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 Empire, ma version

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Seithra
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Number of posts : 19
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PostSubject: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:23

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Bon les shurtugaliennes vous connaissez deja donc bon, vous pouvez passer votre chemin si le coeur vous en dit ^^


Chapitre 1

Cela faisait des jours qu’elle parcourait l’Alagaësia depuis Urû’baen, l’animal marchant à ses côtés. Elle avait entendu dire que les Vardens s’étaient réfugiés vers le Surda ; elle avait donc pris route vers le Sud. Sur sa route, elle avait bravé les intempéries, échappé aux marchands d’esclave et aux soldats, supporté la chaleur et maintenant son corps demandait son dû, ne faisant plus que suivre la marche forcée imposée par le temps et l’Empire. Elle s’arrêta pour se reposer, laissant ses jambes aller dans le sens qu’elles voulaient, se laissant tomber dans le sable brûlant. Son souffle faisait voler le sable autour de sa bouche. Elle aurait voulu rester dans ce lit chaud rien que quelques heures pour reprendre quelques forces mais elle ne pouvait pas ; il fallait qu’elle continue. Son corps s’enfonçait dans le sable, rendant plus difficile encore le moment où elle devrait se relever. Elle murmura quelques mots, et fit apparaître de l’eau. Elle se rua dessus et but de longues gorgées. Sa soif assouvit, elle regarda son reflet dans l’eau qui disparaissait ; elle n’était plus que son fantôme, ses traits étaient tirés, ses yeux injectés de sang la suppliaient, ses cheveux pendaient mollement autour de son visage et son visage était recouvert de sable. Elle allait y arriver, elle devait y arriver. Elle n’avait pas fait tout cela pour rien ! Les dernières gouttes d’eau disparurent, ne laissant qu’une petite trace humide sur le sol. Elle roula sur le dos puis se releva. Elle vacilla, se redressa et se remit à marcher péniblement. Ses cuisses la tiraillaient, ses bras étaient lourds. Son médaillon sautait au rythme de ses pas, tapant joyeusement contre sa poitrine. Au-dessus d’elle, des vautours décrivaient des cercles. Elle en était sûre, ils étaient là pour elle.
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Seithra
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:33

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Chapitre 2

Eragon se faufilait entre les tentes et les soldats pour se rendre chez Nasuada. Saphira était partie chasser, le laissant seul, et les gens profitaient de cette occasion pour venir lui parler. Chacun le saluait, le félicitait pour ses prouesses lors de la bataille et lui posait des questions sur le nouveau dragonnier, question évitée par un vague « Je n’ai pas vu son visage. » ou « Il portait un heaume. » qui balayaient leurs questions mais seulement pour quelques heures, avant qu’elles ne reviennent. On lisait un certain espoir sur le visage des hommes, mais l’apparition d’un nouveau dragonnier ennemi assombrissait les sourires. Ils avaient perdus leurs amis pendant le combat et les nains ne tenaient plus en place. La mort de Hrottgar les avait montés contre l’Empire, tous voulaient la tête de Galbatorix et du meurtrier. L’hydromel n’avait pas coulé depuis des jours, ce qui pour des nains était des plus inquiétant. La veille, l’un d’eux avait failli l’étrangler en lui demandant qui avait tué leur chef, heureusement Orik avait réussi à le raisonner. Pendant cette période de troubles, celui-ci essayait de calmer le jeu même si cela était très difficile. Il restait admirable alors qu’il venait de perdre sa seule famille, celui qui l’avait élevé. La situation était critique, et ils le savaient.
Eragon aperçut un groupe de personnes et bifurqua vers la droite, évitant ainsi un énième interrogatoire, puis tourna à gauche et arriva devant la garde de Nasuada. Quelques uns avaient changé depuis la dernière fois. Ils hochèrent la tête et soulevèrent la toile qui fermait la tente. Eragon entra. L’intérieur était très sobre ; sur le côté se trouvait un lit étroit et au pied reposait un sac en tissus. Dans le fond, une petite table de travail croulait sous les papiers et les cartes. Au centre, Nasuada faisait les cent pas. Des rides étaient apparues sur son front, ses cernes témoignaient de nuits très courtes et sa bouche semblait ne jamais avoir souri. Elle n’étaient plus la même que celle qu’Eragon avait vu la première fois : elle avait l’air d’avoir cents ans de plus. Elle releva la tête :
« - Je suis contente que tu sois venue. Tu es tellement occupé ces temps-ci. Je voulais de parler de Morzan. »
Eragon fut surpris. Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle reparle de cette histoire.
« - Je comprends ce que tu ressens, déclara-t-elle. Je ne dis pas que je sais ce que tu ressens, car ce serait faux : cela ne m’est jamais arrivé. Mais j’arrive à m’imaginer ce que l’on peut ressentir en apprennant une telle chose. Je comprends aussi ce que tu ressens par rapport à Murtagh. »
Une vague de fureur mêlée à la tristesse envahit son corps. L’évocation du nom de Murtagh lui donnait envie de briser tous les objets qu’il avait à portée de main. Il revoyait le visage supérieure et satisfait de son frère de sang, comme s’il ne le voyait que comme un simple pion. « Il ne vaut pas mieux que son père. » pensa-t-il. Nasuada reprit la parole, le tirant de ses pensées :
« - Je comprends à quel point ça doit être difficile pour toi de perdre Murtagh et de voir comme il a changé. Je sais que vous étiez très amis… moi-même j’aimais beaucoup parler avec lui lorsqu’il était en cellule. Mais tu vas devoir l’affronter, sans repenser au passé.
- Je le vaincrais. Ce n’est qu’un lâche, il n’est venu que lorsque la bataille était à un stade avancé et a pris l’énergie d’êtres humains. Ce n’était pas loyal.
- Ne t’emporte pas non plus. Il est contrôlé par Galbatorix, ce n’est pas entièrement sa faute. Maintenant que Galbatorix a un pantin, il va l’utiliser et lui racontera des belles paroles pour l’embobiner un peu plus. Il l’entraînera à la magie noire et lui apprendra des mots que personne n’ose prononcer. Je veux que tu retournes à Ellesmera au plus vite pour continuer ta formation, c’est la seule solution que l’on ait pour être sur que tu le vaincs ; nous ne pouvons te laisser mourir : tu est trop important.
- Je ne peux pas.
- Quoi ? s’exclama-t-elle.
- Je ne peux pas aller à Ellesmera pour l’instant ; je dois aider Roran à sauver sa fiancée.
- Eragon, beaucoup de gens compte sur toi !
- Roran compte sur moi ! C’est mon frère !
- Tu dois aider les Vardens !
- Si les Vardens m’empêchent d’aider ma seule famille, alors je les quitterai s’il le faut ! »
Eragon vit les yeux de Nasuada se remplirent de larmes. Elle alla s’asseoir sur le lit, sanglotante. Un garde passa la tête par l’ouverture et demanda si tout allait bien. Elle acquiesça et il sortit. Eragon s’accroupit, prés du lit. Il ne voulait pas la faire pleurer. Il savait que c’était très difficile pour la jeune femme depuis que son père était mort. Il reprit d’une voix plus calme, plus comme un ami que comme un sujet :
« - Ecoute Nasuada, je suis désolée, je ne voulais pas te mettre dans cet état. Je… j’ai été égoïste…
- Comment ferais-je si tu quittais les Vardens ? Je ne peux pas être reine… Pourquoi mon père est-il mort ? Je ne suis pas de taille !
- Tu es de taille ; et je suis sure que ton père est fier toi. Mais je dois aider Roran, j’ai déjà fait plusieurs erreurs avec lui… ne crois-tu pas que je passerais pour un couard en ne tenant pas ma promesse ? Et je pourrais tuer les Ra’zacs, ce qui nous enlèverai une épine du pied… Tu sais au départ, je suis parti pour venger mon père et depuis la mort de Brom, mon désir n’a fait qu’accroître… Je te promets d’aller à Ellesmera… Mais je dois d’abord aider Roran. »
La jeune reine se frotta les yeux, puis respira profondément avant de répondre :
« - Soit ; vas-y, si tu le dois, mais promets moi de revenir au plus vite.
- Je te le promets. Mörura.
- Laisse-moi maintenant. »
Il se releva et se dirigea vers la porte. Les gardes s’écartèrent pour le laisser passer et il se faufila entre eux. Cela l’embarrassait d’avoir vu pleurer Nasuada. Elle faisait de son mieux même si cela n’était pas facile. Comme Saphira n’était pas encore revenu, il décida d’aller se balader. L’air était pesant, et le soleil éclairait le camp de tous ses rayons alors qu’il n’était que le matin ; les hommes jouaient aux dés, s’entraînaient à l’épée et à l’arc, discutaient ou nettoyer leurs armures et leurs épées. Un peu plus loin, les tentes étaient un peu plus écartés et laissaient un espace assez grand pour se battre tranquillement. Jormundur et Roran croisaient le fer devant quelques soldats. Roran était très brutal et manquait souvent sa cible. Il attaquait sans cesse, son adversaire parant facilement, ce qui le fatiguait. Il manquait évidemment de technique. Roran glissa, s’étala par terre et Jormundur pointa son épée contre sa poitrine.
« - Fais plus attention à tes points d’appuis. Tiens, attrape ma main. »
Roran se releva, remercia Jormundur, s’épousseta, puis remarqua Eragon :
« - Nasuada a-t-elle donné son accord ?
- Oui, mais je dois revenir au plus tôt.
- Que sais-tu d’eux ?
- Je vais te dire l’essentiel : ils utilisent une huile qui brûle la chair, de l’huile de Seithr transformée. Ils enduisent leurs lames avec…
- C’est avec ça qu’ils ont tué mon père ?
- Oui…
- Continue.
- Leur monture, ce sont enfaîte leurs parents. Lorsqu’ils vieillissent, des ailes se forment et ils deviennent alors des Lethrblakas. Il faudra aussi les vaincre.
- Comment pouvons nous les vaincre ? Nous ne sommes que des humains, et eux ce sont des… des monstres !
- Je ne suis plus vraiment humain, on va dire. Pendant le Serment du Sang à Ellesmera, mon corps a changé et mes capacités se sont décuplées.
- Tu es un elfe ?
- Non, je ne suis pas un elfe, je dois toujours me raser le matin ! ironisa-t-il. Je dirais plutôt que… que je suis devenu un dragonnier à part entière.
- Tu as changé Eragon, tu es devenu un homme maintenant, déclara Roran. »
Un silence pesant commença à s’installer. Roran nettoyait son marteau tandis que Eragon tripotait le bout de ses manches. Il finit par demander :
« - Quand voudrais-tu partir ?
- Le plus tôt sera le mieux. Demain ?
- Demain ? Nous n’aurons pas le temps de nous préparer ! s’exclama-t-il.
- Trop de temps est déjà passé. Nous avons tout l’après-midi pour nous préparer, c’est suffisant.
- D’accord, si tu le veux vraiment, je m’arrangerais.
- Je vais y aller maintenant. Horst a dit qu’il me forgerait une épée pour partir.
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Seithra
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:39

