il se décida, désireux de briser le silence.
- Je voulais savoir… heu, tout à l’heure… quand tu as parlé des exigences de l’Empire… tu avais l’air… enfin, tu semblait affecté par tout cela.
Hélios s’arrêta net et observa Eragon avec un regard indéchiffrable. Il reprit la marche sans rien dire. Eragon crut qu’il n’allait pas lui répondre et il se senti soudain idiot d’avoir posé la question. Mais Hélios se mit à parler d’une voix aussi faible qu’un murmure.
- J’ai grandi dans un village au sud de Gil’ead avec ma mère et mon petit frère. Nous n’étions pas du genre aisé et nous avons beaucoup souffert des exigences de l’Empire, qui nous prenait les maigres récoltes que nous semions. Un jour des soldats sont venus dans notre village pour recruter des hommes. Galbatorix avait lancé une campagne contre les vardens, qui commençaient à prendre une ampleur déplaisante à ses yeux. Il a donc réuni une petite armée pour les traquer et les débusquer. Je devais avoir dans les dix-huit ans et mon jeune frère venait à peine de fêter ses seize ans. Comme il avait atteint l’âge adulte, les soldats nous ont emmené tous les deux, sous les cris et les pleures désespérés de notre mère.
Hélios marqua une pause, pour retenir l’émotion qui le submergeait. Eragon était surprit de la franchise de son interlocuteur, mais il comprit que cela semblait être une libération pour lui de parler. A cause de son travail d’espion, il devait probablement avoir peu de conversation avec des personnes qui ne serait pas des ennemis. Il ralentit le pas et reprit, en regardant toujours le sol devant lui, comme s’il voyait les images de son passé resurgir devant ses yeux.
- Notre formation n’a duré que deux petites semaines, après lesquelles nous étions déjà envoyés en mission. Nous devions nous rendre dans le sud pour intercepter un groupe de personne soupçonné d’aider les Vardens, mais en chemin nous avons été attaqués par un groupe d’Urgals errant. Ils nous ont pris par surprise, en plein milieu de la nuit et beaucoup sont morts avant d’avoir pu se réveiller. Ce fut un véritable carnage… il y avait du sang partout et des corps déchiquetés jonchait le sol. Mon frère et moi avons combattu autant que nous le pouvions mais nous manquions cruellement d’expérience et nous n’avons rien pu faire.
Il s’arrêta soudain, comme incapable de continuer autant de marcher que de parler. Il vint lentement s’accouder à la rambarde de pierre, qui donnait sur le jardin à la fontaine. Il semblait avoir besoin de se retenir à quelque chose pour ne pas s’effondrer. Eragon le rejoint et resta silencieux, écoutant le léger crépitement de l’eau en dessous d’eux.
- Il est mort devant mes yeux sans que je puise agir, ayant moi-même été gravement blessé. A l’aube, il n’y avait plus personne. Les Urgals m’avaient laissé pour mort et j’ai bien cru l’être aussi. J’ai sombré dans un état de semi inconscience, pensant être déjà très loin de mon corps. Je me suis réveillé une semaine plus tard dans un camp de fortune. Les Vardens m’ont trouvé et m’ont soigné, sans même savoir qui j’étais. Ils ignoraient que nous étions venu pour les arrêter. Et même après que je leur eu révélé, ils ne m’ont pas abandonné. (Il se tourna vers Eragon, les yeux pleins de détermination). Ils ont pris soin de moi comme une seconde famille et depuis je combats à leur côté.
- Tu n’es jamais retourné chez toi ? demanda Eragon, hésitant.
- Si une fois, il y a très longtemps.
- Et qu’est devenue ta famille ?
- Je l’ignore. Quand je suis rentré dans mon village, plus d’un an après ma disparition ma mère n’y était plus. Des villageois m’ont dit qu’elle n’avait pas supporté la mort de… ses fils… et qu’elle avait quitté le village, peu de temps après.
- Tu ne sais pas ce qu’elle est devenue ?
- Non… Je l’ai cherché pendant des mois sans jamais retrouver sa trace.
- Eragon ! appela une voix dans leur dos.
Jörmundur arrivait dans le couloir sur leur gauche.
- J’ai croisé Nasuada en chemin et elle m’a dit que tu voulais dormir hors du palais. J’ai envoyer mes hommes monté une tente mais elle ne sera pas prête avant un moment. Tu veux aller manger un morceau en attendant ?
Avant qu’Eragon puisse répondre, Hélios prit le couloir opposé.
- Tu es entre de bonnes mains maintenant, alors je te laisse. Je suis content d’avoir fait ta connaissance Eragon et j’espère que nous serons amenés à nous revoir bientôt, dit-il, avec un signe de la main, disparaissant à l’angle du corridor.
Eragon le regarda partir, une boule dans la gorge. Il était encore ému par l’histoire d’Hélios et il se sentait impuissant de ne rien pouvoir faire, malgré ses pouvoirs, pour apaiser la souffrance des gens.
- Alors ? s’impatienta le capitaine.
- Heu… quoi ? Ha oui ! Heu… non, je voulais me rendre à l’armurerie, dit Eragon regardant son épée.
- Ho oui, c’est vrai ! Et bien nous n’en sommes pas très loin. Nous irons dîner après.
- Daccord… mais il faudra que tu m’indiques où se trouve l’aille ouest après ! J’ai quelqu’un à voir et c’est urgent !
Jörmundur approuva sans poser de question, et ils s’engagèrent dans la volée de marche qui descendait dans les profondeurs du château.

La chambre dans laquelle on les avaient installé était ravissante. Une lampe à huile éclairait les murs d’une couleur jaune pales, avec des tapisseries en guise de frise. Le lit à baldaquin abordait des rideaux de lin blanc brodé, assortis à ceux des fenêtres, qui ondulaient sous le léger courant d’air rafraîchissant qui entrait. Les meubles étaient taillés dans un bois précieux, du chêne probablement. Cette pièce, aussi luxueuse soit-elle, donnait l’agréable sensation de chaleur et de bien-être que l’on peut éprouver lorsqu’on est chez soi, bien au chaud, alors que l’orage gronde dehors.
Katrina s’y sentait bien, mais cette sensation n’était rien face au bonheur qu’elle éprouvait en en présence de Roran. Auprès de lui, elle se serait sentie chez elle n’importe où.
Roran entreprit de se débarrasser de ses vêtements de voyage crasseux. La personne qui avait préparé la chambre avait pris le soin de leur apporter des vêtements propres.
Lorsque Roran enleva sa chemise, Katrina aperçut sur le corps musclé du jeune homme, des blessures, qui n’étaient pas toutes cicatrisées. Elle grimaça à l’idée des souffrances que ses blessures avaient pu lui causer.
Elle, qui était restée près de la porte, s’approcha par derrière et lui caressa doucement l’épaule, à l’endroit où une énorme cicatrice allait de l’omoplate jusqu'à la clavicule. Il sursauta et se retourna.
- Ca te fait mal ? demanda-elle avec inquiétude.
- Plus maintenant, répondit-il avec un sourire.
Il saisit sa main et y déposa un baisé du bout des lèvres. Ce contact fit frissonner la jeune fille. N’y tenant plus, elle se serra très fort contre lui, comme si elle manquait d’air et qu’il représentait l’oxygène dont elle avait besoin. Il lui rendit son étreinte avec un grognement de satisfaction. Elle se sentait si bien au creux de ses bras. Il s’écarta un peu et l’obligea à le regarder.
- Je t’aime Katrina et je t’aimerai jusqu'à la fin de mes jours.
Elle éclata en sanglots et embrassa langoureusement le jeune homme. Elle le regarda à nouveau, lui prit la main et l’entraîna sur le lit. Elle l’allongea et lui donna un nouveau baisé.
- Tu es sûr que tu veux le faire ? murmura-il d’une voix douce. Je veux dire… après tout ce qui t’es arrivé…
Elle lui plaqua un index sur les lèvres et le regarda droit dans les yeux pendant un si long moment, que des larmes perlèrent à ses paupières.
- J’ai traversé l’enfer avec les Ra’zacs et quand ils me torturaient… la seule chose qui me permettait de tenir et de ne pas sombrer dans la folie, c’était le souvenir de notre étreinte cette nuit là, à Caravall… et l’espoir qu’un jour, je pourrai être à nouveau au creux de tes bras.
Elle ferma les yeux, laissant ses larmes couler le long de ses joues. Il essuya l’une d’elle avec son pouce. Elle rouvrit les yeux et vit que les siens débordaient d’amour. Il déposa un doux baisé sur son front et caressa ses cheveux ondulés. Il la fit lentement basculer sur le dos et se plaça au dessus d’elle pour l’embrasser dans le cou. Avec son autre main, il défit le chemisier de la jeune fille et glissa sa main sur son ventre. Ce contact procura à la jeune fille, un frisson incontrôlé qui remonta le long de son échine. Elle soupira de contentement. Elle releva légèrement la tête, plaça ses lèvres tout près de l’oreille de Roran et murmura.
- Je t’aime Roran.

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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 4   Sun 7 Oct - 1:14

Chapitre 4


Eragon passa une bonne demi heure avec Jörmundur dans l’armurerie, à la recherche d’un fourreau assez grand pour contenir sa longue épée. Après avoir parcouru la réserve d’armes des soldats, dont les épées étaient d’ordinaire assez courtes, l’armurier en chef consentit à les conduire dans la salle où étaient entreposées les armes des capitaines et du Roi. Eragon s’émerveilla des splendeurs qu’il découvrit. Des armures étincelantes aux armes redoutablement tranchantes, toutes reflétaient une certaine noblesse. L’armurier, un gaillard plutôt ronchonant et assez strict nommé Zéron, ne les autorisa qu’à observer sans toucher et se chargea lui-même de chercher un fourreau adapté. Il en sortie quelques-uns et jugea à vue d’œil, sans paraître satisfait. Avec un soupir de frustration, il se dirigea résigné vers une armoire au fond de la pièce. Quand il en revint, il avait entre les mains un grand fourreau de cuir noir, avec une attache tressée et sertie d’une boucle dorée. Il le tendit à Eragon, qui inséra l’épée dedans, constatant qu’elle coulissait parfaitement et qu’elle était juste à la bonne taille.
Zéron se renfrogna, marmonnant dans sa barbe.
- Quelque chose ne va pas ? demanda Eragon.
- Ce fourreau…
- Oui ?
- Il a appartenu au Roi Jasper Le Grand ! Et il est très précieux aux yeux des Aberoniens, dit-il mécontent.
Eragon considéra le fourreau avec un respect renouvelé. Puis, observant de nouveau Zéron, il comprit que c’était à lui que le fourreau allait manquer, plus qu’aux Aberoniens, peu désireux de voir une aussi belle pièce de sa collection être cédée à un inconnu.
- Si vous m’accordez l’honneur de porter ce fourreau, je vous promets de tout faire, maître Zéron, pour m’en rendre digne et rendre ainsi hommage à son précédent porteur : Le Roi Jasper Le Grand.
Eragon comprit en observant le regard brillant de Zéron, qu’il avait trouvé les mots justes.
- Allez va ! Prends la ! Après tout, elle sera sûrement plus utile sur toi que dans un placard.
- Merci, dit Eragon, inclinant légèrement la tête.
Il passa la ceinture à sa taille et la ferma avec la boucle, qui devait sûrement être en or. Saluant de nouveau le maître d’arme, les deux visiteurs sortirent.

Jörmundur conduit le dragonnier dans un petit salon où des domestiques leur apportèrent un repas comme Eragon n’en avait plus mangé depuis son séjour en Ellesméra. Des mets préparés avec talent, ne comportant pas de viande pour lui. Durant le repas, le capitaine se chargea de faire la conversation, lui racontant certaines anecdotes ou tout simplement les évènements qui faisaient son quotidien. Mais pendant une bonne partie du dîner, Eragon avait la tête ailleurs, ayant la désagréable sensation avoir oublié un détail important, comme s’il manquait quelque chose à ce décor. Alors que les domestiques débarrassaient les plats vides, Eragon se rappela soudain ce qui clochait.
- Où est Arya ?
Sa réaction fut si subite, qu’elle fit sursauter Jörmundur, qui s’étirait après le repas copieux qu’il venait d’avaler.
- Heu… elle n’est pas au palais. Je crois qu’elle a été envoyée en mission.
- Quelle mission ?
- Je l’ignore. (Réfléchissant, il ajouta) Maintenant que tu en parles, je me rappelle qu’elle a quitté brusquement le château à dos de cheval.
- Pour le compte de Nasuada ?
- Probablement…
Eragon s’en voulu un instant : depuis qu’il l’avait laissé sur le champ de bataille des plaines brûlantes, il n’avait plus repensé à elle. Pourquoi était-elle partie aussi rapidement ? Etait-ce pour s’éloigner le plus possible de lui avant qu’il ne revienne. Voulait-elle le fuir ?
« Non, ça doit être autre chose ! » essaya-il de se convaincre. « Après tout, elle a sûrement dû recevoir une mission comme l’a dit Jörmundur ! » Mais cette éventualité ne le rassurait pas plus, car elle impliquait aussi que l’elfe puisse être en danger, à l’heure actuelle.
Eragon tenta de chasser Arya de son esprit. Il avait des choses plus importantes à méditer et Angela allait sûrement lui être d’un grand secours.
Grâce aux instructions de Jörmundur, Eragon gagna l’aille ouest et trouva les appartements d’Angela. Lorsqu’il entra dans la pièce spacieuse, elle lui parut familière, car elle ressemblait beaucoup à la chambre qu’avait Angela à Tronjheim. L’herboriste arrivait toujours à envoûter les lieux dans lesquelles elle vivait, et elle les aménageait de la même façon, à sa convenance.
Le jeune homme la trouva assise sur une chaise à bascule, lisant un livre, Solembum sur ses genoux. Elle le pria de prendre un siège et de lui raconter comment s’était passé son sauvetage. Eragon lui narra son voyage, sans trop s’étendre. Angela comprit alors qu’il était venu la voir pour une raison précise et elle l’invita à s’exprimer. Avant d’aborder le sujet qui l’importait, il posa quand même la question pour laquelle il était venu ici à l’origine.
- Comment se porte Elva ?
Angela le fixa un long moment. Puis elle baissa les yeux sur l’encens qui brûlait sur la table basse, entre elle et Eragon. Le fin filet de fumé qui s’en échappait, volait en cercle concentrique vers le plafond avant de se dissiper.
- Hé bien… le désenchantement semble avoir fonctionné… Elva a cessé de grandir, et les visions semblent l’avoir quitté.
- C’est fantastique ! s’exclama Eragon.
Son sourire s’effaça devant l’expression sinistre de l’herboriste. Il retrouva son sérieux.
- Il s’est passé quelque chose d’autre ?
- Non, rien.
- Alors quoi ?
- Cette petite, bien que libérée de la malédiction, a vu des choses atroces et elle ne pourra jamais les oublier : elles seront encrées en elle et la hanteront jusqu'à la fin de sa vie. Je doute que cette pauvre enfant puisse un jour avoir une existence normale.
Eragon baissa la tête, incapable de parler, ayant une grosse boule au fond de la gorge. Il avait envie de pleurer tellement ces mots le touchaient, mais il fit de son mieux pour ne pas le laisser transparaître.
- Je vois que tu prends la mesure de ton erreur et j’espère que tu es prêt à en assumer les conséquences.
Eragon releva lentement la tête.
- Dites moi ce que je peux faire pour lui venir en aide !?
- Pour l’instant rien du tout, car tu as d’autres préoccupations bien plus importantes. Mais un jour viendra, où tu devras l’aider, et à ce moment là, tu ne devras pas te défiler !
- Je ferai tout ce que je pourrai, promit Eragon.
- Je l’espère… (Elle fixa Eragon d’un regard perçant) Mais tu n’es pas ici simplement pour prendre des nouvelles d’Elva, je me trompe ?
Eragon se ressaisit alors et se redressa sur son siège. Il exposa son idée à Angela qui l’écouta sans l’interrompre. De temps à autres, Solembum relevait la tête et regardait Eragon, sans pour autant s’adresser à lui. Quand il eut terminé, Angela resta silencieuse. Eragon se dit qu’elle devait le prendre pour un fou, mais elle ne laissa rien paraître si elle le pensait. Elle se leva, posant Solembum à terre et fit quelques pas vers une des plantes les plus imposantes de la pièce. Elle se pencha vers une fleur qui s’ouvrait à peine, et huma délicatement son parfum.
- C’est là une entreprise dangereuse, dit-elle sans quitter la fleur des yeux. Je ne te garantis pas que ça marchera. Et je ne suis même pas sûr que ce soit concevable…
- Mais vous m’aiderez à chercher une solution ?
Angela délaissa sa plante pour se tourna vers lui.
- Je veux bien t’aider, mais pour cela nous avons besoin d’informations… (Elle réfléchit pendant un instant) Je pense que vous pouvons commencer à chercher du côté des sous-sols de ce palais. Les Vardens ont commencé à y transférer une partie de leurs archives. Suis moi.
Elle prit l’un de ses châles et se dirigea vers la porte. Eragon la suivit mais s’arrêta sur le seuil, se retournant vers Solembum, qui s’étirait paresseusement sur le tapis.
- Solembum, je voulais te remercier ! J’ai bien trouvé l’arme là où tu me l’avais dit ! dit-il tapotant l’épée à son coté.
Le chat miaula puis détourna la tête et entreprit de faire sa toilette. Eragon lui jeta un dernier coup d’œil et sortit.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 4   Sun 7 Oct - 1:19

Angela et lui descendirent dans les sous-sols du château et y passèrent des heures à consulter différents documents, livres, parchemins et écrits très anciens. Au bout d’un moment, Saphira contacta Eragon mentalement, s’inquiétant de ne pas le voir venir. Il la rassura, lui promettant de revenir auprès d’elle, dès qu’il aurait terminé et il replongea dans ses lectures.
Angela et lui prenaient des notes de textes qui pouvaient être utiles. Eragon essaya autant que possible de rester concentré sur ce qu’il lisait, car il devait trouver quelque chose susceptible de l’aider, mais lire des textes aussi ennuyeux à la lumière tremblotante de la lampe à huile lui fatiguait les yeux et le faisait somnoler.
Vers minuit, Angela secoua Eragon et lui indiqua qu’elle avait trouvé ce qu’elle cherchait. Elle prit un gros volume poussiéreux et une pile de parchemins, et donna deux autres volumes à Eragon. Ensemble ils retournèrent à l’aile ouest. Le jeune homme baillait à s’en décrocher la mâchoire, mais il ne se plaignait pas pour autant. Quand ils entrèrent dans les appartements, il posa les livres sur la table basse, et s’assit attendant les instructions d’Angela. Elle étalait les volumes devant elle, les ouvrant à la bonne page. Elle s’adressa à lui, sans le regarder, plongée dans sa lecture.
- Tu peux y aller mon garçon. Je m’occuperai du reste, tu es ivre de fatigue.
- Non ça ira ! s’entêta Eragon.
Elle leva les yeux et le regarda.
- Il ne sert à rien que tu restes ici maintenant, dit-elle d’une voix douce. J’ai trouvé ce que je cherchais et je n’ai plus besoin de toi pour la suite. Tu as besoin de repos avant tout, alors va dormir.
Eragon abdiqua, trop épuisé pour argumenter. Il lui souhaita bonne nuit et se retira dans les couloirs mal éclairés du palais. Il traversa les longs corridors, comme s’il était dans un rêve étrange. La lueur des flambeaux faisait flotter des ombres menaçantes sur les murs. Le jeune homme essaya de les ignorer pour se concentrer sur la direction à prendre, sans se perdre à nouveau. Après quelques détours, il retrouva enfin la sortie du palais.
Les deux gardes étaient toujours là, présents au poste. Ils ne bronchèrent pas quand Eragon passa devant eux. Il traversa le terrain nu qui s’étendait devant l’entrée et repéra Saphira sur sa gauche, roulée en boule, près d’une tente. Quand il arriva à sa hauteur, elle leva la tête vers lui.
« Hé bien, il était temps ! s’exclama-elle. Qu’est-ce que tu faisais ? »
« Il est tard et je suis fatigué, dit-il passant devant elle pour aller dans la tente, lui caressant le cou au passage. Je te raconterai demain. »
Saphira le suivit du regard et ajouta l’œil brillant :
« Joli fourreau ! »
Eragon fit volte face et se rapprocha d’elle pour lui montrer de plus près l’étui, à la lueur de la lune naissante.
« Elle a appartenu au Roi Jasper Le Grand et j’ai promis au maître d’arme qui me l’a confié de m’en montrer digne. »
« Je suis convaincue que tu n’auras pas beaucoup de mal à tenir ta promesse, dit Saphira, les yeux pleins de fierté. Allez, va dormir. »
Elle le poussa affectueusement du museau en direction de la tente. Il se laissa entraîner jusqu’à l’entrée et à l’intérieur, il trouva une couche, un nécessaire de toilette et une chaise où reposaient des vêtements propres. Il prit à peine le temps de dénouer son épée et d’enlever son manteau et il se laissa tomber comme une masse sur la couche, tout habillé. Il se sentait si bien, allongé sur un lit moelleux, après toutes ces nuits passées à dormir sur des sols rocailleux et inconfortables, qu’il s’endormit presque instantanément.

Le tic tac entêtant de l’horloge, posée au-dessus de la cheminée, commençait à taper sur les nerfs de Nasuada, qui étaient déjà mis à rude épreuve. Elle leva les yeux vers l’objet de son irritation : la pendule indiquait trois heures quinze du matin.
« Le temps passe si vite quand on s’amuse ! » ironisa-elle.
Avec un soupir de frustration, elle reporta son attention sur les rapports entassés devant elle. Certains portaient sur les opérations militaires qui se déroulaient en Alagaësia, d’autres sur l’état des stocks de vivres, ou encore sur les incidents les plus graves s’étant produit entre des Aberoniens et des Vardens. Nasuada commençait à douter que sa décision de déplacer les Vardens jusqu’ici fut si bonne que cela. Elle s’était heurtée à beaucoup de résistances au moment de convaincre son peuple de la suivre, mais elle les avait persuadés que c’était le bon choix. Aujourd’hui le doute la minait.
Elle releva à nouveau les yeux des documents et bailla en s’étirant. Elle était si fatiguée… Elle n’aurait su dire depuis combien de temps elle n’avait pas pris un repos convenable. Il fallait pourtant qu’elle dorme, car elle ne tiendrait pas une nuit blanche de plus.
Elle se décida et se leva de son siège, laissant choir les rapports sur son bureau : les problèmes à résoudre ne trouveraient pas de solution ce soir de toute façon. Elle fit quelques pas dans la pièce pour dégourdir ses jambes lourdes. Elle s’approcha de la fenêtre pour laisser le léger courant d’air frais qui entrait lui caresser le visage. Cela réveilla un peu son esprit embrumé. Elle observa le paysage par la fenêtre, laissant ses yeux vagabonder dans l’obscurité. Elle distingua une grande ombre devant le palais et s’interrogea sur sa nature. Elle se souvint brusquement de Saphira et de la tente qui avait été installée près d’elle pour Eragon. Le savoir de retour la réconfortait. Le voir partir en chasse des Ra’zacs l’avait beaucoup inquiétée : il représentait tant pour les Vardens. Elle n’aimait toujours pas l’idée qu’il reparte à nouveau. Il était un atout majeur dans la guerre qui les opposait à l’Empire et sa présence suffisait à imposer le respect à son peuple. Elle avait espéré que son retour mettrait un peu d’ordre dans la discorde entre les deux ethnies. Ces querelles étaient si absurdes : ne combattaient-ils pas dans le même camp ?
Nasuada vacilla sur ses appuis. La tête lui tournait. Elle prit conscience qu’elle avait sauté le dîner. Elle attendit un instant que le sol se stabilise sous ses pieds et se décida enfin à quitter son bureau, soufflant la lampe au passage. Ses gardes du corps montaient toujours la garde devant la porte. Quand elle s’engagea dans le couloir, ils la suivirent sans poser de question. Elle descendit deux étages et arriva devant sa chambre. Elle eut quelques remords en pensant que pendant qu’elle prendrait un peu de repos, ses gardes resteraient là, toute la nuit, sans bouger, tels des statuts. Avant d’entrer elle ajouta sans se retourner.
- Bonne nuit messieurs.
Les deux hommes se raidirent, au garde à vous.
Une fois à l’intérieur, Nasuada poussa un long soupir de soulagement : quelle satisfaction de pouvoir abandonner quelques heures sa charge de chef des Vardens ! Elle se déshabilla et entreprit de prendre un bain. Elle était une des rares privilégiées à posséder une salle de bain privée. En temps normal, elle aurait dû appeler des domestiques pour amener de l’eau chaude, mais étant donné l’heure tardive, elle se refusait à les déranger. La grande bassine, tenant lieu de baignoire, était remplie d’eau non chauffée, mais vu la température ambiante, elle ne devait pas être très froide et un bain rafraîchissant, voilà ce que la jeune fille désirait le plus en cet instant.
Elle y passa un bon quart d’heure, ravie de se laisser aller à ne rien faire. Une fois séchée et habillée, elle se glissa dans les draps de son lit et éteignit la flamme de sa lampe de chevet. Blottie dans ses oreillers moelleux, elle n’eut pas le temps de penser à beaucoup de choses avant que le sommeil ne l’emporte.
Nasuada eut la désagréable sensation d’avoir à peine fermé les yeux, quand un bruit sourd la tira, malgré elle, de ses songes. Ouvrant avec peine les yeux, elle s’aperçut que le soleil émergeait déjà dans le ciel et que quelqu’un frappait à sa porte. Avec un grognement, elle se leva de son lit.
- J’arrive ! marmonna-elle, d’une voix rauque.
Elle passa un peignoir et ouvrit la porte. Un jeune soldat se tenait sur le seuil.
- Dame Nasuada, dit-il essoufflé comme s’il venait de courir, je suis désolé de vous déranger, mais c’est le Tueur d’Ombre qui m’envoie…
- Eragon ?
- Oui ma dame. Il m’a envoyé vous chercher, ne vous voyant pas arriver. Il est sur le point de partir.
- Mais quelle heure est-il ? demanda-elle, l’esprit encore embrumé.
- Il est huit heures passé, ma dame.
Nasuada écarquilla les yeux de surprise : elle ne s’était pas réveillée ! En temps normal, elle aurait dû être debout depuis plus d’une heure.
- Où est Eragon ?
- Il est à l’entrée du palais…
- Redescendez et dites lui que j’arrive tout de suite ! coupa Nasuada.
Elle claqua la porte au nez du soldat s’habilla. Passant une robe prise au hasard dans son armoire, elle se coiffa hâtivement et fit une toilette rapide. Elle sortie dix minutes plus tard, dévalant une volée de marches, les gardes du corps toujours sur ses talons. Lorsqu’elle arriva sous l’arche d’entrée, elle aperçut Eragon, chargeant deux sacs que lui tendait un commis de cuisine. Elle ralentit le pas et se passa une main dans les cheveux pour essayer de les lisser, n’ayant pas eu le temps de se coiffer convenablement. A mi-chemin, le jeune soldat qui l’avait réveillé passa précipitamment devant elle, et rejoignit Eragon au pas de course. Comment le bougre avait-il fait pour arriver après elle ? Avait-il traîné dans les couloirs, à faire autre chose que ce qu’elle l’avait envoyé faire ? A coup sûr !
Il remit un sac à Eragon, qui le chargea avec les autres.
- Je m’excuse d’être en retard… dit Nasuada, arrivant à sa hauteur. Alors, ça y est, tu es prêt à partir ?
- Oui, je voulais voir Roran avant d’y aller, mais il n’est pas encore réveillé… Vous lui expliquerez que j’ai dû partir…
- Oui je m’en chargerai.
Elle le regarda un instant, hésitant à le dissuader de partir. Elle n’avait pas envie de le laisser risquer sa vie de nouveau, mais il avait raison : des vies dépendaient de lui.
- Tu sais ce que tu as à faire ?
- Oui.
- J’ai préparé une carte des environs de Belatona, mais elle est dans mon bureau, je vais aller te la chercher, dit-elle se retournant pour partir.
- Ce n’est pas nécessaire, une simple description me suffira.
Nasuada se retourna et fit appel à sa mémoire visuelle pour se rappeler du plan qu’elle avait tracé la veille.
- Belatona se trouve à l’extrémité sud du lac Leona, sur la rive ouest de la rivière Jiet. J’ai compté trois villages à proximité de la cité (elle compta sur sa main, levant trois doigts avec les yeux au ciel, réfléchissant), mais l’un d’entre eux est trop éloigné à ouest pour que tu t’en soucies. Et puis nous savons que Murtagh arrivera de l’est et qu’il s’en prendra sûrement aux premiers villages qu’il trouvera sur sa route. (Elle abaissa un doigt). Il reste donc Arna et Trunt. (Elle abaissa ses mains et regarda Eragon dans les yeux) Arna est située sur la rive est du Jiet, ça sera donc le premier menacé par le danger. Trunt est situé au sud de Belatona, sur la rive ouest.
- D’accord ! dit Eragon, montant en selle.
- Voilà, je pense t’avoir dit tout ce que tu devais savoir… Prends bien soin de toi, et reviens nous vite !
- Je ferai aussi vite que possible ! assura Eragon, lui tournant le dos, prêt à décoller.
Il se ravisa et se retourna sur sa selle pour jeter un dernier regard à Nasuada.
- Heu… Il faudrait que tu passes voir Angela, elle veut te voir.
Saphira s’ébranla et décolla dans un tourbillon de poussière. Nasuada se protégea les yeux de la main et resta un moment là, à contempler la dragonne qui s’élevait dans les airs, jusqu’à ce qu’elle ne devienne plus qu’un minuscule point bleu à l’horizon.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 4   Sun 7 Oct - 1:20

Dans les cieux, Eragon contemplait la cité d’Aberon, qui s’éloignait d’eux. Saphira volait de plus en plus haut et à grande vitesse, ébouriffant les cheveux du garçon. Après l’air chaud et lourd soufflant dans la cité, il respirait à présent de l’air pur et frais à pleins poumons. Lorsqu’ils volaient à trois sur le dos de Saphira, elle ne pouvait pas voler si vite et si haut, mais là, retrouver cette sensation incroyable de liberté et de béatitude exaltait le jeune homme.
- Tu n’as pas été honnête avec elle ! lui reprocha Saphira.
- Je ne pouvais pas lui dire ! Elle le saura bien assez tôt ! se défendit-il.
Saphira se renfrogna.
- Mince !! s’exclama Eragon.
- Quoi !?
- J’ai oublié de lui demander où avait été envoyée Ayra ! Et quelle était sa mission pour les Vardens…
- Qu’est-ce qui te fais penser que Nasuada te l’aurait dit ? taquina Saphira.
- Je suis un membre important des Vardens, s’indigna Eragon, entrant sans s’en apercevoir dans le jeu de la dragonne. Et puis, pourquoi me le cacherait-elle ? Après tout, Arya est mon amie et si elle est en danger, j’ai le droit de le savoir !
Saphira ricana, crachant des volutes de fumée.
- Qu’est-ce qui te fait rire ? s’énerva Eragon.
- Toi ! Tu es si drôle !
- Quoi ?
- Tu te donnes tellement d’importance dès qu’il est question d’Arya, continua-elle, hilare. Tu es puérile.
- Bon ça suffit !
- D’accord, j’arrête. Pardonne moi, mais l’occasion était trop belle…
Eragon soupira. Après une minute de mauvaise humeur, il finit par sourire. En cet instant, il se sentait heureux en volant à une si haute altitude. Cela lui donnait l’impression d’avoir laissé en bas tous ses soucis et d’être libéré de la pression qu’il avait accumulée tout au long de ces derniers jours.

Ils volèrent toute la journée ne faisant qu’une pause à l’heure du déjeuner. Eragon avait la volonté de ne pas perdre de temps, car Murtagh avait l’avantage de la distance : il était plus près que lui. Eragon ne savait pas avec exactitude quand son frère devait quitter la capitale et il espérerait que la vitesse lui permettrait d’arriver avant lui. Il consentit tout de même à s’arrêter tard dans la nuit, pour quelques heures.
Il alluma un feu et fit cuire quelques pommes de terre, accompagnées d’un épi de maïs et de poivrons grillés à la broche. Pendant ce temps, Saphira le laissa pour aller chasser. Elle revint avec un énorme sanglier serré entre ses cros. Tous deux mangèrent en silence.
Après le dîner, Eragon sortit un sac des bas de selle et entreprit de lustrer son épée. Les symboles sur la lame le fascinaient toujours autant. Il s’attela ensuite aux flèches.
Tombant de fatigue, il termina ce qu’il faisait, il éteint le feu et vint se blottir contre la dragonne, qui était louvée sur une étendu d’herbe fraîche.