Il tourna les talons et commença à s’éloigner, laissant son cousin seul. Eragon reprit sa balade. Partir aussi vite l’embêtait, et il ne savait pas si Saphira serait d’accord. Une odeur âcre l’attira. Elle ressemblait à un mélange d’orange, d’épices, de delois et d’huile de Seithr. Il suivit l’odeur, se demandant ce qui pouvait produire une vapeur aussi nauséabonde. Il arriva devant une tente de petite taille, entourée de différentes plantes séchées. Il passa la tête entre la toile et la porte et aperçut Angela et Arya qui discutaient :
« - Je ne sais pas si elle arrivera à supporter toute cette souffrance… il y a tant de blessés ! marmonnait Angela.
- Elva est forte.
- Je me demande ce que fait cet idiot ! La prochaine fois qu’il fait une bénédiction pareil, je lui tranche la gorge !
- Alors il vaut mieux que n’en fasse plus, déclara Eragon. »
Il entra dans la tente et s’approcha des deux femmes. L’atmosphère était très chaude, pesante. Le sol était couvert de plantes, de feuilles, de bocaux remplit de diverses substances. Un long tissu descendait jusqu’au sol et cachait le fond de la pièce. Une marmite bouillait d’un liquide verdâtre qui menaçait de s’échapper. Autour se tenaient Angela et Arya, l’air épuisées et impatientes.
« - Te voilà enfin ! La pauvre petite agonise ! Tu voulais attendre qu’elle meure ? le sermonna la vieille femme.
- Je suis désolé, je…
- Assez de parlotes, ce n’est pas le moment de boire le thé ! Elle ne peut pas attendre. »
Elle l’attrapa vivement par le bras et l’emmena derrière le rideau. Elva gisait sur une couche faites de couvertures empilés ; sa respiration était saccadée et ses membres s’agitaient, comme si elle faisait un cauchemar. La sueur perlait sur son front plissé et ses yeux semblaient retenir ses larmes. Eragon pris son poignet : son pouls était lointain, faible. Arya essayait de s’éclipser hors de la tente : Angela la rattrapa :
« - J’aurais besoin de toi après alors ne t’éloigne pas. »
L’elfe souleva la toile et s’éloigna. Eragon ne savait que dire pour contrer sa bénédiction. Comment éviter une autre erreur ? Chaque mot avait un sens tellement fort.
« - Je ne sais pas ce que je dois dire ! implora –t-il.
- L’important c’est de penser à ton but. Réfléchis. »
Il chercha ce qui pouvait lui enlever ses souffrances, sans qu’elle n’ait plus aucunes émotions. Pleins d’idées lui vinrent, mais chacune pouvait entraîner d’autres problèmes, le sens étant trop vague. Il se décida, priant pour que cela n’aggrave pas les problèmes de l’enfant :
« - Que le mal que je t’ai fais cesse de te tourmenter et que la douleur des autres ne te torture plus comme à ce jour, proféra-t-il en ancien langage. »
Ses bras et ses jambes s’arrêtèrent, son souffle devint plus calme. Son visage s’adoucit, elle ressemblait à une enfant. Elle dormait. Eragon sentit une vague de fatigue l’envahir, venant s’ajouter à celle de la bataille. Il ferma les yeux quelques secondes, soulagé. Cela n’était pas encore sûr, mais la petite fille redeviendrait normale maintenant. Il sourit. Elle pourrait jouer avec d’autres enfants, profiter de la vie comme ceux de son âge sans plus ressentir la souffrance de la guerre. Malgré tout, il n’oubliait pas ce qu’elle avait subi et se promit de tout faire pour pardonner sa faute. Angela lui donna une grande tape dans le dos :
« - Je suis fière de toi Eragon. Tu as commis une erreur cependant tu as su la réparer et ça, tous les hommes ne peuvent pas se vanter d’y être arrivés. »
Elle se leva et prit un bol dans une malle. Elle y versa un peu du contenu de la marmite et le tendit à Eragon :
« - Tiens bois ça. Ca n’a pas l’air des plus appétissant néanmoins ce potage fait le plus grand bien ! dit elle avec un sourire. »
Eragon prit le bol et le porta à ses lèvres. Le liquide était un peu amer mais il le rendit de meilleure humeur. Petit à petit, il se sentait moins fatigué et revigoré. Angela le regardait attentivement, comme si elle attendait. Il décida de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment :
« - Lorsque vous avez lu mon avenir à Teirm, vous avez dit que j’aimerais une femme, pour mon bonheur ou mon malheur ? »
Le sourire de la vieille femme s’élargit ; sa mine était triomphante. Elle jeta un regard vers la porte puis déclara :
« - Enfin tu te décides ! Cela fait longtemps que j’attends que tu me poses cette question ; à vrai dire, depuis que je t’ai vu avec Arya ! »
Eragon avala sa gorgée de travers. Nier n’aurait servi à rien. Il demanda :
« - Comment savez-vous…
- Je ne suis pas bête ! le coupa-t-elle. Je t’ai vu la dévorer des yeux et je sais qui sont les parents d’Arya, ne me demande pas comment. Un peu de déduction et voilà tout. Pour ta question, je n’ai rien vu dans les osselets pouvant te donner une réponse. Je connais Arya depuis longtemps et je sais que tu n’as pas choisi n’importe qui. Mais si un jour Arya te choisi, crois moi, tu seras l’homme le plus heureux de la planète et Galbatorix aura du soucis à se faire !
- Vous ne le direz pas ?
- Pourquoi le ferais-je ? Vu les réactions d’Arya, elle doit déjà savoir ce que tu ressens ! Et loin de moi l’idée d’aller commérer sur les sentiments de tout le monde !
- Merci. »
Ils restèrent silencieux quelques minutes, buvant le potage tranquillement. Lorsque Eragon eu finit, Angela demanda :
« - Au faite, tu n’as pas oublié l’enterrement de Hrottgar ce soir ? Ton statut de membre du Durgrimst Ingeitum t’oblige à y aller. »
Cela lui était sorti de la tête. Avec tous les problèmes qu’il avait, l’enterrement était devenu secondaire à ses yeux, même s’il aimait bien Hrottgar.
« - C’est ce soir ? s’exclama-t-il.
- Oui mon petit. Ne me dit pas que tu as oublié qu’il y a eu une guerre non plus !
- Heureusement je n’avais rien prévu !
- Il y aura aussi une cérémonie pour les morts après, lui signala l’herboriste.
- Ils n’enterreront pas les corps ?
- Nasuada ne sait pas encore comment faire. Enterrer tous ces cadavres est trop difficile ; les familles aimeraient récupérer les corps des défunts ; les transporter serait tout aussi difficile.
- Nasuada est dans une situation difficile, conclut-il. »
Angela prit son bol et alla le ranger. Elle jeta un coup d’œil derrière le rideau et dit :
« - Il va falloir que tu t’en ailles. Je vais devoir voir avec pour les plantes dont elle m’avait parlé et après il faudra que j’ailles aider Gertrude : elle est dépassée par tout ces malades à soigner !
- Oui, il faut que j’y aille moi aussi. »
Il se leva, se lissa la chemise et se dirigea vers la porte ; il allait sortir lorsque Angela lui lança :
« - Ne l’embête pas trop, je crois qu’elle n’a pas encore fait son deuil. »
Eragon ne compris pas ce qu’elle voulait dire. De quel deuil voulait elle parler ? Il sortit et relâcha le tissu qui fermait la tente. Arya se tenait à quelques mètres, les bras croisés dans une position d’attente. Ses longs cheveux noirs ondoyaient légèrement au rythme du vent ; sa tête restait immobile et ses yeux étaient vagues ; elle semblait perdue dans des pensées contrariantes. Lui non plus ne bougeait pas, subjugué, l’admirant. Une minute passa, et elle se retourna, comme réveillée d’un profond sommeil.
« - Elva va mieux ?
- Je crois que oui.
- Bien. »
Elle se retourna pour s’en aller mais Eragon la retins par le bras :
« - Arya, je…
- Non, le coupa-t-elle. Tu t’es excusé, je t’ai pardonné. »
Et elle repartit d’un pas vif, entra dans la tente et disparut. Elle disait l’avoir pardonné, et pourtant il sentait qu’elle était distante avec lui. A chaque fois qu’il la croisait, elle partait sans rien dire. A force, cela commençait à l’irriter.
Tout d’un coup, il entendit un cri. Il se retourna ; la plainte venait de la droite. Il couru dans cette direction et découvrit un Orik allongé par terre qui maugréait et une dragonne aux écailles bleus étincelantes, semblables à des arc-en-ciel ; c’était Saphira, sa dragonne.
« Qu’est-ce qui c’est passé ? demanda mentalement le jeune homme. »
« J’ai raté mon atterrissage et Orik passait à ce moment, et je suis tombée sur lui. »
Il était étrange que Saphira fasse une erreur en vol : elle n’en faisait pas d’habitude. Eragon devina que les mêmes pensées les tourmentaient. Orik se releva tant bien que mal et ramassa ses outils qui s’étaient éparpillés sur le sol. Il les fourra dans un sac après les avoir essuyé et déclara :
« - Ta dragonne devrait faire attention ! Elle a failli me tuer !
- Elle est désolée.
- Vaudrait mieux qu’elle apprenne à voler, ce serait moins dangereux ! »
La réaction de la dragonne fut immédiate ; elle s’avança vers le nain, pointa son museau sur son torse et lui jeta le regard le plus assassin.
« Répètes ce que tu viens de dire ! »
Orik blêmit. Eragon essaya de l’apaiser, mais elle ne voulait rien entendre.
« Saphira, je ne pense pas qu’il voulait dire ça. »
« Alors pourquoi l’a-t-il dit ? »
« Parce qu’il n’est pas bien en ce moment… Je pense que tout le monde est à bout de nerfs… Il ne faut pas lui en vouloir… »
La dragonne s’éloigna un peu.
« Dit lui que s’il me reparle comme ça, il ne reverra pas le jour se lever. »
Eragon transmit le message et Orik répondit :
« - Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris ; excuse-moi Saphira. »
Elle grogna pour acquiéser. Eragon essaya de changer de sujet :
« - Viens-tu ce soir ? demanda le jeune homme.
- Bien sûr. Hrottgar m’a élevé comme son fils et pour ça il mérite que je sois là ; de plus, il est de mon devoir de membre du Durgrimst Ingeitum d’y aller. Et toi ?
- Oui, je serais là. Au fait, quand allez-vous choisir le nouveau roi ?
- Demain. Les chefs de clans seront tous là, c’est le meilleur moment. Il sera couronné une semaine après environ.
- Dois-je être là ?
- Je ne sais pas si ta présence est requise, mais pourquoi me demandes-tu cela ?
- Je dois partir demain pour aider Roran à sauver Katrina. »
Le nain parut surpris.
« - Tu repars déjà ? s’exclama-t-il.
- Oui mais je ferais mon possible pour revenir au plus vite, promis Eragon. Par contre, il faudra que je retourne à Ellesmera pour finir ma formation.
- Quel programme !
- Beaucoup de choses reposent sur moi.
- Je sais. Bon, je te vois ce soir !
- Oui, à ce soir. »
Orik s’apprétait à partir mais se retourna :
« -Eragon, si tu recroises un jour ce lâche, tache de m’apporter sa tête, dit-il d’un ton grave. »
Il le regarda s’éloigner puis dit à Saphira :
« Je crois que tout le monde à besoin de repos ici. »
« S’ils arrivent à trouver le sommeil. »
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Seithra
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:41

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Chapitre 3 : L’hommage du roi


Eragon passa l’après-midi à se baladait et à se préparer, échafaudant des plans dans sa tête. Le soleil descendit très vite et le soir arriva, apportant une agitation des plus stupéfiante ; les nains courraient dans tout le camp, transportaient des barils d’hydromel d’une tente à l’autre, chantaient des chansons funèbres. Cela le rassurait, ils étaient beaucoup plus vivants que ces derniers jours ! Eragon lustra un peu les écailles de Saphira puis alla se préparer ; il se coiffa, se nettoya le visage, se rasa (par magie, le rasoir était trop compliqué) et enfila les plus beaux vêtements qu’il avait. Il sortit, suivit de la dragonne. Orik l’attendait.
« - Ah ! Te voilà enfin ! Dépêchons-nous, je ne veux pas être en retard. »
Ils le suivirent dans le labyrinthe des tentes et arrivèrent à l’écart du camp, là où la foule s’était réunie. Les gens murmuraient, certains pleuraient et d’autres restaient le visage de marbre. Au centre de l’assemblée, une place était laissée. Des hommes en armures se tenaient en cercle, portant des torches enflammées. A l’intérieur, Eragon distingua douze nains. Orik les nomma :
« - Le premier à droite c’est Palnior, puis Regam, Bornic, Gurmain, Marzin, Yorn, Carmolin, Kalniek, Helnir, Fornin, Tolen et Neldur. Ce sont les chefs de clans. Celui de notre groupe est Neldur. »
Ils étaient tous vêtus de leurs plus beaux atours et avaient des mines sombres. A côté Arya et Nasuada étaient assises, séparés par une chaise vide. Qui pouvait bien être en retard ? Nasuada l’aperçut et lui fit signe de venir. Eragon entendit Arya dire dans sa tête :
« Viens tu dois t’asseoir là. »
« Pourquoi ? pensa Eragon, étonné. »
« Parce que tu es un dragonnier. »
Eragon se tourna vers Orik :
« - Nasuada veut que j’ailles m’asseoir avec elle.
- Vas-y, ce n’est pas grave. Je t’attendrais tout à l’heure. »
Il se faufila entre la foule et arriva au niveau du cercle. Il vit alors le cercueil : les nains avaient mis tous leurs talents dans l’ouvrage. L’objet était en marbre, de forme rectangulaire avec un arrondi vers le haut. Sur les côtés était gravé une frise qui résumait les exploits du roi, peinte avec une finesse et une délicatesse digne des elfes. Le couvercle était incrusté de rubis, d’améthystes et de grenat. Une couronne et les armoiries du Durgrimst Ingeitum étaient dessinées avec un filet d’or ; des diamants incrustés faisaient brillés le cercueil des plus belles lumières, comme des étoiles. Mais le bijou le plus précieux se trouvait vers le haut : une fleur, belle entre toutes, dans un coffre de verre, encastrée dans le couvercle. Ses pétales étaient semblables à de la soie, crèmes, déclinant vers le bord en pourpre. Les couleurs semblaient danser comme des flammes et au cœur, une sphère orangée tournait sur elle-même. Le tout était magnifique. Magnifique. Eragon se dirigea vers la chaise qui l’attendait. Les nains le saluèrent et il en fit de même puis alla s’asseoir. Arya ne lui adressa pas un seul regard. Il pencha la tête vers Nasuada et demanda tout bas :
« - Où vont-ils enterrer Hrottgar ?
- Un groupe de nains l’emmènera à Farthen Dûr après la cérémonie. Il pendra place avec ses prédécesseurs. Quand as-tu prévu de partir ?
- Eh bien, Roran a pensé à demain, dit-il d’un ton hésitant.
- Bien. Plus vite tu partiras, plus vite tu reviendras. »
Eragon ne répondit pas : la musique commençait à se faire entendre. Un chœur de naines chantait doucement à quelques mètres. Il ne comprenait pas les paroles mais le son était magnifique. Les chanteuses portaient de longues robes vertes aux bordures argentées ; leurs yeux étaient clos : elles semblaient portées par la musique. Un peu plus loin, une flûte commença à jouer. Elle débuta par une note grave qui commença à aller crescendo avec les voix. Le son s’amplifia, montant dans les aigus. Le chœur chantait maintenant à pleins poumons et la musique donnait envie de pleurer tellement elle était belle. C’était un cri de rage, remplit d’amour et de haine, illustrant parfaitement l’émotion que ressentaient les nains. La mélodie atteint une note élevée, à la limite du possible. Et tout cessa d’un coup. La plaine redevint silencieuse. Un tambour résonna.
Boum !
Un cortège arriva vers l’assemblée. Il était composé de nains et d’humains vêtus en blanc. Les hommes portaient des chemises aux filets dorés et des pantalons grisâtres tandis que les femmes portaient des robes unies.
Boum !
A l’arrière se tenait une femme aux cheveux noirs retenus par une auréole en or. Elle portait une robe dorée qui brillait de milles feux recouverte de tulle blanc au niveau du jupon. Ses mains restaient serrés et une chaîne s’emmêlait entre ses longs doits fins. Eragon la reconnut : c’était Trianna.
Boum !
La procession s’arrêta devant le cercueil de Hrottgar et se divisa en deux pour laisser passer la jeune sorcière. Les humains firent apparaître des petites lucioles au dessus de la foule et les nains levèrent une de leurs lampes magiques au niveau de leur tête. Trianna s’avança jusqu’au cercueil et leva les mains au-dessus ; elle les desserra et fit apparaître une sphère de lumière entre ses paumes qui aspira toutes les lucioles et la boule au cœur de la fleur qui se trouvait en dessous. Les membres du cortège crièrent alors :
« - Jarvüm ! »
L’étoile créée par Trianna s’envola alors dans le ciel doucement et la foule hurla :
« - Galziur ! »
Et l’astre disparut.