Quand ils repartirent, il faisait toujours sombre et ce n’était pas encore l’aube. Plus d’une heure après leur départ, ils virent le soleil se lever bien avant que ses rayons n’effleurent les plaines qui s’étendaient au dessous d’eux. Poussée par la joie d’être à nouveau seule, comme autrefois avec son dragonnier et la volonté des sauver des vies, la dragonne se montra particulièrement rapide dans les airs. Au point qu’à pleine vitesse, les contours du paysage devenaient flous pour Eragon.
Avant que le soleil n’ait atteint son zénith, ils dépassèrent les monts au pied desquels se trouvait la cité de Melian. C’est à cet instant qu’Eragon prit conscience de la rapidité avec laquelle la dragonne avait volé jusqu’ici. Normalement, il ne contait pas apercevoir ces monts avant la fin de l’après-midi. Ils avaient donc presque une demi journée d’avance par rapport au temps qu’ils avaient mis lors du voyage de retour avec Roran et Katrina. D’après ses calculs et en comptant avec la vitesse de Saphira, ils devraient arriver à destination en fin d’après-midi.
Content de cette avance, il consentit à faire une pause pour le déjeuner, histoire de laisser sa monture souffler un peu. Il partagea avec elle son enthousiasme, en la félicitant et la gratifiant de nombreux compliments. Elle s’en congratula fière d’elle-même.
Ils reprirent rapidement les airs, soucieux de ne pas perdre cette avance. La température élevée du sud, laissa place, à mesure qu’ils progressaient vers le nord, à un vent sec et plus froid. Ils eurent même droit à une averse en route, que Saphira évita en volant au dessus. Lorsqu’elle traversa le gros des nuages pour les survoler, Eragon sentit ses vêtements se couvrir de gouttelettes glacées. Il détestait traverser les nuages ainsi, mais ils n’avaient pas le choix : c’était ça ou la douche de la tempête en dessous d’eux. Quand ils émergèrent de cette purée de poix, Eragon revit l’astre sacré briller dans le ciel et laissa ses rayons et le vent sécher ses habits.
Ils volèrent ainsi à très haute altitude, pendant plus d’une heure. Saphira restait à ras des nuages, car lorsqu’elle montait trop haut, le jeune hommes manquait cruellement d’air et avait un mal fou à respirer.
Lorsqu’ils dépassèrent la perturbation, Saphira pu enfin redescendre, au grand soulagement d’Eragon. Cette satisfaction fut de court durée, car à peine avaient-ils rejoint le sol, frôlant les arbres clairsemés, qu’ils aperçurent au loin devant eux, des volutes de fumé noir, qui montaient haut dans le ciel. Ils étaient encore très loin et ils n’arrivaient à percevoir ce phénomène, que grâce à leur excellente vue.
Eragon n’eut pas besoin d’être plus près pour comprendre ce que cette fumé indiquait : quelque part devant eux, un énorme brasier consumait des matériaux solides telles que des habitations.
Saphira accéléra, sans avoir besoin des encouragements d’Eragon. Il baissa la tête, s’en voulant malgré leur efforts, de ne pas être arrivé avant l’attaque. Au dessous d’eux, quelque chose attira son attention, et lorsqu’il comprit ce que c’était, cela le glaça d’effroi. Ils venaient de dépasser un arbre gigantesque au diamètre impressionnant. Il n’y avait pas de doute possible. Comment avait été aussi stupide pour ne pas s’en rendre compte ? Prit d’une panique incontrôlable, Eragon poussa d’avantage sa monture.
- Vite dépêche toi !! Il faut arriver avant qu’il ne soit trop tard !!
- Je vais aussi vite que possible !
- Tu ne comprends pas ! ajouta Eragon désespéré, c’est elle ! Il s’agit de Darriah !
- Quoi ?
- Le village devant nous est le sien ! Nous venons de dépasser l’arbre Menoa.
Comprenant la cause de l’affolement du jeune homme, la dragonne donna son maximum, volant à pleine vitesse.
Lorsqu’ils approchèrent, Saphira ralentit, et se stabilisa au dessus du pont marquant l’entrée de la bourgade.
Dans le village, c’était la débandade : des gens criaient et courraient dans tous les sens, le toit en chaume de plusieurs maison brûlaient ardemment, des morts gisaient sur le sol, abandonnés…
Tournant la tête sur sa gauche, Eragon vit à l’orée de la ville, des hommes armés d’arc. Certains étaient en position, prêt à tirer, alors que d’autres courraient vers des endroits plus dégradés pour avoir une meilleure vue sur leur cible. Tous visaient le ciel. En suivant leur regard, Eragon l’aperçut : Thorn ! Monté par Murtagh.
Le dragonnier portait la même armure que le jour de la bataille des pleines brûlantes, avec sa visière baissé. Eragon espérait que masquer son visage aux autres, trahissait une certaine honte de la part du jeune homme, face aux atrocités qu’il était entrain de perpétrer.
Le dragon rouge, après un demi tour revint à la charge, fonçant sur les archers. Ces dernier, pris de panique, décochèrent une salve de flèche, dont la plupart n’atteignirent jamais leur cible : Thorn était encore trop loin et trop haut pour cela. Eragon comprit que ces archers n’étaient pas expérimentés, à leur tendance à s’emballer trop vite sous la pression.
Lorsque le dragon fut à leur hauteur, il s’empara de trois d’entre eux à l’aide de ses griffes acérées. Mais cette manoeuvre l’obligeant à descendre au sol, deux archers téméraires, qui étaient montés sur un toit, lui décochèrent deux flèches dans les ailles. Thorn hurla de douleur. « Le point sensible chez les dragons. » se rappellera Eragon.
Murtagh envoya valser les deux archers dans les airs à l’aide de sa magie, les laissant retomber lourdement au sol, plusieurs dizaine de mètres plus loin. Le dragon, surprit par cette attaque, lâcha ses proies et s’envola hors de la ville, probablement pour laisser son dragonnier panser ses blessures. Dans la cohue, ni lui ni Murtagh n’avaient aperçu Saphira et Eragon, et ce dernier voulu se lancer à sa poursuite, profitant de l’effet de surprise, quand Saphira attira son attention.
- Regarde, là, en bas !
Suivant son regard, Eragon aperçut, au milieu de la foule paniquée et des blessés gisant au sol, Darriah. Elle serrait une personne au creux de ses bras.
- Qu’est-ce qu’on fait ? On poursuit Murtagh ? Ou on descend voir ? demanda Saphira.
Indécis, Eragon eut une fraction de seconde pour choisir : Soit il poursuivait son frère profitant de la faiblesse temporaire de son dragon avant qu’il ne l’ai soigné, soit il utilisait le temps de cette guérison pour mettre Darriah en sécurité. Bien sûr, la première éventualité était la plus sûre, car en affrontant Murtagh à l’extérieur du village, les habitants ne seraient pas victimes des feux afférents à la bataille… Mais Eragon choisie contre toutes raisons de sauver Darriah.
Même si Saphira pensait que ce n’était pas le meilleur choix, elle ne prit pas la peine de discuter et descendit en piquet, vers la jeune femme. Dès que elle atterrit, Eragon se jeta au sol et courut vers Darriah. Elle était en larmes et berçait dans ses bras une femme plus âgée, reposant sur le sol, inerte. La malheureuse avait le crâne couvert de sang, son bras droit formait un angle inquiétant et son corps était couvert de brûlures plus ou moins graves.
- Darriah ! cria Eragon, se frayant un chemin au milieu de la foule.
Relevant légèrement la tête dans sa direction, elle l’aperçut et elle pleura de plus belle.
- Eragon ! (Il arriva auprès d’elle) Tu es là ! Tu es revenu ! dit-elle au milieu de ses sanglots.
- Oui je suis là ! Que s’est-il passé ? (Il se pencha sur la femme étendue au sol) Qui est-ce ?
Darriah tremblait de tous ses membres. Ses vêtements était noircies et déchirés par endroits. Elle portait des traces de coups, comme si elle avait été prise sous un effondrement.
- C’est… c’est ma mère… elle… on était à la maison quand l’attaque a commencé… on a entendu des hurlements dehors… et le toit s’est embrasé… tout s’est passé si vite… après quelque secondes ce sont les poutres qui ont cédées sous la violence de l’incendie… Elle… elle était en dessous et…et… j’ai rien pu faire… J’étais coincé moi aussi… ma jambe… (Elle désigna sa jambe droite, qui saignait.) J’ai essayé de me dégager le plus vite possible… mais…
Eragon examina le corps à moitié calciné. Il observa Darriah avec un regard désolé.
- Darriah, il est trop tard pour elle. Tu ne peux plus rien faire.
Darriah, qui avait cessé de pleurer, abaissa des yeux abattus sur sa mère. Même si elle savait que c’était terminé, l’entendre dire à voix haute, semblait lui avoir porté le coup de grâce.
« Eragon ! Le temps presse ! lui rappellera Saphira. »
- Il faut que tu te mettes à l’abri ! Ne reste pas ici, c’est trop dangereux ! dit Eragon avec empressement. (Darriah le regarda, sans avoir de réaction.) Allez !
Elle baissa la tête et la releva lentement.
- Je ne peux pas marcher… ma jambe… murmura-elle, lentement toujours sous le choc.
Eragon réfléchit à toute vitesse. Saphira avait raison ! Ils devaient y aller rapidement. Mais ils ne pouvaient pas laisser Darriah ici… S’il échouait avec Murtagh, alors ils reviendrait à la charge et détruirait tout le village. Prennent la décision, il saisit Darriah par le bras pour l’aider à se relever.
- Tu viens avec nous !
- Quoi ? firent en cœur Saphira et Darriah.
- Oui ! Tu ne peux pas fuir et je refuse de te laisser ici ! Monte en selle avec moi, et je te déposerai à l’extérieur du village en sécurité.
- Non… ma mère… elle…
Le temps pressait.
- Darriah, coupa Eragon, elle est morte et rien ne la fera revenir ! Je suis sûr qu’elle ne voudrait pas que tu meures pour rester auprès elle ! Alors viens !
Il la tira par le bras, la soutenant pour l’aider à marcher. Elle opposa une légère résistance, regardant désespérément le cadavre de sa mère, puis se détourna et se laissa guider par Eragon.
« Est-ce qu’on aura le temps de la déposer avant que Murtagh ne reviennent ? » demanda Eragon à sa monture avec un regard suppliant.
Avec un soupire la dragonne répondit : « J’en doute, mais je crains que tu ne me laisse pas le choix… Allez ! En selle ! »
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 4   Sun 7 Oct - 1:22

Eragon aidait Darriah à se hisser, quand il entendit un battement d’aille caractéristique, qui se rapprochait.
- Mince… Vite ! cria-il.
Il se hissa à son tour et Saphira décolla. Trop tard pour l’effet de surprise ! Murtagh arrivait juste en face d’eux, par le nord. Trop tard aussi pour déposer Darriah.
Les apercevant, leurs assaillants foncèrent droit sur eux. Saphira monta à la charge elle aussi, décidée à en découdre avec Thorn.
Eragon vit Murtagh retirer son casque, prêt à se battre à visage découvert.
- Darriah ! Accroche toi bien ! Ca va secouer ! lui cria Eragon, sa voix trahissant une centaine panique. (Il lui désigna l’une des lanière en cuire de la selle, sur sa gauche) Enroule ta jambe valide atour de ce harnais ! Et accroche toi fort à moi, mais de façon à me laisser la mobilité de mes bras.
Elle s’exécuta, secouant frénétiquement la tête. Eragon enroula sa jambe droite autour de l’autre sangle, espérant que Darriah l’agripperait suffisamment fort, pour l’empêché de basculer sur le côté gauche en cas d’embardée. Si la secousse viendrait de droite, alors c’est lui qui devrait assurer leur stabilité à tous les deux. Il dégagea ensuite son carquois rempli de flèches pour le mettre à porté de main, et empoigna son arc.
« Accrochez vous. » ordonna Saphira, froidement, concentrée sur sa tâche.
« Nous sommes prêt ! Montre lui ce que tu as dans le ventre. Je m’occupe de Murtagh. »
La distance était suffisante à présent. Eragon abaissa les barrières mentales de son esprit et chargea avec toute la volonté qui l’habitait, l’esprit de Murtagh. Il fut confronté comme il s’y attendait à un mur infranchissable. Il rechercha une brèche pour percer les défenses de son frère, mais rien n’y faisait : il était plus doué que lui pour fermer son esprit. Il persévéra jusqu'à ce que Saphira et Thorn entrent en collision. Le choc fut d’une violence terrible. Eragon et Darriah, projetés en avant, réussirent à rester en selle, mais seulement grâce aux sangles qui retenaient leurs jambes. Ces dernières crissèrent tellement sous la pression à laquelle elles étaient soumises, qu’Eragon su qu’elles ne tiendraient plus très longtemps.
Saphira joua sauvagement de ses griffes et ses cros contre Thorn, qui lui rendit la pareille, avec autant de violence. Battant frénétiquement de la queue pour blesser l’autre, les deux dragons s’entortillèrent en tombant vers le sol, jusqu’au dernier instant où ils se séparèrent pour battre rageusement des ailes et ainsi regagner de l’altitude.
Cette manœuvre permit à Eragon d’attaquer à nouveau Murtagh. Mais avant de l’avoir atteint, c’est lui qui fut la cible de son frère. La pression exercée sur son esprit était terrible. Des larmes lui montèrent aux yeux à cause de la douleur que cela provoquait. Il résista autant qu’il le put, et en désespoir de cause, il appela Saphira à son secours. La dragonne mêla instantanément son esprit au sien et ensemble, ils tentèrent de repousser l’assaut mental. Gêné par cette nouvelle résistance, Murtagh agit en conséquence et l’attaque suivante fut bien plus redoutable, lui-même ayant fait appel à la force de Thorn.
Comme Brom lui avait appris, Eragon se concentra sur une image précise et écarta de son esprit tous le reste. Etrangement, la première image qui lui vint, fut celle du grand arbre Menoa, celui où il avait trouvé l’épée. Il ne savait pas trop pourquoi, mais voir cet arbre si majestueux, lui procurait un certain calme intérieur.
La pression exercée par Murtagh cessa à l’instant où Saphira repassa à l’attaque, mordant l’aille droite de Thorn. La bête hurla de douleur et tourna sa gueule ouverte vers Saphira. Des flammes gigantesques en jaillirent, fonçant droit sur Eragon. Il vit venir la manœuvre mortelle, mais venant à peine de repousser l’assaut mental, il ne l’évita qu’une fraction de seconde avant que les flammes ne le touchent. Il sentit tout de même la chaleur lui roussir les sourcils.
Saphira fit une embardée vers la droite pour éviter un second jet de flamme. Elle pivota sur elle-même, et cracha à son tour un long jet de feu puissant. Thorn tenta d’éviter l’attaque en piquant vers le sol, mais Saphira le suivie et c’est Murtagh qui dévia les flammes avec son pouvoir, au dernier instant.
Profitant de cette occasion, Eragon lança une nouvelle offensive mentale vers Murtagh, appuyée cette fois-ci par Saphira. Chaque fibre de leur être se mobilisa pour percer ses défenses. Ils repérèrent une infime brèche et s’y engouffrèrent férocement. Ils auraient dû prendre leur temps pour pénétrer plus consciencieusement dans l’esprit du dragonnier afin d’en prendre le contrôle, mais ils n’avaient pas le temps d’agir ainsi. Et puis tout ce qu’ils voulaient, c’était semer le désordre dans l’esprit du jeune homme, pas le contrôler.
Une fois sa mission accomplie, Eragon se retirera de l’esprit de son aîné, avant que celui-ci ne riposte. Il saisit aussitôt une flèche et l’encocha. Visant Murtagh, il tira dès qu’il aperçu sa cible. Incapable de riposter avec ses pouvoirs, son frère n’évita la flèche que grâce à un écart soudain de Thorn sur la gauche. La seconde flèche passa à un cheveux du dragonnier, mais alla quand même se ficher dans l’une des ailles de Thorn. Fou de rage, le dragon rouge cracha un long jet de flamme, qu’Eragon dévia sans difficultés.
Il tira d’autres flèches, mais les suivantes furent écartées par Murtagh, qui avait retrouvé le contrôle de son esprit et de ses pouvoirs.
Saphira portait sur son dos une personne de plus que Thorn, mais elle était plus massive que lui, et cet handicap n’en n’était pas vraiment un. Les deux dragons s’agrippèrent à nouveau l’un à l’autre, essayant de déchiqueter et d’éventrer ce qui était à leurs portées.
Lors de leur première bataille au dessus des plaines brûlantes, les deux dragons étaient chacun protégé par une armure, mais ils n’en portaient pas aujourd’hui et chacun infligea de graves blessures à l’autre.
Ils se battirent ainsi durant plusieurs minutes, jusqu'à ce que, à bout de force et se tordant de douleur, ils tombent en piquet vers le sol, en tourbillonnant.
Saphira lutta avec ses dernières forces pour stopper la chute vertigineuse, mais elle ne réussit qu’à la ralentir. Lorsqu’elle heurta le sol, Eragon et Darriah furent désarçonnés, les harnais de sécurité ayant cédé à la violence du choc.
Assommé, Eragon essaya de se relever, regardant autour de lui : les sacs de la selle étaient répandu sur le sol et son arc gisait non loin de lui, près du carquois de flèche, éparpillé sur le sol. Tournant la tête de l’autre coté, il vit Darriah étendue à terre, inconsciente. Quand il voulut se révéler en s’appuya sur un coude, son épaule droite le fit atrocement souffrir. Au point qu’il se laisse retomber, laissant la douleur s’apaiser lentement. Il essaya de mesurer la gravité de sa blessure : au mieux, il avait l’épaule démise, au pire, sa clavicule était brisée. Serrant les dents, il attendit patiemment que la douleur devienne supportable.
Pendant ce temps, Thorn, qui s’était aussi écrasé, hurla de douleur à cause des multiples blessures qui parcouraient son corps. Murtagh avait réussi à rester en selle. Il sauta à terre et, titubant, il entreprit aussitôt de soulager sa monture. Il guérit rapidement les ailles blessées de son dragon, puis son ventre lacéré de profondes entailles.
Eragon réussit enfin s’assoire au moment où Murtagh fonçait sur lui, l’arme au point. Il dégaina en un éclair la lame bleue de sa main gauche, et se protégea le visage à l’instant où son adversaire abattait son épée. Les lames bleu et rouge s’entrechoquèrent, produisant des étincelles.
Eragon fit un énorme croche-pied à son frère, qui bascula au sol. Il en profita pour se relever à son tour, avec une grimace de douleur. Il ne pouvait pas bouger son bras droit, alors il le laissa choir le long de son corps, et empoigna fermement son épée de la main gauche, étant aussi habile de l’une que de l’autre. Il jeta un rapide coup d’œil à Saphira qui suffoquait sur le sol à dix pas. Elle le regarda aussi, l’encourageant à ne pas s’occuper d’elle et à combattre.
Conscient d’être seul à présent, Eragon regarda Murtagh rouler sur le dos et se relever brusquement. Face à face, les deux frères se regardèrent fixement, droit dans les yeux. Le regard de l’aîné dévia un instant sur l’épée bleue.
- Belle arme ! Mais elle ne te sauvera pas malheureusement !
Eragon voyait en face son frère pour la première fois depuis le début du combat. Il vit ses yeux briller de colère. Ce regard dans lequel il s’était si souvent reconnu, était aujourd’hui étranger à tout ce qu’il connaissait, et l’effrayait même à présent. Où était donc passé le Murtagh qu’il avait connu et aimé jadis ?
- Pourquoi es-tu venu ici ? Pourquoi ce massacre ? Ces gens ne t’ont rien fait ! s’énerva Eragon.
- Je pourrais te retourner la question… répondit Murtagh. Comment savais-tu que je serai ici aujourd’hui ?
Eragon réfléchit à toute vitesse : il ne devait pas trahir la présence des espions d’Hélios au sein du palais de Galbatorix.
- Je ne le savais pas, mentit-il, j’étais dans les parages pour une autre affaire, quand je t’ai vu passer.
- Menteur ! Quelle affaire pouvait bien t’amener si loin de tes « amis » en temps de guerre ?
- Les Ra’zacs ! répondit-il, sans hésiter.
Après tout, c’était très plausible ! Il était à ce même endroit quelques jours plus tôt, après le sauvetage de Katrina.
- Les Ra’zacs ne sont pas dans la région et tu le sais !
- Effectivement… mais je n’avais pas encore atteint Helgrind quand je t’ai vu.
Cette réponse sembla convaincre son frère car il n’ajouta rien à ce sujet.
- Et toi alors ? reprit Eragon, pourquoi fais-tu cela ?
- Ca ne te regarde pas !
- Le Murtagh que je connais n’aurait jamais massacré des innocents sans défense.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles ! répondit Murtagh, ébranlé. Tu n’as pas idée de ce que j’ai subi avant de venir ici… Tu… (Il respira profondément pour retrouver son calme) Tu ferais mieux de considérer que la personne que tu as connue n’existe plus ! répondit-il avec un regard évasif. Ca facilitera les choses pour tous les deux. (Il releva les yeux, déterminé) Je t’avais dit que si tu croisais à nouveau ma route, je ne te laisserais pas filer. Quand tu m’as aperçu, tu aurais mieux fait de passer ton chemin.
- Pour que je te laisse décimer ce village en paix ?
- Ce village est perdu de toute façon ! Tu aurais mieux fait de sauver ta peau. Maintenant tu ne me laisses pas le choix. Je suis contraint de te ramener à Galbatorix.
Murtagh parlait d’une voix détachée, comme s’il essayait de prendre de la distance avec ce qu’il allait devoir faire. Eragon en eut la chair de poule : s’il n’arrivait pas a raisonner son frère, alors il était perdu.
- Pourquoi ? demanda Eragon d’une voix désespérée. Pourquoi devons nous nous affronter ainsi ? (Murtagh resta de marbre) Nous sommes frère, Murtagh ! Et même si j’ai eu du mal à l’accepter, aujourd’hui je ne peux que me rendre à l’évidence : j’ai un frère ! Et j’aurais tant aimé en être fier… mais Galbatorix a réussi à nous séparer… C’est un vrai tyran, et je ne comprends pas que tu puisses adhérer à ses idées !
Eragon se sentait plus léger d’avoir prononcer ces mots, qu’il avait tellement de fois répété dans sa tête, désirant révéler à son frère l’importance qu’il avait à ses yeux.
- Toutes ne sont pas si mauvaises… Il a de grands projets, tu sais ! Et si tu te joints à nous, il te réservera une place l’honneur dans le nouveau monde qu’il est en train de créer. Rejoins moi et ensemble nous pourrons débarrasser le monde des Vardens. Ils sont la gangrène de l’Empire.
- Comment peux-tu dire une chose pareille après avoir combattu à leurs côtés ? s’indigna Eragon.
Murtagh garda un instant le silence. Il jeta un regard noir à Eragon avant de reprendre.
- Je m’étais égaré du chemin… Mais Galbatorix m’a pardonné mon erreur et m’a accueilli auprès de lui.
Il parlait sans grande conviction, comme s’il essayait de se convaincre lui-même. Eragon éclata d’un rire sans joie.
- Ho oui ! Effectivement ! Il t’a accueilli, mais je présume qu’il ne t’a pleinement pardonné qu’à l’instant où l’œuf à éclot pour toi ! Je me trompe ? (Murtagh garda le silence) Bien sûr que j’ai raison ! Et que t’a-il fait subir avant cela ? Il a dut te faire tellement souffrir, que tu n’arrivais plus à différencier tes ennemis de tes amis.
- Je l’ai trahi, répondit-il lentement en baissant sa tête, en fuyant sa demeure et en me joignant à ses ennemis… Ma punition était méritée.
- Méritée ?? explosa Eragon, en hurlant. Tu as tenté de retrouver ta liberté et il t’a puni pour ça ! Rien de ce qu’il a pu te faire ou de ce qu’il te fait en ce moment n’est mérité !!
Murtagh ne releva pas la tête, incapable de croiser le regard de son cadet. Eragon jugea cette hésitation encourageante. Restait-il encore de l’espoir pour lui ?
Sans prévenir, Murtagh se mit à rire, comme un dément.
- Pourquoi j’écoute tes jérémiades ?
- Parce que je dis la vérité ! se défendit Eragon. Ecoute moi…
- NON ! CA SUFFIT ! cria Murtagh, chargeant avec son épée.
Il essaya d’atteindre le bras blessé d’Eragon, qui para le coup avec sa lame, reculant de quelques pas. Jugeant la discussion terminée, il ne tenta pas d’ajouter quoi que ce soit, et se concentra sur la nouvelle attaque qui visait à présent son abdomen.
Un combat sans merci s’engagera, faisant raisonner dans la clairière, des sons métalliques stridents.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 4   Sun 7 Oct - 1:23

Il luttèrent ainsi pendant des minutes interminables, ripostant chacun aux attaques de l’autre. Bien que le bras d’Eragon le fasse souffrir à chaque mouvement, l’obligeant à serrer les dents, ils lutta avec fougue de la main gauche, sans pour autant être diminué face à son frère.
Depuis leurs combats amicaux, du temps où ils voyageaient ensemble, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et chacun avait progressé de son côté. Mais même ainsi, aucun des adversaires n’arrivait à prendre l’avantage sur l’autre.
Jusqu’ici, Murtagh s’était contenté de combattre à l’épée sans utiliser la magie, ayant confiance en Zar’roc pour vaincre son précédent processeur.
De son côté, Eragon n’utilisa pas non plus ses pouvoirs, sachant que Murtagh était plus puissant que lui dans ce domaine, et que si lui, commençait à jeter des sorts, son frère riposterait et il ne saurait pas y faire face.
Ce combat, dans les règles de l’art, impressionna Eragon, qui ne croyait plus son aîné capable de l’affronter, sans recourir à des moyens déloyaux. Mais cela ne l’empêchait pas de considérer cette lutte pour ce qu’elle était : une bataille sérieuse, où l’issue pouvait être sa mort ou pire encore, sa liberté et celle de Saphira livrée à Galbatorix.
Eragon recourut à toutes les feintes qu’il connaissait, mais aucune d’elles n’eurent de succès. Murtagh les connaissait et savait les parer. Alors il décida de se montrer imprévisible, car ses propres techniques de combat étaient entrain de jouer contre lui. Il combina ainsi certains mouvements d’attaque avec des enchaînements téméraires, qu’il n’aurait pas osé en temps normal. Ces réactions surprirent Murtagh, qui tenta d’y parer, mais Eragon était trop rapide et inattendu, pour laisser son frère riposter. En quelques assauts, il réussit à désarmer Murtagh et à le mettre au sol.
Son aîné affichait une expression de fureur intense. La défaite ne lui allait pas du tout. Eragon dirigeait sur le cou de Murtagh, la pointe de sa lame pour l’empêcher de se relever. Malgré son apparente satisfaction, il avait peur de ce que Murtagh allait faire à présent.
Soudain, sans prévenir, Murtagh leva sa main droite, et Eragon eut juste le temps d’apercevoir la paume de son frère briller avant d’être projeté dans les airs. Il atterrit lourdement sur le sol, dix mètres plus loin. Cette chute raviva la souffrance dans son épaule, lui arrachant un cri de douleur. Il essaya de faire appel à ses pouvoirs pour pénétrer à nouveau l’esprit de Murtagh, mais ce dernier ne se laissa pas prendre une deuxième fois. Même avec l’aide de Saphira qui joignit son esprit au sien, rien n’y fit : le mur de son esprit était infranchissable.
En désespoir de cause, Eragon lança un sort à Murtagh, qui réussit sans difficulté à le contrer en ripostant. A présent, Eragon était paralysé par le sort. Il avait une atroce sensation de « déjà vu ». Il fallait à tout prix qu’il se sorte de là ! Pourquoi rien n’avait fonctionné comme prévu ? Il était à la merci de son frère diabolique et maintenant il allait connaître mille tourments sous la joute de son pire ennemi : Galbatorix.
Murtagh s’approcha de lui lentement, profitant de sa victoire déloyale.
- Je t’avais bien dit que ton épée ne te sauverait pas, dit-il avec un sourire sur les lèvres.
Le corps d’Eragon était paralysé, mais sa tête pouvait encore remuer.
- Tu es un lâche ! Je t’ai battu en combat loyal et tu refuses de t’avouer vaincu.
Le sourire disparut du visage de Murtagh, remplacé par un air d’agacement.
- J’ai voulu savoir si tu pouvais avoir le dessus sur moi en escrime. J’ai eu ma réponse et je te promets que j’aurais un jour ma revanche en m’entraînant davantage ! Mais en magie, jamais tu ne m’égaleras !
Ce fut au tour de Murtagh de placer la pointe de Zac’roc sur la gorge d’Eragon.
- Je te tiens à présent, et Galbatorix sera très fier de moi, quand il verra ce que j’ai pris dans mes filets.
Eragon, au comble du désespoir, sentit une larme coula le long de sa joue.
- Tu pleures ? Pourquoi donc ? Galbatorix te fait-il si peur que cela ?
- Ce n’est pas ça !
- Alors quoi ?
- Je suis maintenant forcé de constater que mon meilleur ami est mort dans les tunnels de Farthen Dûr. Et que jamais plus je ne le reverrai… (Sa voix mourut.)
Murtagh abaissa son épée. Eragon vit une ombre passer sur son visage. Il semblait livrer une lutte intérieure. Il regarda à nouveau son cadet dans les yeux, avec un air proche de la mélancolie.
- Je n’ai pas le choix… Je dois te livrer à lui. (Il hésita un instant) Je suis désolé…
Il leva une main en direction de sa selle et murmura des mots l’ancien langage, qu’Eragon ne connaissait pas. Aussitôt, des cordes en sortirent et volèrent jusqu'à Eragon, pour s’enrouler autour de sont torse, lui plaquant les bras contre le corps. La pression exercée sur ses poumons devint telle, que chaque respiration lui coûtait un effort considérable.
Comment avait-il réussi à se mettre dans un tel pétrin ?
« Saphira ? Tu m’entends. »
Elle ne répondit pas, mais Eragon sentait qu’elle tenait courageusement le coup. Seulement, elle ne pouvait rien faire, dans son état, pour l’aider. Il était perdu à présent et il le savait.
Soudain, la scène se figea, alors que tout se passait en un éclair : Eragon entendit un sifflement dans l’air au dessus de lui et tourna juste à temps la tête pour voir une flèche foncer sur Murtagh, qui, occupé à maintenir le sort paralysant Eragon, ne put la dévier à temps. Le projectile transperça le bras droit du dragonnier, lui arrachant un cri de douleur.
Libéré du sort mais pas des cordages, Eragon il réussit à se retourner suffisamment pour voir que Darriah se tenait derrière le corps massif de Saphira. Elle avait saisi l’arc du dragonnier et s’était servie des flèches répandues sur le sol près d’elle. De la rage et de la peur se reflétaient sur son visage.
Elle lâcha l’arc, les mains tremblantes et elle se traîna jusqu'à Eragon pour lui porter secours. Se tenant le bras, Murtagh grogna d’exaspération et se tourna vers Darriah, qui luttait pour défaire les entraves d’Eragon. Il la saisi par les cheveux, lui arrachant un cri et la tira en arrière, lui planquant sa lame sur la gorge.
- Arrête ! réussit à crier Eragon, malgré la pression, toujours aussi forte sur sa poitrine.
- Petite idiote, s’énerva Murtagh, toute expression de tristesse ayant quitté son visage. Tu m’as raté et cette erreur va te coûter la vie.
- Ne fais pas ça je t’en prie ! (Il observa la blessure de son frère) Tout est terminé pour toi de toute façon, alors laisse la partir !
Incrédule du retournement de situation, Eragon fixait son frère, ébahi.
- Si tu fais allusion à cette blessure, je te rassure, ce n’est qu’une égratignure ! dit Murtagh confiant. Rien de grave ! Elle m’a raté.
- Elle ne t’a pas raté…
- Ha non ?
- Non ! Elle t’a eu, et c’en est fini de toi ! continua Eragon.
- Quoi ? Mais… (Il secoua la tête.) Qu’est-ce qui m’arrive ? Je… Qu’est-ce que tu m’as fait ! Qu’est-ce que…
Il fixait Eragon, déconfit, en titubant. Darriah en profita pour lui donner un grand coup de coude dans le ventre et échappa à son emprise, le laissant basculer au sol, plié en deux. Elle se précipita sur Eragon et saisissant l’épée bleue, elle trancha ses liens. Il prit une grande inspiration avant de se relever et pour contempler Murtagh, qui suffoquait.
- Je t’ai menti… Je savais que nous serions amenés à nous rencontrer aujourd’hui, dit Eragon, le visage fermé. En prévision de cela, j’ai demandé à Angela de me préparer de quoi t’empoisonner et j’ai enduit mes flèches de cette substance.
- Tu… tu m’as piégé… réussit à articuler Murtagh.
- Oui… même si je pensais que tout était perdu, n’ayant pas réussi à t’atteindre en vol…
Thorn, qui n’était pas intervenu jusqu'à là sur ordre de son dragonnier, comprit le danger et se dirigea à grandes enjambées vers Eragon, fou de rage. Ce dernier réagit rapidement en arrachant sa lame des mains de Darriah pour empoigner son frère, appuyant le tranchant sur sa gorge.
- Thorn !! cria Eragon, menaçant. Reste à distance ! Où je tue ton dragonnier ! N’approche plus !
Eragon entendit soudain une voix grave dans sa tête : celle de Thorn.
- Il est entrain de mourir de toute façon, dit le dragon désignant Murtagh, qui avait perdu connaissance à présent, alors je te tuerai avant de mourir à mon tour !
- Ne fais pas ça ! lui répondit à voix haute Eragon. Ce n’est pas nécessaire ! Il ne va pas mourir !
- Menteur !
- Je dis la vérité ! Ce poison ne le tuera pas ! Il va simplement le plonger dans un long sommeil, rien de plus !
Le dragon s’arrêta, indécis. Eragon releva sa lame en signe de bonne foi et répéta sa révélation en ancien langage, car il était impossible de mentir dans cette langue. La fureur de Thorn s’apaisa un instant, laissant place au soulagement.
- Il faut que nous parlions ! Thorn, je ne te veux aucun mal, et Saphira non plus. Nous avons été contraint d’être des ennemis à cause de Galbatorix. Je n’ai jamais voulu qu’il en soit ainsi ! Tu partages les souvenirs de Murtagh et tu sais que jamais je n’aurais fait quelque chose pour lui nuire avant que Galbatorix s’interpose entre nous. Même aujourd’hui nous ne sommes pas forcés de combattre l’un contre l’autre !
- Bien sûr que si ! Tu viens d’empoisonner mon dragonnier ! dit Thorn, plein de rancœur.
- J’ai été forcé d’utiliser cette méthode, car la magie de ses serment envers Galbatorix l’empêchait de m’écouter avec lucidité. Toi en revanche tu le peux, car même si tu as aussi prêté serment, tu es un dragon et la magie agit différemment sur toi. Ecoute moi ! (Le dragon rouge n’intervint pas, le laissant poursuivre) Je suis convaincu qu’être sous le joug de Galbatorix ne te plait pas, et à Murtagh non plus ! Même s’il a tenté de me convaincre qu’il soutenait Galbatorix, je savais qu’au fond de lui il ne le pensait pas et qu’il parlait sous l’emprise de son serment et peut-être aussi à cause de l’endoctrinement qu’il a dû subir !
- Viens-en au fait ! Que veux-tu ?
- Vous libérer de l’emprise de Galbatorix ! répliqua-il sans détour.
- C’est impossible ! Nous lui avons juré allégeance en langage ancien !
- Je crois avoir trouvé un moyen ! Mais j’ai besoin d’un peu de temps ! Me l’accorderas-tu en nous suivant ?
- Je ne peux pas ! Mon serment m’en empêche ! rugit-il, claquant ses dents menaçantes à l’encontre du jeune homme.
Saphira, qui était étendu derrière Eragon gonda bruyamment en signe d’avertissement, son regard intense rivé sur celui de son congénère.
- C’est vrai, concéda le dragonnier, tu ne peux pas nous suivre de ton plein gré, à cause de ton serment envers Galbatorix. (Son ton se fit plus menaçant) Mais tu oublies une chose essentielle !
Il empoigna de nouveau Murtagh, inconscient, et mit le tranchant de la lame sous son cou.
- Ton dragonnier ! cria-il. Ta première responsabilité est de protéger son dragonnier au mépris de tous autres serments, car ta vie dépend la sienne !
Devant la menace qui pesait sur Murtagh sans qu’il puisse agir, Thorn cracha des flammes en l’air, autant pour s’empêcher de le faire sur Eragon, que pour montrer sa fureur et sa frustration.
- Arrête ! Ne le touche pas ! Tu prétendais à l’instant ne pas nous vouloir de mal ! rugit Thorn.
Eragon comprit que sa voix ne reflétait pas que de la rage, mais aussi une grande part de peur : exactement ce que le jeune homme recherchait.
- C’est vrai ! répondit Eragon, toujours aussi calme. Et je ne lui ferais pas de mal, si tu nous suis gentiment ! (Il retira sa lame et laissa au dragon le temps d’assimiler pleinement cette information, avant de poursuivre sur un ton plus dur et plein de détermination) Mais si tu refuses alors il mourra… Entre l’esclavage et la mort, je sais que le Murtagh que j’ai connu aurait préféré de loin la mort !
Des flammes dansaient à nouveau, mais cette fois-ci, c’était dans les yeux du dragon qu’elles rougeoyaient.
- Ta première responsabilité primant sur tout le reste, tu n’auras dont pas de mal à outrepasser ton serment envers Galbatorix !
- Je ne peux pas faire ça ! s’exclama Thorn, incrédule.
- Ho si ! Tu ignores à quel point la magie qui relie le dragon à son dragonnier est forte ! Je ne veux pas vous nuire ! Je veux juste vous offrir une chance d’être libre.
Le dragon hésita… il semblait soudain douter de ses propres certitudes, face à la détermination qu’affichait Eragon.
- Pourquoi fais-tu tout cela ? demanda Thorn.
Le jeune homme riva ses yeux vers le sol et marqua une pause, pour essayer de retenir la boule qu’il avait dans la gorge. Mais c’était peine perdue : des larmes de colère et de tristesse perlèrent à ses yeux. Relevant la tête brusquement, il laissa le chagrin le submerger pleinement.
- Murtagh a déjà assez souffert dans sa vie, cria-il, et il ne mérite pas d’être l’esclave de celui qu’il a combattu avec tant d’ardeur ! Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir et même au-delà, pour mettre fin à ses tourments ! (Baissant d’un ton il reprit) Mais pour cela j’ai besoin de ton soutien ! Aide-moi à sauver Murtagh ! Aide-moi à vous sauver tous les deux…
Thorn défia encore un instant Eragon du regard et finit par abdiquer.
- Très bien je te suivrai… si je le peux ! Que dois-je faire ?
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5   Sat 20 Oct - 1:09