Neldur se leva alors de sa chaise et s’avança au milieu du cercle. Il était assez grand pour un nain. Sa mine était fière et ses yeux inspiraient la crainte. Ses cheveux bruns lui arrivaient aux épaules en boucles légères ; sa barbe descendait jusqu’à la poitrine et lui donnait un air sage. Il portait une chemise violet foncée et un veston gris sombre; son pantalon noir était retenu par une ceinture incrustée d’améthyste auquel était accrochée une longue épée à la lame étincelante. Tout chez lui le rendait imposant. Il commença d’une voix grave :
« - Aujourd’hui un homme a disparu pour rejoindre la roche d’où nous venons. Et pourtant, il laisse derrière lui un chemin admirable, que nous devons suivre à notre tour. Hrottgar fut un bon roi, et nous ne pouvons qu’honorer sa mémoire. Mais il ne faut pas oublier que des milliers d’homme ont péri à ses côtés. C’est pourquoi je demande une minute de silence. »
La foule se tut, respectant la demande du chef. Un moment passa, sans aucun bruit, aucun murmure. Neldur releva la tête et fit un signe. Une femme commença alors à chanter. Cette fois ci, Eragon compris les paroles : c’était de l’ancien langage. Il écouta les doux mots résonner dans sa tête :

« Un soir misère semble seul chose
mais le lendemain l’étoile du matin se lève toujours
on reprend courage dans sa cause
pourtant on n’est pas sur de revoir le jour.
Nos amis disparaissent sans un au revoir
et nous laisse dans le désespoir.
Notre famille disparaît petit à petit
pour qu’il ne nous reste que notre cœur meurtri.
Un jour, l’étoile du matin ne se lèvera plus
et la guerre s’arrêtera
les larmes ne couleront pas
car le monde ne sera plus. »

Le chant était très triste, mais émouvant. Eragon aperçut une larme briller sur la joue d’Orik. Neldur se rassit et ce fut au tour de Nasuada de parler :
« - N’oubliais surtout pas la raison pour laquelle nous combattons, déclara-t-elle, car ce serait rendre inutile la mort de vos amis. Hier, l’Empire a perdu une bataille, mais demain elle perdra la guerre, et nous ne serons plus des rebelles, mais des libérateurs ! »
L’assemblée poussa un énorme « Hourra ! » qui fit trembler le sol. La foule commença à se disperser en direction du camp et des nains soulevèrent le cercueil pour l’emporter à Farthen Dûr. Nasuada se retira et les chefs de clans firent de même. C’était fini.
Petit à petit la plaine se vida et il resta seul. Saphira parti aussi, tiraillée par la fatigue. C’était une belle nuit : l’air était à la fois doux et frais, le ciel dégagé et illuminé par une mer d’étoiles, l’endroit était calme et une douce mélodie montait du camps. Eragon était là assis sur sa chaise, méditant. Il repensa à la chanson en hommage aux morts de la bataille. Etait-ce ce qui allait vraiment arriver ? Leur combat était il voué à l’échec et que tous ne devienne que tristesse ? Il chassa cette idée. Pourtant, le souvenir des souffrances endurées lui revint à l’esprit. La mort de Garrow, sa fuite de Carvahall, la mort de Brom, l’emprisonnement à Gil’ead, la traversée du désert, la bataille de Farthen Dûr, la mort d’Ajihad, la bataille des Plaines Brûlantes et aussi, les tortures infligés à Arya lorsqu’elle était en prison… C’est à ce moment là qu’il se rendit compte que celle-ci était encore là. Plus surprenant encore, elle pleurait. Elle s’était assise sur le sol et avait ramené ses jambes contre son buste ; elle avait le menton posé sur ses genoux et les bras autour. Les larmes semblaient couler d’elles-mêmes sur son visage pâle. Elle souleva un peu la tête pour parler :
« - C’est idiot, pour Hrottgar on fait un enterrement avec tout le bazard et Faolin lui n’a rien eu. Pas même un au revoir. »
Eragon comprit alors de quoi Angela voulait parler.
« - Pourtant lui aussi a bien combattu. Il a été très courageux. »
Il ne savait pas ce qu’elle voulait lui dire. Il chercha les mots qui pourraient la réconforter :
« - Il est mort au combat, et peut-être qu’il n’aurait pas voulu d’un bel et grand enterrement.
- Il méritait quand même quelque chose. »
Le jeune dragonnier ne savait que répondre.
« - Tu l’aimais beaucoup, dit-il du ton le plus neutre possible.
- Pas comme tu le penses. Faolin était mon meilleur ami, je le connaissais depuis des années ! Et puis maintenant il a disparut. »
Il s’approcha un peu et s’accroupit à côté d’elle. Ses yeux brillaient avec l’éclat de la lune et les rendait semblable à des joyaux. Il essaya de passer un bras amical autour de ses épaules mais l’elfe chassa le geste avec son épaule.
« - Arya, pourquoi me repousses-tu toujours ?
- Parce que.
- Parce que quoi ? Tu me dis toujours que je suis trop jeune, mais est-ce vraiment une bonne raison ?
- Parce que je ne veux plus perdre les personnes que j’aime ! Je ne veux plus souffrir comme j’ai souffert à la mort de mon père ou de Faolin ! Lorsque je m’attache, il se passe toujours quelque chose. J’ai perdu mon père, mon meilleur ami et... »
L’elfe se tut. Elle se mit à pleurer de plus belle. Eragon la prit dans ses bras mais cette fois ci elle ne lutta pas. La jeune femme était différente ; d’habitude, elle cachait ses émotions : il ne l’avait vu rire ou se mettre en colère qu’une seule fois et elle n’avait jamais pleuré en sa présence auparavant. Le dragonnier la serra fort pour la consoler mais lorsque ses sanglots commencèrent à s’arrêter elle se détacha de son étreinte et se releva. Le jeune homme se leva à son tour pour lui faire face. Elle dit :
« - Ecoute Eragon, oublie ça. J’étais assez triste, oublie.
- Oublier quoi Arya ? Pourquoi caches-tu toujours tes sentiments ? Je vais encore dire ou faire quelque chose qu’il ne faut pas, tu vas partir en colère et je viendrais m’excuser, encore ? Je ne peux pas excuser le fait de t’aimer ! s’emporta-t-il. »
Il avait dit cette dernière phrase en ancien langage. Il n’avait pas avoué ses sentiments aussi directement avant ça, et de toute évidence, il n’avait pas menti. L’elfe mit quelques temps avant de répondre en ancien langage :
« - Nous ne sommes pas fait pour être ensemble. Nous sommes trop différents, et même si tu as beaucoup mûri ces temps-ci, tu restes très jeune.
- Si tu ne m’aimes pas, pourquoi ne le dis tu pas tout simplement ?
- Tu sais très bien pourquoi.
- Alors ne me demande pas d’excuser ma franchise. »
L’elfe regarda le sol quelques minutes puis déclara :
« - Je suis désolée Eragon mais je ne peux pas.
- Moi si. Et c’est dommage, dit-il d’un ton dur »
Il savait qu’après cette discussion ils ne risqueraient pas de reparler avant longtemps. Pourtant, pour la première fois, Arya avait montré ses sentiments et ne l’avait pas repoussé comme à son habitude. Alors il fit quelque chose de complètement fou ; qu’il avait toujours voulu mais qu’il n’osait pas faire : il la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement. Ses lèvres étaient douces ; sa bouche était gourmande et son cou sentait la vanille. Il profita de cet instant merveilleux, si court. Il décolla ses lèvres des siennes et la fixa dans ses yeux émeraude. Elle voulut dire quelque chose mais le jeune dragonnier s’était déjà retourné et partait d’un bon pas. Lorsqu’il entra dans la tente Saphira voulut le contacter mentalement mais il ferma son esprit comme il avait appris. Il se changea et se coucha mais ne trouva pas le sommeil, ses réflexions hantant son esprit. Il savait que maintenant l’elfe ne voudrait plus lui parler mais il était trop difficile pour lui de ne rester qu’un ami : il l’aimait.
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:41