Chapitre 5


Eragon poussa un soupir de soulagement. La première partie de son plan avait fonctionné. Mais le plus dur restait encore à venir. Il se tourna vers Thorn, qui était toujours dans l’attente d’une réponse.
- Alors ? répéta Thorn, que dois-je faire ?
Eragon prit une grande inspiration avant de répondre.
- Il faut que tu me fasses la promesse en ancien langage que tu ne tenteras pas de m’empêcher d’agir…
- Quoi ? s’énerva le dragon. C’est hors de question ! J’ai déjà prêté plus de serments que je n’aurais dû et je n’en ferai pas un de plus !
- Pourtant, si c’était Galbatorix qui te l’ordonnait, tu n’hésiterais pas, de peur qu’il s’en prenne à Murtagh ! Considère que la menace que je fais peser sur sa vie n’est pas différente ! (Thorn jeta un regard noir à Eragon) Je peux toujours changer d’avis et mettre immédiatement fin à ses souffrances ! Après tout, cela m’épargnerais bien des peines !
Thorn garda le silence, plongeant Eragon dans une terrible incertitude. Si le dragon compliquait les choses, il ne parviendrait jamais au but. Il ne fallait pas le laisser réfléchir trop longtemps.
- Thorn ? Il me faut une réponse ! Je sais que ce que j’attends de toi n’est pas facile, mais pour parvenir à retrouver votre liberté, vous serez amenés à faire des sacrifices ! (Thorn le regardait avec un air méfiant) Je ne vais pas te mentir… Ce que nous allons entreprendre n’est pas une partie de plaisir, et il n’est même pas garantie qu’au bout du compte nous réussissons. (Thorn se renfrogna davantage) Mais imagine que ça réussisse !? Est-ce que le jeu n’en vaudrait pas la chandelle ?
Eragon avait une préoccupation plus urgente en tête que de palabrer avec Thorn, et cette angoisse commençait à lui déchirer les entrailles.
- Je t’en prie Thorn !
Le dragon poussa un soupir, qui fit jaillir de la fumée noire de ses naseaux.
- Tu aurais pu tuer plusieurs fois Murtagh aujourd’hui et pourtant tu ne l’as pas fait alors même que nous avons essayé de vous capturer. Les souvenirs que j’ai de toi à travers lui me prouvent qu’effectivement tu n’es pas du genre à trahir tes amis. (Eragon poussa un soupir de soulagement) Mais… (Eragon releva la tête) les choses ont changé et je ne suis pas sûr que tu considères toujours Murtagh comme ton ami.
- Alors pourquoi me donnerais-je tant que mal pour lui s’il n’était pas mon ami ? s’indigna Eragon.
- Une manœuvre habile pour endormir ma méfiance et ainsi nous faire tomber dans un piège !
L’urgence tenaillait Eragon, mais il ne pouvait pas agir avant d’avoir obtenu la promesse du dragon.
- Parfait ! s’énerva-il. Tu me crois capable d’une telle chose ! Alors c’est sûrement que tu as raison. Et puis après tout, pourquoi est-ce que je risquerais ma vie pour quelqu’un qui n’a aucune confiance en moi et pense que je veux le poignarder à chaque instant !!?
Eragon suffoquait à présent : de rage et de douleur. Mais son regard était toujours encré dans celui du dragon. Ce dernier le défiait, sans ciller. Ils s’affrontèrent ainsi pendant quelques secondes.
Thorn baissa les yeux le premier.
- Pour répondre à ta question, dit-il lentement de sa voix profonde, je pense que le jeu en vaut la chandelle. Et même si tout cela doit nous mener à la mort, alors tant pis. Nous serons mort en tentant de retrouver notre liberté, conclut-il relevant fièrement la tête.
- Heureux de l’entendre ! Je n’en attendais pas moins de toi ! (Il prit une inspiration douloureuse et poursuivit) Prête serment à présent, que tu ne tentera pas de m’empêcher d’agir. Ne t’inquiète pas sur les implications de cette promesse. Si j’essaye de tuer Murtagh, alors ta responsabilité envers lui primera sur ce serment et tu pourra m’empêcher d’agir. Et l’avantage, c’est qu’il ne va pas à l’encontre de ce que tu as pu promettre à Galbatorix.
- Effectivement oui, mais ce serment est tellement vague, qu’il peut s’avérer très dangereux. Tu pourrais commettre des atrocités sans que je puise t’en empêcher…
- Des atrocités pires que celles que toi et Murtagh venez de commettre dans ce village ? défia Eragon, se tenant les côtes, à bout de souffle.
Le dragon ne répondit pas, à court d’arguments. Résigné, il releva la tête et prononça le serment en ancien langage.
Profondément soulagé, Eragon, enfin libre de s’éloigner de Murtagh sans craindre que son dragon de l’emporte loin de lui, se retourna et se dirigea aussi vite qu’il le put vers Saphira. Depuis déjà plusieurs minutes, il ressentait la souffrance de sa dragonne. Elle avait réussi à bloquer sa douleur pendant le combat, empêchant Eragon de la ressentir, mais ses forces diminuant, elle n’arrivait plus à endiguer le flot qui parvenait à son dragonnier.
Murtagh avait guéri son dragon dès l’atterrissage, mais Eragon, blessé et assommé avait tout juste eu le temps de se révéler pour se battre.
« Saphira ! dit-il se précipitant. Je suis là maintenant… je vais te soigner. Reste tranquille. »
« Merci petit homme. » murmura-elle d’une voix faible.
Le jeune homme ressentait jusqu’au plus profond de lui sa souffrance et il devait y mettre un terme. Pendant qu’il se penchait sur l’abdomen de sa monture, constatant les dégâts, Darriah s’approcha de lui en boitant et s’agenouilla à ses côtés.
- Est-ce que ça va ? demanda-elle inquiète.
- Je vais bien, répondit-il, sans détourner les yeux.
- Pourtant tu n’en pas l’air. Tu es blessé.
Elle posa sa main sur la cuisse droite du jeune homme qui tressaillit à ce contact. Baissant les yeux, il aperçu une entaille peu profonde, mais qui saignait abondamment. Il constata également qu’il avait d’autres plaies sur le torse, aux flancs et il sentait la brûlure d’une entaille dans son cou. Sous l’emprise de l’adrénaline et concentré sur sa mission, il ne s’était même pas rendu compte que Murtagh avait réussi à le blesser de nombreuses fois. Il avait certes obtenu la victoire avec son épée, mais pas sans y laisser des plumes.
Négligeant son propre état il vit, avant de reporter son attention sur Saphira, que la jambe de Darriah saignait toujours.
- Je m’occuperai de ta jambe après, dit-il sans détourner les yeux, mais en attendant, tu devrais mettre un garrot pour arrêter l’hémorragie.
Darriah acquiesça et chercha autour d’elle de quoi enserrer sa jambe. Elle attrapa près d’elle un sac tombé des bas de la selle de Saphira et en farfouillant elle y trouva une chemise de lin blanc. Elle en déchira une bande assez large et l’enroula autour de sa jambe. Mais ses mains tremblantes l’empêchaient de serrer suffisamment.
- Eragon, je n’y arrive pas. Peux-tu m’aider s’il te plaît ?
Il regarda la jeune fille, dont le visage affichait clairement sa souffrance contenue.
- Bien sûr.
Il essuya ses mains pleines de sang sur sa tunique et aida Darriah. Elle serra les dents au moment où il comprima au maximum le garrot, lui coupant la circulation. Prenant soudain conscience des risques que la jeune fille avait pris pour lui, il admira son courage et son sang froid dans une telle situation, surtout avec la perte de sa mère.
- Je suis content que tu sois ici avec moi, ajouta-il la regardant dans les yeux, avant de revenir sur Saphira.

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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5   Sat 20 Oct - 1:11

Eragon se réveilla avant les premières lueurs de l’aube. Il s’étira paresseusement sur sa couche moelleuse et profita un instant de sa position confortable. Trouvant le courage de se lever, il fit une toilette rapide et se changea avec les vêtements qui étaient posés sur la chaise près de lui. Lorsqu’il sortit de la tente, Saphira qui était roulée en boule, leva la tête.
- Tu as bien dormit ? demanda-elle.
- Ho oui ! Comme un loire. Ca faisait longtemps d’ailleurs. Et toi ?
- Ca fait du bien de pouvoir fermer l’œil, sans avoir à guetter les alentours constamment. Cette nuit fut reposante pour moi aussi.
Eragon sourit et vint se lover contre les flancs de la dragonne, afin de sentir la chaleur réconfortante qui émanait de son poitrail. Il contempla les dernières étoiles au dessus de lui, déjà estompées par l’aube, qui progressait lentement.
- Alors, est-ce que tu vas enfin de décider à me dire ce que toi et Angela faisiez hier soir ? demanda Saphira, tortillant son cou pour regarder le jeune homme en face.
- Je comptais t’en parler plus tôt, mais hier j’étais trop épuisé…
- Je comprends, mais je t’écoute à présent.
Eragon prit une grande inspiration avant de commencer.
- Hé bien, depuis quelques jour, comme tu le sais, j’ai souvent pensé à Murtagh et à ce qui lui arrivait… Saphira, même s’il combat aux côtés de nos ennemis, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il agit contre sa volonté et qu’il est prisonnier de Galbatorix. Le discours qu’il nous a tenu sonnait faux. Il n’avait aucune conviction en le prononçant.
- Où veux tu en venir au juste ?
- Pour faire court, je veux essayer de sauver Murtagh des grifs de Galbatorix.
- Quoi ? Comment penses-tu faire ça ?
- Je vais y venir mais je préfère commencer par t’expliquer comment m’est venue cette idée.
- Je t’écoute.
- Hier dans le bureau de Nasuada, une constatation surprenante m’a frappé : le soir de la bataille des plaines brûlantes, quand je suis venu voir Nasuada pour lui dire que j’étais toujours vivant et que le dragonnier adverse était Murtagh, j’ai, sans le faire exprès, laissé échappé qu’il y avait à présent deux dragonniers dans chaque camps, révélant l’existence d’Oromis et Glaerd, sans mentionner leur nom.
- Et alors ? Nasuada t’a posé des questions à ce sujet ?
- Non, elle n’y a même pas fait attention, mais… Saphira, nous avons prêté serment toi et moi de ne parler d’eux à personne et nous l’avons fait en ancien langage, ce qui aurait normalement dû m’empêcher de prononcer cette phrase. J’ai donc « menti » en ancien langage.
- C’est impossible ! On ne peut pas mentir…
- Je sais, coupa Eragon, et je ne m’explique pas ce qui s’est passé, mais, ça m’a donné une idée ! Je me suis dit que si j’avais réussi à faire ça, alors il devait sûrement y avoir une solution pour le problème de Murtagh.
- Continue.
- Après mon entretien avec Nasuada, je suis monté aussi vite que j’ai pu chez Angela et je lui ai demandé son aide pour éclaircir la situation. Nous sommes descendu dans les archives du palais afin de savoir s’il existait un précédent en la matière. Nous avons parcouru pendant plusieurs heures de vieux parchemins et elle m’indiquait au fur et à mesure, les noms et références que je devais chercher.
- Qu’est-ce que vous avez trouvé ?
- Nous ne pouvions pas en si peu de temps parcourir tous les sujets, alors nous nous sommes concentrés sur les dragonniers et nous avons découvert que certains dragons avaient réussi à trahir leur parole donnée en ancien langage, pour sauver leur dragonnier d’une mort imminente. Les magiciens de l’époque n’arrivant pas à expliquer ce phénomène, en ont conclut dans leur récits, que cette faculté chez les dragons, leur était sûrement conférée par leurs immenses pouvoirs.
Eragon regarda à l’est le ciel s’illuminer à chaque instant un peu plus, virant du bleu sombre, au rose pale.
- J’imagine que, par extension, cette faculté pouvait s’entendre au dragonnier.
- Mais ça n’explique pas pourquoi tu as pu « mentir » sans que je sois menacée de mort.
- Tu as raison ! Le mystère reste entier. Mais avoir cette information était le point de départ du plan que Angela et moi avons échauffé.
- Quel plan ?
- Hé bien, comme je te l’ai dit, je veux libérer Murtagh de l’emprise de Galbatorix, mais pour cela, il faut tout d’abord que j’arrive à l’éloigner de cet ordure ! Alors mon plan est de le kidnapper !
- Quoi ?! C’est de la folie !
- Je suis conscient du danger que ça représente.
- Je ne crois pas, non ! S’il réussit à nouveau à avoir le dessus sur toi, nous serons livrés à Galbatorix ! C’est ça que tu veux ?
- Je comprends ton inquiétude et je la partage, mais… laisse-moi une chance de t’expliquer !
Saphira détestait de plus en plus ce qu’elle entendait, mais elle laissa néanmoins le jeune homme poursuivre.
- Je ne compte pas laisser une chance à Murtagh de m’atteindre avec ses pouvoirs ! Angela m’a proposé de me fabriquer un poison pour l’endormir.
- Comment ?
- Quand cette substance sera prête, je devrais en enduire mes flèches. Angela a trouvé la recette hier soir pendant nos recherches. Elle m’a assuré qu’elle serait si puissante qu’une éraflure suffirai à plonger Murtagh dans un profond sommeil.
- Pendant combien de temps ?
- Douze heures environ.
- Et après ? Que comptes-tu faire ? Je ne vois pas ce le kidnapping de Murtagh nous apportera à part une nouvelle occasion de nous mettre en danger. Si tu échoues, que se passera-il ?
Saphira avait du mal à contenir sa colère et de la fumée noire commençait à sortir régulièrement de ses naseaux. Eragon s’enfonça davantage dans les côtes de sa monture, la caressant tendrement.
- Je sais que tu as peur pour moi, dit-il d’une voix douce. J’éprouve la même inquiétude de savoir que je pourrai te mettre en danger. Je ne sais pas ce que je ferai si je te perdais. Tu compte tellement pour moi…
La dragonne ne répondit pas, mais les mots d’Eragon réussirent à l’attendrir suffisamment pour faire cesser les bouffées de fumée noire.
- Tu espères faire taire mes inquiétudes avec de belles paroles ? répliqua Saphira, plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.
- J’essaye juste de te faire comprendre que je n’écoute pas un besoin pressant de courir au devant des ennuis.
- Ha oui ? fit-elle, incrédule.
- Que ce soit Brom ou Oromis, chacun m’a enseigné à sa façon que servir une cause juste, pouvait impliquer des dangers personnels, mais que cela ne devait pas me faire reculer pour autant…
- Et cette cause juste est de libérer Murtagh !?
- Oui, fit Eragon, baissant la tête. Je souffre de le savoir malheureux… Et je me sens responsable de ce qui lui arrive.
- C’est ridicule ! Tu n’y es pour rien !
- Pas directement, c’est vrai, mais c’est moi qui l’ai obligé à aller chez les Vardens. S’il était partit de son côté comme il le voulait, il aurai échappé à tout ça… il…
Il ne pu achever sa phrase, la gorge trop nouée par les sanglots qu’il tentait de retenir.
- Eragon, murmura Saphira, d’une voix infiniment douce. Tu ne peux pas te tenir responsable de tous les malheurs du monde. Des choses arrivent sans que tu ne puisses rien faire pour les empêcher, mais ça ne signifie pas que tu en soit fautif.
- Il est mon frère Saphira… et même mes pouvoirs ne m’ont pas permis de l’aider… répondit Eragon, d’une voix tremblante. Mais si aujourd’hui j’ai une chance d’agir, alors je veux tenter de la saisir. M’aideras-tu ?
- A faire quoi ? Pour l’instant, tout ce que j’ai compris de ton « plan » c’est que tu compte kidnapper Murtagh, mais je ne vois pas à quelles fins !
Eragon reprit contenance et respira un bon coup avant de répondre.
- Je n’ai pas terminé de te dire ce que nous avons découvert hier. Pendant que je me concentrais sur les dragonniers, Angela a passé une bonne partie de son temps à traduire un vieux manuscrit très ancien, écrit dans une langue étrange. Ce n’était pas de l’ancien langage, mais la forme des lettres m’y ont fait penser. Elle m’a dit que ce texte devait sûrement contenir des informations qui nous seraient utiles, mais elle n’a pas voulu me dire quelle était cette langue, ni sur quoi portait le livre.
- Et alors ?
- Alors quand j’ai terminé de mon côté, elle m’a fait voir une partie de la traduction qu’elle avait faite. Son comportement à propos de ce manuscrit m’a troublé, je dois dire. J’imagine que ce grimoire devait renfermer des informations très dangereuses, parce qu’elle-même s’est montrée plutôt résistante à l’ouvrir au début. Mais c’est ce volume qui nous a livré la clé de notre plan !
- Que disait cette traduction ?
Eragon se releva et s’éloigna vers la tente sans un mot. Il en ressortit avec un morceau de parchemin à la main et reprit place auprès de la dragonne.
- Je savais que tu voudrais avoir des détails et comme mon esprit hier soir était trop distrait pour assimiler chaque mot, j’ai ramené la traduction pour te la lire.
- Angela est au courant, demanda Saphira soupçonneuse.
- Hé bien, pas vraiment… Je l’ai subtilisé sans qu’elle le voit. Mais si ça peut te rassurer, nous n’aurons qu’à le brûler quand je te l’aurais lu, ajouta précipitamment Eragon, sous le regard réprobateur de sa monture.
- Très bien ! Je t’écoute, de quoi parle ce texte ?
Eragon prit un instant pour ménager ce qu’il s’apprêtait à dire, histoire de donner un effet à sa révélation.
- Cette traduction est un mode d’emploi de « la pierre de volonté ».
- Je ne sais pas ce que c’est, mais tu vas me le dire.
Eragon déplia le parchemin et commença sa lecture à haute voix.
La pierre de volonté : Artéfact très ancien remontant à l’époque des Athèques, cette pierre permet à son possesseur de recouvrer sa volonté propre, à l’instar de toutes volontés extérieur, magie et assimilé, qui l’empêcherait d’agir à son gré.
En outre, elle confère à son propriétaire le pouvoir de faire plier les autres à sa volonté en toutes circonstances. Toute personne possédant une conscience unique est vulnérable au pouvoir de la pierre.
Pour l’activer, son possesseur doit maîtriser la magie de la pierre et faire une demande bien précise à la personne dont il souhaite contrôler la volonté. S’il y parvient, alors la demande provoque le scintillement de l’artéfact.
Son histoire : A son apogée, le pouvoir de la pierre était considérable et elle était donc la source de toutes les convoitises. Pour mettre fin aux désordres qu’elle engendra, les grands maîtres Athèques décidèrent de la cacher dans un endroit tenu secret. Seules les Walless connaissaient son emplacement et elles avaient pour mission de protéger la pierre.