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Chapitre 4 : Mon frère

Le matin Eragon se leva tôt ; il se lava s’habilla puis prépara ses affaires. Il prit quelques vêtements, une carte, son arc et ses flèches, une épée empruntée, des provisions et un peu d’argent : il ne tenait pas à s’encombrer de choses inutiles. Il sella Saphira puis sortit : il faisait frais, Aiedal venait juste de se lever, quelques gens étaient déjà debout et mangeaient des fruits secs. Il arriva devant la tente de Roran et l’appela doucement pour ne pas réveiller les autres. Son cousin arriva, un petit sac sur le dos et son marteau à la ceinture. Des cernes profonds marquaient ses yeux, ses cheveux étaient en bataille et une barbe de quelques jours lui recouvrait le menton ; quelques rides étaient apparues sur son front, marquant son soucis ; sa mine était résolue, prête pour le combat. Il le salua et Eragon fit de même. Puis il dit :
« - Nasuada te cherchait hier soir. Elle m’a demandait de t’informer qu’ils rentreront à Aberon dans deux jours.
- D’accord. »
Orik arriva, en colère :
« - Je t’ai attendu hier ! le sermonna-t-il.
- Je suis désolé, je suis resté un peu après la cérémonie.
- Ce n’est pas grave, je m’en remettrai.
- Au faite, demanda Roran, où pouvons nous trouver des chevaux ?
- Nous n’en aurons pas besoin : nous avons Saphira.
- Je n’ai jamais monté un dragon !
- Tu apprendras vite, c’est facile, certifa-t-il. De plus, nous irons beaucoup plus vite. »
Le jeune homme jeta un regard inquiet sur Saphira :
« - J’accepte. »
Eragon monta sur sa dragonne puis aida son frère à s’asseoir derrière lui. Il s’agrippa aux écailles de Saphira et Roran à sa taille puis la femelle décolla dans les airs. Orik les salua d’en bas. La dragonne commença à voler lentement puis prit de la vitesse et fila dans les airs. Roran était nerveux mais se détendit très vite. Le sol filait sous leurs pieds à une vitesse phénoménale ; les lacs, les prairies, les villages, les montagnes, ils ne voyaient rien, tout était flou. Lorsque le soleil atteint le milieu du ciel et que leurs estomacs commencèrent à crier famine, ils s’arrêtèrent à la lisière d’un bois. L’herbe était tendre, les arbres les protégeaient des rayons et non loin de là une petite rivière coulait vivement. Eragon cueillit quelques fruits qui poussaient par là tandis que Roran attrapait de la viande. Après la chasse, le jeune homme fit cuire l’animal mais lorsqu’il en proposa à son frère, celui-ci refusa.
« - Tu n’en veux pas ? demanda-t-il étonné.
- Non, je ne supporte plus la viande depuis ma formation.
- Bon, ça en fera plus pour moi. »
Le repas continua silencieusement. Lorsqu’ils eurent fini, Saphira n’était toujours pas rentrée de la chasse et ils décidèrent alors de se reposer en l’attendant. Eragon alla s’allonger contre un rocher et ferma les yeux. Il repensa à la veille. Pendant un instant, il espéra, se disant qu’elle ne l’avait pas repoussé et s’imagina même qu’elle avait répondu à son baiser, mais cet espoir s’envola vite. Il, resta comme ça un moment, somnolant les yeux ouverts. Puis Roran prit la parole :
« - Alors tu ne te confie plus à ton propre frère ? »
Cette question déconcerta le dragonnier.
« - Pourquoi me demandes tu cela ?
- Cela fait une demi-heure que tu regardes le vague. Que se passe-t-il ? Tu penses à Morzan ? Tu sais, tu n’es pas comme lui.
- Non ce n’est pas à lui que je pensais.
- Alors qui ? »
Eragon se mordit la lèvre, hésitant à parler. Tout d’un coup, Roran éclata de rire.
« - Qu’y a-t-il ? demanda Eragon.
- Tu es amoureux ! »
Le jeune homme reprit son sérieux et lui demanda :
« - Alors comment elle s’appelle ?
- Euh… Arya, balbutia le dragonnier, toujours surpris par la perspicacité de son cousin. »
Roran le regarda avec de gros yeux :
« - Arya ? Ce n’est pas un elfe ?
- Si.
- Eh bah mon vieux, t’as pas choisi n’importe qui !
- Oui. »
Il préféra ne pas ajouter qu’en plus d’être un elfe, c’était la fille de la reine.
« - Et elle, est-ce qu’elle t’aime ?
- Je ne sais pas ;
- Tu n’as pas essayé de… tu n’as pas tenté une approche ? »
- Si, mais à chaque fois elle m’a repoussé.
- Ah, dit Roran, l’air compatissant. »
Leur discussion était un peu moins tendue que depuis son arrivée aux Plaines Brûlantes. Prenant son courage à deux mains, il lui dit :
« - Je l’ai embrassé hier soir.
- Quoi ? s’exclama-t-il.
- Après l’enterrement de Hrottgar.
- Alors c’est pour ça que tu avais disparu !
- Oui.
- Comment… comment cela s’est-il passé ? »
Eragon résuma la scène à son presque frère. Celui-ci écouta puis déclara :
« - Tout n’est pas perdu !
- Pourquoi ?
- Apparemment, elle ne t’a pas repoussé, donc il te reste une chance.
- Si tu pouvais avoir raison. »
Ils se turent quelques minutes, Eragon jouant avec un brin d’herbe et Roran regardant le ciel.
« - Quand même, un elfe !
- Oui.
- Mais sinon, comment ça va par rapport à Morzan et Murtagh ? demanda-t-il.
- Je préfère me dire que Garrow est mon père et que tu es mon frère, et qu’ils ne sont que des ennemis à combattre.
- Ce n’est pas en faisant semblant qu’ils ne sont rien que tu chasseras vos liens de sang. Mais ne te considère pas comme eux à cause de ça non plus. Tu es toi, un dragonnier, et un homme bon.
- C’est toi mon frère, et personne d’autre, surtout pas Murtagh. »
Saphira arriva et se posa avec souplesse. Elle tenait dans sa gueule un lapin qu’elle avalat d’un coup. Chacune de ses écailles brillaient et faisaient cligner les yeux d’Eragon et de Roran. Elle posa son regard dans celui du jeune dragonnier.
« Je suis désolé d’avoir été aussi longue, il n’y a pas grand-chose par ici. Penses-tu que nous dormirons à Dras-Leona ce soir ? »
« Si nous nous dépêchons, je pense que oui. »
Les deux cousins attrapèrent leurs sacs et remontèrent sur le dos de la dragonne. Elle décolla et commença à battre des ailes frénétiquement. Ils prirent de l’altitude et l’air fraîchît rapidement. La femelle donna tout ce qu’elle put et ils volaient plus vites que les étoiles filantes. Le paysage changea très vite, passant par les vastes plaines, le sable et les montagnes. Roran s’agrippait fermement mais il était plus détendu que le matin. Lorsque le soleil commença à décliner, ils aperçurent une grande muraille. Saphira se posa non loin et les jeunes hommes descendirent.
« Je vais me trouver un endroit pour me cacher le temps de votre séjour. » pensa la dragonne.
« Je te préviendrai lorsque nous aurons trouvé un endroit pour dormir. »
Roran et lui marchèrent pendant une heure et arrivèrent devant les grandes portes. Les soldats ne leurs posèrent pas de questions et ils entrèrent dans la ville. Elle n’avait pas changé : les mêmes mendiants, les mêmes mines tristes, les mêmes maisons misérables. Cette vision lui pinça le cœur, ressassant de vieux souvenirs et il repensa à Brom. Roran se tourna vers lui, le visage horrifié :
« - C’est ça Dras-Leona ?
- Oui. »
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:44

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Chapitre 5 : La vengeance

Les deux jeunes hommes trouvèrent une petite auberge aux allures accueillantes, comparée au reste de la cité. Ils se rendirent dans leurs chambres et posèrent leur sacs puis tombèrent comme des masses sur les lits. Eragon n’avait pas voulu aller au Globe d’Or, trop de mauvais souvenirs. Son dos lui faisait mal après tout ce vol à grande vitesse, ses jambes étaient lourdes et il avait du mal à marcher, ses pieds ayant perdus l’habitude de la terre ferme. Il regardait le plafond, devenu passionnant vu sa fatigue. Son frère se redressa et se tourna vers lui :
« - Tu veux aller manger ? demanda-t-il.
- Je crois que je vais plutôt me laisser mourir.
- Oh ! fit Roran l’air amusé.
- Je suis en miettes !
- Moi aussi. Je ne suis pas sûr que nous arrivions jusqu'à la salle à manger.
- Oui.
- D’accord restons ici. Mais il faut quand même que nous décidions ce que nous allons faire pour sauver Katrina.
- C’est vrai. »
Le jeune dragonnier se redressa et s’assis en tailleur.
« - J’y ai une peu réfléchis pendant le voyage. A la pleine lune ils doivent recevoir une livraison de leur huile. Pendant ce temps nous pourrions nous infiltrer et la sauver sans se faire surprendre.
- Bonne idée ! Mais quand la prochaine pleine lune est-elle ?interrogea-t-il
- Dans une semaine.
- C’est trop long. Nous ne pouvons patienter.
- Alors nous irons à un autre moment.
- Demain ? demanda le jeune homme.
- Si tu le veux. Mais il va falloir chercher car je ne sais pas où ils se cachent.
- Nous n’allons pas fouiller tout Dras-Leona !
- Non. Leur repaire est dans Helgrind. Où précisément ? Je pense que la meilleure façon de le savoir est de survoler autour de la montagne pour repérer les grottes ou les cavernes.
- Ils ne sont pas trouvables aussi facilement.
- Pour des êtres ordinaires qui ne peuvent pas aller dans des endroits trop hauts ou dangereux, mais nous nous pouvons voler.
- Bien, approuva-t-il.
Roran se leva et se dirigea vers la porte.
« - Je crois que je vais quand même aller manger quelque chose.
- D’accord. Je reste ici. »
Il se remit dos contre le matelas et essaya d’entrer en contacte Saphira. La dragonne lui répondit au bout de quelques secondes et l’informa de ce qu’ils avaient prévu.
« C’est un peu hasardeux » commenta-t-elle.
« Nous n’avons pas vraiment d’autres solutions. »
La discussion s’arrêta là car Eragon était trop fatigué pour continuer. Lorsque son cousin revint, il dormait déjà profondément. La nuit fut très étrange et il fit un rêve. Tout était noir, sombre. Une lueur blanche apparut et grossit jusqu’à tout emplir. Un flash passa, montrant une femme qu’il connaissait, haletante, allongée sur le sol, comme morte. Eragon essaya de deviner qui était-ce mais il n’y arriva pas, l’image était trop trouble. La même jeune femme réapparut. Cette fois-ci elle paraissait en bonne santé. Ses traits étaient fins, ses cheveux noirs et ses beaux yeux verts brillaient, éclairés par une lumière imaginaire. Un médaillon doré pendait à son cou. Ses douces lèvres s’ouvrirent et elle dit :
« Ne crois pas ce que l’on te dit. »
Sa silhouette disparut et laissa place à une autre image, très nette. Une pièce étroite et sale se dévoila. L’air était chaud, humide. Un corps gisait dans un coin et une femme étouffait ses sanglots dans ses mains. Eragon ne discernait pas grand chose avec la pénombre. La vision se dissipa et un chant retentit dans les oreilles d’Eragon :

« Par mon bec et par mes os,
la pierre noire jamais ne ment
voit des voleurs et des escrocs
et des fleuves de sang.
Comme est le père ainsi le fils,
aussi aveugle qu'une chauve-souris !
Tandis que deux font deux,
et qu'un des deux ne peut être qu'un,
un est possiblement deux. »

Il se réveilla en sursaut, essoufflé. La lune éclairait la chambre faiblement par la petite fenêtre et découpait la silhouette de son cousin dans la noirceur. Roran le regardait d’un air anxieux :
« - Tu t’agitais et tu criais alors je me suis approché pour voir ce qui se passait. Cauchemar ?
- Oui, murmura-t-il. Je préfère ne pas en parler.
- Je comprends. »
Il se retourna et se faufila dans les couvertures. Eragon roula sur le côté et essaya de se rendormir mais eu du mal. Ce rêve était si étrange… Que pouvait-il signifier ? Le sommeil finit par triompher et lui faire oublier tous ses soucis.
Le lendemain matin, Eragon se leva de bonne heure. Il fit de son mieux pour ne pas émettre un seul bruit mais son frère se réveilla quand même. Les deux hommes se préparèrent puis allèrent déjeuner. Ils mangèrent en silence, ruminants des pensées maussades. Quand ils revinrent dans leur chambre, Roran déclara :
« - Partons tout de suite.
- Je te comprends.
- Je peux jurer au ciel que ce soir quand le soleil disparaîtra, les Ra’zacs ne pourront plus faire de mal. »
Eragon accrocha son épée à sa ceinture et passa son arc autour de son torse. Il prit quelques flèches et se passa de l’eau sur son visage.
« - Tu es tendu ? le questionna son cousin.
- Un peu. J’attends ce jour depuis si longtemps que maintenant j’ai peur que tout se passe mal. »
Roran attrapa son épée et son marteau puis se conduisit vers la porte. Eragon le suivit, la mine sombre. Ils sortirent de l’auberge et traversèrent la ville jusqu’aux remparts. Les rues étaient désertes, personne ne sortait de si bon matin. En revoyant les boutiques, les maisons et l’église maudite de loin, il ne regretta point de partir. Heureusement pour eux, les portes étaient déjà ouvertes. Les soldats leur barrèrent le chemin avec leurs lances :
« - Où vont deux jeunes hommes de bon matin ? » interrogea un grand homme bruns aux ventre rebondit.
Roran réagit au quart de tours :
« - Nous allons près de la montagne pour prier.
- C’est bien de respecter vos dieux. Beaucoup de gens de votre âge oublient leurs priorités, dit le soldat avec un sourire qui se voulait aimable. »
Ils écartèrent leurs armes et laissèrent passer les cousins. Ils sortirent et marchèrent pendant deux lieues, et lorsque la ville fut assez loin, Eragon appela Saphira. Elle atterrit quelques minutes plus tard devant eux et tendit une patte pour qu’ils puissent grimper sur son dos. Ils s’installèrent confortablement et attrapèrent les écailles de la dragonne pour se retenir.
« Vole prés des montagnes pour mieux voir les endroits qui pourraient nous intéresser. »
« D’accord. »
La dragonne prit son envole et monta dans les airs avec grâce. Le vent frais frappa Eragon au visage et lui fit plisser les yeux. Les montages s’approchèrent rapidement et les rochers devinrent plus précis. Les pics imposants surveillaient les collines dangereuses. La pierre était grise foncée sur le dessus et un peu plus claire en descendant. Ca et là, des ruisseaux coulaient entre les cailloux pointus. Aucun homme n’aurait pu escalader la montagne sans se tuer. Saphira survola pendant un moment mais ils ne virent rien. Au bout d’une heure, ils aperçurent une crevasse dans laquelle un tunnel se creusait. Eragon avisa alors la dragonne de sa découverte et elle se posa sur un rocher à peu prés lisse. Il descendit d’un saut magnifique et s’approcha du creux avec lenteur et prudence. Il entra en marchant à quatre pattes pour éviter de tomber. Le dragonnier arriva dans un espace étroit et lisse, sûrement l’œuvre de quelqu’un. Le sol était jonché de bouteille vide et d’éclats de verre, de restes à un stade avancé de décompositions et de lambeaux de vêtements. Il s’avança discrètement plus loin mais ne vit rien. De toute évidence, l’endroit était désert. Eragon revint sur ses pas et informa la dragonne de ses découvertes. Roran voulut savoir ce qu’il avait vu :
« - L’endroit n’a pas été habité depuis un moment. Je ne pense pas que ce soit là. »
La mine de son cousin s’assombrit et ils remontèrent sur Saphira. Elle battit des ailes, souleva ses pattes, se poussa avec ses genoux et monta dans les airs. Ils continuèrent leurs recherches. Les heures passèrent et ils ne trouvaient toujours rien. Ils commençaient à perdre espoir quand un coup de vent dérouta la dragonne et la dirigea droit dans la montagne. Elle dévia juste à temps mais son aile fonça dans la pierre. Eragon serra les dents, priant pour qu’elle n’ait rien mais à sa grande surprise son aile passa au travers de la roche. Saphira s’arrêta alors et regarda la montagne suspicieusement. Roran demanda alors :
« - Est-ce normal de la pierre gazeuse ?
- Je ne dirais pas gazeuse : plutôt magique. »
« Galbatorix à du faire ce trompe l’œil pour qu’on ne trouve pas ses fidèles serviteur. »
« Pas de chance pour lui alors. »
« Je vais essayer de tâter avec mes serres pour voir s’il y a bien une ouverture. »
La dragonne releva un peu ses pattes vers l’avant et toucha ce qui aurait dû être de la roche. Elle passa au travers. Elle s’élança alors et pénétra dans une grotte sombre et humide. L’air sentait le moisit et la pourriture. Des os de différentes sortes avertissaient les voyageurs de leur avenir. L’antre était assez grand pour laisser déambuler la femelle tranquillement. Eragon vit alors un squelette humain. Il espéra intérieurement que ce soit celui de ce chien de Sloan. Le dragonnier se tourna vers Roran et devina qu’il pensait la même chose. Ils continuèrent à s’enfoncer et finir par ne presque plus rien voir. Non loin une bougie éclairait fébrilement. La petite troupe suivit la lueur et arriva dans une grande pièce où gisait un corps de femme. Son frère réagit immédiatement et courut auprès de la jeune fille. C’était Katrina. Elle voulut murmurer quelque chose mais Roran plaqua sa main contre sa bouche. Il la prit dans ses bras et la serra fort, ne voulant plus jamais la laisser. Quelques larmes roulèrent sur ses joues pâles. Elle semblait en piètre état. Ses yeux semblaient avoir pleuré maintes fois, sa bouche été fendu et une petite entaille saignait encore le long de sa joue. Eragon entendit un bruit. Un sifflement perçant le fit tressaillir. Une silhouette massive apparue.
« - Alors petit vermissseau, tu viens enfin nous voir ? »
Le Ra’zac s’approcha de lui à pas lent ; il sentit son haleine putride remonter jusqu’à ses narines. La fureur et le ressentiment lui remontèrent au cerveau. Il repensa alors à la ferme brûlée, le corps de Garrow, si pâle, le visage de Brom. Toute cette haine qu’il avait gardé au fond de lui l’envahit et lui donna plus de force qu’il n’en avait jamais eu. Eragon courut vers le monstre, brandit son épée et fendit. La créature para aussi vite qu’il pu puis attaqua à son tour. Le dragonnier s’écarta avec diligence et visa la tête. Le Ra’zac poussa un cri de souffrance en recevant un coup à ce qui semblait être une joue. Il brandit son épée au-dessus d’Eragon et l’abaissa mais celui-ci fut plus rapide et lui coupa les deux jambes en même temps. Le monstre tomba à terre et le dragonnier enfonça la pointe de sa lame dans son corps. La bête poussa un hurlement à déchirer les tympans.
« Pou Garrow. »
Il se tourna alors vers Roran. L’autre Ra’zac s’avançait vers lui et levait son épée. Au fond, Saphira avait arraché la tête de l’un des Lethrblakas et combattait avec l’autre furieusement. Eragon chargea pour sauver son frère et blessa le monstre au bras droit mais le Ra’zac eut quand même le temps de porter un coup peu profond à la jambe de Katrina. La créature se tourna vers lui et ricana :
« - Tu te crois assez fort ? Tu n’es rien ! Tu ne peux pas nous battre !
- Va demander ça à ton copain ! »
Le monstre tourna la tête et vit le cadavre. Il fonça vers Eragon qui para avec facilité puis attaqua. Ils combattaient rageusement et le dragonnier utilisait de toutes le bottes qu’il connaissait pour gagner du terrain. En un mouvement vif, le Ra’zac le fit perdre l’équilibre et il tomba. La bête s’avança, profitant de sa supériorité :
« - Les enfants comme toi ne devraient pas quitter leur maison ! »
Il allait frapper lorsque Saphira fonça et le fit tomber à la renverse ; Eragon et le monstre se relevèrent. Il sentit alors la puissance l'emparer et les souvenirs de Brom l’emporter. Sa rage monta et il chercha ce qui pourrait faire le plus de mal. Il décida finalement d’utiliser le premier sort qu’il avait utilisé, comme une dédicace à son maître.
« - Brisingr ! »
Sa lame s’enflamma et il fendit vers la créature. Il ne pu parer, le dragonnier étant trop rapide pour lui. L’épée traversa le Ra’zac. Eragon profita de ce moment, sa vengeance s’accomplissant enfin. Le monstre disparut dans un éclair bleu.
« - Pour Brom, murmura-t-il, épuisé. »
Roran se leva et prit Katrina dans ses bras. Le second Lethrblaka était mort, achevé par les coups de la dragonne. Ils sortirent de la grotte puis montèrent sur Saphira. Eragon se tourna vers Roran.
« - Je voudrais aller quelque part avant de partir. »
La femelle s’envola. Le dragonnier n’eut même pas besoin de lui indiquer la direction. Ils arrivèrent au mausolée. Il brillait toujours de tout son éclat. La pierre était intacte. Quelques fleurs avaient été déposées par les gens du coin. Le conteur dormait. Il rellut les mots qu’il avait inscris deux ans plus tôt :

Ci-gît Brom
Dragonnier
Qui fut comme un père
pour moi.
Que son nom soit toujours glorifié !

Et il ajouta :

Désormais,
ses assassins reposeront
dans le monde des morts
et jusqu’à ce que mon heure vienne
j’accomplirais sa mission.

Une larme lui descendit le long de son visage. Il l’avait vengé.
« - Aujourd’hui, je te promets que je ne te rejoindrais pas avant que ton rêve soit réalisé. »
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:45

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Chapitre 6 : La jeune femme

Eragon construisit un brancard comme il l’avait autrefois pour pouvoir transporter Katrina. Ils remontèrent sur Saphira qui prit le brancard dans ses serres et décolla difficilement.
« Tu es sûr que ça ira ? » s’inquiéta-t-il.
« Rassures-toi petit homme, vous n’êtes pas si lourd, mais je volerais moins vite que la dernière fois. »
Elle eut quand même des mouvementes assez saccadés pendant quelques minutes qui se stabilisèrent. Helgrind s’éloigna petit à petit, ses pics ne devenant que des traits fendants le ciel bleu. Ils voyagèrent jusqu’à ce que le soleil se couche et s’arrêtèrent pour dormir. Roran alla chasser et Saphira aussi tandis que Eragon veillait Katrina. La jeune femme restait inconsciente malgré les soins. Son cousin ne comprenait pas pourquoi mais lui savait : la blessure causée par le Ra’zac avait beau ne pas être importante, le poison faisait son effet. Lorsque la lumière eut presque disparut, Eragon essaya d’allumer un feu avec quelques brindilles. Comme le bois ne prenait pas, il murmura « Brisingr ! » et des flammes parcoururent les branchages. Il mouilla un bout de tissu avec sa gourde et épongea le front de la jeune fille. Ses yeux étaient clos. Le dragonnier referma la petite entaille qui courait le long de son visage et soigna aussi la plaie sur sa cuisse. Roran revint :
« - Va-t-elle mieux ?
- Non pas vraiment. Je me suis occupé de l’extérieur, maintenant c’est à elle de s’occuper du reste. »
Son cousin grogna et prépara les grives qu’il avait attrapées. Saphira atterrit et déposa le cerf qu’elle avait dans la gueule. Elle commença à le manger tranquillement et Eragon lui fit part de ses doutes.
« La blessure est peu profonde, elle guérira peut-être. »
« Oui mais si elle ne guérit pas ? Tu sais les ravages que provoque l’huile de Seithr. »
« Malheureusement oui. »
Le jeune homme se tu. La dragonne avait elle aussi beaucoup souffert de la disparition de Brom. Eragon mangea ses fruits lentement, la peur lui rongeant l’esprit. Son frère avait déjà eut beaucoup de soucis par sa faute et la perte de Katrina le détruirait complètement. Les compagnons restèrent silencieux tandis qu’ils mangeaient leurs différents repas. Après, ils s’allongèrent prés de la dragonne qui abaissa son aile pour protéger les trois humains. Lorsque Aiedail commença à illuminer l’endroit, ils se levèrent et repartir en sur le dos de Saphira. La femelle avait du mal à les porter tous mais elle fit de son mieux et le sable commença à recouvrir les plaines verdoyantes. Ils ne s’arrêtèrent pas pour déjeuner, étant pressés par le temps. Le ciel était assez sombre au loin et ils durent traverser le gros amas nuageux qui les guettait. Il était encore plus difficile pour Saphira de voler dans un brouillard pareil et elle planait régulièrement pour éviter de trop se fatiguer. Roran était très nerveux et jetait des coups d’œil fréquents pour vérifier que le brancard tenait bien. Ils approchaient d’Aberon quand Eragon vit une forme obscur se découper entre les cumulus vers sa gauche. Il demanda mentalement à Saphira de ralentir. La masse s’approchait lentement. Le dragonnier se prépara à utiliser la magie au cas où ce serait un ennemi. La chose avança encore et Eragon pu voir ce qu’était cette forme : un dragon. Alarmé, il brandit son épée, priant pour que ce ne soit pas Murtagh ou même pire, Galbatorix.
« Nous ne pourrons pas nous battre avec Katrina ! Il vaudrait mieux nous poser ! » implora-t-il.
« Essayons d’abord de savoir qui est-ce. D’ici, je peux voir qu’il n’est ni rouge, ni noir. Fais-moi confiance. »
« D’accord. »
La femelle fit demi-tour et s’avança vers l’autre dragon. Ils s’arrêtèrent face à face, une distance d’environ un mètre les séparant. Roran demanda à Eragon :
« - Qui est-ce ?
- Je ne sais pas. Nous essayons de le découvrir.
- Je reste sur mes gardes au cas où.
- Moi aussi. »
Saphira se tourna vers lui et posa les yeux dans les siens.
« Il dit qu’il ne nous veux pas de mal. Il cherche de l’aide pour sa maîtresse. »
« Sa maîtresse ? » s’exclama-t-il, étonné.
« Oui. »
Alors il y aurait un autre dragonnier ? Il tendit la tête et aperçut une jeune femme inconsciente sur le dos de la bête.
« Dis lui de se poser avec nous. »
La dragonne informa l’étranger et se retourna pour reprendre sa course. Elle piqua vers le sol et se posa doucement en prenant soin de ne pas faire de mal à Katrina. Roran descendit du dos de la femelle et prit sa fiancée dans ses bras. Eragon sauta et dit :
« - Va dans le château et trouve Angela. Je te rejoins. »
Le jeune s’en alla et salua le soldat qui gardait la porte à quelques mètres et entra. Il regarda le dragon. Il était vert émeraude, environ aussi grand que lui, majestueux. Une voix profonde et apeurée résonna dans sa tête.
« Nous avons besoin d’aide. Nous venons de traverser le désert du Hadarac et elle n’a pas supporté. »
« Qui êtes vous ?
« Ce n’est pas le moment. Il faut la soigner. »
Eragon céda, s’approcha et aperçut la jeune femme. Elle avait de longs cheveux noirs qui entouraient son visage arrondi. La finesse de ses traits lui donnait une grâce et une beauté inégalable. Il repoussa sa chevelure pour voir ses oreilles et ses soupçons furent confirmés : c’était une elfe. Il la prit dans ses bras et fit signe aux deux dragons de le suivre. Il s’avança vers la grande porte de bois. Le soldat se courba et lui ouvrit la porte pour le laisser passer. Un jeune garçon se tenait dans l’entrée du château.
« - Prévenez la reine Nasuada que je suis revenue. Dites lui de venir au plus vite chez Angela. »
Le gamin acquiesça et courut dans l’escalier. Eragon se tourna vers le soldat qui regardait Saphira et le dragon vert d’un air effrayé.
« - Où se trouve Angela ? »
Il lui montra le couloir qui s’ouvrait devant lui.
« - Vous continuez tous droit et c’est la porte au fond à gauche. »
Le dragonnier prit le chemin indiqué suivit des deux animaux. Le château était très sombre. La chaleur étouffante ralentissait le jeune homme. Les murs étaient en pierre dure et de grandes tapisseries les décoraient. Des torches accrochées flambaient tranquillement, illuminant faiblement la pièce. Des faithrs représentaient les nobles et les anciens dragonniers. Eragon reconnut Brom et aussi son homonyme. Il avait la mine fière, le visage long et fin, des pommettes saillantes et une bouche fine. Ses cheveux bruns tombaient sur ses yeux marron foncés. Tout d’un coup, quelqu’un surgit de derrière une porte. C’était Arya.
« - Eragon ? Tu es… »
Elle vit alors le corps de la jeune femme et poussa un cri.
« - Que…
- Je vais chez Angela, le coupa-t-il. »
Elle lui enjamba le pas et arriva devant une petite porte. Elle la poussa et bondit dans la pièce. L’intérieur avait déjà était rempli des habituels plantes et bocaux. Il faisait moins chaud que dans le couloir et un feu brûlait dans la cheminée au fond. Au centre, une table regorgeait de divers parchemins, livres, ingrédients et autre. Sur les côtés, deux lits étaient installés. Sur l’un reposait Katrina et sur l’autre Elva jouait silencieusement. Cette vision réconforta Eragon. Roran était assis sur une chaise et Angela préparait une soupe. Arya courut vers elle.
« - J’ai besoin de toi. C’est pour Leona. »
La vieille herboriste sursauta comme si un éclair l’avait frappé. Elle regarda la femme que portait Eragon et se dirigea vers lui. Elle l’examina, posa la main sur son front et dit :
« - Je crois qu’elle a besoin de repos. Et aussi d’eau ; la pauvre fille est complètement déshydratée ! Arya, va me chercher de quoi lui faire une couche. »
L’elfe ouvrit une armoire en chêne sur la droite et en sortit un gros tas de couvertures. Elle les étala sur le sol et en garda une. Eragon déposa délicatement la jeune femme sur le lit et Arya a recouvrit. Angela lui donna un peu d’eau et lui mouilla le visage. Elle entrouvrit les yeux dévoilant un beau regard vert émeraude qui se referma aussitôt. Derrière, le dragon s’approcha un peu et caressa le visage de la fille avec son museau. Elle ressemblait à Arya, comme une copie, à part certains détails. Angela alla ensuite voir Katrina qui dormait. Eragon l’interrogea du regard.
« - Elle na va pas très bien mais elle devrait s’en remettre. »
Le dragonnier se tourna alors vers son cousin. Il gardait le visage impassible.
« - Ca va ? s’inquiéta-t-il.
- Non ça ne va pas !
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- C’est toi ! s’énerva Roran. Tu ne nous as apporté que des ennuis ! C’est ta faute si Garrow est mort et si nous avons du partir de Carvahall ! C’est ta faute si Katrina a été enlevée et si elle est blessée !
- Tu crois vraiment que j’ai choisi ce qui est arrivé ? rétorqua-t-il.
- Tu aurais pu nous en parler ! »
Il quitta la pièce d’un pas ferme et claqua la porte derrière lui.
« - Il est juste fatigué et inquiet, le rassura Angela.
- Oui, répondit Eragon, sans grande conviction. »
Ce fut alors au tour de Nasuada de passer la porte.
« - Que se passe-t-il ici ? »
Elle avait l’air plus reposée que la dernière fois mais toujours aussi inquiète.
« - Leona est là, l’informa l’herboriste.
- Quoi ?
- C’est Eragon qui l’a amenée ici.
- Que s’est-il passé ? »
Le jeune homme conta alors leur aventure et ce qui leur été arrivé lorsqu’ils volaient.
« - Alors elle a réussi sa mission. »
Eragon s’emporta :
« -Quelle mission ? Qui est-ce ? J’ai le droit de savoir ! »
Arya prit la parole.
« - Il s’agit de ma sœur, Leona.
- Ta… ta sœur ? balbutia le dragonnier, incrédule.
- Oui, ma sœur. Elle avait décidé de partir pour voler les œufs restant. Notre mère ne voulait, mais elle l’a quand même fait. Depuis ce moment, notre mère a arrêté d’en parler, blessée par sa désobéissance. Je pense surtout qu’elle était inquiète et triste. Nous sommes des aventurières. Il y a un an, j’ai reçu un message d’elle me disant qu’elle avait trouvé une solution pour réussir sa mission. Elle ne m’en dit plus. Quelques temps plus tard, je fus capturée et je crus qu’elle était morte car lorsque j’essayais d’invoquer son image, je ne voyais rien. »
Eragon était abasourdi. Arya avait une sœur ! La nouvelle le laissait bouche bée. L’elfe regarda le dragon.
« - Et apparemment le dragon a éclot pour elle. »
Un sourire se dessina sur le visage de Nasuada.
« - Nous avons donc un, enfin une nouvelle dragonnière avec nous !
- Oui je crois bien. Nous en saurons plus lorsqu’elle reprendra connaissance. »
Le jeune homme crut que Nasuada allait danser, chanter, tellement elle avait l’air joyeuse. Angela les interrompus :
« - Bon maintenant il faut que vous partiez. Elles doivent se reposer. »
Elle les conduisit à la porte et ils sortirent tous à part le dragon vert qui resta avec sa maîtresse.
« Un autre dragon, c’est merveilleux ! » s’écria Saphira quand ils furent dans le couloir.
« Oui, cela nous aidera. Et maintenant tu pourras avoir un ami. »
La femelle rayonnait de bonheur. Eragon essaya de rattraper Arya qui marchait d’un bon pas. Quand il arriva à sa hauteur, elle lui dit :
« - Eragon, on va faire comme s’il ne c’était rien passé, d’accord ? Je ne te demande pas de t’excuser, juste de plus en parler et d’arrêter d’insister.
- Et si je ne veux pas ?
- Nous ne pourrons plus nous voir.
- Alors ne nous voyions plus. »
L’elfe le regarda d’un air étonné, comme si elle ne s’attendait pas à ça et Eragon décela une pointe de tristesse dans ses yeux.
« - Si c’est ce que tu veux tu veux…
- Ce n’est pas ce que je veux, mais je ne peux rester ton ami, déclara-t-il d’un ton dur.»
La jeune femme partit alors en marchant rapidement, courant presque.
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Seithra
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 22:49