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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5   Sat 20 Oct - 1:13

- Les Walless ? Qui sont-elles ?
- Hé bien, hésita Eragon, nous n’en savons encore rien. (La dragonne poussa un soupir de lassitude.) Mais je suis sûr que nous allons rapidement trouver ! Tu imagine si cette pierre tien ses promesses ? Ca voudrait dire que Murtagh ne serait plus retenu par ses serments !
- Moi ce que je retiens, c’est qu’il aurait tout le monde à sa merci ! Un aussi grand pouvoir entre ses mains serait destructeur !
- J’en doute ! Saphira… tu parles du Murtagh que nous avons combattu, alors que moi je te parle du Murtagh que je connais bien, celui qui a plusieurs fois risqué sa vie pour nous sauver ! S’il détenait la pierre, il n’aurait plus la volonté de faire le mal !
Saphira resta silencieuse un instant.
- Et s’il détenait la pierre, tu crois qu’il pourrait également faire plier Galbatorix ?
- Hé bien, j’y ai pensé aussi quand Angela m’a présenter le texte, mais elle a attiré mon attention sur un extrait de la traduction : « Toute personne possédant une conscience unique est vulnérable au pouvoir de la pierre. »
- Et alors ?
- D’après elle, les seuls êtres qui n’ont pas de conscience unique sont les Ombres, qui sont hantés par une multitude de conscience et les dragonniers, qui partagent leur conscience avec leur dragon.
- Donc Galbatorix ne sera pas sensible au pouvoir de la pierre.
- Exact, dit-il, baissant les yeux. Mais si ça peut te rassurer, nous non plus ne serons pas affectés. (Il marqua une pause) Voilà, tu sais tout. Alors ?
Les premiers rayons de soleil se reflétèrent sur le visage déterminé d’Eragon. Il fixait Saphira, attendant avec appréhension son verdict.
- Alors quoi ? Pour l’instant, nous ignorons où se trouve l’élément déterminant de ton plan : la pierre de volonté. Et puis nous ne somme même pas sur qu’elle existe toujours ! Tu me demandes de t’aider à foncer tête baissée dans un mur de brique !?
- Nous n’avons pas encore toutes informations c’est vrai, concéda Eragon, mais Angela a ramené certains manuscrits avec elle hier soir pour essayer de déterminer qui étaient les Walless.
Saphira le contempla, dubitative.
- Je t’en prie, implora-il, ne m’oblige pas à renoncer à tout espoir avant même d’avoir essayé !
Elle prit une grande inspiration et le regarda droit dans les yeux.
- Très bien ! Va voir Angela afin de savoir ce qu’elle a appris. Que nous sauvions Murtagh ou pas, je serrai à tes côtés quoi qu’il arrive. (Ses yeux pétillèrent de bienveillance) Je sais que c’est important pour toi, alors ça l’est aussi pour moi.
- Merci, explosa Eragon, se jetant au cou de la dragonne.
Elle ronronna à ce contact. Après un instant, elle se dégagea lentement.
- Allez va, petit homme. Une longue route nous attend et le temps presse.
- Oui ! Je ne serais pas long.
Il partit au pas de course, mais s’arrêta brusquement, fit volte face et revint vers Saphira, en brandissant le morceau de parchemin.
- Comme promis, je te laisse t’en charger !
Il le déposa sur le sol et Saphira ricanante, lança une petite flamme, embrasant le texte. Satisfait, Eragon repartit en direction du château.

Lorsqu’il poussa la porte de la chambre, Eragon fut éblouit par les rayons du soleil matinaux qui inondaient la pièce. Quand il s’habitua à la lumière, il vit Angela assoupit sur son fauteuil à bascule, un gros livre sur les genoux. Le jeune ressentit un léger sentiment de culpabilité, ayant dormit paisiblement pendant que l’herboriste avait passé la nuit à travailler.
Il lui posa une main sur l’épaule et elle s’éveilla en sursaut, remettant précipitamment ses lunettes en place pour voir qui était l’intrus.
- Eragon, c’est toi ! Tu m’as fait une de ces peurs ! bredouilla-elle.
- Désolé… C’est le matin et…
- Oui tu as raison ! coupa-elle en voyant le jour levé. Je me suis endormie…
- Ce n’est rien. Je venais voir si vous aviez du nouveau avant que je parte.
- Hé bien je n’ai pas encore terminé la potion... (Elle regarda un chaudron derrière Eragon donc la flamme était éteinte) Il faut que j’y ajoute quelques ingrédients.
Elle se leva pour se mettre à la tâche.
- Et pour les Walless ? Vous avez trouvé quelque chose ?
Angela prit un flacon contenant une poudre rouge et en versa une pincée dans le bouillon, avant de lever les yeux vers lui.
- J’ai cherché en vain une trace d’elles, mais rien ! Elles n’apparaissent nulle part.
Eragon se laissa aller sur une chaise, l’air abattu. Angela ralluma le feu, et remua un instant la préparation. Elle s’essuya les mains et vint auprès du jeune homme, le gratifiant d’une tape amicale sur l’épaule.
- Mais tout n’est pas perdu ! dit-elle en souriant. (Il releva la tête) Je me suis rappelée d’une chose qui pourra nous être utile.
- Quoi donc ? demanda-il, plein d’espoir.
- J’avais une amie à Teirm, Anabelle. Je me rappelle que lors de nos conversations, elle me parlait parfois de sa mère, Esthéria, qui étudiait beaucoup les anciens peuples…
- Et alors ?
- Hier, quand j’ai déchiffré le manuscrit, le nom de Athèque, ne m’était pas inconnu, sans que j’arrive à savoir où je l’avais entendu. Ce n’est que cette nuit que je me suis rappelée : c’était Anabelle m’en avait parlé. Sa mère avait fait des recherches approfondies sur eux et c’était son sujet d’étude favori.
- Vraiment ?
- Oui ! Si les écrits n’ont pas pu nous venir en aide, alors Esthéria le pourra ! J’en suis convaincue, acheva-elle, avec un sourire rassurant.
Elle retourna devant le chaudron et remua à nouveau. Eragon se releva, hésitant.
- Donc vous dites que je dois aller voir cette femme à Teirm…
- Non ! Esthéria n’habite pas là-bas. Elle vit à Kuasta, plus au sud.
- Et une fois là-bas ? Si elle ne m’apprend rien… que devrais-je faire ? (Angela le regarda dans les yeux en gardant le silence) Vous vous rendez compte que je ne pourrai me rendre là-bas qu’après avoir kidnappé Murtagh ? Si je n’ai pas un moyen sûr de le ramener à la raison, que devrais-je faire de lui ? Je ne pourrai pas le relâcher et… je serai obligé de le…
- Nous n’en sommes pas encore là ! coupa l’herboriste. Eragon, nous savions dès le début que ça serait difficile… Mais nous avons trouvé un moyen et nous avons une piste pour y parvenir ! Je dois t’avouer que je n’en espérais pas autant.
- Vous avez raison. Je ne dois pas désespérer si rapidement ! fit-il, relevant la tête. J’irai chez Esthéria !
- C’est bien mon garçon, dit-elle en souriant, il faut garder l’espoir.
Elle posa les yeux sur un livre ouvert devant elle et se dirigea vers une étagère derrière Eragon.
- Le poison ne sera pas prêt avant une bonne demi heure. Repasse tout à l’heure. Je mettrai aussi par écrit les instructions pour te rendre chez Esthéria et d’autres choses dont tu auras besoin.
- Que devrais-je lui dire ? Que je suis un de vos amis ?
- Non, je doute qu’Esthéria ait entendue parler de moi et je ne l’ai jamais rencontrée. Dit lui simplement que tu viens de la part d’une amie d’Anabelle.
- D’accord. Et me donnera-elle les informations que je veux, si elle sait ce que je recherche ? Si elle connaît le pouvoir de la pierre, elle risque de m’empêcher de l’atteindre…
- En réalité, elle n’est pas très familière des pouvoirs magiques d’après ce que j’ai entendu. Anabelle me parlait d’elle comme quelqu’un de très terre à terre, qui se fiait uniquement aux informations vérifiables. Je pense qu’elle sera ravie d’avoir un interlocuteur avec qui partager ses connaissances.
- Très bien, approuva Eragon. Je dois redescendre préparer mes affaires pour partir, je repasserai plus tard.
- Eragon ! le rappela Angela, avant qu’il ne parte. N’oublie pas ce que je t’ai dit : tu devras contrôler avec précaution les doses de poison que tu administreras à Murtagh, sinon le poison le tuera. Je mettrai tout ça par écrit pour que tu ne te trompes pas ! Tiens-t-en à ce dont nous avons convenu hier et tout ira bien.
- Je suivrai vos instructions à la lettre, lui assura Eragon d’un ton grave, avant de partir.

Eragon déambula dans les couloirs du palais à la recherche des cuisines afin se procurer les vivres nécessaires pour partir. Sachant qu’il avait très peu de chance de trouver son chemin seul dans ce labyrinthe, il se précipita sur la première personne qu’il croisa. C’était un valet de chambre très élégant, vêtu d’un uniforme bleu sombre.
- Excusez-moi, l’appela Eragon.
Le valet se retourna et se figea en reconnaissant son interlocuteur.
- Oui monsieur ? Que puis-je faire pour votre service ?
- Pourriez vous m’indiquer où se trouvent les cuisines s’il vous plaît ?
- Ho, si vous avez faim monsieur, je vous conseillerais de vous rendre dans le petit salon du premier étage. Je vais vous faire apporter un petit déjeuné digne de ce nom, dit le valet, tentant de se rendre aussi serviable que possible.
- Heu… ce ne sera pas nécessaire. J’ai juste besoin de provisions car je pars en voyage.
- Hé bien, je pourrai me charger moi-même d’aller transmettre votre requête aux cuisines. Avez-vous des préférences particulières ?
- Oui, je ne mange pas de viande. Il me faudrait donc des légumes, des fruits secs, du fromage et du pain.
- Très bien monsieur. Où doivent-ils vous les apporter ?
- A l’entrée du palais, ce sera parfait.
- Ce sera fait monsieur, soyez tranquille.
- Merci.
Le valet se détourna et fila dans la direction opposée. Eragon redescendit auprès de Saphira, après être passé par le bureau de Nasuada, qui était vide.
Il résuma à la dragonne son entretien avec Angela et, bien qu’elle n’aimait pas l’idée d’avancer sans certitudes, elle ne revint pas sur sa décision d’aider Eragon. Il la gratifia de nombreuses caresses pour l’en remercier.
Eragon cessa lorsqu’il aperçut un jeune soldat sortir du château et venir à sa rencontre.
- Monsieur, dit-il en s’inclinant, je viens vous apporter votre petit déjeuner de la part du capitaine Jörmundur.
Il lui tendait un paquet enveloppé d’une étoffe marron.
- Il se doutait que vous ne viendriez pas au palais avant de partir, reprit le soldat, et il tenait à ce que vous ne partiez pas le ventre vide.
- Aimable attention de sa part, sourit Eragon en prenant le paquet. Vous le remercierez.
- Bien sûr monsieur, dit-il s’inclinant de nouveau avant de partir.
Eragon s’aperçu que le soleil commençait à montrer de plus en plus haut et il s’inquiéta de l’absence de Nasuada.
- Attendez ! appela Eragon. Revenez ! (Le jeune soldat se retourna) Heu… quel est votre nom ?
- Ryan monsieur.
- Hé bien, Ryan, sais-tu où se trouve Dame Nasuada ?
- Elle doit elle dans son bureau.
- Non elle n’y est pas, j’en viens.
- Alors je suppose qu’elle n’est pas encore réveillée.
- Je souhaitais la voir avant de partir.
- Vous voulez que j’aille la chercher monsieur ?
Eragon hésita à envoyer Ryan à sa place, mais il semblait si content de se rendre utile.
- Si ça ne te dérange pas ?
- Non bien sûr monsieur. J’y vais de ce pas.
- Merci, lança Eragon au jeune soldat qui s’élançait déjà au pas de course.