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Chapitre 7 : La discussion

Le jeune homme voulut partir quelque part, mais il ne connaissait pas le château et n’avait donc nulle part où aller. Il réfléchit à sa destination quand Nasuada l’interpella :
« - Eragon ! Viens avec moi, je dois te parler. »
Le dragonnier la suivit accompagné de sa dragonne. Elle le conduisit dans un long dédale de couloir de couloirs et ils s’arrêtèrent devant une grande porte en chêne imposante. Elle abaissa la poignée en métal et ils pénétrèrent dans une salle assez vaste. Les murs étaient peints dans des couleurs chatoyantes retraçant les grandes batailles de l’Alagaësia. U grand lit à baldaquins trônait au milieu de la pièce ; les pieds sombres étaient sculptés de formes compliqués dessinant de grandes branches de feuilles et de fleurs. Une table de travail croulait sous les parchemins, les plumes et les encriers. Un tapis en peau de bête reposait le long d’une grande cheminée en marbre entourée d’une petite bibliothèque. Nasuada rangea quelques papier puis lui montra une chaise toute simple pour s’asseoir.
« - Y’a-t-il autre chose que tu veilles savoir sur Leona ?
- Euh… et bien, non, enfin, certaine chose…
- Tu lui demanderas lorsqu’elle ira mieux. Je voudrais que l’on s’organise pour ton départ.
- Je suis à peine revenu que vous voulez déjà que je reparte, gémit Eragon.
- Oh tu ne t’en iras pas tout de suite. Il faut attendre que Leona se rétablisse. Tu te rendras à Ellesméra avec elle, son dragon, Saphira et Arya.
- Faut-il vraiment que je parte avec Arya ? Je pense que je n’ai plus besoin d’elle pour pouvoir entrer chez les elfes. »
La reine parut troublée :
« - Je croyais que vous vous entendiez bien ?
- Oui mais il faudrait y aller le plus rapidement possible.
- Et bien, oui, si tu veux, accepta Nasuada, toujours étonnée. »
Ils regardèrent quelques minutes puis elle reprit :
« - Bon je crois que tu peux disposer. Je te fais préparer une chambre. Quelqu’un viendra te voir quand elle sera prête.
- D’accord. Juste une chose : où se trouve la salle d’entraînement ? »
Elle hésita puis appela une de ses servantes.
« - Mène-le au terrain d’entraînement, lui dit elle.
- Bien ma dame. »
La jeune domestique était assez petite et mince. Son dos était légèrement courbé et elle baissait la tête dans une mine serviable ; ses mains aux doigts fins se joignaient contre le jupon de sa robe ; de longues mèches rousses bouclaient sur ses épaules tombantes ; ses lèvres rouges pulpeuses ressortaient sur son visage rond pâle ; ses yeux marrons brillaient à la lumière des torches ; elle paraissait quatorze ans, tout au plus.
« - Suivez-moi monsieur. »
Ce nom l’étonna. Il avait grandi ces temps-ci mais il ne se voyait pas encore vraiment comme un homme.
« - Appelle-moi Eragon plutôt.
- Bien… Eragon.
- Et toi, comment t’appelles-tu ? »
Elle paraissait très intimidée et ses yeux fixaient le sol intensément.
« - Heu… Done. »
Elle se tourna vers la sortie et fit geste au jeune homme de la suivre. La servante le mena dans le même corridor sombre et ils marchèrent pendant quelques minutes. Le château était assez grand mais les couloirs n’étaient pas très larges ; les tapisseries et tableaux pullulaient rendant le passage plus étroit qu’il ne l’était déjà. Saphira lui parla mentalement.
« J’aime bien Nasuada mais je déteste que l’on m’ignore comme un animal. Pourquoi les gens ne s’adressent pas directement à moi ? »
« Ils ont peur de toi. » le réconforta-t-il.
« Je risque de leur faire encore plus peur s’ils continuent à m’ignorer. »
Le jeune homme éclata de rire.
« Ne les effraie pas trop ! Ce n’est pas comme ça qu’ils te parleront. »
« Oui peut-être. Et ce n’est pas en fuyant Arya que vous vous réconcilierez. Tu devrais aller t’excuser. »
« Je n’irai pas m’excuser. »
« Eragon… »
« Non. Je ne regrette pas ce que j’ai fait. » trancha le jeune homme.
« Peut-être dans ton orgueil n’as-tu pas pensé qu’elle ne voulait que ton amitié et qu’elle ne t’aimait pas. »
« Moi pas. Et si c’est le cas, je préfère rester avec mon orgueil. On s’entend très bien tous les deux. » dit il d’un ton ironique.
La dragonne gloussa de son rire si particulier. Ils arrivèrent enfin dans une salle assez spacieuse éclairée par de grandes fenêtres qui ressemblait à une cathédrale. L’air était plus frais que dans le reste du château et Eragon frissonna après la chaleur étouffante à laquelle il s’était habitué. Le plafond arrondi montait à une hauteur impressionnante et le mur du fond semblait être à des lieux. Dans l’entrée, des rangées de lances, d’épées, d’arcs et d’armes variés s’étendaient sur des étagères le long des murs ; un terrain sableux répandait sa poussière tandis que des hommes luttaient ; un peu plus loin, des cibles se suivaient et les archers tendaient leurs cordes robustes ; tout au fond, un espace se remplissait de diverses personnes pratiquant l’escrime ; les murs étaient quasiment vide mis à part les quelques armures ayant appartenu à tel ou tel guerrier. La servante se retira sans un mot et il commença à s’avancer. Saphira s’extasia.
« Qu’est-ce que c’est grand ! Je pourrais voler pendant que tu t’entraînes ! »
« Oui mais ne déranges pas les autres. »
« Je serais plus discrète qu’une mouche. » promit la dragonne.
« J’aimerais bien voir ça. »
La femelle poussa sur ses pattes arrière et commença à prendre son envol au-dessus des combattants. Eragon avança devant lui cherchant une occupation quelconque. Il s’arrêta devant une cible libre et prit son arc. Il attrapa une flèche dans son carquois, la plaça, détendit la corde, relâcha. La flèche fila dans l’air et se planta au cœur de l’objectif. Le dragonnier continua pendant plusieurs minutes mais cela ne l’intéressait pas vraiment, il avait les idées ailleurs. Le jeune homme décida alors de regarder les lutteurs. Encore une fois, cela ne l’intéressait pas. Il allait partir quand une main lui tapa dans le bas du dos. Eragon se retourna et vit alors un petit homme barbu, Orik. Il souriait et semblait de meilleure humeur que la dernière fois.
« - Tu es revenu vite, dis donc ! Nous ne sommes rentrés qu’hier ! J’espère que tu leur asfait la peau à ces saletés de bestioles !
- Je suis content de te voir Orik, répondit il joyeusement.
- Raconte moi tout ! J’adore les histoires d’aventure ! »
Eragon conta alors ce qui s’était passé, détaillant la découverte de la grotte, le combat et leur rencontre avec Leona. Lorsqu’il se tût, le nain sautillait presque.
« - Nous avons une nouvelle dragonnière !
- Oui. Mais ne va le raconter partout pour l’instant.
- Bien sûr. Galbatorix peut commencer à se faire du souci ! »
Orik fit comme une danse de la joie en sautant d’un pied à l’autre.
« - Calme-toi !
- Une autre dragonnière !
- Oui je sais. Sinon, qui a été choisi comme nouveau roi ?
- Les chefs de clans n’ont pas encore décidé. Ils veulent que tu sois là. »
Eragon fronça les sourcils.
« - Moi ? Je croyais que les nains ne m’appréciaient guère !
- Ils pensent que ton avis est très important. «
Le dragonnier hésita quelques secondes.
« - Je crois que je n’aie pas le choix ?
- Non, effectivement.
- Il faudrait d’abord que j’en parle à Nasuada…
- Les chefs l’ont déjà fait. Et elle a accepté.
- Bien. Quand aura lieu le vote ?
- Demain après-midi. Je t’y emmènerais.
- Merci. »
Il aperçut alors la même demoiselle que la première fois qui s’avançait vers lui timidement. Elle s’arrêta et dit d’une voix mal assurée :
« - Votre chambre est prête monsieur. Suivez-moi. »
Eragon jeta un regard sur Orik qui fit un signe de la tête pour approuver. Le jeune homme appela mentalement Saphira pour qu’elle se pose. La dragonne ralentit puis descendit en piquet vers le sol, se redressa et arriva sur les pierres.
« Ce n’est pas aussi grand que le ciel mais c’est mieux que rien. » conclut-elle.
La servante leur emboîta le pas et se dirigea vers la sortie. Ils marchèrent à sa suite, quittant la fraîcheur de la salle. La pénombre les enveloppa et le long couloir s’ouvrit devant leurs yeux. Done marcha d’abord droit devant elle puis tourna brusquement vers la gauche et entama un escalier. Ils arrivèrent sur le palier et la jeune fille s’arrêta.
« - Voici la plus grande chambre du château. Autrefois, c’est ici que les dragonniers logeaient ; le roi veut donc que vous dormiez ici. »
Devant eux se dressait une haute porte de chêne entourée de deux torches. Done poussa la porte et une vive lumière les éblouis. Ils entrèrent et découvrirent une salle immense, plus grande encore que la salle d’entraînement. Le plafond était haut et encadré de cinq murs qui formaient un pentagone. De longues fenêtres à vitraux descendaient jusqu’au sol de marbre gris. Une gigantesque cheminée éclairait et réchauffé la pièce au fond ; Il n’y avait aucun meuble, mis à part une malle en fer et une couche très large emplit de draps et de coussins : elle était assez grande pour que lui et sa dragonne dorment à leur aise. Des gravures profondes décoraient les murs blancs, dessinant des paysages de montagnes, de mer, de plaines, tel que l’on se croyait dans ces endroits magnifiques. La domestique désigna la malle :
« - Nous avons mis vos affaires que vous aviez laissé à Tronjheim ici, l’informa-t-elle.
- Où se trouve Feu de Neige ?
- A l’écurie.
- Bien. Prenez en soin. Vous pouvez disposer. »
La jeune fille eu un petit air déçu et se retourna pour partir. Elle tira la porte et sortit d’un pas lent. Eragon regarda Saphira.
« C’est immense ! » s’extasia-t-il.
« Oui. » répondit la dragonne avec un petit sourire.
Elle poussa sur ses pattes, décolla et commença à voleter tranquillement dans les airs. La lumière projetée par les fenêtres faisait briller ses écailles comme des diamants. Ses ailes battaient souplement. Eragon admirait ce spectacle avec admiration. Comment aurait-il pu imaginer il y a trois ans ce qui allait lui arriver ? Tellement de choses avaient changés ! Il était passé de garçon de ferme à premier dragonnier d’une nouvelle lignée. Tant de gens étaient morts…
« Tu regrettes ton ancienne vie ? » demanda Saphira.
« Non… Je regrette juste ce que j’ai laissé. »
« Tu ne peux pas revenir en arrière. Maintenant il faut que tu ailles de l’avant et que tu penses à ton avenir.»
« Mais quel est mon avenir justement ? Pourrais-je un jour fonder une famille ? Pourrais-je avoir une maison ? »
« Rien n’est moins sûr. Les dragonniers partent plutôt à l’aventure. »
« Pourtant, je ne peux pas me battre toute ma vie. »
« Alors il faut que tu trouves une personne qui aime l’aventure aussi. »
« Je sais de qui tu veux parler. Elle ne veut pas de moi. »
« Oui petit homme. Mais ne perd pas espoir pour autant. »
Elle se posa près de lui.
« Je suis trop fatigué pour continuer. »
La dragonne se lova autour de lui et il sombra dans un profond sommeil. Les rêves commencèrent à l’envahir et il se retrouva plongé dans un autre endroit. Il se tenait debout, faible. Le paysage était désolé et l’air l’étouffait. Non loin, des soldats se battaient férocement mais l’avantage penchait d’un côté. Le sang coulait à flot le long des cadavres et des lames. Des nains et des humains se mélangeaient dans un fouillis de combattants. Saphira prenait une allure féroce à côté de lui et un homme brun en armure le toisait d’un regard supérieur accompagné de son dragon rubis. Eragon reconnut cet endroit et ce moment ; il se le remémorait depuis des semaines sans qu’il ne puisse quitter ses pensées, lui torturant l’esprit. Le jeune brun n’était autre que Murtagh et ils se trouvaient sur les Plaines Brûlantes lors de la bataille. Le Parjures ouvrit la bouche mais ne dit pas exactement la même chose que la dernière fois :
« - Tu es mon frère ! Tu es le fils de Morzan ! Comme moi ! Les Jumeaux l’ont compris lorsqu’ils ont sondé mon esprit et qu’ils ont vu ma mère, qui n’est autre que la tienne ! Tu es la progéniture de Morzan, son sang coule dans ses veines ! Et plus tard tu seras comme lui !
- Non, tu te trompes… »
Murtagh prit l’épée dans la main du dragonnier et la regarda d’un regard moqueur.
« - Si c’est ce que tu veux croire. Par contre je prends mon épée, étant l’aîné.
- Vas-y, elle ne me revient pas, déclara Eragon.
- Enfin tu me respectes ! Il faut bien se rendre à l’évidence et accepter la vérité ! ricana-t-il.
- Mais ne pas accepter les mensonges. »
L’image se dissipa lentement et une pâleur blanche l’enveloppa. Tout était clair autour de lui et une silhouette sombre se dessina. Le jeune homme essaya de distinguer un peu mieux la personne mais tout était flou. C’était un homme musclé, au corps élancé. Il essaya de voir d’autres détails mais une voix profonde le déconcentra. Quelqu’un l’appelait, comme dans un souffle :
« Eragon…Eragon… »
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 23:29