Moins de cinq minutes plus tard, Ryan réapparaissait, essoufflé.
- Ca y est monsieur ! Je l’ai trouvé ! Elle était bien dans sa chambre. Elle m’envois vous dire qu’elle arrive tout de suite.
Eragon s’apprêtait à remonter chez Angela au moment où le soldat était revenu, mais il ne pouvait plus partir sachant que Nasuada arrivait. Il ne voulait pas vraiment l’informer de la situation ni de son plan. Elle s’était déjà montrée réticente pour une simple mission de messager, alors il était clair dans l’esprit du jeune homme que la chef des Vardens refuserait qu’il cours de tels risques pour Murtagh.
- Ryan ! J’ai autre chose à te demander…
Le soldat qui reprenait son souffle, releva la tête, impatient.
- Oui monsieur ?
- Sais-tu où se trouvent les appartements d’Angela dans l’aille ouest ?
- Oui monsieur ! Je connais le palais comme ma poche.
- Fantastique ! Il faudrait que tu fasses une autre course pour moi. J’ai des « objets » à récupérer chez elle. Elle est au courant. Dit lui que tu viens de ma part et que je n’ai pas eu le temps de venir moi-même.
- Très bien monsieur, je fais aussi vite que possible.
- Merci beaucoup Ryan.
Pendant que le jeune homme s’éloignait, Eragon en profita pour seller la dragonne et charger ses quelques effets personnels. Lorsqu’il eu terminé, un commis de cuisine apparut et lui remit deux sacs contenant des provisions, qu’il chargea dans les bas de la selle. Se tournant vers le palais, il distingua Nasuada et ses gardes du corps qui arrivaient. Eragon remarqua avec une pointe d’amusement que la jeune fille était quelques peut débrayée et échevelée. Il avait sûrement dû la réveiller et il le regrettait, mais il devait partir : le temps pressait.
Débouchant devant elle, Ryan arriva en courant un sac à la main.
- Voilà monsieur, dit-il hors d’haleine. Elle m’a dit de vous dire qu’elle avait mi toutes les instructions nécessaires à l’intérieur et elle vous souhaite bonne chance !
- Merci pour ton aide Ryan. Tu diras au capitaine Jörmundur que tu m’as été d’un grand secours et que je le remercie de t’avoir envoyé à moi.
Le visage de Ryan rayonna. Il s’inclina bien bas devant Eragon pour le remercier à son tour et se retira à l’instant où Nasuada arrivait derrière lui.
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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5   Sat 20 Oct - 1:18

Le soleil était presque couché quand Eragon termina de guérir Saphira. Il était épuisé mais il ne pouvait pas encore se reposer. Il reprit sa respiration et se tourna vers Darriah, qui patientait à ses côtés le regard dans le vide. Elle devait être sous le choc.
- Darriah ? Ca va ? demanda-il.
Elle sortie lentement de ses rêveries.
- Je ne sais pas…
Eragon hésita.
- Je… je suis tellement désolé pour ta mère… S’il existait un moyen de la ramener, je n’hésiterai pas…
- Mais c’est impossible malheureusement… Je préfère ne plus en parler… c’est trop dur, ajouta-elle ravalant un sanglot.
- Bien sûr.
Il se rapprocha d’elle et manipula précautionneusement sa jambe. Elle tressaillit violemment, retenant un cri.
- Désolé ! Un peu de patience et tu ne souffriras plus.
Elle le regarda se concentrer sur sa tâche et posa une main sur son épaule.
- Pourquoi tu fais tout ça ? murmura-elle. Je ne suis rien pour toi et pourtant tu as pris le risque de venir me chercher alors que tu aurais dû poursuivre ce… type…
- Il s’appelle Murtagh et… Je l’ai fait parce que je m’inquiétais pour toi et parce que tu es mon amie. Du moins je te considère comme telle.
Les lèvres de la jeune fille se mirent à trembler et ses yeux se remplirent de larmes.
- Darriah, tu t’es montrée si courageuse aujourd’hui, au-delà de toutes mes espérances. Si tu n’avais pas blessé Murtagh, nous serions sûrement en route pour Urû’baen, Saphira et moi à l’heure qu’il est.
- Je n’avais pas l’intention de le blesser, lâcha-elle se détournant.
- Je comprends mais tu as bien agi…
- Non ! coupa-elle en relevant brusquement la tête. Tu ne comprends rien ! Je voulais le tuer et j’aurais réussi s’il n’avait pas dévié mon tire !! (Ses yeux brillaient de colère) Il m’avait déjà pris ma mère et il menaçait de te tuer !
- Il ne l’aurait pas fait. Il avait des ordres pour me ramener vivant.
- Tu as l’air de bien le connaître !?
- C’est vrai… (Il hésita) Murtagh est mon frère.
- Quoi ? Mais…
La surprise apaisa un peu sa colère.
- Je sais j’aurais dû te le dire plus tôt…
Un lourd silence tomba dans la clairière durant lequel Eragon essayait de ne pas croiser le regard de son amie.
- Pourquoi ? finit-elle par demander. Pourquoi agit-il ainsi ?
- Il n’a pas eu le choix. Galbatorix l’a pris au piège à l’aide d’une ancienne magie qu’il ne peut rompre.
- Le seigneur Galbatorix ? Qu’est-ce qu’il a à voir dans cette histoire ?
- C’est lui qui l’a envoyé. Si je prends tant de risques aujourd’hui, continua-il sans prêter attention à l’expression d’incrédulité sur le visage de la jeune fille, c’est pour essayer de le libérer de cette emprise.
Elle plissa le front, réfléchissant.
- Oui, c’est ce que j’ai cru comprendre d’après ce que tu disais au dragon. Mais… après ce qu’il a fait ici, mérite-il vraiment d’être sauvé ?
- Je le connais bien. Et même si nous n’avons pas grandis ensemble, je sais qu’il aurait été incapable d’agir ainsi de sa propre volonté. (Il serra les poings) Je veux l’aider à retrouver sa liberté malgré ce qu’il a fait.
Elle le fixait avec une expression indéchiffrable aux yeux du jeune homme. Désireux d’échapper à ce regard pénétrant, il reporta son attention sur la plaie.
- Ne bouge plus maintenant. Waise heill !
Quand la magie termina de réclamer son dû, Eragon relâcha la tension nerveuse qui bandait les muscles de son cou et tenta de reprendre son souffle. Darriah lui prit la main.
- Tu es glacé ! s’exclama-elle.
- C’est normal… mais ça va passer… laisse moi une seconde. Je guérirai tes autres blessures dans un instant…
- Ce n’est pas nécessaire, ce ne sont que des égratignures…
- Mais certaines sont profondes, dit-il en observant les entailles et les hématomes causés par l’effondrement de sa maison.
- Ca ira je te dis, je m’inquiète plutôt de te voir si faible.
Il lutta un instant contre les vertiges qui lui donnaient la nausée et le froid glacial qui parcourait son corps perclus de courbatures. La jeune fille s’empara d’une couverture sur le sol et la posa sur les épaules de son guérisseur.
Saphira, restée à l’écart, s’approcha d’eux.
« Est-ce que ça va ? » demanda-elle.
« Ca va passer…» répéta-il.
« Je ne doute pas que tu récupère tes forces, mais je dois t’annoncer que nous n’allons pas tarder à avoir de la visite. »
« Qui ? »
« Un groupe de villageois. Ils n’ont pas l’air de vouloir nous inviter à prendre le thé. »
« Dans combien de temps seront-ils là ? »
« Ils approchent. A l’allure où ils vont, ils devraient être ici dans dix minutes, quinze tout au plus. »
« Ca devrait suffire… »
« A quoi ? »
« A me laisser récupérer suffisamment de forces pour me remettre debout. »
« Tu n’envisage pas de te mesurer à la moitié d’une village en furie qui réclame vengeance ?? » s’emporta-elle.
« J’espère ne pas en arriver à cette extrémité. »
« Pourtant c’est ce qui arrivera si nous restons ici ! Tu veux vraiment rester pour le savoir ? »
« Je le dois… »
« Pourquoi ? »
« Parce que ces gens ont le droit de connaître la raison de cette attaque et je dois les avertir de ce qui les attends. Galbatorix ne s’en tiendra pas là ! »
Saphira voulu répliquer mais Eragon enchaîna.
« N’oublie pas que notre mission première en venant ici était de sauver ce village ! Si nous partons maintenant alors nous aurons trahi notre promesse. »
« Tu exagères, désapprouva la dragonne, nous devions seulement avertir les villageois du danger qui les menaçaient. »
« Afin de leur sauver la vie ! »
« Très bien… Tu as le dernier mot comme toujours… Mais sache que je ne te laisserai pas combattre dans l’état où tu es ! Si la menace devient trop grande, je n’hésiterai pas à t’emporter loin d’ici avant que tu ais eu le temps de dire ouf ! (Le jeune homme sourit malgré son épuisement.) Je suis sérieuse ! Tu es à bout de force et blessé. Tu ne brandiras plus ton épée aujourd’hui. Je t’en empêcherai ! »
Le dragonnier fixa sa monture affectueusement alors qu’elle lui renvoyait un regard sévère.
- Tu es entrain de communiquer avec elle ? intervint Darriah, qu’Eragon avait momentanément oublié.
- Oui.
- Et que dit-elle ?
- Elle s’inquiète, comme toujours ! dit-il, levant une main en signe de dénégation.
Cette manœuvre raviva la souffrance dans son épaule, lui arrachant une grimasse. Saphira poussa un grognement qui fit jaillir un jet de fumée noire de ses nasaux.
- Elle a raison, reprit la jeune fille. Tu ne peux pas guérir tes propres blessures comme tu l’as fait avec moi ?
- Non, répondit-il les dents serrées, je ne peux utiliser mes pouvoirs que sur les autres.
Darriah fit la moue et se rapprocha d’avantage de lui pour lui offrir son soutient et son réconfort.
- Ton épaule a l’air sérieusement amochée… Elle forme un angle bizarre.
Eragon tenta de mesurer l’ampleur des dégâts, mais il ne réussit qu’à augmenter la douleur en palpant son membre.
- Elle doit être démise, souffla-il entre deux respirations saccadées. Il faut la remettre en place. Tu veux bien m’aider ?
- Bien sûr ! Que puis-je faire ?
- Je ne suis pas un spécialiste du corps humain, mais je pense que l’os est sortit de son emplacement. Alors pour le remettre en place il faut que tu tires mon bras vers toi aussi fort que tu le peux.
- Comment sais-tu cela ?
- J’ai vu Gertrude, la guérisseuse de mon village, faire ça un jour. Le fils de Horst, un ami de la famille, était tombé d’un toit et il s’était déboîté l’épaule.
Eragon frémit à l’évocation de ce souvenir. Il se rappelait surtout le cri déchirant que le jeune forgeron avait poussé au moment de remettre l’os en place.
Darriah l’aida à s’allonger et déplaça lentement le bras du blessé à l’horizontale, provoquant une nouvelle vague de douleur, qui fit monter les larmes aux yeux du jeune homme.
- Prends appui avec ton pied sur mon flanc droit, murmura-il.
Elle s’exécuta, réticente de ce qui allait suivre. Le dragonnier riva son regard sur le sien pour lui manifester sa confiance.
- Tu vas y arriver. Tire très vite et très fort.
Elle hocha la tête.
Eragon essayait de ne pas laisser filtrer sa peur, mais c’était peine perdue. Saphira rapprocha son visage du sien.
« Je vais t’aider petit homme. En joignant mon esprit au tien, nous combattrons ensemble la douleur. »
« Merci. » dit-il d’une voix tremblante, en lui jetant un regard plein de gratitude.
Il sentit l’esprit de sa monture fusionner avec le sienne pour n’en former plus qu’un.
- Je suis prêt ! affirma-il à Darriah, en fermant les yeux.
La jeune fille agrippa le poignet de son ami et tira vers elle d’un coup sec et puissant qui produit un déclic sourd dans son épaule. Au même instant il poussa un hurlement de douleur, malgré le soutient de Saphira, qui en le soulagent ressentit une grande partie de la souffrance et poussa un grognement qui se répercuta à plusieurs lieux à la ronde.
La sensation que du feu liquide parcourait l’épaule du jeune homme persista encore quelques secondes interminables durant lesquelles il retint sa respiration. Ce n’est que lorsque les élancements diminuèrent en intensité, qu’il s’autorisa à reprendre quelques bouffées d’air frais, par saccade.
Darriah pencha un visage inquiet vers lui, en lui caressant les cheveux.
- Ca va ?
Il attendit quelques instants que sa respiration reprenne un rythme normal avant de répondre.
- Oui… merci ! La douleur est supportable maintenant.
Elle déchira une nouvelle bande de tissu pour en faire une écharpe qu’elle passa autour du cou du blessé, après l’avoir aidé à s’asseoir. Il pu ainsi maintenir son bras en angle droit, pour le soulager. Elle l’aida ensuite à sa demande, à se remettre debout.
- Darriah, tu pourrais rassembler mes affaires et les mettre dans les bas de la selle de Saphira ?
- Bien sûr ! répondit-elle.
Elle s’attela à la tâche sans perdre de temps.

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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5   Sat 20 Oct - 1:20

Darriah ramassait distraitement des provisions et des vêtements éparpillés sur le sol lorsqu’elle entendit la rumeur de nombreuses conversations qui approchait.
- Restes derrière Saphira, lui ordonna Eragon, d’une voix anxieuse.
La jeune fille ramassa la dernière couverture et s’exécuta en se demandant quel nouveau malheur se préparait encore.
Cachée derrière le corps massif de la dragonne, elle vit approcher un groupe compact de villageois qui brandissait des arcs, des fourches et d’autres outils menaçants. Elle reconnut la plupart des visages qu’elle apercevait, mais chacun était déformé par des expressions d’intense fureur.
Elle regarda ensuite Eragon fixer le dragon rouge qui, l’instant d’après se rapprocha de Saphira, non loin de son dragonnier inconscient.
De là où elle était, Darriah ne voyait pas le visage de son ami. Il lui tournait le dos et il était placé en position défensive devant le groupe, attendant patiemment. A sa posture tendue, la jeune fille soupçonna le dragonnier de s’être attendu à cette rencontre.
Lorsque les hommes, plus d’une cinquantaine, les aperçurent ils allongèrent le pas.
- Arrêtez ! N’avancez pas d’avantage ! leur lança Eragon.
Les villageois s’arrêtèrent d’un bloc, attentif à la longue lame bleu qu’il brandissait.
- Qui est-tu ? demanda l’un des meneur de tête, qui fit un pas en avant.
Darriah connaissait le visage de ce jeune homme aux cheveux blond ramenés en catogan, qui était à peine plus vieux qu’elle. Il arborait un vieux sabre légèrement rouillé, mais tranchant sans aucun doute.
Elle avait eu un début de relation amoureuse avec lui à cause de l’insistance de sa mère. Il avait beaucoup de succès auprès des filles, mais c’était sur elle qu’il avait jeté son dévolu, justement parce qu’elle ne s’intéressait pas à lui. Elle avait quand même accepté pour faire plaisir à sa mère et leur histoire avait duré quelques semaines, mais l’arrogance de cet homme avait fini par exaspérer la jeune fille qui avait rompu. Il n’avait cessé depuis, de la considérer comme sa petite amie, même si ils n’étaient plus ensemble.
- Je me nomme Eragon, Tueur d’Ombre et je vous somme de reculer.
- Nous ne savons pas qui tu es, ni ce que tu veux, dit le meneur d’un ton autoritaire, mais si tu ne veux pas être blessé, alors écarte toi et laisse nous nous emparer du responsable de ce massacre.
- Je ne vous laisserai pas faire !
- Pourquoi ? Je t’ai vu le combattre ! Alors pourquoi le défendre maintenant ?
- Parce qu’il n’est plus dangereux pour personne et que…
- Nous réclamons vengeance, cria-il en brandissant son sabre au ciel, provoquant l’approbation de tout le groupe. Pour le sang qu’il a versé il mérite la mort ! Alors écarte toi !
- Rony ! Arrête ! cria Darriah, en sortant de l’abri où elle était, pour venir se placer aux côtés d’Eragon.
- Darriah ?! fit le dénommé Rony, incrédule. Qu’est-ce que tu fais ici ? (Elle garda le silence) J’ai eu peur pour toi quand j’ai vu ta mère… elle…
- Je sais, l’interrompit Darriah, essayant au mieux de conserver une attitude détachée. Rony, repartez au village et laissez cet homme et son dragon en paix !
- Quoi ? C’est hors de question ! s’indigna Rony. Qu’est-ce qui te prends Darriah ? Pourquoi tu fais ça ?
Elle hésita longuement avant de répondre. Des pensées se bousculaient dans sa tête, et le tourbillon de ses émotions menaçait de l’emporter. Pour ne pas perdre pied elle les ignorait depuis un long moment déjà.
- Je le fais parce que j’ai confiance en Eragon, et s’il dit que vous n’avez plus rien à craindre alors vous devez le croire.
- Je me fiche de la menace. Il a tué beaucoup de monde dont ta mère ! Comment peux-tu le défendre ?
- Je ne sais pas, répondit-elle, sincèrement. Mais le tuer ne changera rien. Et puis, je pense qu’il faut essayer de savoir pourquoi tout ceci est arrivé.
- Elle a raison, intervint Eragon. Ce dragonnier n’est pas coupable, car il n’était pas maître de ses actes. Il agissait sous la menace de Galbatroix ! C’est lui que vous devez tenir pour responsable de ce massacre et pas le dragonnier. Il n’était qu’une marionnette manipulée par le tyran.
- Tu mens, lança une autre voix dans la foule, pourquoi le seigneur Galbatroix voudrait-il nous détruire ? Nous lui avons toujours été fidèle.
- C’est peut-être vrai, concéda Eragon, mais en agissant ainsi, il désirait donner l’exemple. Avez-vous entendu parler de la rébellion qui soulève Belatona ?
Quelques hommes hochèrent affirmativement la tête.
- Hé bien votre seigneur, ne pouvant raser une ville de cette taille, a ordonné à son dragonnier de décimer les villages autour de la cité. Il n’en a rien à faire de votre loyauté ! Il voulait juste faire comprendre aux rebelles de Belatona ce qui les attendaient s’ils persistaient. Vous n’êtes que des pions sur son échiquier !
- C’est impossible, murmura Rony, ébranlé.
- Ecoutez-moi bien ! enchaîna Eragon, plein de détermination. Vous devez évacuer au plus vite le village et aller vers Belatona. Envoyez aussi des messagers à Trunt pour les avertir, ils sont également en danger ! Quand Galbatorix apprendra que son attaque a échoué, il enverra sûrement des troupes pour finir le travail.
Des murmures apeurés se firent entendre dans le groupe compact.
- Et que ferons nous là-bas ? demanda Rony, reprenant un peu contenance.
- Je ne peux pas le dire. C’est à vous de décider ce que vous ferez. Vous replier vers Belatona vous laissera un répit, le temps de prendre une décision.
- Une décision concernant quoi ?
Darriah s’aperçut qu’Eragon était mal à l’aise. Avait-il conscience qu’il pouvait influencer le destin de ces gens avec de simples mots ?
- Belatona est une grande cité et elle a les moyens de se défendre un temps. Mais une armée se tient au sud d’ici, dans l’attente d’ordres. Si Galbatroix décide de la lancer sur la cité, alors les Belatoniens ne tiendront pas face à cette vague ennemie. Si cela arrivait, alors votre seule chance de vous en sortir serait de gagner le sud pour atteindre le Surda !
- Le Surda ? C’est de la folie ! Tu nous demandes de fuir l’Empire alors que nous n’avons rien fait de mal ?
- Je ne vous demande rien ! Je vous dis juste quelles possibilités s’offrent à vous ! Il vous appartiendra de prendre une décision, le moment venu, en connaissance de cause.
Les villageois étaient sous le choc de ce qu’ils venaient d’apprendre et de l’avenir pessimiste qui s’offrait à eux : dans tous les cas de figure, ils devraient déserter leur foyer et leur village, pour partir vers l’inconnu.

Le volume des conversations s’amplifia à mesure que les villageois parlaient entre eux. Voyant que la plupart avaient abaissé leur arme, Eragon remit sa lame au fourreau et se tourna vers son amie, qui était plus pale que jamais. Il compatit à la douleur qu’elle devait éprouver à cause des épreuves qu’elle traversait et il admira son courage et le sang froid dont elle avait fait preuve jusqu’ici.
- Que vas-tu faire maintenant ? demanda-il.
- Je ne sais pas. Tu m’aurais posé la question hier je t’aurais répondu sans hésitation… Voyager étant mon plus grand rêve, je serais partie à l’aventure. Mais maintenant… les choses sont différentes.
Elle laissa son regard dériver vers un bosquet dont les premières fleurs de printemps commençaient à éclore. Eragon lui posa une main sur l’épaule.
- Ce que tu vis est bouleversant et effrayant… je le sais car ça m’est arrivé il n’y a pas si longtemps que ça.
- Ha oui ? Ta mère a été attaquée sans raison et est morte dans d’atroces souffrances écrasée sous des décombres et brûlée par des flammes ?
- Ca n’est pas arrivé à ma mère… mais à mon oncle Garrow…
- Comment ? Je ne comprends pas …
Le jeune homme baissa les yeux sur ses mains et caressa nerveusement la cicatrice blanchâtre qui s’étendait sur sa paume. Evoquer ces souvenirs était douloureux, mais peut-être arriverait-il à aider la jeune fille en lui faisant partager son expérience traumatisante.
- Avant de devenir dragonnier, je vivais à Carvahall, un petit village au nord, avec mon oncle Garrow et Roran. Nous menions une vie tranquille et sans histoire, jusqu’au jour où j’ai trouvé l’œuf de Saphira. Je ne sais pas trop comment les Ra’zacs l’ont appris, mais ils sont arrivés un jour à Carvahall et ils s’en sont prit à mon oncle et son sort fut très semblable à celui de ta mère. Ils l’ont torturé avec une sorte… d’acide et ont détruit notre maison. Je n’étais pas là quand c’est arrivé et je l’ai retrouvé à moitié mort sous les décombres.
Eragon sentit ses entrailles se contracter. Il était si dur de reparler de tout ça. Darriah avait plaqué une main sur sa bouche pour étouffer un crie d’horreur et une larme ruisselait sur sa joue. Elle retira sa main et déglutit.
- Je suis vraiment désolée… j’ai été stupide de ne pas te prendre au sérieux. Pardonne moi.
- Ce n’est rien, tu ne pouvais pas savoir.
Elle fronça les sourcils.
- Quand tu parles des Ra’zacs, s’agit-il des mêmes créatures qui vous poursuivaient la nuit où je t’ai rencontré ?
- Oui. Après la mort de Garrow, poursuivit-il comme s’il n’avait pas été interrompu, je n’avais plus de raison de rester et, mué par la vengeance, je me suis lancé à la poursuite des meurtriers. Je les ai traqué longtemps, durant de long mois et… (Il aperçu le regard perplexe de la jeune fille) Quoi ?
- Je suis juste un peu perdu… tu m’affirmes les avoir pris en chasse et l’autre nuit c’est eux qui vous traquaient ?
Eragon ne pu s’empêcher de rire. Il n’aurait pas su dire si c’était le raisonnement de son amie qu’il trouvait drôle où si c’était ses nerfs qui commençaient à lâcher, mais son hilarité n’en n’était pas moins forte.
- Désolé, s’excusa-il après avoir retrouvé un semblant de sérieux devant le regard déconfit de Darriah, je ne voulais pas me moquer de toi… c’est juste que, ses deux évènements peuvent sembler contradictoire, je sais, mais ils se sont produit à plusieurs mois d’intervalle et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.
- Je comprends… mais pourquoi me parles-tu de ça maintenant ?
- Hé bien, j’essaie de t’expliquer que je me suis retrouvé dans la même situation que toi un jour et que j’ai pris la décision de partir à l’aventure… vers l’inconnu, sans me retrouver. Ca ne veut pas dire que tu sois obligée de le faire aussi, mais moi je l’ai fait et au final ça ne s’est pas si mal passé que ça !
Il omit de parler des malheurs qu’il avait rencontré en chemin. Son but étant de redonner confiance à la jeune fille, seul l’optimisme devait primer dans son discours.
- Si j’ai réussi à tourner le dos à mon village et à mes amis, c’est que ce n’est pas une épreuve aussi insurmontable que ça. Et puis à l’époque, je n’avais pas la moitié de la force de caractère que tu as.
Elle eut un maigre sourire avant de baisser les yeux.
- Je ne suis pas si forte que tu sembles le croire.
Il lui prit le menton entre le pouce et l’index et l’obligea à le regarder.
- Crois moi. Je sais ce que je dis, affirma-il avec un sourire encourageant.
Elle noya ses yeux d’un vert profond dans les siens et ils se fixèrent ainsi pendant un moment, durant lequel le monde disparu autour d’Eragon. Malgré le brouhaha qui montait toujours du groupe de villageois, il avait l’impression d’être seule avec la jeune fille dans cette clairière, et que rien n’aurait pu le contraindre de détourner son regard ce visage si parfait. Pourtant elle finit par briser le silence.
- Tu as raison. Rien ne me retient ici !
Eragon détacha à contre cœur son regard de son amie et le tourna vers le groupe d’homme.
- Tu iras avec eux vers Belatona ?
- Non, répondit-elle d’un ton décidé. Depuis des mois je lutte pour conserver mon indépendance. En suivant les gens de mon village, je serais contrainte de faire ce qu’ils me diront et ça je ne le veux pas ! Je n’irai pas avec eux.
- Mais où iras-tu alors ?
- Tu as parlé du Surda et de la protection qu’il pouvait nous offrir. Je pense que c’est par là que j’irai. Et puis j’ai toujours été fascinée par les histoires de rebelle Varden. J’ai entendu dire que c’est là-bas qu’ils se réfugiaient. Peut-être en rencontrerai-je !
- Oui sans aucun doute, dit-il mal-à-l’aise. Mais… tu envisages d’y aller seule ?
- Oui.
- Darriah… C’est une route longue et dangereuse par les temps qui courent.
- Je sais me défendre, s’indigna-elle. Mon meilleur ami m’a appris à manier le poignard et l’arc. Et je suis très douée !
- Je ne doute pas de tes talents mais… face à des bandits expérimentés, je crains qu’ils soient inefficaces.
- Je saurai faire face, s’entêta-elle en lui tournant le dos.
- J’ai peur pour toi, avoua Eragon sur un ton égal. Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. (Elle se retourna lentement, une expression grave sur le visage) Je me sens responsable de toi…
- Pourquoi ?
- C’est plus fort que moi ! Et puis, tu nous a aidé quand nous étions dans le besoin, poursuivis par les Ra’zacs. Maintenant je veux te rendre la pareille.
- Tu vient de le faire en me sauvant la vie.
- A quoi bon t’avoir sauvé si c’est pour te laisser partir à l’aventure, seule et sans défense ?
- Je ne suis pas…
- Darriah ! coupa-il d’un ton sans réplique.
- Qu’est-ce que tu attends de moi au juste ?
Pris au dépourvu par la question, le jeune homme réfléchit rapidement avant de répondre.
- Je veux que tu me laisses te conduire au Surda. Je vais y retourner de toute façon et tu y sera bien plus rapidement en venant avec moi qu’en y allant toute seule.

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PostSubject: Tome 3 : Chapitre 5 (fin)   Sat 20 Oct - 1:21

« Eragon, je me dois d’intervenir ! » dit soudainement Saphira.
« Saphira je t’en prie ! » l’implora-il.
Elle poussa un grognement sourd.
« Très bien. Mais j’espère que tu sais ce que tu fais, parce qu’avec Murtagh sur les bras nous n’avons pas le droit à l’erreur ! »
- Mais, tu ne dois pas t’occuper d’abord de certaines choses pour ton frère ? demanda Darriah.
- Oui, c’est vrai. Mais je n’en aurais pas pour très longtemps et après je retournerais au Surda. Rien ne m’empêche de t’amener avec moi.
- Hé bien, je ne sais pas… Il est vrai que la perspective de voyager à dos de dragon me tente, mais… je ne sais pas…
- Réfléchis-y le temps que je termine avec eux, suggéra-il en se tournant vers les villageois qui semblaient s’être mis d’accord.
Rony s’avança vers Eragon et vint se planter devant lui avec un air supérieur. Il le toisa comme pour estimer sa force. Le dragonnier lui renvoyait un regard plein de détermination, mais dans le piteux état où il était, il ne devait pas avoir l’air très dangereux.
- Mes collègues et moi en sommes venus à la conclusion qu’une menace pesait effectivement sur nous et qu’une retraite vers Belatona était pour l’instant la meilleure solution.
- Mais ? anticipa Eragon.
- Mais, nous ne partirons pas avant d’avoir accroché la tête du meurtrier au bout d’une pique, annonça-il en bondant le torse.
- N’y comptez pas ! menaça le jeune homme, sentent une bouffée de colère monter en lui.
- Darriah, viens par ici !
Elle s’avança et vint se placer aux côtés de son nouvel ami.
- Non Rony ! Je ne viens pas avec vous.
- Quoi ? C’est de la folie ! Où iras-tu ?
- Vers le Surda ! Et si tu es assez intelligent, tu y mèneras aussi notre village lorsque le moment sera venu.
Sans prendre la peine de raisonner la jeune fille, Rony s’empara de son poignet et la tira vers lui.
- C’est de la folie ! Tu ne sais plus ce que tu dis ! Je ne sais pas ce que ce type t’a fait, mais tu vas venir avec moi !
- Non ! cria-elle en tentant de se libérer de l’étau d’acier qui lui emprisonnait la main. Lâche-moi !
- Laisses-la tranquille, s’énerva Eragon.
- Viens ! hurla Rony en tirant d’avantage.
A bout de patience, Eragon dégaina son épée de la main gauche et tint en respect son adversaire, qui relâcha immédiatement son emprise.
- Je ne partirai pas sans elle ! menaça le meneur.
- C’est à elle d’en décider. Pas à toi !
Il se tourna vers elle, l’invitant à s’exprimer. Sans ciller, elle lui rendit son regard.
- Je partirai avec toi ! Et si dans la mêlée je peux t’aider à sauver ton frère, je le ferai, pour toi ! Après tout, nous ne serions peut-être plus vivant sans ton intervention. Tu nous as tous sauvé ! N’est-ce pas Rony ? ajouta-elle se tournant vers lui.
- Très bien, beugla l’intéressé d’un ton méprisant. Reste avec cette vermine ! Tu ne vaux pas mieux que lui.
La colère d’Eragon augmentait à mesure que Rony déblatérait ses insultes, tel un brasier qu’on alimente avec de grosses bûches. Suffocant de rage, il déplaça la pointe de sa lame du torse de son ennemie jusqu'à sa gorge.
- Ca suffit maintenant ! rugit-il, tremblant de fureur. Vous n’avez plus rien à faire ici, alors partez !
- Pas avant d’avoir eu la peau du meurtrier !
Soudain, Rony souleva son sabre et écarta la lame du dragonnier. Ce geste semblait être le signal pour les autres villageois, car ils levèrent leurs armes, prêt à attaquer.
« Je t’avais prévenu Eragon, que je ne te laisserai plus brandir ton arme aujourd’hui ! » s’énerva Saphira.
D’un même mouvement, comme s’ils s’étaient concertés, les deux dragons restés en retrait pour observer silencieusement la scène, passèrent à l’action. Ils ouvrirent grande leur gueule, dévoilant une longue série de cros acérés et poussèrent un grognement puissant et effrayant, qui aurait poussé toute personne censée à se rouler immédiatement en boule de terreur, ou à prendre la fuite, ce que firent d’ailleurs plusieurs assaillants, brisant la cohérence du groupe. Les autres lâchèrent leurs armes pour plaquer les mains sur leurs oreilles.
« Eragon ! Monte en selle ! » ordonna la dragonne d’un ton sans réplique.
Remettent son épée au fourreau, il prit la main de Darriah et l’entraîna jusqu’à Murtagh qui gisait toujours au sol.
- Aide-moi à le porter jusqu'à Saphira s’il te plaît !
Plaçant ses bras sous les aisselles du jeune homme, elle le souleva de terre avec une grimace. Son corps devait être tout endoloris par l’effondrement de sa maison et sa chute du dos de Saphira, devina Eragon et il s’en voulu de lui imposer cet effort. Mais sans elle, il serait incapable de porter seul son frère. Il s’empara avec sa main libre des deux pans du pantalon de son aîné. Tant bien que mal, ils réussirent à hisser l’inconscient sur la selle de Saphira.
« Pourquoi est-ce que ça n’est pas moi qui transporte Murtagh ? » se plaignit Thorn.
« Parce que si la menace que je le tue ne pèse plus sur lui, tu ne pourra pas outrepasser tes serments pour me suivre. » répondit fermement Eragon.
Résigné, le dragon rouge continua à tenir les villageois à distance, pendant que le jeune homme et son amie montaient à leur tour.
Leurs adversaires, bien que déstabilisés et désordonnés, commencèrent de reprendre leurs armes, décidés à ne pas laisser leurs proies s’envoler. Rony fut le plus rapide en s’emparant d’un arc tombé au sol et il tira une flèche en direction d’Eragon.
- Letta orya Thorna ! cria Eragon, levant une main vers le projectile, qui stoppa net et tomba comme une pierre au sol.
Saphira gronda une dernière fois avant de s’ébranler et de gagner de l’altitude. Thorn prit également son envol et les suivit, sans quitter des yeux son dragonnier. Les deux créatures de légende s’élevèrent dans les cieux et se fondirent dans les étoiles qui apparaissaient de plus en plus nombreuses.

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