Le son s’éloigna et devint inaudible. L’image disparut, le tirant de son sommeil, lui faisant pousser un grand cri. Il se releva d’un coup en prenant une grande inspiration. Il haletait et de la sueur coulait tout le long de son corps nerveux. La chambre était paisible, un rayon de soleil l’éclairant doucement ; Aiedal était déjà levée. Saphira l’observait d’un air anxieux. Le dragonnier mit quelques instants à reprendre son souffle puis les larmes lui montèrent aux yeux : il essaya de les retenir, en vain. Elles coulèrent le long de son visage moite. Il replia ses jambes en tailleur et entreprit de se calmer. Les images défilaient devant lui. Il ne comprenait pas ce que voulait dire ce rêve. Il était différent de ce qui s’était passé lors de la bataille. Les questions se succédaient dans sa tête. Pourquoi avait-il semblé si confiant ? Qui était l’homme ? Et quel était ce rêve ? Pourquoi ? La porte s’ouvrit à la volée, faisant apparaître une jeune femme à la longue chevelure brune. Son visage était rond et fin à la fois. Ses yeux brillaient dans la pâleur de sa peau, tel de la porcelaine. Elle portait une robe simple couleur crème qui ne lui arrivait qu’au genou retenu par des petites bretelles qui tombait le long de son ventre maigrelet. Elle n’avait que la peau sur les os ce qui n’altérait en rien sa grande beauté. La jeune fille scruta la chambre de ses yeux en amande.
« - Que se passe-t-il ici ? J’ai entendu un cri, dit-elle d’un ton légèrement alarmé.
- Ce n’est rien, juste un cauchemar. »
Elle le regarda d’un air suspicieux.
« - Tu cris toujours autant à cause d’un cauchemar ? Je t’ai entendu à l’autre bout du château ! Alors soit tu as de bonnes cordes vocales, soit ce n’est pas un simple cauchemar.
- Ce n’est rien ! répondit-il, irrité. Et qui êtes vous d’abord ? »
L’inconnu plaqua une main sur sa bouche puis se donna une petite tape sur la tête.
« - Je vous prie d’excuser mon impolitesse. Leona, pour vous servir. »
Leona ? Il ne l’avait déposé chez Angela que la veille !
« - Et je suppose que tu es Eragon ? Et toi Saphira ? demanda-t-elle en se tournant vers la dragonne.
- Comment connais-tu nos noms ?
- Tu vois souvent un jeune homme avec une dragonne bleue ?
- Heu… non, pas vraiment. »
Elle avança vers le lit du jeune homme et s’assit dessus.
« - Alors, laisse-moi deviner, tu veux que je te raconte ce qui m’est arrivé, pourquoi tu ne connaissais pas mon existence, enfin plein de trucs, et j’imagine que tu as mille questions dont les réponses seront plus longues les unes que les autres ?
- Oui. »
Comment pouvait-elle être aussi perspicace ? Et aussi… Joyeuse ? Elle avait un ton léger, beaucoup moins pesant que celui auquel il était habitué. Ses paroles semblaient voler dans l’air comme un petit souffle.
« - Et bien tu attendras. Je vais devoir le raconter à Nasuada, à Arya, toi, et bien d’autre. Tu imagines répéter sans cesse le même récit ? Moi oui, et je n’en ai pas envie. »
Eragon lui lança un regard déçu et essaya de protester mais elle balaya ses questions d’un geste de la main. Leona se leva du lit et marcha vers la porte. Elle se tourna une dernière fois vers lui :
« - Je te conterais toute ma vie ce soir si tu veux. »
Elle lui adressa un sourire charmeur et disparut. Eragon se laissa tomber sur le dos et mit ses bras sous sa tête. Il observait le plafond si haut, troublée par sa rencontre.
« Tu reçois les princesses dans une belle tenue, dis donc. » lui fit remarquer Saphira.
Il jeta un coup d’œil sur ses vêtements et se rendit compte qu’il n’en avait presque pas. Il avait juste un drap fin qui arrivait à peine au dessus de la taille. Par réflexe, il remonta le tissu sur lui et vérifia que la jeune fille était bien partie, mortifié.
« Te fatigue pas elle n’est plus là. »
« Je sais. » rétorqua-t-il, légèrement irrité.
« Je trouve Leona et Arya très différente. »
« Oui. Leona est… plus ouverte, et plus joyeuse. »
« Je me demande ce qui a pu lui arriver. Et j’aimerais bien rencontrer ce dragon… »
« Cela doit te faire plaisir. »
La femelle grogna de contentement. Elle voulut l’interroger sur son rêve mais le jeune homme l’en dissuada mentalement.
Eragon passa la moitié de la journée à s’entraîner au combat et partie en recherche d’une bibliothèque. Il en trouva une, certes moins grande que celle qu’il avait connu autrefois, mais qui recelait une grande quantité de parchemins et de livres sur l’histoire de l’Alagaësia. Le soleil descendit vite jusqu’à rejoindre la terre. Eragon était encore en train de lire une histoire sur la guerre entre les nains et les dragons lorsqu’un jeune homme d’environ treize ans entra dans la pièce. Il était mince, assez petit ; son visage était carré entouré par de courtes mèches châtains : ses grands yeux marrons le regardaient d’un air intrigué ; il ne portait qu’une chemise anciennement blanche et un pantalon de cuir brun.
« - Dame Leona veut vous voir monsieur. Et Saphira aussi.
- Bien. Pourrais-tu me mener jusqu’à elle car je ne connais pas bien le château ?
- Oui monsieur. »
Le dragonnier se leva et appela sa dragonne mentalement. Elle volait au-dessus du château et répondit vite à l’appel.
« J’arrive. »
Eragon suivit le jeune homme qui l’entraîna dans le dédale sombre. Il monta vers une des tours et ils arrivèrent devant une arche sculptée qui délimitait l’entrée d’un jardin installé sur le toit. Un parterre de fleurs aux couleurs vives entourait quatre carrés d’herbe disposés de façon à former une croix. Un banc aux bords de fer forgé relié par sept planches de bois trônait le long d’une rambarde en pierre. Des lampes magiques éclairaient vivement le jardin d’une lueur verdâtre. Leona était se tenait appuyé contre la balustrade au côté de son dragon émeraude. Elle regardait dans le loin ; la jeune femme se tourna vers lui avec lenteur et le dévisagea quelques secondes. Elle portait une longue robe fine grise qui se resserrait au niveau des hanches découvrant légèrement ses épaules pâles ; ses cheveux étaient tirés en une queue de cheval retenue par un ruban de soie noir. Elle plongea ses yeux émeraude dans les siens comme si elle cherchait à découvrir quelque chose.
« - Je t’ai convoqué à l’avance car pour toi mon histoire sera plus longue. Nasuada et Arya arriverons plus tard, l’informa-t-elle. J’aimerais que tu ne m’interrompes pas. »
L’elfe lui montra le banc et s’assit. Il fit de même et elle commença son récit.
« - je suis Leona, seconde fille d’Islanzadi, princesse des elfes, sœur d’Arya. Pendant plusieurs années, j’oeuvrais auprès des Vardens. Avec le temps, je prouvais ma valeur en espionnant certaines personnes. Il y a de cela dix ans, Ajihad me convoqua. Il me demanda alors d’accomplir une mission très difficile et dangereuse : récupérer les deux œufs restants. Ma mère n’était pas vraiment d’accord mais j’acceptai quand même ma mission. Je parti pendant de longues années dont je ne te parlerais pas. Maintenant nous devons les attendre pour qu’elles entendent la suite. »
Eragon respecta sa demande et ils attendirent. Après quelques minutes, ils entendirent des pas monter de l’escalier. Nasuada et Arya en sortir, l’air intrigué. Nasuada portait une longue robe en velours pourpre qui s’alliait parfaitement avec son teint. Arya, elle, portait une combinaison de cuir comme à son habitude. Leona les invita d’un signe de tête et elles vinrent vers eux.
« - Bienvenue parmis les Vardens Leona. Nous… nous vous croyions morte.
- Comme vous pouvez le voir, je ne le suis pas. Maintenant, laissez moi continuer mon récit. »
Arya n’avait dit mot et regardait sa sœur intensément.
« - J’ai résumé le début de mon histoire à Eragon. Voilà la suite. »
Elle prit une profonde inspiration et commença calmement.
« - Donc j’étais partie pour récupérer les deux œufs restants. Je me rendis à Urû’baen en premier temps. En me faisant engager comme servante au château, j’avais pu espionner les seigneurs et les gens hauts placés qui me croyaient sourde. J’écoutais les conversations feignant de faire le ménage ou de servir le thé. Malheureusement, ces sots n’avaient que des suppositions, lorsqu’ils savaient que ces œufs existaient. Petit à petit, je gagnais la confiance des courtisans. Ma surdité arriva aux oreilles du nouveau jouet du roi, qui crut cela intéressant. Je découvris alors qu’il s’agissait du fils de Morzan le Parjure, Murtagh. Je voulu en informer ma mère, mais je n’y arriva point. Mon jeune maître avait reçu un œuf de dragon, qui avait éclot et n’était encore qu’une petite bête. Souvent il rentrait saoul et commençait à délirer. Cela m’appris beaucoup de choses sur les projets de Galbatorix, notamment celui de te capturer Eragon avec ta dragonne. Je lui posai des questions, auxquelles il répondait certaines fois, quand il ne me menaçait pas. Le lendemain il ne se souvenait de rien. Pourtant il me révéla nombre de choses que le roi n’aurait sûrement pas accepté qu’il fasse. L’œuf était dans une pièce sans porte entourée par quatre murs, entourés par quatre murs, etc. qui n’était pas censée exister car personne ne savait où elle se trouvait mais Murtagh si. Après un mois je poussais mes interrogatoires à l’extrême, ressortant blessée. Les temps jouait contre moi avait découvert la présence d’une sorcière dans le château. Je décidai donc d’accélérer mes plans et d’improviser en partie. Grâce aux indications du Parjure je trouvai la pièce facilement et détruisit les murs qui protégeaient l’œuf. Je le déroba mais l’alerte fut donnée et je dus quitter Urû’baen à pied. Je me cachais dans la foule pour ne pas attirer les regards. Personne ne savait qui avait volé la pierre et d’ailleurs personne ne savait qu’elle avait été volée, soit parce que Galbatorix n’avait pas voulu le dire, soit parce qu’ils n’avaient jamais su son existence. Je me rendis d’abord dans un petit village du nom de Bullridge où je pus séjourner en toute discrétion. Deux jours plus tard, la coquille se brisa et laissa apparaître un petit dragon émeraude. Après réflexion, je décidai de me réfugier dans le Du Weldenvarden qui me permettrai de cacher mon dragon – que j’appelai Emeral – et de rejoindre mon peuple. Je n’y arrivai pas et je pris route vers le Surda. Ma route fut longue, je zigzaguais de façon à éviter les villages. Je compris que Galbatorix avait donné une autre raison pour justifier les poursuites excessivement importantes. Mon périple me fatiguait, je ne pouvais acheter la nourriture dont j’avais besoin et les fruits ne poussaient pas partout. Je dus traverser le désert du Hadarac mais mon corps ne supporta pas, Emeral me prit sur son dos et finit le voyage pour moi. Ensuite, vous le savez, Eragon me trouva et me ramena ici. »
L’elfe se tut et jeta un regard vers le loin. Eragon décida de prendre la parole en premier.
« - Je ne comprends pas que l’œuf soit si mal caché, Galbatorix… »
Arya le coupa avant qu’il ait pu finir.
« - Mère s’était fermée à tout le monde lors de mon emprisonnement.
- Bien sûr. Comme d’habitude elle m’a oubliée, marmonna la nouvelle dragonnière. »
Sa sœur se tut dans un silence gêné. Nasuada le brisa :
« - Pourquoi n’as-tu pas volé sur ton dragon ? Tu serais arrivée plus vite, remarqua la reine.
- Au départ, Emeral était trop jeune pour voler. Lorsqu’il fut plus grand, je ne voulu pas lui faire endurer plus de souffrances. Il a eu les mêmes que moi et ne méritait pas d’être traité comme une bête de somme à qui l’on fait porter des charges extrêmement lourdes quelque soit sa fatigue. Il est mon égal. »
Nasuada ne continua pas car un bruit étrange se fit entendre. Leona regarda de nouveau vers le loin et les autres firent de même, cherchant la provenance du son qui s’amplifiait. Une grosse forme sombre apparue, s’approchant. La silhouette devint verte et un dragon se dessina. Il se posa avec souplesse sur le parapet. Il était plus petit que Saphira ; ses ailes étaient fines et légèrement translucides à la lumière de la lune. Des filets foncés les parcouraient tels des toiles d’araignée. Ses écailles émeraude brillaient comme des diamants. Son poitrail robuste était cerné de grandes pattes musclées dont les serres pointues creusaient la pierre de la balustrade. Un trait noir formait une boucle autour de ses yeux profonds en amandes qui avaient un air à la fois doux et féroce. Sa gueule découvrait des dents blanches aux pointes tranchantes qui pouvaient arracher les têtes sans difficulté. Des cornes recourbées sur l’avant surplombaient les piquants recouvrant la majeure partie de sa tête et de son dos. L’ensemble du corps était fin et fier. Son regard se posa d’abord sur Leona, ensuite il passa sur Arya, Nasuada, Eragon puis s’arrêta sur Saphira. Celle-ci baissa la tête et s’approcha du dragon. Ils se reniflèrent puis se firent face en se regardant dans les yeux. Il finit par se tourner vers Leona.
« - Voici Emeral, le présenta-t-elle. »
Nasuada l’inspecta de loin d’un air apeuré.
« - Je voudrais être sûre d’une chose : vous êtes avec nous ?
- La question vaut-elle vraiment le coup d’être posée ?
- Heu… je voulais juste savoir.
- Oui, tant que les elfes sont vos alliés, nous le somme. »
Nasuada poussa un soupir de soulagement.
« - Merci. Il faudra que vous partiez a u plus vite à Ellesméra avec Eragon pour faire votre formation au plus vite.
- Je ne compte pas partir immédiatement.
- Mais…
- Mais cela fait quatre mois que je n’ai pas pu me reposer. On va dire un jour par mois, donc quatre jours, j’en ai déjà passé un, je ne partirais pas avant trois jours. »
La mine de Nasuada devint de plus en plus colérique et elle ressemblait plus à un volcan prêt à exploser qu’à une reine. Elle ne pouvait pas la contredire : elle n’avait aucun contrôle sur Leona.
« - Si vous le voulez, accepta-t-elle sèchement. Je vais vous laisser : j’ai à faire. »
Nasuada se tourna et descendit l’escalier d’un pas ferme. Sa silhouette disparut, les laissant tous les cinq. Arya dévisagea sa sœur d’un air irrité.
« - Tu exagères ! Tu dois la respecter, lui reprocha-t-elle.
- Soeurette, je t’adore, mais tu ne fais jamais aucun écart dans ton sérieux. Tu n’as qu’un siècle, pas dix, alors amuse-toi. »
La soeurette en question poussa un soupir exaspéré et partit en levant les yeux au ciel.
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Seithra
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PostSubject: Re: Empire, ma version   Mon 15 Jan - 23:30

Eragon essaya à son tour de l’interroger :
« - Pourquoi te comportes-tu comme ça ?
- Tu t’imagines passer deux ans sans avoir un seul répit ? Et comme tu as pu le voir, on m’a oublié, me considérant comme morte, sans aucune preuve. Je veux juste être tranquille quelques jours. De plus, les morts n’ont de respect pour personne puisqu’ils sont morts. Bon, je meurs de faim. Toi et ta dragonne vous joindrez vous à nous dîner ? »
Le jeune homme hésita lorsqu’il se rendit compte que son ventre commençait à le torturer.
« - Je crois que Saphira ne sera pas contre pouvoir connaître un peu plus Emeral. »
En effet celle-ci était restée avec le dragon vert.
« - Parfait. Suis-moi. Je connais un peu le château pour y avoir séjourné autrefois. »
Elle l’attrapa par le bras et le mena dans l’escalier. Quand ils arrivèrent en bas, les deux dragons les rejoignirent en volant dehors, le passage étant trop étroit. Elle les conduisit dans une salle de taille moyenne. Une grande table entourait de chaises dominait la pièce. De grandes tapisseries entouraient les torches enflammées. Il faisait très chaud comme dans le reste du château.
« - Asseyez-vous, leur intima Leona en désignant les sièges. »
Il prit place, les dragons se posant non loin tandis que l’elfe partait derrière une petite porte. Elle réapparut quelques minutes plus tard, chargée de salades colorées, de fruits cuisinés de différentes façons, de gros morceaux de viandes et de l’hydromel.
« - Voilà le repas du combattant ! claironna la jeune fille. »
Elle déposa les plats et la bouteille sur la table puis envoya les parts crues à Saphira et Emeral.
« - J’ai eu du mal à expliquer au cuisinier que la viande n’était pas pour moi ! Il ne voulait pas croire qu’il y ait des dragons ici ! »
Leona repartit et amena des assiettes, des verres et des couverts. Elle commença à se servir une montagne de nourriture. Eragon l’observait, impressionné.
« - Es-tu sûre de pouvoir manger autant ? demanda-t-il, légèrement ironique.
- Ca fait un mois que je n’ai rien eu à becter ! »
Elle engloutit sa plâtrée en deux secondes et se resservit. Le dragonnier décida d’en faire de même avant de ne plus rien avoir. Derrière eux, les deux dragons dévoraient tranquillement leurs viandes. Après avoir fini sa troisième assiette, Leona s’attaqua à l’hydromel. Elle descendit la moitié de la bouteille puis fit une pause pour parler.
« - Je suis désolée pour tout à l’heure mais je n’avais pas envie que ça se prolonge, déclara-t-elle.
- Combien de temps as-tu passé dans ta mission ? »
Elle releva la tête comme pour réfléchir.
« - Environ deux ans et demi.
- Deux ans et demi ! s’exclama Eragon. Comment as-tu pu rester deux ans sans être découverte ?
- Je me suis appliquée dans mon rôle, c’est tout.
- Comment as-tu pu en apprendre autant de Murtagh ?
- L’alcool était mon ami, répondit elle avec un air malicieux.
- Eh bien ! Tu dois être douée pour voir réussi à échapper à Galbatorix pendant tout ce temps ! »
Il essayait d’en apprendre un peu plus sur ce qui était arrivé à la jeune fille. Leona semblait avoir deviné son petit jeu.
« - J’ai eu beaucoup de chance. Apparemment il n’a pas parlé de la disparition de l’œuf. Et ce n’est pas pour rien que je suis espionne. »
Cet réponse convaincu peu le jeune homme mais il préféra ne pas insister. L’elfe décida finalement de changer de sujet :
« - J’ai entendu dire que tu avais vaincu un Ombre ?
- Oui. Durza. Cela m’avait laissé une belle cicatrice qui m’a beaucoup fait souffrir.
- Je peux voir ?
- Je ne l’ai plus. J’ai assisté au Serment du Sang à Ellesméra. Pendant la cérémonie, il s’est passé quelque chose d’étrange qui m’a changé. Depuis, j’ai les capacités et certaines caractéristiques physiques des elfes mais surtout, mes cicatrices ont disparus, expliqua-t-il.
- Etonnant. Je vais devoir te laisser.
- Déjà ? gémit le garçon.
- Oui je dois m’occuper de certaines choses. Mon retour risque de ne pas passer inaperçue.
- J’espère pouvoir te revoir avant le départ.
- Ne t’inquiète pas pour ça, le rassura-t-elle. »
Leona se leva et se dirigea vers la porte, sa longue chevelure ondulant au rythme de ses pas. Emeral engloutit sa dernière bouchée et suivit l’elfe. Ils sortirent, disparaissant derrière les murs. Saphira s’avança vers lui.
« Je trouve ce dragon très sympathique. » déclara la femelle.
« Et il n’a pas réagis comme toi quand tu as rencontré Glaedr. »
Elle lui donna un petit coup de museau contre l’épaule.
« Ne te moques pas petit homme. »
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